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Premier contact (2016) – 8.5/10



Premier Contact

Réalisé par Denis Villeneuve

Avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Science Fiction
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2016
8.5/10

L‘audace de Denis Villeneuve en réalisant son premier film de science-fiction est de nous raconter certes une rencontre entre humains et extraterrestres mais d’y mêler une fable philosophique qui nous ébranle. Le réalisateur canadien arrive très souvent à tourmenter son spectateur avec un cinéma qui laisse libre à la réflexion. Avec Premier contact, il le fait habilement autour du rapport au langage et la manière dont il façonne notre mode de pensée et notre façon de percevoir le monde qui nous entoure. Ici, toute la structure de notre petit monde est déroutée. Les sonorités changent, la cryptographie n’a plus rien de conventionnelle, les scientifiques cherchent à traduire et nous, spectateur, sommes captifs devant ces recherches à vouloir comprendre la motivation première des Heptapodes. Comme s’ils étaient aussi sincères que véritables.

Afficher l'image d'origineLoin du pastiche de Roland Emmerich aka ID:4, Premier Contact prend son en envol et sa pleine puissance grâce à un scénario habilement construit. Adapté du roman écrit par Ted Chiang, intitulé L’Histoire de ta vie publié en 1998, l’intrigue nous plonge dans une atmosphère étrange, parfois complentative: le vaisseau en forme d’astéroïde à géométrie d’œuf, les couloirs sombres et aseptisés, une gravité déroutée et des êtres venus d’ailleurs totalement captivants tant ils sont « autres ». Il est appréciable de voir tout l’acheminement mis en œuvre pour tenter de comprendre une autre civilisation, sans qu’elles se rapprochent des classiques algarades avec les petits hommes verts. La photographie mettra en exergue l’habitacle des rencontres. Construit réellement en studio, on apprécie les décors, l’ambiance et surtout le faite de ne pas découvrir pleinement le mystère qui se cache derrière le « miroir ».

Si on n’a pas de précision sur ce qui adviendra dans 3000 ans, laissant aussi une longue réflexion sur la venue des Heptapodes, on se heurte à quelques incohérences minimes. En effet, alors que la scientifique Louise Banks met plusieurs  semaines à décrypter leur langage, devenant elle-même la clé de l’intrigue, elle communiquera ensuite dans notre langue alors que rien n’a été établie sur la traduction inverse des êtres venus d’ailleurs. De plus, dès lors où l’homme comprend à demi-mot les intentions des Heptapodes, les décisions sont un peu trop hâtives, dégageant un peu la sincérité de l’homme à vouloir se lier aux créatures. Toutes les clefs de lectures ne sont pas évidente, impliquant qu’on laisse voguer notre imagination et inspiration. L’oiseau en cage se révèle être un potentiel inexploité durant toute l’histoire mais nous laissera libre à imaginer qu’il est là en signe de paix ou tout simplement pour tester l’environnement dans lequel sont plongés les scientifiques. Amy Adams qui avait projeté de faire une pause dans sa  carrière, acceptera un rôle poignant. Elle contribue à rendre l’œuvre encore plus magique.  Denis Villeneuve laisse place à une bonne part d’interprétation et offre un spectacle extrêmement intéressant qui confirme que le réalisateur est un cinéaste complet et salutaire, la bonne recrue de ces dernières années.

Premier contact est une œuvre forte qui ne cherche pas à donner toutes les clés. Une vulgarisation scientifique intelligente sur l’échange qui nous pousse à modifier notre mode de penser et la perception d’un monde étendu. Denis Villeneuve confirme ici son talent de mettre en images n’importe quelle thématique avec force et brio.

Batman v Superman : L’Aube de la Justice (2016) – 6/10



Batman v Superman : L’Aube de la Justice

Réalisé par Zack Snyder

Avec Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique
Durée : 3 h 03 min
Année de production : 2016
6/10

Entre la vague lucrative de chez Marvel et le succès des super-héros au cinéma, DC Comics introduit son univers de façon massive entre petit et grand écran. Annonçant la Ligue des Justiciers, Batman V Superman déboule en force pour poser les jalons du DC Extended Universe.

Afficher l'image d'origineApprochant l’œuvre par sa version longue, il est assez déconcertant d’aborder les super-héros par voie « démocratique », une dimension que nous ne connaissions pas et qui permet de replacer Batman et Superman dans une réalité qui nous parle. Avec son scénario pachydermique, l’intrigue est assez longue à se mettre en place, laissant place à des passages alambiqués qui ne sont pas toujours utiles, même si on sent la volonté du réalisateur de consolider la base de son scénario. Entre la Ligue des Justiciers, l’histoire de Batman et la suite à Man of Steel, ce nouvel opus est dense, multipliant les références sans arriver à la hauteur de ses ambitions. Batman qui en impose par son portefeuille tiendra son statut efficacement dans l’intrigue. Cependant dès lors où les combats s’enchainent, il dévoile ses faiblesses d’un « non-super-héros ». Le duel que tout le monde attendait, se retrouve être un véritable coup d’épée dans l’eau, laissant s’échapper toute la puissance visuelle du combat. Batman se retrouvera même spectateur du combat final, laissant la primeur à Superman et Wonder Woman de dévoiler leurs super-pouvoirs, avec une venue de l’héroïne un peu rapide qui tombe malheureusement comme un cheveu sur la soupe. On remerciera Hans Zimmer de l’exalter grâce à un thème musical saisissant face à une unification de forces vives, dans un combat spectaculaire mais pas toujours lisible.

Cependant, on connaît Zack Snyder qui sait imposer sa toute-puissance dans une mise en scène grandiloquente laissant place à des plans dignes de magnifiques peintures. Le réalisateur impose son style toujours remarquable et remarqué avec une photographie des plus belles en sublimant ses personnages, lui excusant certains problèmes de rythmes résultant d’un scénario dense. On regrettera juste de ne plus croire à la mort dans le paysage super-héroïque hollywoodien, surtout quand on touche à des héros de cette stature, nous laissant jamais dans le doute de la défaite. Au final, la force du film est de ne pas proposer un simple affrontement entre Batman et Superman, mais une véritable réflexion sur le bien et le mal, ainsi que la place de l’homme face au super-héros. Un parallèle que l’on peut transposer au genre dans le milieu du cinéma.

Batman v Superman n’est pas à la hauteur de ses ambitions, son intrigue pachydermique ne permet pas d’être toujours lisible et fluide, multipliant les longueurs. Mais avec son casting prestigieux et l’attachement qu’on a pour ces super-héros, on ne boudera pas le plaisir d’investir le monde des DC Comics par la mise en scène fantasque et animée de Zack Snyder.

Big eyes (2014) – 7.5/10



Big Eyes
Réalisé par Tim Burton

Avec Amy Adams, Christoph Waltz, Krysten Ritter
Pays:   Canada,   États-Unis
Genres : Drame
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2014
7.5/10

Tiré d’une histoire vraie, Tim Burton délaisse le fantastique pour s’occuper du couple Keane, qui gagnera leur notoriété dans les années 60 autour de la peinture.

Si Burton a perdu de sa folie dans ce film c’est pour s’attarder à une certaine véracité. Une belle reconstitution de l’époque avec des décors bien respectés et une photographie bien agréable.

Interprété par Amy Adams et Chrisoph Waltz, le couple dès leur rencontre est attachant. Cette rencontre sur un marché fleurissant, sous un soleil printanier, nous donne envie de vivre cette nouvelle idylle à travers les yeux des deux acteurs. La mise en scène autour de leur ascension est très bien amenée. Pourtant l’histoire aurait pu se résumer à quelques scènes autour d’un art peu renouvelé par héroïne, mais Burton se concentre sur des petits détails qui feront la force du film mais surtout celle de ses personnages. Christoph Waltz est encore sublime. L’acteur arrive à nous captiver et nous fait oublier qu’il n’est que l’interprète de ses personnages. Il restitue à merveille l’évolution de son personnage, qui d’un mensonge minimaliste va se plonger dans une trahison extrême envers sa femme, mais aussi de son public. Amy Adams est toute aussi épatante, nous plongeant dans une autre époque, là où la femme n’avait pas le choix que d’être soumise. L’amour qui va se transformer en haine va prendre toute son intensité lors du jugement. Une scène remarquable, démontrant la lâcheté de notre antihéros.

Danny Elfman sera toujours de la partie. Sa composition musicale sera moins marquante que d’habitude en oubliant d’imposer un véritable thème au film. C’est Lana Del Rey qui s’imposera dans cette bande-originale avec une musique qui colle finalement bien aux images.

Au final, rien ne pouvait supposer que le film sortait tout droit de la caméra de Burton. Si ce n’est le fantasque regard des peintures, nous ne sommes pas mécontent de voir le réalisateur nous proposer un film moins lugubre.

Partant d’une histoire méconnue et inexplorée, Burton réalise une œuvre sincère interprétée par deux acteurs éloquents. Un biopic intéressant qui redonne vie au couple Keane ainsi qu’aux peintures qui les ont rendues célèbres.

Man of steel (2013) – 7.75/10



Man Of Steel
Réalisé par Zack Snyder

Avec Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon
Pays :  Canada,   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 2 h 20 min
Année de production : 2013
7.75/10

Depuis plus d’une demi-décennie, les adaptations de Superman sont multiples et difficile de comparer le tout tellement la vision de chaque réalisateur est différente. En 2013, c’est le grand Zack Synder qui s’y colle en partenariat avec le talentueux Christopher Nolan à l’écriture pour nous offrir une version plus mature du personnage.

Comme à chaque fois, nous avons un préambule avec les origines de la famille de Superman sur les dernières heures de la planète Krypton et le sauvetage in extremis du petit Kal-El qui deviendra Clark Kent sur Terre. Des flash-backs viennent parsemer l’introduction, histoire de mieux connaitre la personnalité de notre héros. Tout est fait pour aller à l’essentiel et ainsi le voir se confronter très jeune à des problèmes d’adulte. Sa relation forte avec ses parents adoptifs va marquer un tournant dans sa vie et la performance de Kevin Costner appuiera remarquablement cette touchante dévolution. Quand à Lois Lane, toujours présente, elle jouera un rôle autrefois primordial au déroulement du récit qui se voit ici diminué afin de s’orienter plus sur l’intrigue du film sans nous polluer l’histoire par une histoire romantique. On sent cette relation, mais elle n’interfère en rien dans le combat entre Zod et Superman. On évitera donc la balade romantique dans les nuages ou la prise d’otage vu et revu dans les autres adaptations de super-héros.

En termes de réalisation c’est toujours délicat de critiquer le travail toujours positif de Zack Snyder. Encore là il joue favorablement avec sa caméra mettant sur un piédestal son héros joué par Henry Cavill. Par contre les quelques scènes de dialogue avec une caméra qui bouge alors que tout est statique n’aide pas à oublier la présence de celle-ci, la « parkinson mania » touche aussi le réalisateur et c’est dommage surtout quand cela n’est pas nécessaire. Il est bon d’apprécier aussi les temps plus sobre et plus calme surtout dans un tel film qui nous en met plein la vue.

Même si l’intrigue reprendra les origines de Superman, on est sur adaptation qui ne veut pas ressembler aux autres. Fini l’hérésie avec Clark Kent qui met ses lunettes pour ne plus être reconnu en tant que Superman (même si le clin d’œil sera juste et bienvenue). Au revoir Lex Luthor, le grand méchant vu et revu dans les autres films que ce soit chez Donner ou Singer. On retrouve le général Zod joué avec brio par Michael Shannon. Son personnage est sans concession, sans pitié, il va droit au but et ne cherchera pas à négocier. Sa silhouette et son esthétique sont vachement bien définies et va totalement à l’encontre de ce qu’on a vu de l’acteur dans son propre registre de film. Les scènes de combat que ce soit à Smallville ou Metropolis en mette plein les yeux. La puissance des deux personnages est retranscrite à merveille à l’écran. Ça bazarde du héros à tout va détruisant tout sur son passage. Les basses et la musique de Hans Zimmer aide à intensifier les images. Je regrette juste le coté ultra-technologique, limite animal avec les tentacules de l’arme anti-apesanteur, me coupant de l’histoire fantastique pour se la jouer science-fiction.

Même si y a quelques mini-longueurs, jamais Superman n’oubliera sa cible, sa quête, sa mission d’être sur Terre. Même après plusieurs rebondissements, il sera fidèle à l’image qu’on a de lui, jusqu’à nous offrir un des plus grand combat de super-héros au cinéma. La surenchère est bien là et réussi avec un Henry Cavill qui ne se regarde pas de haut, qui reste aussi sobre que puissant dans sa performance.

Pour son 75ème anniversaire, Snyder nous offrira une adaptation nouvelle bien plus sombre de Superman, sans jamais tenter de copier le travail de Singer ou de Donner mais en restant fidèle et gardant toujours en tête ce qui a rendu ce personnage aussi grand.

Nuit au musée 2 (La) (2009) – 3.75/10



La Nuit au Musée 2
Réalisé par Shawn Levy

Avec Ben Stiller, Amy Adams, Owen Wilson
Pays :  Canada,   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Comédie, Fantastique, Familial
Durée : 1 h 40 min
Année de production : 2009
3.75/10

Après un premier opus marrant et original, Ben Stiller revient sur cette suite dispensable, peu drôle et revisitée… C’est assez consternant de voir qu’un beau casting arrive a signer sur une suite avec un scénario très creux, qui colle beaucoup au premier opus sans en ressortir la moindre originalité.

La seule chose bénéfique pour nous les petits frenchy est de voir l’apparition d’Alain Chabat sur la scène Hollywoodienne qui réalise une interprétation satirique et honnête de Napoléon Bonaparte. Ses compatriotes Ben Stiller, Hank Azaria, Robin Williams, La pieuvre ou Owen Wilson n’ont plus rien a prouver au public, ils sont dans leurs rôles, toujours justes (enfin c’est pas trop compliqué dans ce genre de film) mais au vu des dialogues et du scénario très creux, ils en ressortent finalement avec un gout amer et peu drôles.

Force est de constater que des fois, y a des suites qui sont là que pour l’argent, ou alors parce qu’Hollywood n’a plus d’inspiration! Certainement qu’au Box-Office ça fonctionne mais niveau originalité on coule droit vers le fond… heureusement les suites sont des fois de bons augures… ca ne sera pas le cas sur Une nuit au musée 2.

Il était une fois… (2007) – 6.5/10



J’aime la praline et aussi le cucul mais c’est quand même cucul la praline…

Il était une fois
Réalisé par Kevin Lima

Avec Patrick Dempsey, Amy Adams, James Marsden
Pays :  États-Unis
Genres : Comédie, Fantastique, Musical, Romance, Familial
Durée : 1 h 48 min
Année de production : 2007
6.5/10

Très beau film avec une réalisation remarquable qui nous refait vivre les grands films Disney des années 50. C’est sublime, la réalisation est parfaite, on à l’impression de voguer dans un rêve. Le film est très ingénieux mêlant animation et film réel tout en reprenant les clichés de tout les Disney qui ont précédé celui-là…

Mais même si je déteste les chants dans les films et qu’ici je trouve ça remarquablement interprétés, l’histoire est quand même très banale. Certes c’est peut être aussi le but puisque c’est un conte qui reprend le synopsis basique du prince et de sa princesse.

Le film est remis au gout du jour avec une fin beaucoup plus contemporaine avec le sauvetage du prince par la princesse et ça passe pas si mal (même si j’aurai préféré un dragon plus terrifiant qu’un dragon à tête de chien reprenant le rôle ici de King Kong).

Les clins d’œil sont tous savoureux, les acteurs sont crédibles, un beau Disney…

A voir surtout pour les fans de contes de fées….