Archives

Microbe et Gasoil (2015) – 4/10



Microbe et Gasoil

Réalisé par Michel Gondry

Avec Audrey Tautou, Sacha Bourdo, Fabio Zenoni
Pays:   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 43 min
Année de production : 2015
4/10

Si Michel Gondry est un artiste à part entier et livre des réalisations magiques à la hauteur de son talent, il s’avère que parfois il se projette dans des projets illusoires et totalement anodins. Déjà son précédent film The we and the I était peu inspiré, de nouveau il réitère le road movie lancinant et ennuyeux, sans la magie qui le caractérise. Pourtant il a su prouver par le passé entre publicité et cinéma, qu’il était un réalisateur prolifique qui arrive à imposer « sa patte » merveilleusement. Mais ici, il n’y a rien de bien « Gondry »!

Même si le film conserve quelques moments de drôlerie, le film reste assez inégal. Les dialogues sonnent faux et le montage semble bricolé dont l’insertion de fondu noir impensable, comme si Michel Gondry avait perdu toute son inspiration et qu’il ne savait pas comment passer d’une scène à une autre. Même Audrey Tautou est peu lumineuse, dans un rôle qui ne la caractérise pas. Totalement anodin, seul le nom du réalisateur poussera quelques spectateurs à voir le film, mais n’attendez rien de Microbe et Gasoil, le film se cantonnera à un rang bien éloigné des chefs-d’œuvre de Michel Gondry!

Michel Gondry s’amuse, le spectateur s’ennuie. Même si l’idée « Gondriaque » de mêler buddy movie et road movie à bord du maison roulante était lumineuse, le film est totalement illusoire et sans grand intérêt. La magie du réalisateur est inexpressive, éteinte et sonne faux. Quelle déception!

Auberge espagnole (L’) (2002) – 5.5/10



L'Auberge Espagnole
Réalisé par Cédric Klapisch

Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Kelly Reilly
Pays :  France  
Genres : Comédie, Drame, Romance
Durée : 2 h 00 min
Année de production : 2002
5.5/10

Même si déambuler à travers le regard d’étudiants qui se retrouvent à l’étranger pour faire leurs études est une idée amusante et sympathique, le film se retrouve vite ennuyeux avec une succussion de sketchs et de situations sans grand internet.

Beaucoup d’entre nous se reconnaitrons dans ce voyage loin des parents. Cette première fois où l’adolescent se sentira adulte en cherchant à s’émanciper à travers sa première cohabitation, la sensation de liberté mais aussi l’idée de braver les interdits. Se succéderont les bêtises de jeunesses mais les jeunes qui se retrouvent ici en Espagne seront finalement très sages.

Mais comme Audrey Tautou qui est resté en France et qui ne rentrera pas dans le délire d’Erasmus lors de son passage express, en tant que spectateur je me suis reconnu en elle, en restant assez hermétique au monde étudiant décrit ici. Pourtant mes années étudiantes loin de la maison restent un sacrée moment de vie mais ce n’est pas pour autant que je me suis reconnu à travers l’aventure de Romain Duris.

Hormis quelques répliques célèbres, entre la « fuck » et les incompréhensions linguistiques entre les étudiants, il ne se passe pas grand chose. Heureusement la seconde partie se rapprochera des amourettes des étudiants provoquant des situations cocasses nous rapprochant un peu plus d’eux, nous offrant une conclusion pleine de nostalgie. C’est dommage car cette intensité aurait pu être plus grande si on avait à la fois pu se reconnaitre et délirer à travers eux. Fort de sa bande originale dynamique entre Daft Punk, Radiohead ou Kouz-1, le film se rapproche parfois trop du clip avec des effets à l’image bien médiocre. Je veux bien qu’il ne faille pas prendre le film au sérieux mais on a le droit aussi d’avoir un peu de qualité.

Enfin le casting reste très pauvre. La jeunesse n’excuse rien. Romain Duris que je n’aime généralement pas n’aide pas à apprécier le film. Audrey Tautou, souvent excellente fera que figuration, tout comme la timide Judith Godrèche qui ne révélera pas encore son talent, si elle en a un. Cécile de France, césar du meilleur espoir féminin en 2003 se voit être la blague du film tant sa prestation est anecdotique.

Soit on apprécie un clip fun pour promouvoir Erasmus, soit on se lamente de voir un film autour de la jeunesse qui manque aujourd’hui sensiblement de fraicheur.  La fleur de la jeunesse aurait nécessité plus d’engouement et de délire pour être véritablement divertissant. Je m’arrêterai donc là pour cette trilogie qui me semble prématurément surestimée.

Ecume des jours (L’) (2013) – 6.75/10



L'Écume des jours
Réalisé par Michel Gondry

Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh
Pays :  France
Genres : Drame, Fantastique
Durée : 2 h 05 min
Année de production : 2013
6.75/10

Michel Gondry qui adapte du Boris Vian, c’est étonnant et inventif. A croire que leurs deux mondes imaginaires sont finalement très proches (difficile d’aborder le film sans avoir lu le roman en amont), et Michel Gondry s’appropriera ce nouveau monde et s’amusera durant plus de deux heures à bricoler ses images au service du scénario.

On connaissait son talent en animation, et bien là il va en abuser. C’est franchement chouette à voir, on est captivé par tout ce qui bouge à l’écran, mais alors on se lasse vite tellement c’est dense visuellement. J’ai du même faire une pause à mi-parcours, histoire de me poser face à cette enchainement d’objets animés en tout genre. L’histoire d’amour semble assez anodine mais c’est la mise en scène qui révèle le film. C’est un OFNI pur, peut être plus sur l’aspect visuel que sur l’histoire. James Bataille vient de se faire détrôner sa place de farfelu.

Ici tout est changé, rien n’est rationnel. Des gens ont une tête d’oiseau, les jambes sont disproportionnées, les cocktails se font à partir d’un piano au rythme de la musique, les métiers des personnages n’existent pas, la sonnette araignée se déplace, Alain Chabat est dans votre frigo, les légumes dansent, Jason Statham ne spoilera pas, la cravate est vivante… tout ce qu’on n’imagine pas, Gondry là fait. C’est à se demander où il a eu les idées d’animer tout ces objets et à se demander si le livre en dévoile autant que ce Gondry nous offre. En tout cas c’est un film à voir tellement il est difficile à décrire. Les décors sont tous grandioses, entre carton pâte et image par image, on est bercé par cette musique Jazz rétro qui nous rappelle aussi que Boris Vian n’est pas loin.

Niveau interprétation c’est du tout bon. Ca ne m’empêche pas de toujours détester Duris. Audrey Tautou toujours charmante, et si fragile surtout dans cette histoire qui va devenir de plus en plus sombre. Les humoristes Sy et Elmaleh apporte une bonne dose de fraicheur. Et même Michel Gondry viendra aussi s’amuser et s’animer dans un petit rôle. Même si j’ai trouvé certains passages longuets sur cet amour platonique avec un manque d’attachement pour le couple, il en reste pas moins un véritable feu d’artifice d’expressivité.

Le film apporte une forte dose de poétique emballé dans un gros grain de folie face à un bonheur souvent éphémère qui peut vite devenir très sinistre. Une œuvre qui aborde une histoire d’amour totalement différente de ce qu’on a vu au cinéma et réalisé d’une main de maître, que je définirais ici de créateur de rêve.

Fabuleux destin d’Amélie Poulain (Le) (2011) – 9.5/10



Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
Réalisé par Jean-Pierre Jeunet

Avec Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus
Pays :  Allemagne,   France
Genres : Comédie, Drame, Fantastique, Romance
Durée : 2 h 00 min
Année de production : 2001
9.5/10

Wow! Quel film intense. J’avais adoré la première fois, mais là je me rends encore plus compte du travail de Jeunet qui travaille un panel de personnage de façon brillante. Dès l’introduction, le réalisateur sait illustrer merveilleusement tous ses personnages qu’Amélie rencontrera durant le film.

La forme qu’emploi Jeunet est sublime, par fois décalée mais surtout inédite. Au départ, alors qu’aucun personnage ne prend la parole, on découvre les images de Montmartre avec des détails souvent insignifiants qui permettent d’aborder chaque personnage en profondeur, le tout conté par la charismatique voix de Dussollier. Les quelques animations présentent s’incorporent avec finesse dans les situations de réflexion de la part de chacun des protagonistes qui gravite autour d’Amélie Poulain.

Outre l’esthétique et ses décors remarquables, le thème abordé de ces petites choses qui font de la vie un bonheur nous rappel souvent les plaisirs de nos années passées. C’est plein d’amour et de bonheur. La photographie verdâtre et jaune si chère au réalisateur permet de renforcer le coté magique du film et met relativement bien en avant Paris, qui en devient un personnage du film. Le scénario qui aborde chacun des personnages, et ce mystère autour du photomaton, animé par la fée Poulain, ne manque de rien. Ce « grand tout » comporte autant de mystère que de moment heureux, chaque question abordée, chaque personnage aura sa conclusion propre.

Audrey Tatou est Amélie Poulain. A la fois belle, sensible, touchante et discrète, elle sait mettre à profit son talent d’actrice. Cette quête qu’elle met en œuvre avec Mathieu Kassovitz pour trouver des nouvelles sensations dans l’amour, que chacun d’entre nous recherche, est réussie. Ils en deviennent un duo bien attachant, même si Tautou amène plus d’émotion que son partenaire. Même le duo des ingrats Dominique Pinon & Isabelle Nanty, face à la magie d’Amélie, devient intéressant.

Tout ce qu’aborde l’héroïne le devient immanquablement, grâce à l’approche du réalisateur qui tient autant son histoire que la technique de ses images et surtout de son montage aussi dynamique, que maitrisé. La musique de Yann Tiersen exalte les images en nous plongeant au cœur des émotions d’un personnage aussi beau qu’attachant.

Un film frais et onirique qui fout la banane. Un grand film français, que dis-je un petit chef d’œuvre made in France.