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Snowden (2016) – 5.5/10



Snowden

Réalisé par Oliver Stone

Avec Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo
Pays:   Allemagne,   États-Unis
Genres : Drame, Thriller
Durée : 2 h 14 min
Année de production : 2016
5.5/10

Snowden, instructif même si un peu trop bavard, résume habilement l’histoire du jeune Edward Snowden, ancien employé de la CIA et de NSA, qui a dévoilé au monde entier en 2013, les détails de plusieurs programmes de surveillance U.S et britannique. Oscillant entre biopic et thriller dramatique, ce long-métrage aura le mérite de dénoncer les dangers du numérique envers notre liberté.

Cependant, si Oliver Stone est un réalisateur qui aime se frotter à des sujets épineux envers la politique de son pays, ici pas de grande surprise autour d’un thriller qui se rapproche plus du documentaire. Plus corrosif par le passé, le cinéaste controversé se contente de condenser dix années de la vie du programmateur Snowden. Trop propres, trop lisses, les personnages sont inconsistants pour être mémorables, seules les bonnes intentions de Joseph Gordon Levitt à vouloir imiter Snowden sont appréciables, même si un peu faciles. Nicolas Cage cabotine pour venir cachetonner dans un rôle oubliable.

Si Snowden a su faire des sacrifices sur sa vie confortable, sa relation avec sa compagne Lindsay Mills nous importe peu alors qu’elle a été aussi certainement troublée. L’attachement des personnages n’est pas assez poussé, tout comme cette impression qu’on ressent pour l’œuvre d’Oliver Stone, sans avoir l’impression d’avoir appris grand-chose. Comme si nous savions déjà que nous étions surveillés. Le seul point remarquable de cette affaire est de découvrir la motivation d’un unique homme, qui avait tout pour réussir, et qui a sacrifié sa vie pour préserver la liberté numérique, même si au final c’est bien lui-même qui n’a plus de liberté.

Un biopic 2.0 intéressant mais bavard avec un sujet un peu trop lisse surtout pour le très controversé Oliver Stone. Un manque d’émotion et d’information laisse présager que Snowden se cantonnera au rang des oeuvres mineurs du réalisateur. Bien moins percutant que ce que présageait le slogan du film!

Walk: Rêver plus haut (The) (2015) – 8.5/10



The Walk : Rêver plus haut

Réalisé par Robert Zemeckis

Avec Joseph Gordon-Levitt, Ben Kingsley, Charlotte Le Bon
Pays:  États-Unis
Genres : Aventure, Drame, Thriller
Durée : 1 h 40 min
Année de production : 2015
8.5/10

 The Walk s’ajoute aux nombreux biopics existant au cinéma. Et si l’histoire de Philippe Petit, funambule français, peut paraître banale et qu’il n’est pas évident de s’attarder plus de deux heures sur son exploit, Robert Zemeckis arrivera à prendre de la hauteur pour rendre la narration intrusive, humaine et captivante. D’ailleurs, si le projet m’a intéressé c’est essentiellement pour voir le travail de Zemeckis élevé la prouesse insensée de Philippe Petit qui avait déjà fait couler un peu d’encre lors des Oscars 2009 avec le documentaire Le funambule.

The Walk est adapté du livre « To reach the Clouds » écrit par l’équilibriste. Mais Zemeckis avait déjà pensé à mettre en images le biopic il y a une dizaine d’années. La mort des deux tours étant encore trop récente dans l’actualité, il était délicat de se pencher sur leur naissance, face à ce petit homme qui a voulu les enjamber, alors que deux avions venaient de les détruire. En effet, outre le fait que le film retrace l’exploit de l’acrobate, Robert Zemeckis rend un véritable hommage au World Trade Center. Recréées partiellement en studio, puis par ordinateurs, les deux tours s’imposent comme deux montagnes de béton à l’entrée de New York City. L’image finale est criante de beauté face au charme muet des édifices.

C’est à 417 mètres de hauteur que Philippe Petit à voulu faire son « coup ». Mais le réalisateur ne sautera pas trop rapidement sur l’occasion de s’envoler en haut des deux tours, même si c’est raconté dans les premières secondes de film. Il décrira avec tacts les débuts de l’équilibriste avec son premier métier au sein d’un cirque, sa rencontre avec Annie et ses premières mésaventures clandestines et illégales orchestrées en France dont l’ascension de la cathédrale Notre-Dame. Et dès lors où il arrive toujours à ses fins, notre héros veut toujours aller plus haut, plus loin et conquérir le rêve américain au regard d’une France craintive. Coïncidence de l’époque, les deux tours les plus grandes du monde sont en construction. S’ensuit un enchainement de scènes autour de la technique pour pouvoir tirer un câble entre les deux buildings. Toute la procédure est chronométrée et millimétrée et le réalisateur traduit avec brio l’ambiance et profite pour monter un faux suspense qui nous tient en haleine jusqu’au bout. A travers la caméra de Zemeckis, le funambule ira jusqu’au bout pour vivre son rêve avec ingéniosité et arrogance! Sans négliger la sécurité, ce fou furieux défiera la vie, à défaut de vouloir rencontrer la mort! A l’origine, Philippe Petit devait interpréter son propre rôle en motion capture pour pouvoir être rajeuni. Maketingement, Joseph Gordon-Levitt fût une évidence pour le remplacer, surtout qu’il lui fallut que quelques jours pour arriver à marcher sur un fil, soutenu par l’inspirateur et consultant Philippe Petit. Charlotte Le bon viendra apporter sa touche française en amenant fraicheur et légèreté. Pour rendre toujours plus crédible son personnage, Joseph Gordon-Levitt, habillé de lentilles bleues, s’exprimera en anglais  avec un petit accent français, un petit détail qui mérite de contempler le film en V.O, même si le mélange des langues et des acteurs peut être contestable!
 
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Seul véritable reproche que l’on peut faire à la mise en scène, c’est d’avoir mis l’acteur en narrateur nous sortant parfois de l’histoire. De plus, le placer en haut de la statue de la liberté rend les images à la fois fausses et « cheap » alors que le film est hyper réaliste avec une réalisation très contemporaine sur un fait d’actualité qui date pourtant de 1974! Mais hormis ce petit détail, tout est sublimement chorégraphié et photographié par Robert Zemeckis, comme a pu le faire Philippe Petit durant son exil aux États-Unis. Dès lors où l’artiste met le pied sur le fil on pense que tout va se terminer très vite. Mais l’acrobatie durera plusieurs longues minutes (45 minutes dans la réalité). Le funambule joue, vole et rêve narguant les policiers, estomaqués de voir cet homme dans les airs, qui l’attendent de chaque côté. Les New-Yorkais se tordent le cou pour découvrir cet homme-oiseaux. Il sait que dès lors où il mettra son pied sur Terre, son rêve sera terminé. Grâce à Zemeckis, nous sommes aux plus hautes et belles loges pour contempler le spectacle. Avec une certaine fébrilité, nous sommes spectateurs d’une prouesse face au gouffre, devant un spectacle qui fait froid dans le dos. Zemeckis n’oubliera pas de nous rendre aussi « acteur » de son exhibition en montrant quelques vues subjectives qui nous projette totalement dans les airs. Ça fout l’tournis! La beauté des images se mêle avec la virtuose performance de Joseph Gordon-Levitt. Jamais les images de synthèse n’ont été aussi utiles et jouissives. L’équipe du film fait revivre un monument à la fois pour sublimer cette traversée unique mais aussi pour la mémoire! Alan Silvestri, collaborateur très régulier de Robert Zemeckis, occupera nos oreilles pendant que nos yeux sont ébahis par le spectacle. Une performance sur le papier qui semblait pourtant banal! A la suite de cet exploit insensé, on en ressort juste émerveillé.

Résultat vertigineux d’un poète de l’éphémère qui un mercredi 7 août 1974 va défier la mort en traversant les deux tours du World Trade Center sur un fil. Exploit encensé par un Robert Zemeckis brillant, rendant autant hommage au funambule français Philippe Petit, qu’aux deux tours aujourd’hui disparues. Un biopic élancé et surprenant.

Sin City: J’ai tué pour elle (2014) – 8/10



Sin City : J'ai tué pour elle
Réalisé par Frank Miller, Robert Rodriguez

Avec Mickey Rourke, Jessica Alba, Josh Brolin
Pays :  États-Unis
Genres : Action, Crime, Drame, Thriller
Durée : 1 h 42 min
Année de production : 2014
8/10

J’avais peur que cette nouvelle adaptation soit une juste reprise du concept autour du comics pour en faire une vulgaire suite par un réalisateur lambda. Mais non ici Rodriguez, le réalisateur du premier film et Miller, l’auteur du comics, sont de nouveau de la partie en restant fidèles au monde sombre de la ville de Sin City. La chronologie des tomes éditées est globalement conservée en reprenant l’histoire du tome 2, mais afin d’étoffer un peu l’histoire, les auteurs ont pioché dans le tome 6: Des filles et des flingues.

Graphiquement c’est toujours un plaisir de « feuilleter » les images, tel une BD qu’on dévorerait. On retrouve les personnages principaux du premier film avec plaisir et engouement. Ça me pousse juste l’envie de continuer à suivre cette saga jusqu’au bout, en pensant parfois qu’il iront jusqu’au 7ème, en gardant cette qualité, même si cela risque d’être compliqué que ce soit pour les Majors, le vieillissant Miller ou tout simplement les écrits des autres tomes déjà piochés par-ci, par-là (aujourd’hui quasi tous traité partiellement). De plus il risque d’être difficile de continuer à transposer sur plusieurs films la noirceur de la ville, l’élément central de l’œuvre, au risque d’être vite répétitif.

Quoi qu’il en soit avec ce second opus jamais on ne doute de la légitimité de Frank Miller à nous vendre sa suite. On y retrouve Nancy Callahan en pleine descente aux enfers suite à la mort de John Hartigan. Ce segment ne fait que le constat d’une triste vie, dans une triste ville. Il ne s’y passe pas grand chose, si ce n’est ce bar qui semble être le point qui rassemble beaucoup de monde. D’ailleurs c’est là qu’on y retrouvera Marv, encore plus brutal, encore plus colossal. Même si le maquillage semble être un peu plus grossier, on est ravi de retrouver ce personnage peu banal. Le fils du sénateur brillamment interprété par Joseph Gordon-Levitt, reprendra avec succès l’histoire bien glauque de la famille après la mort de l’étrange frère Roark Jr. du premier film, on y approfondira la personnalité puante du sénateur.

Reviendra aussi le personnage de Dwight McCarthy, qui malheureusement laissera l’acteur Clive Owen au placard, en laissant un nouvel interprète sous le nom de Josh Brolin. Alors l’acteur est loin d’être mauvais, mais Clive Owen, séducteur, avait une position bien plus crédible et appréciable au sein du groupe de filles. Ce changement n’est pas isolé. Plus discrète Jamie Chung remplacera Devon Aoki. Le regretté Michael Clarke Duncan laissera place au très bon Dennis Haysbert. Là il y a pas le choix, seul la taille et sa stature ne sera pas à la hauteur du grandissime M.C.Ducan. Par contre y a une faille temporelle qui ne colle pas avec le premier film avec la mort du personnage. On passe de « suite » à « préquelle » sur certains segments, faut mixer un peu les deux pour avoir le tout. Hormis Josh Brolin, les petits changements ne sont pas pénalisants pour cette suite.

Passons au centre du sujet, celle qui aura pour elle la « majorité » du titre. La sulfureuse Eva Green, manipulatrice et envoutante. Magnifique femme, bonne actrice, elle séduit le spectateur. Cette petite « garce » fait tout pour être détesté et pourtant il est difficile de ne pas succomber à son charme. Le coté glamour mêle la trahison, elle joue sur l’amour, la haine et son penchant pour la pratique des plaisirs sexuels à des fins stratégiques et intéressées. Un rôle intéressant, il n’y a pas que ses formes qui joueront avec Dwight, son regard en dira long sur sa détermination.

Esthétiquement le film est beau, on sent fortement à l’image le travail de post-production, mais les éclairages dont ceux autour des yeux donne du cachet à l’image et respecte toujours cette volonté d’avoir un rendu « dessiné ». On sent bien entendu cet empilement de couche en chromakey (fond vert) mais c’est cette superposition qui rend hommage aux planches à dessin des mythiques bandes-dessinées. Les animations parfois ridicules mais jouissives (surtout en voiture) trouvent une juste tonalité dans cette imbrication d’images et de personnages.

Meurtres, vengeance, barbarie, sensualité, Sin City va piocher dans pas mal de péchés capitaux. Une suite qui n’innove plus sur le concept mais qui respecte totalement les planches de Frank Miller. Si on aime le 1, on ne peut pas détester le 2.

Mysterious Skin (2005) – 6.5/10



Mysterious Skin
Réalisé par Gregg Araki

Avec Joseph Gordon-Levitt, Brady Corbet, Michelle Trachtenberg
Pays :  Pays-Bas,   États-Unis
Genres : Drame, Mystère, Indie
Durée : Durée inconnue
Année de production : 2004
6.5/10

Dès que le sujet est sensible, j’ai du mal à être objectif, car même si ce n’est pas toujours bon, on est rapidement brassé par ce genre de film qui est difficile à digérer. Ca me fait penser un peu à se mal être qu’on a en voyant des films avec des actes sexuels non simulés comme Ken Park ou Shortbus. Mais là ca touche des jeunes enfants donc obligatoirement simulés, et même si c’est montré avec une vision subjective, on est totalement plongé dans le coté glauque de la situation avec des scènes très/trop réaliste. De plus, on peut se poser la question envers l’image des jeunes acteurs et la « prise en otage » livrées par les parents pour faire tourner des scènes aussi durs à des gosses, sans finalement qu’ils sachent ce qu’il s’y cache derrière.

Joseph Gordon-Levitt, plus jeune mais avec déjà un bon début de carrière est brillant. Ce rôle pas facile qui ne le déstabilisera pas dans sa carrière est assez marquant et lourd à porter. Mais il arrivera à s’en détacher, heureusement pour lui. En plus de subir des sévices sexuels consentis (ou pas) par des adultes, son personnage se fait en plus violemment agresser physiquement. La scène dans la baignoire est brutale, comme toute la séquence, ne laisse pas indemne. Brady Corbet, quant à lui son histoire est moins marquante. Son abduction extraterrestre fonctionne moins bien, tout simplement parce que le spectateur comprend vite (dès le début d’ailleurs) que cette histoire vient du déni de ce qu’il lui est arrivé plus petit. On met le doigt dessus rapidement et la révélation finale s’en trouve moins forte.

Une sombre histoire de pédophilie et de viol qui s’accompagnera inévitablement par la descente aux enfers à l’adolescence. Un film pas bien joyeux, qui a le mérite de montrer des situations malsaines et tabous, sans choquer par l’image mais plus par ses propos.

Don Jon (2013) – 7.25/10



Don Jon
Réalisé par Joseph Gordon-Levitt

Avec Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore
Pays :  États-Unis
Genres : Comédie, Drame
Durée : 1 h 30 min
Année de production : 2013
7.25/10

Qu’est-ce qui est mieux que d’être acteur? D’être réalisateur et de se choisir sa partenaire telle une Scarlett Johansson pour assouvir son fantasme ultime.

Joseph Gordon-Levitt réalise avec brio son premier long-métrage et nous sert un film frais et drôle, un bon feel-movie qui met la patate. Ce qui est juste dommage c’est de ne pas avoir gardé cette dynamique jusqu’au bout de son exercice, plaçant ainsi son film dans une analyse sur son addiction qui n’est pas nécessairement utile. A l’instar de Shame qui posé un regard sombre sur l’addiction du sexe, Joseph Gordon-Levitt se fait plaisir à construire son film sur des vérités qui sont parfois tabou mais qui nous font rire tellement elles sont vraies.

Don Jon est incarné de façon magistrale par un acteur qui aime rouler des mécaniques, il joue bien, il joue vrai, il est un beau gosse qui aime en faire trop. Scarlett jouera quand à elle la pétasse de service, c’est amusant de la voir ainsi, ca fait même plaisir, même si elle aurait mérité d’en montrer plus. Enfin le trio se composera aussi par la dépressive Julianne Moore, la MILF qui n’est pas bien mise en valeur mais qui a plein de beauté au fond de son cœur. Bien évidement avec un telle schéma on se doute où va se terminer l’histoire, mais ce qui est drôle c’est de contempler les chemins pour y arriver. Les addictions sont aux creux du sujet, que ce soit la sœur attaché à son téléphone 24/24h ou le père de famille qui est autant fasciné par les petites amies de son fils que par son football américain. De plus, le retour de Tony Danza fait plaisir, il est bien aux abonnés absents au cinéma et c’est fort dommage.

La réalisation est vive et percutante et nous permet sans se lasser de suivre insensément les mêmes gestes du quotidien d’un américain moyen, d’un jeune branleur qui aime aller à la muscu, à l’église, manger chez papa, maman, et se taper des meufs et des branlettes devant son ordinateur. C’est la qualité du montage qui dynamise le tout et qui nous évite d’être dans l’ennui.

Un film drôle, frais et sympathique. Une bonne surprise pleine de vérité de la part d’un Joseph Gordon-Levitt en grande forme!

Looper (2012) – 6.25/10



Looper

Réalisé par Rian Johnson

Avec Joseph Gordon-Levitt, Bruce Willis, Emily Blunt
Pays :  Chine,   États-Unis
Genres : Action, Science Fiction, Thriller
Durée : 1 h 50 min
Année de production : 2012
6.25/10

Alors que les films de science-fiction avec voyage dans le temps sont souvent des grandes attentes pour moi, j’ai l’impression d’avoir vu un film qui semblait original et innovant mais qui au final ne l’est pas vraiment. La première partie reste la plus rythmée et nous met dans l’ambiance avec la présentation des personnages, du contexte de l’histoire et des « morts du futur » vite expédiées qui nous tiens bien en haleine. La seconde partie quant à elle est beaucoup plus « chian-lente », avec un rythme moins soutenue et une histoire qui perd de son originalité par son scénario souvent bancal.

Outre les défauts que l’ont retrouve dans les films mêlant la temporalité (exemple parmi tant d’autres: Willis ne peut pas venir du futur si il est mort 30 ans avant), le film tente de nous développer une histoire pour nous la reprendre quelques minutes après à partir de l’an 1. Un bond dans le temps qui ne sert pas à grand chose et qui embrouille les esprits.

La recherche du rebel « John Connor de la pluie » de la part de Willis à travers trois potentielles victimes va être exécutée sans chercher à savoir qui est le bon individu, sans savoir qui il est vraiment, et relève de l’immoralité (surtout vis-à-vis de gosses) et il y a un grand manque d’approfondissement sur ce grand méchant tout comme d’ailleurs le personnage de Joe qui se révèle être très différents de son double plus jeune. On tente de nous expliquer son changement par des flash-back mais c’est trop rapide et pas assez creusé.

Le maquillage de Gordon-Levitt est totalement raté. On ne sait pas si c’est du CGI ou du réel, mais peut importe c’est totalement laid, perturbant durant tout le film et la seule réjouissance de voir cet affreux travail qui rend statique son visage se retrouve dans la scène où le personnage se retrouve face à lui vieux (Willis) au restaurant mettant en avant les mêmes traits d’expression. Autant trouver un acteur qui ressemble à Willis que de rajouter du casting prestigieux mais de le foirer sous un maquillage bidon. Notre petit plaisir ne sera pas de voir Willis vieillissant qui traine la patte ou Lewit travesti en robot de A.I, mais de retrouver Jeff Daniels, grossit mais toujours convainquant ou la petite Emily Blunt qui brille de nouveau à l’écran.

Mais tout n’est pas négatif. Sur un schéma narratif certainement trop ambitieux, le film apporte son lot de rebondissement, d’action sympathique, et d’une histoire qui vaut quand même le coup d’oeil. Enfin, le film propose différents niveaux de lectures toujours intéressants à décortiquer. Chaque scène est assez inattendue, et on se laisse porter facilement par le personnage entre aujourd’hui et demain.

Un film innovant et intéressant sur le papier mais qui s’essouffle à l’écran avec une ressemblance entre Joseph Gordon-Lewitt et Bruce Willis peu convaincante. On excusera la production qui n’aura dépensé que 30 millions de dollars pour ce projet qui en l’allure d’un de 80. Looper le film qui a faillit être loupé.

50/50 (2011) – 7/10



50/50
Réalisé par Jonathan Levine

Avec Joseph Gordon-Levitt, Seth Rogen, Anna Kendrick
Pays :  États-Unis
Genres : Comédie, Drame
Durée : 1 h 39 min
Année de production : 2011
7/10

Me contentant de quelques avis rapides et d’une affiche, je me suis lancé dans ce film pensant me faire une bonne comédie bien drôle. Loupé, c’est carrément pas ça et maintenant que je repense aux affiches teaser postés sur BoM avant la sortie du film, je me dis que l’officiel finalement est bien trompeuse. On est bien loin de la comédie délirante, ici on est sur un film dramatique, sur l’appréhension de la maladie. La maladie du siècle: le cancer.

Un peu comme Titanic (attention référence peu objective), ce film nous annonce la couleur dès le début et nous amène vers une fin que l’ont connait plus ou moins, on imagine bien que Joseph Gordon-Lewit va se battre contre sa maladie, passant par des hauts et des bas, rassemblant sa famille avec un père totalement déconnecté, une petite amie a claquer et un ami toujours positif qui pense qu’à baiser profitant souvent de la maladie de son pote pour arriver à ses fins. Seul le sort de Lewit reste en suspens durant tous le film, on imagine bien sûr le pire, tout en ayant un espoir, chose tout à fait humaine et qu’on vivrait de la sorte pour un ami, un membre de la famille, ou pour nous-même. Ce film d’ailleurs démontre que finalement n’importe qui peut être atteint, qu’il n’y a pas d’age pour être touché et que c’est pas toujours aux autres que ça arrive, même si on le pense toujours dans notre inconscient et heureusement d’ailleurs! Il est difficile d’imaginer que demain, on puisse nous annoncer personnellement un telle nouvelle (croisons les doigts!).

Le film alterne entre humour « simple » sans vulgarité, tristesse et amour. La trame reste hyper classique sur un sujet grave, y a pas de grands rebondissements, c’est sincère et on à l’impression de vivre un peu la maladie du jeune homme par procuration par le faite qu’ici on a le droit à une réalisation très réaliste. C’est scénaristiquement pas très recherché, c’est un film simple qui sonne juste et vrai, qui fait souvent froid dans le dos, surtout quand on redoute cette sale maladie qui nous guète de plus en plus. Allez pour la bonne cause: 7/10.

Inception (2010) – 9.5/10



Inception

Réalisé par Christopher Nolan

Avec Leonardo DiCaprio, Joseph Gordon-Levitt, Ellen Page
Pays :  États-Unis
Genres : Action, Aventure, Mystère, Science Fiction, Thriller
Durée : 2 h 28 min
Année de production : 2010
9.5/10

A l’instar de Matrix qui nous avait mis une grande claque au niveau des effets spéciaux il y a 10 ans, Inception lui révolutionne le cinéma avec un scénario complexe, déroutant, et innovant. La mise en scène est très bonne, elle va à crescendo et ne faibli jamais, elle nous garde en allène du début à la fin, jusqu’à ne plus savoir si on se trouve en pleine réalité ou si finalement tout ça n’est qu’un rêve.

Je suis émerveillé par la dextérité de Nolan a nous raconter cette histoire pas simple sur le papier et qui sera sans aucune ambiguïté à l’écran. Comme quoi si on découpe bien son histoire on peux finalement faire ce que l’ont veux, et je tire mon chapeau à Nolan et son équipe de s’être lancé dans cette histoire complexe (faut avoir de l’imagination et pas s’emmêler les pinceaux dans les prises de vues!) et jouissive qui a le mérite de laisser une fin ouverte avec son lot de débats.

Si je devais reprocher un petit ingrédient de cette succulente recette, c’est la situation géographique du 3ème niveau de rêve qui se passe à la montagne. On est dans l’imaginaire, on peut faire ce que l’ont veux certes, mais une scène à Los Angeles sous la neige (je lui enlève pas sa situation glaciale) aurait été plus propice pour finir ce film, que de se perdre dans un environnement inconnu qui à mon sens n’a pas d’intérêt. Ca gâche un peu le plaisir même si on se régale à voir ce film qui a plusieurs niveaux de lecture.

Niveau casting: Di Caprio et Cotillard crèvent l’écran tandis que les seconds rôles, notamment Page, Watanabe et Gordon-Levitt, l’habitent pleinement. De ce coté-là c’est parfait. Comme je l’ai déjà dit pour Shutter Island, Di Caprio a pris de l’age et de l’embonpoint, il est parfait, loin de l’image du gringalet qu’on a pu découvrir dans Titanic. En plus la petite couche de bronzage lui va bien dans ce film qui fait « rever ».

 Enfin, personne ne peut définir clairement une fin, c’est l’atout majeur du film. En plus de ne pas savoir si on est dans un rêve ou dans la réalité à la fin, le scénario remet aussi en cause la situation de Cobb depuis le début. On se demande même (et tout est possible et plausible) si Mall en se suicidant ne s’est pas échappé des rêves laissant Cobb à un sous-niveau depuis le départ, ou peut être une inception pour Cobb de la part de son père pour lui faire oublier sa femme…

Inception est une combinaison subtile et complexe d’un scénario subliment échafaudé, d’un jeu d’acteurs époustouflant et d’effets spéciaux magnifiques au service de l’histoire, et non l’inverse. Des interprétations multiples (cf. wiki), toutes plausibles et réussies. Bravo Nolan. Quel talent!