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Sully (2016) – 8/10



Sully

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2016
8/10

Afficher l'image d'origineRetraçant l’amerrissage du Vol 1549 du 15 Janvier 2009, Clint Eastwood réalise un film simple et véritable. Sublimé par Tom « Capitaine Philips » Hanks qui reprend le rôle du pilote Chesley Sullenberger, le personnage de Sully est joué en toute humilité et sensibilité. Tom Hanks est un homme attachant et son personnage l’est tout autant, avec toute la sincérité et le courage qui le caractérise.

Le film exploite la bataille de l’humain face à une bureaucratie féroce qui cherche à imputer au pilote la perte matérielle d’un avion, alors que celui-ci réussit à sauver 155 vies dans un amerrissage héroïque. Un peu comme Flight sorti en 2013, Sully reprend les mêmes ressorts ubuesques sauf que l’histoire est ici vraie. Le réalisateur Clint Eastwood réussit efficacement à mettre en avant toute l’inertie administrative qui oublie parfois la force héroïque du pilote à poser son avion dans des conditions alarmantes. Le film aurait pu se résumer à un simple amerrissage, mais l’intelligence du scénario est de dévoiler les différents points de vue de cet acte héroïque. Ainsi qu’on soit à bord ou à l’extérieur de l’avion, on y ressent chacune des émotions tout en comprenant les enjeux de chacun.

Clint Eastwood réalise ici un film hommage efficace en toute simplicité mettant en avant toute la désolation d’une bureaucratie américaine indélicate et pas toujours reconnaissante. Un plaisant biopic d’un « anonyme » pilote expérimenté qui a réalisé le miracle de l’Hudson en sauvant 155 vies en 2009.

Hologram for the king (A) (2016) – 4.5/10



A Hologram for the King

Réalisé par Tom Tykwer

Avec Tom Hanks, Sarita Choudhury, Sidse Babett Knudsen
Pays:   Mexique,   France,   Allemagne,   États-Unis
Genres : Comédie, Drame
Durée : 1 h 38 min
Année de production : 2016
4.5/10

Quand le réalisateur de Cours Lola dirige Cours Forrest, on aurait espéré avoir un film efficace et réussi. Malheureusement cette adaptation de la nouvelle de Dave Eggers autour d’un homme sur le retour est véritablement décevante. Pourtant réalisé par Tom Tykwer, l’intrigue est totalement décousue, le rendu est assez brouillon et le temps passé sur le projet de Tom Hanks ne nous permet pas de totalement nous émouvoir sur la relation qu’il entretiendra avec son médecin.

hologramLe titre est d’ailleurs trompeur, même si on aurait souhaité être surpris, il n’est aucunement question de s’orienter sur un projet innovant. Le projet Hologramme n’est qu’une excuse pour exporter son concepteur dans une société ubuesque tellement elle s’éloigne de la notre. De quoi souligner les travers des traditions et religions en Extrême-Orient. Tout n’est que constat, il n’est aucunement question de soulever une polémique. C’est assez léger dans les propos, parsemé de quelques pointes d’humour qui permettent de ne pas effondrer le film dans du mélodramatique dégoulinant.

En choisissant Tom Hanks, Tom Tykwer évite le pire. Et même si on aime l’acteur, le scénario ne lui rend pas honneur, faute de vouloir construire un scénario autour de plusieurs thématiques, toutes mollement abordées. Au final, on reste passif devant l’excroissance grossissante de notre cher Tom, son projet ne nous intéresse pas, pas plus que son voyage, ni sa relation qu’il entretient avec sa fille. Seule, les dix dernières minutes commencent à nous attendrir, mais il est trop tard pour qu’on puisse se souvenir pleinement de l’œuvre.

Œuvre basique qui n’atteint pas la profondeur et la portée de ses propos. Pourtant avec Tom Hanks dirigé par Tom Tykwer, on aurait pu s’attendre à voir une pépite émergée dans le monde des films indépendants. Une adaptation bancale qui nous laisse malheureusement trop passifs.

Pont des espions (Le) (2015) – 8/10



Le Pont des Espions

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Tom Hanks, Mark Rylance, Amy Ryan
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Drame
Durée : 2 h 21 min
Année de production : 2015
8/10

Afficher l'image d'origineUne fois n’est pas coutume, Steven Spielberg revient avec force sur un scénario historique en signant son œuvre par une brillante réalisation. Le grand Tom Hanks y retrouve le réalisateur pour la quatrième fois pour notre plus grand plaisir. Ce qui pourrait, au premier abord, n’être qu’un simple film d’espionnage, devient entre les mains de Tonton Spielberg littéralement un véritable drame humain imbriqué dans l’une des situations politiques les plus complexes qu’a pu connaître notre monde.

En pleine guerre froide, les tensions entre l’Allemagne, l’Union Soviétique et les USA sont au degré le plus élevé et c’est dans une atmosphère suffocante qu’on découvre à travers ce film un événement irritant de l’après-guerre peu connu, sur un échange entre individus pas forcément conquis d’avance. Le scénario passe en revue des phases majeures de cette période, du maccarthysme à la construction du mur de Berlin dans un pays hostile qui apporte peu de sérénité. Des événements qui nous ébranlent, d’autant plus quand on les a vus disparaitre dans notre jeunesse.

James B. Donovan fait valoir ses valeurs profondes et rayonne face à une logique gouvernementale implacable dans ce contexte de guerre froide. Tom Hanks était une évidence pour un rôle de cette trempe, autant sur sa vision du personnage que sur un physique qui se complaît dans un costume d’avocat. Alors qu’il n’avait pas la tâche facile de défendre un espion soviétique avec son leitmotiv « tout Homme mérite d’être défendus », il va continuer à s’enfoncer dans un exercice houleux et risqué, essentiellement dans l’intérêt de sa patrie, un faire valoir que Spielberg aime souvent souligner. Co-écrit par les frères Coen, on est séduit par les détails d’écriture des personnages, qu’il soit avocat, pilote ou agent des renseignements soviétiques, avec toute cette joute verbale intelligente, perspicace et adroite. Malgré ses 2h20, le rythme du film, même si bavard, ne décroît jamais. Et dès lors où nous retrouvons sur le pont de Glienicke, exactement là où les événements se sont déroulés en 1962, nous restons la gorge nouée attendant le moindre faux pas qui fera écrouler le château de cartes jusque là difficilement échafaudé.

Derrière le metteur en scène, on remarquera de nouveau l’alliance efficace de Janusz Kamiński, directeur de la photographie, qui rendra les images aussi sublimes que glaçantes, au rythme d’une bande son classique. Composée initialement par John Williams, c’est Thomas Newman qui s’occupera de la bande originale du film aux sonorités soviétiques, s’associant pour la première fois (en vue d’une futur passation?) à un film de Spielberg.

Steven Spielberg happe son spectateur, avec le talent qui le caractérise, dans une reconstitution fidèle d’un échange brûlant et pernicieux de la guerre froide. Le réalisateur rattrape le coup après le pénible et lancinant Lincoln. Une œuvre « Spielbergienne » juste, sobre et recommandable. Bavard mais instructif, Le pont des espions est autant pédagogique qu’engageant.

Banlieusards (Les) (1989) – 5/10



Les Banlieusards

Réalisé par Joe Dante

Avec Tom Hanks, Carrie Fisher, Cory Danziger
Pays :  États-Unis
Genres : Comédie, Horreur, Thriller
Durée : Durée inconnue
Année de production : 1989
5/10

C’est loin d’être ultime surtout pour un réalisateur comme Dante, souvent imaginatif autant dans ses idées de mise en scènes que dans son bricolage souvent impressionnant à l’image.

On suit péniblement un groupe d’habitants qui scrutent des nouveaux voisins repliés sur eux même avec un comportement bizarre. Leurs expériences lumineuses nous font penser qu’on tend plus vers le paranormal plus que par le thriller. Les polémiques sont parfois faciles, on virevolte en mystérieux tueurs et mystérieux expérimentateurs. Le scénario joue beaucoup sur la paranoïa, on sent bien qu’on veut nous faire croire ce qui n’existe pas. C’est assez ennuyeux de jouer à cache-cache et on est content de voir la compagnie de Hanks rentrer dans la maison. Jusqu’au bout on ne sait pas où on va et quand on a la révélation on est presque deçu d’avoir attendu tant de temps pour ce maigre résultat. La psychose est vérifiée mais c’est tellement mal amené qu’on prend la situation à la rigolade.

En termes de mise en scène, y a le plan sur le brancard qui est pas mal, après ça reste très classique. Niveau casting, on a le jeune Hanks qui joue ce qu’il doit jouer, ni plus ni mois et les recyclés des films à succès des années 80 qui viennent mourir dans ce film.

Histoire pénible sans grandes énergies, ni grandes surprises, Dante signe ici un de ses film les moins piquant en plus d’être très pauvre.

Dans l’ombre de Mary : La Promesse de Walt Disney (2014) – 7.5/10



Dans l'ombre de Mary La promesse de Walt Disney
Réalisé par John Lee Hancock

Avec Emma Thompson, Tom Hanks, Paul Giamatti
Pays :  Australie,   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Comédie, Drame, Histoire
Durée : 2 h 05 min
Année de production : 2013
7.5/10

Walt Disney est un grand personnage. Sa vie et tout ce qu’il a entrepris autour du cinéma fait parti aujourd’hui de notre patrimoine culturel. Il a su apporter des techniques de travail différentes avec un relationnel autour de la famille qu’aujourd’hui on reconnait encore dans son entreprise. J’ai eu la chance de visiter le Walt Disney Family Museum à San Francisco et je peux vous dire que quand on franchit la dernière salle blanche avec les œuvres de Walt et le magazine montrant Mickey qui pleure son créateur – son père – on ne peut qu’être touché et émerveillé par l’homme.

Tout comme le récent biopic d’ Hitchcock, le film ne développe pas la vie de Walt dans son intégralité mais s’oriente sur un moment de vie autour de la réalisation d’un film. Ici c’est sa lubie à vouloir depuis des décennies adapter le roman Mary Poppins de Pamela Lyndon Travers. Et on a beau avoir le monde a ses pieds, l’affaire est coriace pour le père Walt et ses équipes. On y découvre l’auteur du roman, cette femme au passé douloureux, rigide, autoritaire et sans concession va apprendre de Walt, comme lui en apprendra sur elle. On apprécie autant le caractère de « Walt » que les exigences de « Madame Travers » (cf. générique) souvent en total opposition.

Quoi de mieux que d’aller à DisneyWorld avec Walt Disney lui-même. Même cette idée lui parait futile et méprisable. Les souhaits qu’elle réclame seront difficilement accepté par Walt, pourtant il met tout son service pour aller dans son sens, petits gâteaux compris, mais on se rend quand même vite compte qu’une simple signature peut vite faire perdre toutes les exigences qu’elle avait émises.

Au départ, j’étais pas mal agacé par les va-et-vient entre le passé Australien et la vie actuelle de l’auteur. Je ne savais pas où le film voulez en venir, j’aimais juste l’idée d’être dans les studios face à ce début de production. Mais ce n’est qu’un véritable tremplin qu’on nous prépare, afin de mieux plonger dans l’émotion de cette vieille fille endurcie. Et puis on a l’impression d’en connaitre un peu plus de la magie autour du film Mary Poppins, même si ça ne change rien au film en lui-même.

Tout le casting est très bon. Pas de fausse note dans la mélodie. Tom Hanks toujours étincelant prend à merveille son rôle de Walt Disney. Certes les traits sont forcis, mais on a souvent l’impression de le voir en personne. Emma Thompson, enfilera sa tenue stricte et de bonnes familles avec magnificence. Colin Farrell qu’on a généralement moins l’occasion de voir dans ce type de rôle est pas mal non plus, étonnant à la première image mais ça passe bien. Et les seconds rôles, que ce soit le chauffeur ou les scénaristes nous plonge agréablement dans les années 60. L’émotion est présente, mais c’est la relation que Madame Travers a eu avec son chauffeur qui m’a le plus touché.

Certainement trop dense pour être raconté, la vie de Walt n’aura pas (encore) son biopic intégral. Dommage car vu l’homme ça peut qu’être intéressant de voir d’où il est parti (il en parle brièvement) et surtout où il est arrivé avec toutes ses créations qui ont marqué l’histoire. Quoi qu’il en soit ce moment de vie autour de Mary Poppins est bien retranscrit jusqu’à en apprécier les travers de Madame Travers.

Capitaine Philips (2013) – 8.5/10



Capitaine Phillips

Réalisé par Paul Greengrass

Avec Tom Hanks, Catherine Keener, Max Martini
Pays :  États-Unis
Genres : Action, Drame, Thriller
Durée : 2 h 14 min
Année de production : 2013
8.5/10

Dès les premières images, alors que la pellicule subit le syndrome de Parkinson, on reconnait immédiatement le style Greenglass. Il avait su déjà nous offrir une histoire vraie haletante avec Vol 93, de nouveau il nous coupe le souffle sur cette terrible histoire de piraterie, qui semble au premier abord une farce car très amateur mais qui finalement remet en cause la vie d’autrui pour quelques millions de dollars.

La force du film est bien entendu par ses propos face à l’extension de la menace de la piraterie depuis 2005 autour de la Corne de l’Afrique qui se compte par milliers. Mais je suis encore plus fasciné par Tom Hanks, ça l’a toujours été mais là j’ai adoré son personnage, qui semble avoir autant de sang froid que le don du sacrifice. On sent que ce Capitaine est forgé pour passer ce cap dit dangereux. Mais même avec les meilleurs réflexes en dissimulant des indices dans ses paroles pour apporter de l’aide au secours, il arrivera à faire des fautes, l’emmenant dans un « bordel » sans nom, face à des hommes certes dangereux mais surtout imprévisible. Et c’est sur cette note d’intention que le réalisateur nous suspendra à la vie de Hanks, face à des terroristes remarquablement joués. Barkhad Abdi, pour son premier rôle, aborde un chef crédible et glaçant. Son physique ingrat et sa volonté d’avoir sa rançon tout en rassurant ses victimes met souvent mal à l’aise jouant sur la confiance comme Phillips qui tente d’apprivoiser ses agresseurs, en vain.

Même si il ne faut pas avoir le mal de mer face à la réalisation « chavirante » et rythmée de Greenglass, on en ressort marqué par cette histoire grâce à un Tom Hanks courageux mais surtout meurtri par ce fléau qui touche depuis dix ans la Somalie.

Extrêmement fort et incroyablement près (2012) – 8/10



Extrêmement fort et incroyablement près

Réalisé par Stephen Daldry

Avec Thomas Horn, Tom Hanks, Sandra Bullock
Pays :  États-Unis
Genres : Drame
Durée : 2 h 09 min
Année de production : 2011
8/10

Adapté du roman de Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près se penche avec délicatesse sur la détresse des familles touchées par les attentats du 11 septembre 2001. Se souvenir de ce drame qui nous dépasse encore aujourd’hui reste la force ultime du film.

Nous retournons ce fameux jour, là ou chacun d’entre nous sait où il était au moment du drame, pour continuer dans le deuil souvent oublié des gens qui ont vécu cet événement de près. Et même si nous sommes tous martyrisés par ces attentats, les plus touchés restent ceux qui ont perdu un membre de la famille, un ami ou une connaissance dans les tours du World Trade Center. Et même si les documentaires chaque année nous rappellent la terrible descente en enfer du 11/09 avec l’analyse des attaques par avion, on en oublie souvent les individus en deuil.

Ici, par l’intermédiaire d’un enfant, nous allons vivre au quotidien ce deuil lourd à gérer. Sans savoir où nous partons, le mal être coexiste auprès du spectateur dès qu’un semblant de building en flamme se fait entrapercevoir, là où on entend Tom Hanks dire que tout va bien à son fils sur son répondeur. Hanks qui jouera un petit rôle, mais toujours juste en père aimant vis à vis de son fils. C’est grâce à cette complicité pourtant rapidement mise à l’image, qu’on appréciera le futur destin de l’enfant.

Un an après, on a de la tristesse pour ce gosse qui est en plein déroute à la recherche de la clé mystère qu’il pense que son père lui à laisser. Il se raccroche qu’à ça, il n’a plus que ça de lui. Et c’est grâce à cette quête au milieu de NYC, seul avec son sac à dos qu’il va rencontrer une multitude de personnage, et ainsi faire renaitre par ses mots la mémoire de son père. Sa mère jouée par Sandra Bullock, que je pensais inutile, voir énervante, va elle aussi se dévoiler et porter le deuil avec magnificence, mais ça on ne le sait que plus tard.

La musique est très belle, chacun des personnages est juste porté par le jeu d’un seul gosse qui tiendra le film sur ses épaules. Même si la rencontre avec le grand père est peu utile, il en reste pas moins un moment sympathique, voir magique aussi même si très dispensable.

Une magnifique histoire sur le deuil, par l’intermédiaire d’une quête sur une clé qui finalement sera que prétexte pour nous plonger dans le monde de la Big Apple touché par deux attaques ce fameux jour du 11/09/01.

Cloud Atlas (2013) – 7.75/10



Le temps présent et le temps passé…
Les deux peut-être présent dans le temps futur…
Et le temps futur contenu dans le temps passé…
Si tous les temps est éternellement présent.

Cloud Atlas

Réalisé par Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer

Avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent
Pays :  Allemagne,   Hong Kong,   Singapour,   États-Unis
Genres : Drame, Science Fiction
Durée : 2 h 45 min
Année de production : 2012
7.75/10

Adapté du livre la cartographie des nuages de David Mitchell, les frères Wachowski se lancent dans le pari douloureux d’adapter cet ouvrage avec le réalisateur Tom Tykwer en tant que film indépendant (le plus cher à ce jour).

Pourtant le film se résume à 6 histoires sans grandes prétentions pour certaines. S’attarder en 1849, sur une relation d’amitié entre un esclave et un guide durant la traversée du Pacifique, ou sur la composition d’une partition de musique, y a pas de quoi jouir de plaisir. Suivre une journaliste des années 70 ou voir un vieux se faire enfermer dans une maison de retraite, là non plus y a pas de quoi tenir en haleine le spectateur durant 2h45. Et pourtant les trois réalisateurs vont nous captiver par un montage dithyrambique, en entremêlant chaque histoire de façon judicieuse et en les rendant toutes intéressantes. Des segments sont plus captivants que d’autres par le faite qu’ils sont futuristes (Tokyo en 2144 ou La Croisée d’Sloosha en 2321) et donc méconnu du spectateur mais toute la génèse semble tout de façon utile à l’intrigue.

Le spectateur dès la première minute passe d’un monde à l’autre sans savoir où il va. Et cette interrogation qui nous pousse à boire chaque parole de chaque personnage, va s’éterniser durant tout le film, jusqu’à vouloir le voir continuer indéfiniment. On n’a pas envie de voir le générique de fin, on est captivé par les différents mondes, on recherche à chaque fois les liens des personnages de chaque époque, on se pose la question de savoir s’il en existe bien. Même si le livre n’en fera pas, le film nous pousse à le croire par des éléments communs dans chaque histoire. Les acteurs tout d’abord, que l’ont retrouve dans chaque segment et qui nous font croire à une filiation à travers les époques, et pourtant les noms ne se recoupe pas. La tâche de naissance qui semble être un élément important et qui ne livrera aucune explication (c’est l’élément en suspend qui me frustrera le plus). Tout plein de chose qu’on note petit à petit dans notre tête et qui finalement nous démontre que la vie des uns est liée aux autres et pourtant rien n’interagie entre eux. C’est à la fois extraordinaire à vivre, mais aussi frustrant de ne pas voir un chainon commun (comme la tâche comète mystère) passé d’un segment à l’autre. Et même si beaucoup chercherons l’aspect mythologique de l’histoire, il n’en résulte pas moins que de vivre six histoires différentes indépendantes mais étroitement liées.

Mais le remarquable des Wachowski est de toujours vouloir innover dans leurs réalisations, et qui les poussera au Panthéon des réalisateurs qui savent ne pas se reposer sur leurs acquis. Grâce à la réalisation et au montage qu’ils nous livrent dans Cloud Atlas, on réalise qu’avec juste quelques petites histoires, on peut amener le spectateur vers une très grande. Difficile d’appréhender le message, de trouver la signification de toutes les images ou l’utilité d’un personnage, et la revision du film est plus que nécessaire, pas pour comprendre le film, mais juste pour le vivre d’une autre façon.

Les acteurs quand à eux sont tous géniaux. Tom Hanks en premier (mon chouchou) se retrouve dans de multiples personnages tous aussi brillants les uns que les autres. Et même dans son rôle mineur en tant qu’écrivain au look de manageur de boxe il défonce tout. Mais sa plus belle interprétation sera celle de la conclusion en grand sage du Cloud Atlas. Halle Berry, exprime elle aussi ses envies d’être excellente même si ses personnages sont moins marquants. Hugo Weaving, méchant jusqu’au bout des dents, et par son physique particulier fait toujours peur, mais reste un acteur qui défonce l’écran, même en infirmière blonde à forte poitrine. Jim Sturgess et Ben Whishaw malheureusement se dénote pas assez de l’un de l’autre, en plus d’avoir un physique similaire. Jim Broadbent est très bon en petit vieux sympathique, il fait bonne figure sur tout les segments et reste un élément rafraichissant. Enfin Hugh Grant, même si présent sur les six histoires reste sur des personnages qui manquent de profondeur.

Alors finalement, si aucun lien physique ne rassemble les personnages, les Wachowski aurait pu se pencher sur d’autres acteurs pour jouer les différents rôles des différents segments ? Oui mais je trouve que leur approche est encore plus réussie quand on sait qu’elle amène tout un questionnement chez le spectateur. Et puis on ne va pas bouder l’idée de voir des acteurs se métamorphoser en jeune/vieux, en homme/femme, en caucasien/bridé ou en gentil/méchant.

La musique envoutante à souhait aide le spectateur à se confondre avec les images. De plus elle prend tout son sens quand toutes les intrigues se dévoilent, pour nous laisser sur des conclusions détonantes même si pas toujours surprenantes de chaque segment.

Une expérience encore unique de la part de Tykwer et des frères et sœurs Wachowski qui nous livre un tableau, que dis-je, une fresque avec de multiples facettes. Un film qui va être à la fois adulé et détesté, mais qui ne laissera certainement pas de marbre.

Il faut sauver le soldat Ryan (1998) – 9.75/10



Il faut sauver le soldat Ryan

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Tom Hanks, Tom Sizemore, Dennis Farina
Pays :  États-Unis
Genres : Drame, Histoire, Guerre
Durée : 2 h 43 min
Année de production : 1998
9.75/10

Je me rappelle encore ce jour où ma grand-mère m’annonce qu’elle veut aller au cinéma me montrer un film dont les événements l’ont touché durant sa vie. Mais je me rappelle surtout de sa tête, elle qui est très précieuse, devant des scènes souvent très violentes, avec des tripes qui volent jusqu’à en toucher la caméra. Cette séance pour moi restera marquée dans ma mémoire, car l’introduction m’avait à la fois captivé mais aussi touché, comme la totalité du film que j’ai déjà revu à plusieurs reprises.

Il faut sauver le soldat Ryan est une œuvre réussite et complète. Dès son introduction, lorsqu’on voir un vieillard se pencher sur la tombe d’un combattant, qui aura son identité dévoilé dans le film, on sent que l’émotion va nous prendre aux tripes, chose qu’on (re)vivra 2h30 plus tard avec la continuité de cette même scène. Ce film est avant tout dans l’esprit de tous, THE scène du débarquement sur les plages de Normandies qui dure plus de 30 minutes et qui aura un cout de 11 millions de $. Une multitude de plans aussi époustouflants que morbides. Nous sommes lancés armes à la main, les pieds dans le sable face à une artillerie lourde qui nous balance de la balle à travers les oreilles. C’est véritablement la plus belle scène de guerre que j’ai jamais vu à ce jour. Aucun film m’a provoqué cette sensation physique et cette impression d’y être. C’est justifié souvent par une caméra au poing, du son qui nous entoure tout le temps jusqu’à en avoir un sifflement dans les oreilles après l’exposition du bombe. En plus de cette sensation, on en prend les yeux avec des bras, des jambes et des boyaux qui couvrent la plage de sang. Ces hommes qui se font tuer par d’autres hommes, prêt à se noyer avec un sac trop lourd, ou à risquer sa vie pour sauver un autre homme, ou pour en tuer un autre, c’est quasi inconcevable dans notre monde (au quotidien) et pourtant c’est bien une réalité. Une réalité que Spielberg nous offrira sur un plateau d’argent. Sa réalisation est sublimisime, on contemple l’œuvre de l’artiste.

Le film prend aussi sont temps, on suit les péripéties de cette unité qui va être missionné pour trouver le soldat Ryan. Y a des scènes bavardes (un peu trop même dans l’église), des scènes de doutes, des scènes d’angoisse, et de nouveau de la scène de guerre. Plein d’émotion, de moment qui nous montre la guerre sous tout ses angles. Une guerre face à des personnages barbards, des civils désorientés, des hommes formatés aux combats. Chaque personnage est plus ou moins approfondis, chacun d’entre eux ont leur personnalité, on a presque l’impression de les connaitre. Casting de qualité joués par une multitude de sacrés acteurs, en commençant par l’un des meilleurs acteurs au monde aka Tom Hanks, épaulé par le très bon et discret Tom Sizemore. Je redécouvre l’apparition de Vin DIesel, j’avais oublié cet acteur dans ce film certainement pas connu à l’époque (il le sera 2 ans plus tard avec Pitch Black). Giovanni Ribisi que j’apprécie toujours à l’écran, Edward Burns qui fait une petite carrière finalement, Barry Pepper très bon sans son rôle et le jeune Matt Damon qui montera très haut dans sa carrière et c’est pas volé même si son rôle reste assez mineur, bien qu’il soit le centre de l »histoire.

Certain parle de scénario assez basique. Mais c’est très bien, y a pas de chichi autour de cette guerre. On va droit au but, on cherche une pseudo quête certes mais on vit la guerre de l’intérieur. Même si ca fait beaucoup de vies à sacrifier pour en « sauver » une, ces soldats ne rechignent pas devant la tâche et se battent contre un ennemi commun et peu importe la cause. Entre deux ruines, ca se canarde, ca souffre, ca discute, mais ca fait la guerre. Une guerre qui fait mal et qui ne laissera ni indemne les vivants ni les morts ni le spectateur. Le grand John Williams est de retour pour nous offrir une bande originale efficace et très bien en contexte avec l’ambiance sombre de ce film. Une musique encore culte de la part du génie de la clé de sol.

C’est à partir de ce film que Spielberg est devenu plus mature face à un film plein de sensibilité mais surtout d’une grande violence. Aujourd’hui aucun film de guerre ne rivalise avec Ryan, aucune immersion est aussi totale si ce n’est avoue-le les jeux next génération d’aujourd’hui qui nous contient dans un environnement de guerre réaliste et très impressionnant.

Un film à la hauteur de son réalisateur. Bravo l’artiste!

Toy Story 3 (2010) – 9.5/10



On ne pensait pas les revoir et pourtant ils sont toujours là… Merci papa noël de nous en amener chaque année et Merci Pixar pour cette belle résurrection

Toy Story 3
Réalisé par Lee Unkrich

Avec Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack
Pays :  États-Unis
Genres : Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 42 min
Année de production : 2010
9.5/10

J’ai vu de nombreux films depuis de nombreuses années, et on a beau tuer la moitié de la population sur Terre, ou la progéniture d’un couple vivant un amour platonique, l’émotion est là mais ca en reste là. Pour moi ca reste un film et j’ai du mal à me lâcher totalement face à un écran. Aujourd’hui c’est fait, même si je dois avouer que je n’ai jamais autant serrer les dents de ma vie pour retenir ce nœud coincé dans ma gorge qui voulait sortir sur les dix dernières minutes du film tellement l’émotion était à son paroxysme. J’ai tenté de rediriger mon regard vers le coté de l’écran, mais y a rien faire les larmes voulaient sortir, et en plus de cela je voyais ma fille émerveillée devant son premier film au cinéma avec le sourire sur les lèvres ne voyant plus que l’écran et rien d’autre. Wow, quel final et le pire c’est que c’est des images irréelles avec des personnages animés qui m’ont procurées cette sensation. J’ai honte, mais sur ce coup Pixar tape très très fort!

Bon j’ai commencé par la fin mais revenons au début du film… Rahh ce final! Pardon je m’emballe… donc le début du film est comme le second opus animé par une séquence explosive qui vous ancre dans le film dès les premières secondes. On n’a pas le temps de réfléchir qu’on se retrouve avec toute l’équipe de jouets qui nous avait tant manqué ses dix dernières années (bien qu’avec la sortie en bluray des précédents opus, j’ai du les voir 654 fois grâce à Samantha!).

L’animation est encore plus belle, et les textures sont à tomber par terre! C’est véritablement un petit chef-d’œuvre en terme d’animation (pourtant pas de révolution cette fois dans les textures d’eau, de feu ou de poils) et l’humour ne manque pas non plus de ce coté là même si il y a une petite perte de vitesse sur le second quart du film! Mais les scénaristes sont forts avons-le. On ne retombe pas sur les histoires déjà connues des précédents opus grâce à un film bourré de rebondissements sans qu’on imagine la fin en passant par nos plus grandes craintes.

La troupe de jouet est accompagné cette fois-ci par des stars du monde des jouets avec le désopilant Ken (excellente sa démarche!) ainsi que de la très coquette Barbie, tout comme l’apparition de Totoro. Le grand méchant Lotso qu’on a envie d’aimer est sensationnel en gardant sa ligne de conduite jusqu’au bout. Je suis curieux par contre de découvrir la V.O pour découvrir certains personnages comme le clown Rictus doublé en France par le très reconnaissable Grand Corps Malade ou l’excellent Ken doublé par Benoit Magimel.

Que serait Toy Story sans le compositeur Randy Newman? C’est grâce à sa sublime composition conjuguée aux images stupéfiantes et admirables que l’on arrive à en verser quelques larmes. Pixar est incapable de se rater sur un film, et mérite toujours son rang si emblématique depuis son premier film Toy Story. C’est tout simplement sublime, magique, émouvant, et drôle. Merci Pixar.