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Sully (2016) – 8/10



Sully

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2016
8/10

Afficher l'image d'origineRetraçant l’amerrissage du Vol 1549 du 15 Janvier 2009, Clint Eastwood réalise un film simple et véritable. Sublimé par Tom « Capitaine Philips » Hanks qui reprend le rôle du pilote Chesley Sullenberger, le personnage de Sully est joué en toute humilité et sensibilité. Tom Hanks est un homme attachant et son personnage l’est tout autant, avec toute la sincérité et le courage qui le caractérise.

Le film exploite la bataille de l’humain face à une bureaucratie féroce qui cherche à imputer au pilote la perte matérielle d’un avion, alors que celui-ci réussit à sauver 155 vies dans un amerrissage héroïque. Un peu comme Flight sorti en 2013, Sully reprend les mêmes ressorts ubuesques sauf que l’histoire est ici vraie. Le réalisateur Clint Eastwood réussit efficacement à mettre en avant toute l’inertie administrative qui oublie parfois la force héroïque du pilote à poser son avion dans des conditions alarmantes. Le film aurait pu se résumer à un simple amerrissage, mais l’intelligence du scénario est de dévoiler les différents points de vue de cet acte héroïque. Ainsi qu’on soit à bord ou à l’extérieur de l’avion, on y ressent chacune des émotions tout en comprenant les enjeux de chacun.

Clint Eastwood réalise ici un film hommage efficace en toute simplicité mettant en avant toute la désolation d’une bureaucratie américaine indélicate et pas toujours reconnaissante. Un plaisant biopic d’un « anonyme » pilote expérimenté qui a réalisé le miracle de l’Hudson en sauvant 155 vies en 2009.

American Sniper (2015) – 8/10



American Sniper

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Bradley Cooper, Kyle Gallner, Cole Konis
Pays:   États-Unis
Genres : Guerre, Action
Durée : 2 h 12 min
Année de production : 2014
8/10

Afficher l'image d'origineLes plus grands réalisateurs ont fait leur film de guerre. Entre Spielberg, Kubrick, Coppola, Mendès, Tarantino, Stone, et même Annaud, chacun a donné de sa personnalité en créant un film de guerre persuasif. Eastwood avait déjà approché le thème avec le diptyque Iwo Jima et brillera de plus belle avec le tyrannique American Sniper.

Au cœur d’une guerre de proximité, nous suivons l’histoire vraie de Chris Kyle, ce bouseux Texan qui végétait jusqu’à ce que sa fibre patriotique ne se réveille, ce soldat réputé ayant le nombre de victimes le plus élevé à son actif. Avec près de 225 personnes abattues, 160 tirs létaux seront officiellement confirmés par le Pentagone. Tireur hors pair de la Navy Seal, il deviendra le prisme à travers lequel Clint Eastwood fait le choix de montrer la guerre en Irak. Interprété par Bradley Cooper, on sent immanquablement que l’homme est totalement habité par son métier. Avec un sang froid le rendant insensible et totalement inhumain, il va abattre ses victimes au nom de la nation. Saisissant sur le plan de l’émotion et de l’effroi, Bradley Cooper, signe une interprétation éloquente qu’il sublimera par un regard vide répondant à l’état d’esprit de ce soldat en proie à ses démons. Catalogué à la comédie US, ce ne fût pourtant pas simple pour Cooper d’être convaincant sur la première partie du film.

Mettre en images un soldat qui sera la fierté d’un pays n’a pas pour autant l’objectif de faire l’apologie de la guerre. Eastwood raconte les horreurs d’un combat quotidien avec un réalisme qui nous émeut, qui nous dégoute, un sujet d’actualité qui nous touche plus encore aujourd’hui alors que notre propre pays est en deuil (15/11/15). Quasiment en immersion complète dans les combats, on vit totalement les affrontements. Et quand il est question d’abattre un ennemi qu’il soit homme, femme ou enfant, on s’interroge sur la légitimité de détruire une vie, qui cherche elle aussi à combattre son propre ennemi. Eastwood sait habilement retranscrire les dangers imminents d’une guerre sans merci, même campé derrière la lunette de son snip’. On est dans le chagrin à force d’observer impuissant ce père de famille renversé par les bombes et « enquiquiné » par des barbares à qui on a déformé la religion pour leur soustraire toute forme d’humanité. La scène de la perceuse sera l’apogée de cette bestialité brutale.

Par contre, c’est quoi cette fin rapidement expédiée qui gâche le plaisir imposé jusque là par Eastwood! Pourquoi l’expédiée d’un revers de main avec une simple explication titrée? Surtout qu’elle aurait été pleine de sens à être mise en images. Même hors zone de guerre, elle est la conséquence des dégâts post-traumatiques profonds d’un combat impropre à l’homme et démontre tout le dysfonctionnement qui en découle d’un retour à la vie réelle. Dommage de finir ainsi, surtout quand Papy Clint, du haut de ses 85 ans avait assuré aux frontières d’un monde craintif qui mêle lutte armée et inhumanité.

Avant tout un biopic, plus qu’un patriotisme estampillé ou une propagande déguisée, c’est dans une guerre à la violence physique et psychologique, avec un système qui fabrique autant qu’il ne détruit ses soldats, qu’Eastwood s’affaire. Un film choc, une œuvre troublante, du très grand art sublimé par la patte inspirée d’un monument du cinéma.

J.Edgar (2011) – 7.5/10



J. Edgar
Réalisé par Clint Eastwood

Avec Leonardo DiCaprio, Geoff Pierson, Naomi Watts
Pays :  États-Unis
Genres : Crime, Drame, Histoire
Durée : 2 h 16 min
Année de production : 2011
7.5/10

Quand on a eu la carte du FBI dans son porte feuille (et oui la Muldermania) longtemps dans sa jeunesse, on ne peut qu’être ravi de voir un biopic consacré à l’homme, le papa du Bureau Federal d’Investigation. Le film de Clint Eastwood est certes très académique, peut être un peu plat, mais franchement il abord avec intelligence la vie de J.Edgar Hoover sans ternir l’image qu’il pouvait fédérer après sa mort. Le montage mixe avec efficacité son début de carrière et sa fin de vie.

L’homme le plus puissant et influent du monde reste cependant mystérieux. Sa relation avec sa mère, celle avec son bras droit Tolson, ses mises sur écoute décriées de célébrités, ou ses excès de travestismes sont abordés mais sans jugement, sans provocation. Eastwood ne se mouille pas beaucoup, peut être parce que beaucoup de thème sont restés à l’état de rumeur et d’ordre privée, et ne pouvait pas être le creux du film. Comme tout biopic il y a des manques, des mystères autour de ce personnage mais la plus part des grandes lignes de sa vie sont abordées sans se détourner de sa vie. Beaucoup reproche des passages trop furtif sur JFK ou Dillinger, mais je ne vois pas l’intérêt d’en aborder plus, ce ne sont que des moments de vie qu’il a abordé furtivement, voir de loin, ce n’est pas sa vie, ni sa bio (des films existe pour ça en plus!).

La prestation de Léonardo Di Caprio est tout simplement irréprochable. Il est Hoover. Il est aussi impressionnant jeune que vieux. Sa métamorphose est remarquable, époustouflant de réalisme, on ne voit aucune trace des magiciens du maquillage, et son jeu transpire à travers son vieillissement. C’est juste regrettable de voir que l’académie des Oscars continue à bouder cet acteur de grand talent. Il nous dévoile avec brio la force de caractère de Hoover qui a pu et a su utiliser son statut pour influer sur des dossiers brulants du coté de la justice et la politique, des fois avec des techniques pas très légales (je reste quand même frustré de ne pas connaitre certaines affaires si mystérieuses qui tournait autour du personnage > cf. Mulder et Scully 20 ans plus tard).

Un biopic classique, sur un homme qui méritait qu’on lui consacre un film, 48 ans en tant que directeur du FBI, ca force le respect. Peut-être un peu loin de notre culture mais réellement réussi qui nous montre une vision éclairée (ou presque) de l’Amérique et celle du FBI.

 

Impitoyable (1992) – 6.5/10



Impitoyable
Réalisé par Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman
Pays :  États-Unis
Genres : Western
Durée : 2 h 10 min
Année de production : 1992
6.5/10

Un film avant tout c’est un ressenti …et suite à la vision de ce soit disant grand monstre du cinéma, j’en ressors avec un gros vide. Alors le papy cow-boy à la retraite qui galère à monter sur son cheval, avec son œil aguerri et qui bute 5 mecs d’un coup dans un bar pour sauver l’honneur de son pote, j’ai trouvé ça un peu juste niveau crédibilité. De plus il faudra attendre 1h30 avant de voir le premier tir de gun. Pourtant l’introduction était bien sympa, le décor bien posé, on se retrouve à tourner en rond à dos de cheval durant la moitié du film. Clint Eastwood malade se rend même pas compte que ca fait 3 jours qu’il est à l’ouest, pourtant bien mal installé sans sa grange au froid. Dans ma vie de malade, jamais j’ai pas eu conscience d’être couché durant 3 jours. Enfin les puritains vont me dire que le film est pas de la même époque, et que son délire est multiplié par son vieille age.

Heureusement les 40 dernières minutes nous rappelle ce que cherchait Clint et son pote Morgan. Les dialogues sont bien plus croustillants, et toute la force du film repose sur l’enfoiré de Gene Hackman, qui avait laissé au début un soupçon de bonté. Il joue merveilleusement, en tout cas bien plus que le croulant Clint, et le non-charismatique Morgan avec le rôle du compagnon qui sert à rien (bon allez Clint, je me casse, j’ai envie de rentrer chez moi).

Les image en bluray sont jolies, bien qu’un peu sombres dans les scènes intérieures.
L’intensité, le suspens sont absents durant 75% du film. Dommage de devoir attendre les 30 dernières minutes pour rentrer véritablement dans le film. Aussi (im)pitoyable qu'(in)contournable? Ça reste un western avec une intrigue bien creuse et peu palpitant.

Gran Torino (2008) – 6.75/10



Eastwood réactionnaire

Gran Torino
Réalisé par Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Cory Hardrict, John Carroll Lynch
Pays :  Allemagne,   États-Unis
Genres : Drame
Durée : 1 h 51 min
Année de production : 2008
6.75/10

Réalisation impeccable bien que simpliste, scénario basique, interprétation passable. L’intrigue est convenue. On est jamais surpris par un mouvement de caméra novateur ou par une accélération de rythme.

Le grincheux voir hargneux Clint Eastwood surjoue beaucoup et le grognement qu’il fait dès qu’il n’est pas content est ignoble, ca fait presque rire tellement c’est faux et que ca revient à répétition tout au long du film.

Et puis y a le coté républicain et son beau drapeau US devant la maison, sa religion catholique, la belle constitution américaine qui n’oubliera pas ses armes, et puis manger américain, acheter américain… le film est porteur d’un message assez fort qui représente certainement l’acteur puisque les thèmes sont souvent repris dans ses films. M’enfin finalement je m’en tape tant que je prends plaisir a voir un film même si il est difficile d’être objectif quand on lit de tout sur ce film et finalement sur ce qu’il en ressort de l’acteur.

Sans être le chef d’oeuvre qu’on pouvait attendre de Clint, le film passe bien. C’est simple, c’est net, c’est conventionnel, c’est américain.

Echange (L’) (2008) – 9/10



Magistral et Bouleversant! Du Eastwood

L'Échange
Réalisé par Clint Eastwood

Avec Angelina Jolie, Jeffrey Donovan, John Malkovich
Pays :  États-Unis
Genres : Drame, Histoire, Mystère
Durée : 2 h 21 min
Année de production : 2008
9/10

Film de l’année? Je crois que oui!

De la réalisation au casting tout est parfait… Angélina Jolie ainsi que John Malkovich sont remarquables ainsi que Jeffrey Donovan. Une richesse de thème ahurissante passant de la psychiatrie, au deuil, ou à la peine de mort…

Reconstitution historique phénoménale. On ne ressort pas indemne d’une telle séance cinéma, ce film vous remue les tripes! L’émotion est à son comble… et je ne dirai rien d’autres pour ce film car c’est un œuvre à voir impérativement!

Si j’ai pas mis 10/10 c’est que j »ai du mal à mettre une telle note « la perfection » mais le film s’en approche et c’est parce qu’Angelina Jolie a mis trop de rouge à lèvres qui me fait pas mettre la note maximum :eheh: et une mini longueur d’une minute.

Poignant combat d’une mère contre la violence faite aux enfants. Angelina Jolie est bouleversante dans son courage guerrier face à l’injustice. Un grand film de genre, autant un survival , qu’un grand polar, un film bouleversant. Bref, je genre de film que l’on ne peux qu’aimer !

Lettres d’Iwo Jima (2007) – 7/10



Lettres d'Iwo Jima

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Tsuyoshi Ihara
Pays:   Japon,   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Drame, Guerre
Durée : 3 h 19 min
Année de production : 2006
7/10

La force du film est d’avoir été pensé en deux parties (suite de Mémoires de nos pères) avec deux points de vues différents, avec ici le coté Japonais. Les ennemis qui deviennent pour le spectateur des « gentils » revalorisera notre jugement, comme quoi tout dépend comment on nous raconte une histoire pour se faire opinion différente.

Cette suite malheureusement ne reprend pas l’après-guerre du coté Japonais pour ressembler à la trame de son homologue Mémoires de nos pères. Un petit manque qui ne nous fait pas ressentir comment a été vécu cette guerre sur le territoire Nippon. Le film est un peu long à  mon gout, même s’il permet de mieux connaitre la culture asiatique et les rigueurs qu’endurent les soldats. Ils sont prêts à se tuer entre eux si un soldat ne respecte pas une directive (en pleine guerre c’est quand même con de diminuer ses troupes), un inflexibilité qui démontre la rigueur d’une nation, perceptible encore aujourd’hui. La scène de suicides à  la grenade dans la caverne est une des scènes chocs du film, montrant le sacrifice inhumain du soldat Japonnais (déjà abordé avec les kamikazes de Pearl Harbor).

Un film fort, complémentaire à Mémoires de nos pères, pas tout à fait raconté de la même manière mais qui abordent la même guerre avec une vision et une culture différente, des armes incomparables entre elles (ca fait peur!) et une rigueur totalement antinomique! L’idée d’avoir fait deux films indépendants mais complémentaires est magistrale! Un diptyque qui s’est ici jamais autant justifié!