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Snowden (2016) – 5.5/10



Snowden

Réalisé par Oliver Stone

Avec Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo
Pays:   Allemagne,   États-Unis
Genres : Drame, Thriller
Durée : 2 h 14 min
Année de production : 2016
5.5/10

Snowden, instructif même si un peu trop bavard, résume habilement l’histoire du jeune Edward Snowden, ancien employé de la CIA et de NSA, qui a dévoilé au monde entier en 2013, les détails de plusieurs programmes de surveillance U.S et britannique. Oscillant entre biopic et thriller dramatique, ce long-métrage aura le mérite de dénoncer les dangers du numérique envers notre liberté.

Cependant, si Oliver Stone est un réalisateur qui aime se frotter à des sujets épineux envers la politique de son pays, ici pas de grande surprise autour d’un thriller qui se rapproche plus du documentaire. Plus corrosif par le passé, le cinéaste controversé se contente de condenser dix années de la vie du programmateur Snowden. Trop propres, trop lisses, les personnages sont inconsistants pour être mémorables, seules les bonnes intentions de Joseph Gordon Levitt à vouloir imiter Snowden sont appréciables, même si un peu faciles. Nicolas Cage cabotine pour venir cachetonner dans un rôle oubliable.

Si Snowden a su faire des sacrifices sur sa vie confortable, sa relation avec sa compagne Lindsay Mills nous importe peu alors qu’elle a été aussi certainement troublée. L’attachement des personnages n’est pas assez poussé, tout comme cette impression qu’on ressent pour l’œuvre d’Oliver Stone, sans avoir l’impression d’avoir appris grand-chose. Comme si nous savions déjà que nous étions surveillés. Le seul point remarquable de cette affaire est de découvrir la motivation d’un unique homme, qui avait tout pour réussir, et qui a sacrifié sa vie pour préserver la liberté numérique, même si au final c’est bien lui-même qui n’a plus de liberté.

Un biopic 2.0 intéressant mais bavard avec un sujet un peu trop lisse surtout pour le très controversé Oliver Stone. Un manque d’émotion et d’information laisse présager que Snowden se cantonnera au rang des oeuvres mineurs du réalisateur. Bien moins percutant que ce que présageait le slogan du film!

Nixon (1995) – 6/10



Nixon

Réalisé par Oliver Stone

Avec Anthony Hopkins, Joan Allen, J. T. Walsh
Pays:   États-Unis
Genres : Histoire, Drame
Durée : 3 h 32 min
Année de production : 1995
6/10

Après l’excellent JFK autour de la vie John Fitzgerald Kennedy et avant W., l’improbable président développant la vie de George W. Bush, Oliver Stone s’est attardé en 1995 sur le biopic de Richard Nixon, figure politique des États-Unis détestable et mal appréciée du grand public. Si le film se veut dense autour du président de la première puissance mondiale, il en reste pas moins long livrant un regard froid et désabusé d’une partie de l’histoire des États-Unis.

Afficher l'image d'origineA travers les grands événements de la politique US de l’époque (révisez un peu votre histoire pour pleinement l’apprécier), on suit toute l’évolution du président Richard Nixon. De ses doutes dans les années 50 après avoir été le vice-président d’Eisenhower à son échec aux élections contre Kennedy, la vie tourmentée de Nixon, qu’elle soit publique ou privée, est complexe. La politique extérieure de l’époque, en pleine guerre froide, n’était pas non plus très aisée. Entre les conflits avec l’union soviétique, l’attaque de la baie des cochons à Cuba, et d’intenses négociations dans l’implication des E-U dans la guerre du Viêt Nam avec un massif bombardement au Cambodge estimé à un nombre plus important que les bombardements des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, le président Nixon n’avait pas une popularité exacerbée, bien qu’il pût s’offrir un second mandat à la présidence. Cependant, bien que le film soit fortement documenté et dense, il a quelques manques autour de la conquête spatiale qui aurait apporté une touche moins sombre au mandant de Nixon avec le « plus important appel téléphonique jamais passé depuis la Maison-Blanche » entre spationautes et président (ndlr: même si ce dernier n’a pas maintenu après coup le financement élevé de la NASA). Loin de se concentrer uniquement sur l’affaire du Watergate, on est assez frustré de ne pas en voir assez d’interacteurs sur cette sombre affaire avec l’absence de l’implication de l’informateur Gorge profonde. Il est dommage d’avoir pris beaucoup de temps sur la naissance politique de Nixon, sans forcer le trait sur sa mort. C’est quand même l’affaire qui conduira Nixon à démissionner le 9 août 1974 afin d’éviter sa probable destitution en perdant la plupart de ses appuis politiques.  Les écoutes téléphoniques existent mais sont mal introduites, faute de connaitre pleinement tous les enjeux politiques de l’époque. La relation amicale qu’il entretient avec le FBI et J.Edgar Hoover, les différends avec sa femme et certains personnages complexes nous dépassent parfois.

Incarné par un impeccable Anthony Hopkins, Nixon affecté par sa personnalité reste un politicien mystérieux et incompris. Hopkins ne se livrera pas dans une caricature du personnage, il est véritable en reprenant la gestuelle et les manies du président avec une placidité incroyable. Le réalisateur, Oliver Stone parle d’un pays qu’il admire avec toute sa complexité politique pour en retranscrire toutes les vérités de l’histoire, en tout cas celle qu’il s’est approprié en tant que Républicain. L’important travail de documentation réalisé en amont crédibilise l’ensemble, mêlant images d’archives et scènes de dialogues tourmentées. Il aurait peut-être fallu raccourcir le tout pour le rendre à la fois plus dynamique, moins dense et surtout moins long sur un président qui a de toute façon un effet synergique moindre qu’un JFK, d’où le manque parfois d’intérêt de la naissance politique du président.

Entre réalisateur et historien politique, Oliver Stone poursuit sa radiographie de l’histoire des États-Unis en livrant un biopic dense et documenté sur le scandale du Watergate qui a touché un pays branlant et un président aussi antipathique qu’apitoyant, nous laissant parfois passif face à la longueur du récit.

Savages (2012) – 6.5/10



Savages
Réalisé par Oliver Stone

Avec Blake Lively, Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson
Pays :  États-Unis
Genres : Crime, Drame, Thriller
Durée : 2 h 10 min
Année de production : 2012
6.5/10

J’aime beaucoup le travail d’ liver Stone car il prend souvent des risques. Là le film est en roue libre et n’en prend pas du tout, et commence avec une voix off misérable sur fond d’océan avec une héroïne qui raconte sa vie, à dire  »attention je vais peut être mourir ou pas si je vous parle maintenant ». Puis on suit agréablement un réseau de trafic de stupéfiants avec deux « gays » qui se tapent la même gonzesse. Dès lors l’intrigue posée avec de grosses longueurs en première partie, les enjeux se mettent en place et ça devient intéressants. Les deux potes sont finalement attachants, et la tension monte crescendo.

Au casting on a le loser de John Carter qui s’en sort pas trop mal, le sympathique héros de Kick ass qui se la joue baba-cool et il le fait bien. Du coté des méchants on a miss gros lolos alias Salma Hayek toujours appréciable à voir, le petit John Travolta qui perd ses cheveux et qui se tape du second rôle et surtout le grand Benicio Del Toro qui nous fait plaisir comme la totalité de ses performances en enflure de service. Et là jouer un rôle de Mexicanos bad-ass, avec la moustache, la coupe à la mexicaine et qui te tue du regard, c’est bien trippant. D’ailleurs c’est le gros plaisir coupable du film.

La fin quand à elle se la joue au petit malin, nous faisant croire à une fin pour être rembobinée pour nous en montrer une autre. J’ai trouvé ça un peu moyen, surtout quand celle-ci est de nouveau reprise par la voix off du début. La surprise fait flop.

L’image est très colorée, voir cramée, le montage assez dynamique entre flash-back en noir et blanc et des lens flares qui piquent les yeux. Au final, tout ce gros mixe fait ressortir un film esthétique pas trop moche.

Un Oliver Stone mineur, qui aurait du avoir un peu plus la folie d’un Tueur né et oublier une bonne demi-heure. C’est à voir mais ce n’est pas indispensable.

JFK (1991) – 8/10



JFK
Réalisé par Oliver Stone

Avec Kevin Costner, Tommy Lee Jones, Gary Oldman
Pays :  États-Unis
Genres : Drame, Histoire, Thriller
Durée : 3 h 09 min
Année de production : 1991
8/10

Qui croire? Voilà la question qui me vient après avoir vu ce fabuleux film, qui fait hommage à John Fitzgerald Kennedy, où en tout cas à son assassinat. On savait que le gouvernement nous cachait beaucoup de chose, mais ce film brillement réalisé par Oliver Stone, dit le couillu pour sortir une telle histoire, me laisse perplexe sur nos dirigents et sur les vérités que l’ont veut nous faire entendre. L’enquête (et donc le film) est montré à travers tous les angles, sans laisser de questions en suspens pour le spectateur, c’est maitrisé d’un bout à l’autre.

Je viens de finir à la seconde le film et je dois vous dire que je suis un peu retourné, surtout par une plaidoirie complexe, inattendue et remarquable de la part du grand Kevin Costner (son plus beau rôle!) On arrive a avoir une certaine compassion pour Lee H. Oswald, et nos fondements sur cet assassinat sont remis en cause après avoir vu ce film! Putain, que j’ai hate qu’il ouvre les dossiers de la vérité dans quelques années parce que là je suis tout perturbé!

Film engagé et mythique il doit être LE film vu par chaque citoyen américain, quel que soit la vérité. Les images réelles de JFK sont saisissantes et sont intégrées au film d’un façon magistrale dont une autopsie renversante, voir improbable.

C’est un film qui est bourré de détails et d’indices et qui a mon avis se regarde a moult-reprises pour encore mieux l’appréhender et l’apprécier. Malheureusement et c’est pour ça que je lui met pas une note maximal, je le trouve trop long (3h30), certainement pas dans sa globalité mais surtout entre la 1ère et 2ème heure de film, ca m’a même gonflé (peut être à cause du personnage de Joe Pesci qui est insupportable). Sinon, le casting est sublime et nous délivre son lot de beaux rôles surtout pour les trois protagonistes principales (Gary Oldman, Tommy Lee Jones et Kevin Costner).

Le regard final de Kevin Costner à la caméra est énorme, la plus belle prise de conscience que j’ai jamais vécu au cinéma! Hâte de voir Nixon du même réalisateur afin de découvrir les secrets du Watergate!