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BGG: Le bon gros géant (Le) (2016) – 4/10



Le BGG : Le Bon Gros Géant

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Rebecca Hall
Pays:   Canada,   États-Unis,   Royaume-Uni
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
4/10

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51sIKtuuROL._SX342_.jpgAdapté du livre éponyme de Roald Dah (Charlie et la chocolaterie, James et la pèche géante…), qui plus est, réalisé par Steven Spielberg, il y avait de quoi faire saliver plus d’un cinéphile! Malheureusement, c’est une véritable déception qui nous envahit tellement l’œuvre est pauvre, enfantine et sans âme. Étonnant de la part de Spielberg, mais le constat est pourtant bien là! Oubliant la magie, le cinéaste aux 70 bougies aurait-il perdu son âme d’enfant?

Avec son rythme inégal, il est difficile d’adhérer à l’œuvre tant elle nous inspire pas. Bien que les décors soient très beaux, les géants et beaucoup d’insertions numériques sont trop synthétiques. L’animation des colosses ainsi que les textures sont sans vie et pas toujours gracieuses, surtout pour le BBG, le personnage principal. Sa gentillesse transperce l’écran mais l’émerveillement et l’émotion ne nous transcendent pas. Spielberg est un formidable conteur pour enfants mais livre ici une copie très appliquée et très lisse d’une œuvre finalement oubliable.

Le dénouement ubuesque du film est terne. Les prises de décisions alambiquées, comme si la reine d’Angleterre irait porter secours à des géants sans en comprendre les conséquences. La scène des pets chez la reine est embarrassante, on aurait eu envie de rire, mais venant de Spielberg on est rapidement consterné par la faiblesse des propos.

Deuxième plus gros budget de la filmographie du cinéaste, les 140 M$ le pousseront immanquablement à l’échec commercial. Sous ses allures de Pôle express de son pote Zemeckis, le BGG est loin de nous émerveiller, même si on appréciera quelques scènes sublimant la magie du monde des géants. D’ailleurs, si on adhère peu au graphisme du héros, ses robustes et brutes compatriotes sont presque plus passionnant à suivre par le fait qu’il anime un peu plus l’intrigue que ce doux et vieux BGG. On sera tolérant face à un cinéaste qu’on aime et tous les efforts qu’il entreprend pour faire vivre le cinéma, même si la petitesse de son l’héroïne face aux imposants géants ne semble plus nous émerveiller, rappelant que certains chefs-d’œuvre sur cette thématique sont déjà passé par là.

Steven Spielberg est un formidable conteur pour enfants, cependant son BGG est une œuvre mineure et dénuée d’émotion. Les insertions numériques sont parfois douteuses et le dénouement final est relativement creux, à l’image de la petitesse de son héroïne. On appréciera l’essai moins le résultat.

Pont des espions (Le) (2015) – 8/10



Le Pont des Espions

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Tom Hanks, Mark Rylance, Amy Ryan
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Drame
Durée : 2 h 21 min
Année de production : 2015
8/10

Afficher l'image d'origineUne fois n’est pas coutume, Steven Spielberg revient avec force sur un scénario historique en signant son œuvre par une brillante réalisation. Le grand Tom Hanks y retrouve le réalisateur pour la quatrième fois pour notre plus grand plaisir. Ce qui pourrait, au premier abord, n’être qu’un simple film d’espionnage, devient entre les mains de Tonton Spielberg littéralement un véritable drame humain imbriqué dans l’une des situations politiques les plus complexes qu’a pu connaître notre monde.

En pleine guerre froide, les tensions entre l’Allemagne, l’Union Soviétique et les USA sont au degré le plus élevé et c’est dans une atmosphère suffocante qu’on découvre à travers ce film un événement irritant de l’après-guerre peu connu, sur un échange entre individus pas forcément conquis d’avance. Le scénario passe en revue des phases majeures de cette période, du maccarthysme à la construction du mur de Berlin dans un pays hostile qui apporte peu de sérénité. Des événements qui nous ébranlent, d’autant plus quand on les a vus disparaitre dans notre jeunesse.

James B. Donovan fait valoir ses valeurs profondes et rayonne face à une logique gouvernementale implacable dans ce contexte de guerre froide. Tom Hanks était une évidence pour un rôle de cette trempe, autant sur sa vision du personnage que sur un physique qui se complaît dans un costume d’avocat. Alors qu’il n’avait pas la tâche facile de défendre un espion soviétique avec son leitmotiv « tout Homme mérite d’être défendus », il va continuer à s’enfoncer dans un exercice houleux et risqué, essentiellement dans l’intérêt de sa patrie, un faire valoir que Spielberg aime souvent souligner. Co-écrit par les frères Coen, on est séduit par les détails d’écriture des personnages, qu’il soit avocat, pilote ou agent des renseignements soviétiques, avec toute cette joute verbale intelligente, perspicace et adroite. Malgré ses 2h20, le rythme du film, même si bavard, ne décroît jamais. Et dès lors où nous retrouvons sur le pont de Glienicke, exactement là où les événements se sont déroulés en 1962, nous restons la gorge nouée attendant le moindre faux pas qui fera écrouler le château de cartes jusque là difficilement échafaudé.

Derrière le metteur en scène, on remarquera de nouveau l’alliance efficace de Janusz Kamiński, directeur de la photographie, qui rendra les images aussi sublimes que glaçantes, au rythme d’une bande son classique. Composée initialement par John Williams, c’est Thomas Newman qui s’occupera de la bande originale du film aux sonorités soviétiques, s’associant pour la première fois (en vue d’une futur passation?) à un film de Spielberg.

Steven Spielberg happe son spectateur, avec le talent qui le caractérise, dans une reconstitution fidèle d’un échange brûlant et pernicieux de la guerre froide. Le réalisateur rattrape le coup après le pénible et lancinant Lincoln. Une œuvre « Spielbergienne » juste, sobre et recommandable. Bavard mais instructif, Le pont des espions est autant pédagogique qu’engageant.

1941 (1980) – 6.75/10



1941
Réalisé par Steven Spielberg

Avec Dan Aykroyd, Ned Beatty, John Belushi
Pays :  États-Unis
Genres : Action, Comédie
Durée : 1h58min
Année de production : 1979
6.75/10

Alors que Steven Spielberg a commencé avec un début de carrière qui fascine encore avec des films sérieux sur un genre qu’il adore, le voilà en 1980 sur un film plus léger scénaristiquement qui va parodier les films de guerre.

Fort de son introduction où il s’auto-parodie avec les dents de la mer, on va basculer dans un tout autre film face à des situations cocasses et drôles. Le film n’ira jamais dans l’hilarité comme les films des ZAZ, mais on s’amuse de la dynamique que le réalisateur va donner à ses personnages. D’ailleurs l’affiche résume finalement bien le film. On se retrouve dans une cacophonie de situations, de gags qui s’enchainent tel un jeu de domino. J’ai trouvé ça drôle car Zemeckis et Gale qui ont écrit le scénario vont toujours dans la surenchère, nous offrant de beaux tableaux avec une multitude de gags. Le budget offre aussi des scènes bien foutues et chaque effet est bien intégré que ce soit les avions qui volent dans les rues de Los Angeles ou entre autre la grande roue qui va se jeter dans l’océan.

Les acteurs sont convaincants (avec le futur partenariat des Blues Brothers) même si on ne fait que les effleurer sans se plonger dans leur personnage. Le scénario pousse a tout détruire, et nous rapproche parfois d’une réalisation qui semble brouillon mais c’est cet aspect rocambolesque qui en devient la force du film et donne son charme à ce pêle-mêle de drôlerie autour de l’attaque de Pearl Harbor.

Une farce absurde anti-patriotique qui tourne l’Amérique en dérision de façon légère. Un Spielberg qui se regarde bien et qui ne cherche en aucun cas à nous faire la morale.

Monde perdu: Jurassic Park (Le) (1997) – 8/10



Le monde perdu: Jurassic park
Réalisé par Steven Spielberg

Avec Jeff Goldblum, Julianne Moore, Pete Postlethwaite
Pays :  États-Unis
Genres : Action, Aventure, Science Fiction
Durée : 2 h 09 min
Année de production : 1997
8/10

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour Spielberg pour relancer la machine à billets. Après le succès du premier opus, on ne peut pas renier cette suite de qualité. Même si on est un cran en dessous, avec une surprise qui n’est plus, on est de nouveau balancé sur l’île voisine du parc pour affronter de nouveau les dinosaures.

Cette fois, le but n’est pas de les découvrir mais de tenter d’empêcher de les utiliser à titre lucratif. Le capitaliste Hamon est devenu naturaliste. Et c’est Jeff Golblum qui va prendre le premier rôle. Sam Neill & Laura Dern ne manque pas parce que le scénario n’a pas besoin d’eux. C’est de nouveau bien écrit et il y a pas de manque de ce coté là, la continuité se fait remarquablement. Muni de gros engins Mercedes stylés, Jeff Goldblum va affronter sa quête avec sa femme joué par Julianne Moore. Toujours agréable de la voir dans un film, même si il est rare dans le voir dans ce genre de registre. D’ailleurs avec cette revision, je redécouvre le rôle de Vince Vaughn et Peter Stomare, peu connu à l’époque.

La scène de la caravane face au T-Rex est jouissive. Cette tension grandit face au véhicule qui se rapproche inévitablement de la falaise. On sent l’ajout de certains CGI mais ça fonctionne super bien. Spielberg surenchérit à chaque fois dans le fatalisme, entre la corde qui casse, la voiture qui dérape, la vitre qui explose sous le poids de Julianne, tout est fait pour nous faire croire que tout va se terminer. De plus, l’environnement rend la scène encore plus effroyable avec cette pluie envahissante et cette nuit qui assombri la scène. Les décors vieillit de 4 ans, plonge nos héros dans un environnement glauque, et encore plus quand on est attaqué par une horde de raptors sauteurs. Cet opus dans la trilogie sera d’ailleurs la plus meurtrière, et le sang coulera plus.

La première partie qui semble assez similaire avec l’homme face aux monstres dans un décor où la végétation est dense, va totalement se dénoter sur la dernière partie. Le T-Rex se retrouve au beau milieu de la ville de San Diego tel King Kong qui veut tenter d’échapper à ses ravisseurs. Mêler des images du jurassique avec notre monde contemporain est bien bandant. Surtout quand c’est amené avec humour, avec un gosse qui découvre un gros dino en face de sa fenêtre avec son chien bouffé laissant pendre au bout de la laisse sa niche.

Les moyens ne sont pas épargnés, la production ne se repose pas sur le premier film. Deux T-Rex de 8 tonnes ont été construits pour ce film afin de rendre les interactions entre l’animal et l’homme encore plus crédible. Et cela fonctionne toujours bien.

Une suite un cran en dessous le premier film mais qui reste dans une lignée de qualité, avec une construction narrative cohérente et une aventure palpitante plus sombre.

Jurassic Park (1993) – 10/10



Jurassic Park
Réalisé par Steven Spielberg

Avec Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum
Pays :  États-Unis
Genres : Aventure, Science Fiction
Durée : 2 h 02 min
Année de production : 1993
10/10

20 ans! Déjà 20 ans que ce film monumental est sorti. J’avais 13 ans, la salle était comble, j’étais obligé de me séparer de ma mère au vu d’une foule déjà assise en attente de frisson avec le dernier film de Spielberg. Et aujourd’hui c’est toujours une claque, on prend un sacré plaisir à voir le film, a redécouvrir les dinosaures et a réécouter ce thème musical magistral signé John Williams. On voyage et plonge dans une aventure unique et prenante.

Adapté du livre de Michael Crichton, le scénario est clair et maitrisé, c’est quasi pédagogique et toujours original (surtout à l’époque). Puis on nous balance dans les entrailles du parc Jurassique. Ce pas lourd qui fait vibrer le sol, cette tension autour du T-Rex est toujours saisissante. Chaque scène où il apparait est culte, que ce soit dans l’attaque des voitures du parc, de la course poursuite derrière le 4×4, ou la bataille finale avec les vélociraptors et son cri final détonant. Steven Spielberg qui nous offre des moments de bravoure absolument épiques, et reste tolèrent face à la violence. Même si quelques humains passent à travers les dents des dinosaures, il en reste pas moins assez subtil et ne va pas choquer son public, même il joue continuellement avec les nerfs du spectateur. La scène dans la cuisine est d’une forte intensité, le point culminant du film. Ces monstres, les plus intelligents, qui viennent attaquer leurs proies avec souplesse, force et ténacité. Entre CGI et animatronique, Spielberg en relation avec Stan Winston vont chambouler les effets spéciaux au cinéma et reste aujourd’hui une référence.

Sam Neill est le paléontologue qu’il faut. J’ai vécu mon enfance avec cette image et j’ai aujourd’hui du mal à lui défaire son rôle d’Alan Grant. Sa compagne Laura Dern qu’on voit trop peu au cinéma est très crédible, et j’aime bien l’ambiguïté qu’il y a entre les deux personnages. Les deux gosses, dont le petit garçon parfois agaçant surtout vis a vis de Grant sont très biens. Jeff Goldblum depuis la Mouche n’avait pas fait un retour au cinéma aussi fracassant. Richard Attenborough, acteur et réalisateur, semble se faire plaisir dans son rôle du créateur. Un bon petit vieux qu’on aime aimer et qui arrive à nous faire rêver par son projet.

Après Les dents de la mer, le maestro Spielberg nous offre de nouveau un film de monstre intemporel. Un chef d’œuvre et une (r)évolution du cinéma qui mêle à la fois un casting performant, d’excellents effets spéciaux et une B.O cultisime.

Dents de la mer (Les) (1975) – 9/10



Les Dents de la mer
Réalisé par Steven Spielberg

Avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss
Pays :  États-Unis
Genres : Aventure, Horreur, Thriller
Durée : 2 h 04 min
Année de production : 1975
9/10

Quoi de mieux que de se faire une petite séance des dents de la mer en plein mois de Juillet, en pleine période estivale. Difficile de faire une critique au vu du rang ultra-culte du film mais quoi qu’il en soit 38 ans (punaise!) plus tard, le film n’a pas pris une ride à défaut d’en donner aux acteurs. Et en HD ça en met plein les yeux.

Le maestro Steven Spielberg nous offre son second long-métrage officiel d’une qualité hors-norme. Arriver à monter la pression sur un grand requin blanc, alors qu’on ne le voit pas à l’image sur plus de la moitié du film, il fallait le faire. Mais voilà l’ambiance, la musique (tada, tada, tadatada…) de John Williams aujourd’hui significatif aux requins, les prises de vues et l’histoire contribue fortement à nous animer de l’intérieur à chaque passage de caméra frôlant les jambes des acteurs sous l’eau. Il joue sur la psychose des acteurs qui n’osent plus se baigner et arrive à contaminer le spectateur.

Le seul moment un peu ennuyeux est quand le loup des mers, Robert Shaw, se lance dans une longue tirade sur le grand blanc, la nuit sur le bateau en attendant de se faire croquer le lendemain. L’attente est tellement grande qu’on trépigne d’impatience et on trouve la scène un peu longue. Roy Scheider (RIP) et Richard Dreyfuss se complètent parfaitement dans leur rôle entre le meneur qui a peur de l’eau et le connaisseur aventurier.

Les effets de l’époque ne se voient pas vraiment à l’écran. Beaucoup reproche le carton pâte du requin. Mais franchement la texture de la peau dans l’eau donne un super rendu glissant et de peau plissée quand celui-ci se tortille. Après oui c’est vrai la grande scène mythique de la fin sur le bateau de pêche donnerait peut être un peu plus de vivacité au requin si le film avait était fait aujourd’hui, mais à quel prix… avec des CGI qui pollue l’image? La robustesse du monstre est là et chaque corps qui passera entre ses dents ne fera pas de répits. Le réalisme est le principal atout du film, les années subséquentes à la sortie du film nous monteront que les films qui joueront dans la cours des dents de la mer vont surenchérir sur la combativité et l’aisance des requins les rendant bien moins crédibles.

Steven Spielberg offre ici un héritage au cinéma, un statut mythique aux requins et un film intemporel jamais égalé.
Allez, à la plage et bonnes vacances à tous!

Lincoln (2013) 3.75/10



Lincoln
Réalisé par Steven Spielberg

Avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn
Pays :  États-Unis
Genres : Drame, Guerre
Durée : 2 h 29 min
Année de production : 2012
3.75/10

Ça me plait pas mais je me dois de laisser une trace écrite qui résumera mon avis sur le dernier film de notre cher Spielberg adoré. Oui je me sens obligé de le flatter un peu avant la déferlante qui va se prendre avec ce biopic.

Le projet datait de plusieurs années, une certaine attente s’était créée autour du film et du personnage quasi intouchable, symbole patriotique des États-Unis. Le doux nom de Spielberg ne pouvait que nous conforter de découvrir un sublime biopic, sur un homme qui a eu un impact important dans la constitution des USA.

Mais voilà, là où le bât blesse, c’est qu’on aborde rien ni de la vie de Lincoln, ni sur le sujet qu’il est censé abordé avec l’abolition de l’esclavage. On se fait chier royalement devant cette horde de têtes pensantes face à papy Lincoln, qui tente de se trainer et à imposer le 13ème amendement. C’est pompeux, verbeux, bavard et on ne s’attache à aucun personnage, même pas au président pourtant mis sur un piédestal face à une photographie sublime et iconique, on n’en attendait pas moins de Spielberg et de son partenariat avec John Williams. Seul Tommy Lee Jones, nous montrera un brin de sensibilité sur sa dernière scène. On n’enlèvera pas cependant la très bonne métamorphose de Daniel « Winnie » Day-Lewis, même si on a bien l’impression que Lincoln ici fait bien plus vieux que son âge.

Enfin sa mort qui n’est pas le propos du film est quand même rapidement expédiée, on ne saura pas grand chose de ce marquant événement dans l’histoire des États-Unis. Là aussi une attente sur le premier assassinat d’un président biaisé par un nom de film qui n’aurait jamais du s’appeler Lincoln.

Alors, toi aussi si tu aimes regarder pendant des heures la chaîne parlementaire, les costumes rétro de l’époque et visiter les maisons de retraites alors ce film est fait pour toi. Un biopic peu intéressant, lancinent, qui fera semblant de vous rendre intelligent.

 

 

Cheval de guerre (2012) – 8/10



Cheval de guerre
Réalisé par Steven Spielberg

Avec Tom Hiddleston, Benedict Cumberbatch, Toby Kebbell
Pays :  États-Unis
Genres : Drame, Guerre
Durée : 2 h 26 min
Année de production : 2011
8/10

Il descend de la montagne à cheval, il descend de la montagne sans son cheval… Après les merveilleuses aventures Tintin en animation, Tonton Spielberg est de retour dans un film beaucoup plus intimiste pour le plus grand bonheur des cinéphiles et fanatiques de Spielberg. Le revoilà dans un domaine qu’il connait bien (en même temps il est capable de tout ce génie), en mêlant une histoire humaine et animale à travers un véritable film de guerre.

Maître dans son art, Spielberg nous offre une épopée magistrale à travers les yeux d’un cheval qui devient le personnage central du film. Grâce à cet étalon, on va passer du camp de l’armée anglaise au camp de l’armée allemande en passant par des civils. Joey, le téméraire, laissera à chaque fois une trace impérissable dans les mémoires.

Le départ nous semble tout droit sorti de 30 millions d’amis, on sait très bien que ce cheval va être exceptionnel alors que beaucoup le pense trop fougueux pour être apte à labourer les champs., mais c’est cette relation qu’il a avec les hommes qui nous émerveille. On semble au premier abord peu surpris, on découvre un film qu’on semble déjà avoir vu par le passé. Mais dès que les sentiments s’entremêlent et que l’action se détache, on est totalement projeté dans le début du siècle dernier à dos de ce cheval, entre guerre et paix.

Le contraste entre la beauté des paysages anglais avec ses beaux chevaux et le monde des tranchés avec ses barbelés est d’une efficacité sans précédent. La scène du cheval qui tente de s’échapper à travers les flammes et les projections de la guerre est une scène qui rend hommage à la photographie de Janusz Kaminski en nous en mettant plein les yeux. C’est totalement bluffant, et vu que les effets CGI sont très discrets, on se demande si il y en a (soyons pas dupe il y en a certainement), et cela nous interpelle de savoir comment le cheval a réalisé ses prouesses dans l’hypothèse ou il est réel.

Entre tragédie et film historique, il y a pas mal d’humour entre les personnages et le cheval. Que ce soit dès l’entrainement de celui-ci, trop feignant pour lever la patte, aux scènes de guerre dans les tranchés face aux sifflements des soldats. La scène d’ailleurs entre l’allemand et l’anglais apaise le spectateur (ça nous rappel le film Joyeux Noel de Christian Carion) et nous amène un peu de légèreté dans ses images souvent difficiles sur des conditions humaines et animales rudes.

Cheval de guerre apparaît comme un contre-pied à l’évolution de sa carrière et un retour aux sources pour le réalisateur. Ce n’est pas un film majeur de sa filmographie mais il est tellement puissant en termes visuels et d’ampleur du récit qu’il en devient un gros film mineur. Encore du bon pour tonton!

Bravo l’artiste!

Il faut sauver le soldat Ryan (1998) – 9.75/10



Il faut sauver le soldat Ryan

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Tom Hanks, Tom Sizemore, Dennis Farina
Pays :  États-Unis
Genres : Drame, Histoire, Guerre
Durée : 2 h 43 min
Année de production : 1998
9.75/10

Je me rappelle encore ce jour où ma grand-mère m’annonce qu’elle veut aller au cinéma me montrer un film dont les événements l’ont touché durant sa vie. Mais je me rappelle surtout de sa tête, elle qui est très précieuse, devant des scènes souvent très violentes, avec des tripes qui volent jusqu’à en toucher la caméra. Cette séance pour moi restera marquée dans ma mémoire, car l’introduction m’avait à la fois captivé mais aussi touché, comme la totalité du film que j’ai déjà revu à plusieurs reprises.

Il faut sauver le soldat Ryan est une œuvre réussite et complète. Dès son introduction, lorsqu’on voir un vieillard se pencher sur la tombe d’un combattant, qui aura son identité dévoilé dans le film, on sent que l’émotion va nous prendre aux tripes, chose qu’on (re)vivra 2h30 plus tard avec la continuité de cette même scène. Ce film est avant tout dans l’esprit de tous, THE scène du débarquement sur les plages de Normandies qui dure plus de 30 minutes et qui aura un cout de 11 millions de $. Une multitude de plans aussi époustouflants que morbides. Nous sommes lancés armes à la main, les pieds dans le sable face à une artillerie lourde qui nous balance de la balle à travers les oreilles. C’est véritablement la plus belle scène de guerre que j’ai jamais vu à ce jour. Aucun film m’a provoqué cette sensation physique et cette impression d’y être. C’est justifié souvent par une caméra au poing, du son qui nous entoure tout le temps jusqu’à en avoir un sifflement dans les oreilles après l’exposition du bombe. En plus de cette sensation, on en prend les yeux avec des bras, des jambes et des boyaux qui couvrent la plage de sang. Ces hommes qui se font tuer par d’autres hommes, prêt à se noyer avec un sac trop lourd, ou à risquer sa vie pour sauver un autre homme, ou pour en tuer un autre, c’est quasi inconcevable dans notre monde (au quotidien) et pourtant c’est bien une réalité. Une réalité que Spielberg nous offrira sur un plateau d’argent. Sa réalisation est sublimisime, on contemple l’œuvre de l’artiste.

Le film prend aussi sont temps, on suit les péripéties de cette unité qui va être missionné pour trouver le soldat Ryan. Y a des scènes bavardes (un peu trop même dans l’église), des scènes de doutes, des scènes d’angoisse, et de nouveau de la scène de guerre. Plein d’émotion, de moment qui nous montre la guerre sous tout ses angles. Une guerre face à des personnages barbards, des civils désorientés, des hommes formatés aux combats. Chaque personnage est plus ou moins approfondis, chacun d’entre eux ont leur personnalité, on a presque l’impression de les connaitre. Casting de qualité joués par une multitude de sacrés acteurs, en commençant par l’un des meilleurs acteurs au monde aka Tom Hanks, épaulé par le très bon et discret Tom Sizemore. Je redécouvre l’apparition de Vin DIesel, j’avais oublié cet acteur dans ce film certainement pas connu à l’époque (il le sera 2 ans plus tard avec Pitch Black). Giovanni Ribisi que j’apprécie toujours à l’écran, Edward Burns qui fait une petite carrière finalement, Barry Pepper très bon sans son rôle et le jeune Matt Damon qui montera très haut dans sa carrière et c’est pas volé même si son rôle reste assez mineur, bien qu’il soit le centre de l »histoire.

Certain parle de scénario assez basique. Mais c’est très bien, y a pas de chichi autour de cette guerre. On va droit au but, on cherche une pseudo quête certes mais on vit la guerre de l’intérieur. Même si ca fait beaucoup de vies à sacrifier pour en « sauver » une, ces soldats ne rechignent pas devant la tâche et se battent contre un ennemi commun et peu importe la cause. Entre deux ruines, ca se canarde, ca souffre, ca discute, mais ca fait la guerre. Une guerre qui fait mal et qui ne laissera ni indemne les vivants ni les morts ni le spectateur. Le grand John Williams est de retour pour nous offrir une bande originale efficace et très bien en contexte avec l’ambiance sombre de ce film. Une musique encore culte de la part du génie de la clé de sol.

C’est à partir de ce film que Spielberg est devenu plus mature face à un film plein de sensibilité mais surtout d’une grande violence. Aujourd’hui aucun film de guerre ne rivalise avec Ryan, aucune immersion est aussi totale si ce n’est avoue-le les jeux next génération d’aujourd’hui qui nous contient dans un environnement de guerre réaliste et très impressionnant.

Un film à la hauteur de son réalisateur. Bravo l’artiste!

Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (Les) (2011) – 8.25/10



Les Aventures de Tintin - Le Secret de la Licorne
Réalisé par Steven Spielberg

Avec Daniel Craig, Simon Pegg, Cary Elwes
Pays:   Nouvelle-Zélande,   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Animation, Mystère, Familial
Durée : 1 h 47 min
Année de production : 2011
8.25/10

J’avais loupé le film au cinéma, pourtant j’avais essayé mais découragé par le monde j’étais rentré bredouille me voir un autre film à la maison. Alors au vu de ma grande envie de le voir depuis des mois j’ai pris le bluray pour le découvrir et je regrette pas. En plus de l’avoir vu y a deux heures, le film est de nouveau en projection à la maison avec cette fois-ci mes voisins. Et moi au fond de la salle dans le noir entrain d’écrire ma critique tout en redécouvrant le film une seconde fois, et je prends de nouveau plaisir…

Toy Story, , Avatar ont été des tournants dans l’animation au cinéma, Tintin est lui aussi une étape importante dans l’animation et conforte l’existence de la motion capture. Car oui c’est révolutionnaire, j’ai découvert le making-of et franchement voir Spielberg une télécommande entre les deux acteurs sans qu’ils soit à l’image est assez bluffant, on élargit encore plus les possibilités au cinéma, tout en gardant des vrais acteurs…

Outre la technique aussi magique que révolutionnaire, l’aventure que l’ont découvre à travers l’histoire de Tintin est entrainante. Autant j’étais pas très captivé par les BD, et peu par le dessin animé, je dois dire que les puristes qui trouvent que l’histoire est peu fidèle me gène pas, bien au contraire. On est face à un rythme soutenu, une quête intéressante pleine de rebondissement, on passe d’indice en indice toujours avec le brin d’humour de Haddock. Une véritable aventure à la Spielberg, plus qu’une adaptation de Tintin.

Les personnages sont tous géniaux. Tintin tient un rôle aussi important que Haddock. Plus sérieux, plus aventurier, il campe avec son jeune age un héros courageux, casse-cou et téméraire. Fidèle à l’esprit de Hergé (beau clin d’œil au début avec le dessinateur qui a les trait du créateur) même si c’est pas toujours crédible au vu de sa maturité, même si on a jamais véritablement su son age. Haddock, ce bon vieil alcoolique est très attachant. Drôle et maladroit il sait mener la quête avec brio avec Tintin. Ils sont véritablement complémentaires, un peu comme Indiana Jones et son père Henry Jones (ce bon vieux barbu de Sean).

Le graphisme me plait beaucoup et les gros nez qui ont souvent dérangé trouve véritablement du charme dans ce film reprenant le concept mis en place par le créateur belge, Hergé. Les sont accablants de vérité, les mains sont si réalistes, les expressions entre la BD et le réel, je vois peu de défaut de ce coté là.

Les scènes d’actions sans innover sont époustouflantes, reprenant les grandes scènes de Pirates de Caraïbes (on croit voir Jones et Barbossa par moment), ou une scène de Indiana Jones et la dernière croisade, voir Kung Fu Panda 2 dans la ville (enfin là difficile de donner l’influence au vu des dates de sorties des films) et j’en passe… Mais chaque clin d’œil est sublimé par une animation fluide et rigoureuse face à la gravité et l’enchainement des actions est jamais redondante. Les transitions sont recherchés et sublimes. Les décors changent, nous livrent des images de désert, de mer, ou de ville magnifiques bourrés de détails. Et même quand une scène apparait chiante avec la Castafior, Haddock nous amuse à nous faire véritablement sourire et aimer la scène.

En plus de découvrir le film, le making-of vaut véritablement le coup d’œil pour sa technique même si ça fait moins rêver qu’un tournage en décor réel mais il faut voir les perspectives que ce genre de tournage offre au cinéma. Allez manque juste le thème de Tintin dans le film, même si il est pas synonyme de la BD mais reste un souvenir pour nous qui avons découvert les dessins-animés plus petits et le trou dans la maison à la fin trouvé trop facilement.

Spielberg d’une main de maitre sait divertir les petits (ma fille a tenu les deux séances) et les grands (moi avec) avec cette petite pépite de l’animation, que dis-je avec ce FILM (31 jours de tournage seulement :shock:) aussi riche en images qu’en personnages voir en histoire. La revision est aisée et j’ai pris plaisir d’écrire cette critique sur cette seconde séance consécutive… Vivement la suite.