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Alliés (2016) – 7.75/10



Alliés

Réalisé par Robert Zemeckis

Avec Brad Pitt, Marion Cotillard, Jared Harris
Pays:   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Action, Guerre, Drame, Romance, Thriller
Durée : 2 h 01 min
Année de production : 2016
7.75/10

Alliés, thriller romantique sur fond de Seconde Guerre mondiale, réalisé par Robert Zemeckis, est une œuvre aussi sincère qu’émouvante. L’alliance de Brad Pitt avec notre Marion Cotillard nationale va dévoiler un couple attachant alors qu’ils n’étaient là que pour comploter contre les Allemands!

Jouer avec les sentiments s’avère dangereux surtout quand on s’accorde à son complice. Les liens s’entremêlent, le couple fictif va alors s’engager sentimentalement au cinéma. Mais la comparaison bâtarde avec M. & Mrs Smith, qui a vu naitre le couple Pitt/Jolie, va faire de ce film un échec commercial, accessoirement durant la rupture ambiguë de ces derniers. Approché par une promotion minimaliste, ni les têtes d’affiche, ni le réalisateur arriveront à contrer cet injuste échec.

Bien entendu le film n’est pas exempt de défauts. Loin de là. Son romantisme exacerbé, les « haters » de Marion Cotillard qui ne cherche qu’à entrevoir un mauvais jeu d’acteur dans chacune de ses interventions ou Brad Pitt dans un rôle « soft » un peu fade, enfin loin d’être le plus marquant de ses personnages. Marquons aussi les nombreuses scènes pompées sur d’autres œuvres, comme la scène emblématique de la fusillade la réception nazie nous rappelant Inglorious Basterds ou la scène d’amour revisitée du film Le Patient Anglais à bord d’une voiture coincée dans une tempête de sable. Mais l’intérêt que suscite ce couple et l’approche dramatique de cette guerre fait que nous sommes continuellement attachés à eux, surtout si vous avez envie d’animer votre côté fleur bleue!

Afin d’accentuer le réalisme du film, Zemeckis met en scène son film de façon chronologique. Ainsi le développement de ses personnages flaire bon la sincérité face à un couple qui apprend à se connaitre au fur et à mesure de l’intrigue. L’alliance et l’amour que se portent les deux acteurs principaux fonctionnent. Robert Zemeckis est réputé pour être un génie sur le plan technique mais il est tout aussi bon pour développer la psychologie des personnages. Deux qualités essentielles pour un récit de cette envergure. Composée par Alan Silvestri, la bande originale accentuera la beauté du récit. Ainsi, même si le film n’a rien d’original, on arrive à s’attacher aux personnages, à qui la guerre a apporté autant d’amour que de suspicion!

Un film dramatique simpliste, falsificateur et pourtant prenant. Brad Pitt & Marion Cotillard s’accorderont parfaitement dans un film d’espionnage effroyable.

Deepwater (2016) – 6.5/10



Deepwater

Réalisé par Peter Berg

Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Drame, Action
Durée : 1 h 47 min
Année de production : 2016
6.5/10

S’inspirant de la plus grande catastrophe pétrolière des États-Unis, Deepwater est un véritable témoignage de la bêtise humaine et des décisions irresponsables motivées par le profit. Malheureusement, le film ne se focalisera jamais sur les conséquences écologiques désastreuses pour notre pauvre planète bleue avec le déversement de plus de 500 millions de litres de pétrole dans l’océan durant plusieurs mois, oubliant ainsi de rendre l’œuvre encore plus percutante.

L’approche du film est centrée sur les origines de cette fulgurante catastrophe, histoire d’animer Peter Berg à réaliser un film bourrin, plus que moralisateur. Même si l’intrigue est un peu longue à se mettre en place, on regrettera un scénario qui cherchera à évincer un peu trop vite les conflits d’intérêts sur la sécurité et les objectifs de production entre BP et les équipes techniques de la plateforme Transocéan. On aurait alors eu droit à un récit plus complet, certainement plus alarmant, sur les causes d’une telle catastrophe. De même pour la suite des événements, dont le semestre d’essais de colmatage de la brèche qui ne sera qu’évoqué dans l’épilogue. Le film avait à offrir beaucoup plus que l’événement du 20 Avril. Travailler à des hautes profondeurs pour tenter d’arrêter le flux de pétrole, que le système de sécurité aurait dû condamner lors de l’incident, avait tout pour satisfaire notre curiosité autour de cet évènement. Ainsi, le film ne serait pas qu’un simple hommage, il aurait pu être, en plus, instructif et didactique (cf. wiki)!

Enfin, on ne va pas réorienter l’intrigue. Le film s’inspire de faits réels, il n’en reste pas moins un film d’action de la fabrique Hollywoodienne dans lequel l’héroïsme et l’humain font parfois surface. En outre, le problème majeur de Deepwater réside dans son rythme. On introduit longuement la plate-forme pétrolière pour ensuite s’embourber dans une salve d’explosions aussi impressionnantes que redondantes. Cependant, cette superproduction est sauvée du naufrage grâce à un bon casting avec de jolies têtes d’affiches tels que John Malkovich, Kurt Russel et Mark Wahlberg. On apprécie aussi d’être pleinement ancré dans l’action face à des hommes qui bravent le risquent au quotidien. L’hommage aux victimes sera rendu grâce à un générique qui nous replace dans une réalité qui fait froid dans le dos avec des images d’archives touchantes sous la tonalité de Gary Clark Jr. et sa composition Take me down.

Tragique accident mis en images par Peter Berg. Le spectacle est bien présent, l’hommage est (presque) touchant mais l’analyse autour des conséquences pour notre planète est trop vite oubliée. Il y avait beaucoup à dire mais le réalisateur préfère livrer un gros blockbuster que de s’attirer les foudres en jouant sur le politiquement incorrecte. Dommage, car  cette prise de risque aurait permis à l’œuvre d’être plus percutante et incisive pour ne pas se cantonner au simple rang de film catastrophe.

Suicide Squad (2016) – 4.5/10



Suicide Squad

Réalisé par David Ayer

Avec Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Crime, Fantastique
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2016
4.5/10

DC Comics continue à décevoir en cette année 2016. Après le décevant Batman V Superman, Suicide Squad anéantit une nouvelle ère de super-héros en devenir, alors que le concurrent Marvel est bel et bien installé. Pourtant voir grandir la firme DC Comics avec ses super-héros charismatiques est une attente pour beaucoup. Avoir grandi avec le sombre Batman, la pulpeuse Wonderwoman ou le cocasse Flash, nous pousse à en savoir plus sur la Ligue des Justiciers. Mais la nouvelle génération nous désappointe totalement. Suicide Squad s’impose maladroitement en préparant le terrain de la Ligue des Justiciers avec un panel de méchant de la firme DC peu intéressant. Quelques moments de bravoure se profilent, mais s’effacent aussitôt pour laisser place à de nombreux palabres ennuyeux. Quand les antihéros discutent, la menace n’est plus, comme s’ils avaient l’art et la manière de mettre en stand-by les ennemis.

Afficher l'image d'origineChaque personnage est survolé. On s’y attarde quelques minutes et puis plus rien. Seul Deadshoot et Harley Quinn ont un peu plus de teneur dans l’intrigue. Le reste c’est creux. Captain Boomerang n’est caractérisé que par ses simples lancés de boomerang et Killer Croc se contente d’être là sans chercher à faire évoluer le récit. Il est un élément surprenant physiquement, on cherche à connaitre ses origines mais au final il est totalement effacé et oublié de l’intrigue. Katana quant à elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle n’aura même pas le droit à son introduction dans les Suicide Squad, comme si elle avait été oubliée ou rajoutée au montage à la dernière minute. Enfin, le Joker est un personnage mineur du film alors qu’il était au cœur de la promotion du film. Peu développé, trop moderne, il n’apporte pas grand-chose à l’histoire si ce n’est dans la construction du personnage d’Harley Quinn. Il n’interagit avec personne, il fait qu’une pâle figuration avec un Jared Leto qui oublie d’être naturel en voulant rendre son personnage « trop » déséquilibré. Au final, seule la jolie Harley qui dévoile facilement le bas de ses fesses (à défaut d’une paire de seins), tire son épingle du jeu en conservant un côté désordonné appréciable au personnage. On apprécie les formes, on aime son humour même si on aurait préféré largement voir ce personnage prendre de l’ampleur, quitte à avoir un film dédié pour elle. Tout comme Deadshoot et El Diablo, deux personnages puissants et mystérieux, qui contribueront à rendre le récit un peu moins chiant. Enfin, Enchantress est consternante. Sa dispersion avec l’âme de son « frère » rend la menace asthénique et insignifiante. Chez les supers, c’est le concret qu’on aime voir se déployer et pas des volatils méchants sans véritables déterminations.

En termes de construction du scénario, on a l’impression de voir un patchwork des répliques mal imbriquées, le tout dans un montage haché et trop rapide, ou en tout cas qui ne se focalise pas assez sur un intérêt général. Suicide Squad sauve le monde pour un peu de confort dans une prison ou le droit de visite de la famille, ces sociopathes élevés à l’école de la rue manquent de caractères face à un scénario répétitif et lancinant. Si ce n’est de jouer lourdement sur le physique de son héroïne, le réalisateur David Ayer aurait pu éviter ce sentiment de lassitude en variant les combats, sans nous proposer toujours les mêmes monstres moches avec des plans insipides et des chorégraphies datées. La photographie est elle aussi assez fade, heureusement que le short d’Harley Quinn apporte un peu de couleur! Tout comme la bande originale de qualité qui varie les tonalités et différents artistes.

Nouvelle immersion chez DC Comics ratée avec un blockbuster sans impact, des personnages creux et insipides dont un Joker totalement effacé. Seul le mini-short d’Harley Quinn réussit à faire respirer les billets verts de cette super-production sans âme.

Ninja Turtle 2 (2016) – 5.5/10



Ninja Turtles 2

Réalisé par Dave Green

Avec Megan Fox, Stephen Amell, Will Arnett
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 52 min
Année de production : 2016
5.5/10

L‘idée d’avoir des héros des bas-fonds de la ville personnifiés par des tortues ninjas, mangeuses de pizza, est absurde. Les réadapter au cinéma n’est pas ce qui est de plus brillant mais la fidélité à la BD et au dessin animé est à souligner. Le divertissement fonctionne plus ou moins et la nostalgie autour de personnages annexes qu’on avait oublié nous replonge en enfance, surtout quand on a grandi avec le dessin animé et le mythique jeu sur Nes.

L’humour est parfois très bête et infantilisant et même si le film est loin d’être mémorable dans son genre, il a le mérite de mettre en avant le terrible Krang, l’ennemi que l’on pensait inadaptable à l’écran.

L’influence de Michael Bay, même s’il se contente du fauteuil de producteur, se voit à l’image. La domination des effets numériques est toujours déstabilisante, surtout sur cette vision insupportable des tortues piquées à la testostérone. La répétitivité (devenant ici un gimmick) de certaines scènes « Made in Bay » se fait de nouveau ressentir. Entre combats au sommet de gratte-ciel, trous temporels déployés en direction de l’univers sidéral ou les imposantes course-poursuites sur autoroutes, les productions Bay s’enferment dans du blockbuster formaté. Dans la famille des scènes invraisemblables, on retiendra la scène de chute libre et la jolie course-poursuite d’un tank dévalant des rapides.

L’avantage de cette suite est d’avoir une multitude de personnages déjà installés. Krang aurait mérité cependant d’être un peu plus présent afin d’être approfondie, surtout sur sa genèse. Les quatre tortues montées sur ressorts sont sympathiques et ciblent parfaitement leur public mais leur look n’aide pas foncièrement à les apprécier, au contraire des amusants Bebop et Rocksteady, qui viendront rattraper le coup avec leur terrible et maladroite puissance. En effet, le phacochère et le rhino, deux abrutis d’ennemis, amusent continuellement la galerie sans jamais nous ennuyer et permettront de combler quelques vides. Finalement, les personnages haut en couleur sont « presque » dépaysants, bien plus que la sensuelle et affriolante Megan Fox.

Ninja Turtle 2 assume son aspect cartoonesque en restant fidèle à ses origines. On apprécie le spectacle avec les ennemis culte de la série, cependant on déchante rapidement face au faible scénario et l’infantilisante intrigue.

S.O.S Fantômes (2016) – 4.75/10



S.O.S. Fantômes

Réalisé par Paul Feig

Avec Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2016
4.75/10

Si ce remake était prédestiné à être un échec cuisant, il s’avère que la nostalgie de la saga fonctionne encore un soupçon. Cependant, soyons clair, il n’y a aucun intérêt de réaliser un tel film, surtout pour nous raconter la même rengaine! Mais le divertissement est a minima présent, je m’attendais à bien pire et ce remake aura peut-être le mérite de pousser la nouvelle génération à découvrir la genèse un peu vieillotte de la saga.

Commençons par ce qui est le plus populaire dans S.O.S. Fantôme: la musique. La célébrissime composition de Ray Parker Jr est de retour, quel bonheur! Mais, oh! sacrilège elle a été remixé, tout comme la totalité des personnages du film. En effet, on prend les mêmes, on change leur genre et on recommence. Ainsi l’équipe masculine devient féminine et si l’axe de vision d’un monde moderne est la volonté de ce remake, la profondeur du récit est assez pauvre, il n’y a plus d’âme dans ce blockbuster « new generation » aseptisé. Le côté fantasmagorique significatif aux films originaux ne fonctionne plus. Autant voir des vortex et des apparitions fantomatiques dans l’ancienne version avec une architecture atypique permettaient de nous projeter pleinement dans l’aventure, autant ici l’idée de se retrouver dans un musée à chasser des poltergeists est bien mauvaise et surtout sans aucune ambition. On aurait aimé que les scénaristes prennent plus de risques afin de nous offrir une intrigue plus fouillée et un réalisateur qui travaille plus l’ambiance de sa mise en scène. On vient voir Ghostbusters pour chasser du fantôme avec le sourire… et pas sourire des fantômes!

Melissa McCarthy prend trop de place dans ses films. Elle vulgarise ses personnages et devient assez pénible à suivre s’enfermant dans des rôles assez similaires. L’accoutrement de Kate McKinnon en (Don)intello est d’aucune utilité et l’intégration forcée de Leslie Jones est totalement bancale, il fallait mettre un peu de couleur dans ce quatuor, me dira-t-on, histoire de rester fidèle au passé. Seule, Kristen Wiig, plus discrète, se fond dans un personnage plaisant par sa sobriété. Chris Hemsworth reprendra le rôle de la secrétaire idiote à l’origine interprété à l’origine par Annie Potts et devient finalement le personnage le plus drôle. Crétin mais amusant, on apprécie chacune de ses répliques et sa façon de rire de lui-même! Enfin quelques guests viendront cachetonner comme Andy Garcia, ou au mieux célébrer l’hommage d’un film devenu culte avec l’apparition des 4 anciens Ghostbusters (et oui Harold Ramis apparaît sous la forme d’un buste en bronze) et de Sigourney Weaver. Enfin, on n’oubliera pas les nombreux clins d’œil présents entre l’envolée du Bibendom ou de celle de Bouffe-tout.

M’enfin! La bonne surprise du film, car il y en a une, est la transfiguration du fantôme mythique que l’on trouve sur le logo du film. Lui qui s’est imposé sur les affiches du film depuis plus de 30 ans et qui n’avait jamais fait son apparition dans le film, se voit ici enfin prendre vie. Une joie de le voir grandir et se mouvoir avec une texture toute douce alors que son allure est semble si méchante! Mouhahaha! Son design était prédestiné à être mis en avant, voilà une chose dorénavant faite. Certainement, la seule bonne idée du film!

S.O.S. Fantômes (2016) surfe sur l’héritage d’une vieille saga mythique, mais son dépoussiérage lui enlèvera toute son âme. Le casting, ses guests et son pauvre scénario manquent d’ambition pour qu’on puisse s’en rappeler encore dans 30 ans. Cette version « New Génération » n’a aucun intérêt si ce n’est de voir l’émergence de Rowan’s Ghost, l’iconique fantôme qui s’est enfin décollé de son affiche.

Doctor Strange (2016) – 6/10



Doctor Strange

Réalisé par Scott Derrickson

Avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
6/10

Nouveau personnage de chez Marvel porté à l’écran, Doctor Strange lorgne fortement dans le cinéma fantastique, plus que du super-héros. Force est de constater que le schéma narratif de la naissance d’un super-héros est bien huilé chez Marvel. On y découvre l’insatiable homme qui va se transformer rapidement en super-héros, et même plus ici en un magicien-sorcier. A croire que Strange prédestiné son nom de scène!

Si la première partie, dans son bon rôle de docteur égocentrique est de bonne facture, la seconde partie, retranché sous sa cape de super-magicien, est parfois balourde et maladroite. Dès son entrainement auprès des sages mystiques népalais, le spectateur reste sceptique, on n’y croit plus. Ses capacités à connaitre les secrets d’un monde caché fait de dimensions alternatives sont trop précipitées, alors que pendant ce temps-là d’autres « moines shaolin » tente de s’entrainer depuis des années pour acquérir ce que Strange réussira en quelques heures. Il faut faire preuve de philosophie au risque de rester sur la touche. Les ouvertures de portes temporelles semblent tellement éloignées de notre monde que notre spiritualité est fortement mise à contribution.

Afficher l'image d'origineTout est question de temps. On aurait crié au génie si le film était sorti une décennie plus tôt. Cependant Marvel s’efforce de toujours satisfaire le plus large public possible. Ainsi Doctor Strange n’est pas qu’un film fantastique, il mêle de la science-fiction et beaucoup d’humour. Ainsi, les petits pics comiques permettent de laisser en éveil le spectateur avec le sourire. Mais la cape vivante qui sort de nulle part et qui ne sert qu’à faire des blagues ne crédibilise pas vraiment le personnage. C’est sympa, au risque parfois d’être ridicule. Heureusement le personnage joué par Benedict Cumberbatch conserve son sérieux et son statut de Doc, même si l’apparence de Strange reste bien plus charismatique que son propre interprète. Le reste du casting est de qualité même si pas toujours à sa place dans ce film. Tilda Swinton réussit de nouveau à totalement se métamorphoser dans un rôle qui lui va finalement pas trop mal. Le méchant Kaecilius interprété par Mads Mikkelsen est toujours plaisant à voir au cinéma, même si ce n’est pas ce genre qui lui correspond vraiment. Il fait le « taf » aidé par de sacrés effets numériques. En effets, les CGI sont véritablement renversants, dont la technique plus que convaincante nous laissant à la limite de l’attraction visuelle. Les renversements de décors inspirés d’Inception foisonnent à l’écran, nous hypnotisant parfois la rétine avec quelques soulèvements d’estomac (rires).

Le plus difficile est de se convaincre de ces multi-univers aux couleurs criardes dans lequel notre magicien va et vient à sa guise. De plus, il manque l’enjeu qui met en péril le personnage, comme la majorité des Supers de chez Marvel, même si le compositeur Michael Giacchino appuiera musicalement certaines séquences. La scène du bullet-time inversée est cependant la bonne surprise du film, le clou du spectacle. Techniquement, ILM renforce son statut de « supernova » de l’effet spécial depuis 40 ans. Une compagnie qui a su évoluer avec les impératives évolutions techniques, espérons que Marvel fera de même avec ses multiples phases héroïques.

Principal personnage spirituel de chez Marvel, Doctor Strange est un personnage mystique qui peine à nous convaincre. Il a le mérite d’apporter une touche de fraicheur dans un monde visuel très créatif, malheureusement noyé dans une accumulation d’adaptation cinématographique de super-héros.

Independence Day : Résurgence (2016) – 4/10



Independence Day : Résurgence

Réalisé par Roland Emmerich

Avec Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Bill Pullman
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Science Fiction
Durée : 2 h 00 min
Année de production : 2016
4/10

Il y a des suites que l’on n’attend vraiment pas car elles se caractérisent par leur inutilité profonde et par un aspect mercantile de plus en plus courant à Hollywood.

20 ans séparent cette suite au premier film. Cela ne nous rajeunit pas. A l’époque, même si beaucoup critiqué, ID4, premier du nom, était véritablement du gros blockbuster annonçant des gros effets spéciaux avec des scènes explosives dont la mémorable désintégration de la maison blanche. Le making-of en était même captivant et faisait de ce gros « gloubiboulga » d’explosion made Roland Emmerich une référence en la matière, qu’on aime ou qu’on déteste le film.

Mais de nombreux blockbusters ont envahi notre écran depuis, qu’ils soient de Roland Emmerich ou de ses potes tels Michael Bay ou James, Cameron. Les scènes de destruction massive n’impressionnent plus tant une multitude de films sont passés sur ce terrain. Aujourd’hui, on attend, en plus d’éclairer notre pupille à coup d’explosion, d’être captivé par un semblant de scénario. Ici, tout est incohérence, et pourtant le premier film n’était pas de toute finesse. Les personnages sont agaçants, survivent à des situations rocambolesques et arrivent à se retrouver aux quatre coins de la planète dans une situation post-apocalyptique cacophonique. Tiens papa, qu’est-ce que tu fais là?

Afficher l'image d'origineDès le départ, la solidarité de l’homme nous amuse. Remaniant l’arme extraterrestre, le monde est enfin uni, dans une réalité d’aujourd’hui qui est tout autre. On retrouve l’ex-président Bill Pullman en moyenne forme mais qui lâchera sa béquille pour aller botter le cul des extraterrestres. Will Smith n’est plus de la partie et bizarrement on s’en moque. L’acteur qui jouera son fils ne marquera pas les esprits, pas plus que le héros de cette nouvelle aventure, Liam Hemsworth. Charlotte Gainsbourg est la bonne blague du casting pour ne pas dire l’extraterrestre du film. On se demande ce qu’elle vient faire là, enfin finalement pas plus que de la voir chez un Lars Van Trier. Au final, aucun acteur ne se dévoilera à travers ce film à gros budget, écrasé par une horde d’effet spéciaux.

Cependant tout n’est pas mauvais non plus. En plus de jouer du divertissement, Roland Emmerich arrive à rire de son propre film, en parodiant les improbables scènes du premier film. La scène du chien, longtemps moquée, reviendra ici en force laissant un Jeff Goldblum médusé face au sauvetage d’un vulgaire toutou. La maison blanche, reconstruite depuis, échappera de justesse à l’écrasement d’une cohorte de bateau et d’une gigantesque vague. C’est le drapeau Américain qui arrêtera le tout. Etonnant! L’attaque finale de la reine-alien, nous rappelant parfois la créature de Ridley Scott, nous sort quand même de notre torpeur. La créature a de la gueule et l’essaim de vaisseaux extraterrestres qui envahit notre écran justifie a minima l’excessif budget du film de 200 M$.  Les multiples envolées dans un nuage de lasers, d’avions de chasse et de missiles arrivent au final à nous divertir même si le constat de médiocrité est irrémédiablement déjà présent dans nos esprits agacés. Surtout si vous détestez le premier, ne cherchez pas à être convaincu par cette suite.

ID4:2 annihile le relatif bon souvenir d’un blockbuster d’époque qui aurait pu vieillir tranquillement sans lui donner une suite dénuée de tout intérêt. Faire du neuf avec du vieux, Hollywood s’encroute dans la course aux billets verts en démultipliant les franchises, laissant le catastrophe l’emporter sur le film-catastrophe, réduisant la science dans la science-fiction. Le cinéma ne se fait plus avec de la pellicule… mais avec des billets.

Agents presque secrets (2016) – 4.5/10



Agents presque secrets

Réalisé par Rawson Marshall Thurber

Avec Dwayne Johnson, Kevin Hart, Amy Ryan
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Comédie
Durée : 1 h 49 min
Année de production : 2016
4.5/10

Comédie qui sent le réchauffé. Ce buddy movie repose essentiellement sur les larges épaules de Dwayne Johnson et de son apparition en gros obèse 20 ans plus tôt. Excepté ce moment ultime d’humiliation, rien n’est véritablement drôle. La complicité des deux larrons fonctionne plus au moins bien. Le gros dodu est devenu un agent aux gros bras de la CIA, naïf et crétin, et l’idole de l’université est devenu un vulgaire comptable. Tous deux vont se retrouver pour mener une enquête en se remémorant les souvenirs de leur passé universitaire.

Afficher l'image d'origineTout n’est pas désagréable, on appréciera l’autodérision de Dwayne Johnson et la sobriété de son partenaire Kevin Hart. On peut reprocher cependant d’oublier rapidement le film, ne laissant derrière que peu de scènes mémorables, si ce n’est celle de la numérisation graisseuse de « The Rock ». Les scènes d’action peinent à sauver le tout, et on y entrevoit peu d’ambition, même pas celle de nous faire sourire. Au vu du bêtisier, les acteurs semblent plus s’amuser que nous spectateurs. Au moins, ça permet à Dwayne de reposer ses triceps le temps d’un tournage.

Suivre un gros dodu devenu un sex-symbol qui s’ignore et qui se balade avec un sac-banane et un t-shirt licorne pour mener une enquête anecdotique n’est pas ce que le cinéma a fait de plus extraordinaire. Ni drôle, ni mémorable, ce buddy movie classique n’est juste qu’un passe-temps d’une soirée qui sera malheureusement vite oublié.

Captain America: Civil War (2016) – 7.5/10



Captain America:
Civil War

Réalisé par Anthony Russo, Joe Russo

Avec Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Science Fiction, Thriller
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2016
7.5/10

Quid des Avengers Chez Marvel. Dorénavant n’oubliez pas l’arbre généalogique des super-héros pour percevoir toutes les affiliations entre les personnages. Premier entrant dans la phase 3 de l’univers Marvel, Captain America renforce son environnement avec des personnages haut en couleur. D’ailleurs, on ne distingue plus si on est chez les Avengers, chez Iron Man ou un autre super-héros tellement les parallèles aux autres films sont nombreux. En effet, ici nous retrouvons les indispensables de l’univers Avengers avec Iron Man, la veuve noire, War Machine, Le faucon et bien entendu Captain America, mais une salve d’autres personnages annexes viennent rejoindre l’aventure. Ainsi connus du grand écran, Spiderman et Ant-Man vont faire leur immersion dans le groupe. Enfin des petits nouveaux tels que Black Panter ou Crossbones vont venir renforcer la troupe, histoire d’apporter toujours un peu plus de nouveautés dans cette grande famille.

L’immersion de Spiderman fait pas mal grincer des dents. Depuis que Tobey Maguire a rendu son costume au vestiaire, délaissant ainsi l’œuvre de son réalisateur fétiche Sam Raimi, on a plus gout à le revoir. En tout cas dans un film isolé. Ici, on se retrouve avec un super-héros en herbe, avec un nouvel acteur et une tante May jeune et sexy à l’opposé de la gentille tata complaisante que l’on connaît. Ant-Man, quant à lui est véritablement la plus belle surprise. Il ne se prend pas au sérieux, arrive à nous faire sourire et dévoile les meilleurs plans en terme de mise en scène. On a déjà hâte de le revoir dans son propre film. Ensuite, pour les autres c’est un peu du réchauffé. La veuve « Johansson » noire fait le strict minium, sa surprenante venue dans les Avengers ne nous enflamme plus. Le faucon et War Machine, c’est du pareil au même, leurs pouvoirs sont trop similaires. Au moins, nous avons aussi de l’action en regardant le ciel, histoire de compléter pleinement le tableau. Reste le plaisir de se voir s’animer Captain America et Iron Man, même si on sait immanquablement que dans la scène sur le tarmac de l’aéroport préservera quelques réserves que la scène finale dévoilera. Et de ce côté-là, y a rien à redire, c’est esthétiquement réussi.

http://img4.hostingpics.net/pics/873244ironamerica.pngA l’instar du récent X-men ou de Batman Vs Superman, la volonté de vouloir ancrer les super-héros dans la vie réelle est bien là. Ainsi, l’intrigue semble un peu plus intelligente que par le passé, ancrée dans une salve de scènes de combat, pas plus utiles les unes que les autres. Le scénario cherche à immiscer ces « supers » dans des lois au sein d’un gouvernement, rendant leurs existences plus « humaines ». Les combats digne des plus beau diorama de chez Sideshow ont le mérite de nous faire voyager dans le monde du numérique à l’encontre d’une physique quantique que nous connaissons. Il faut savoir parfois « poser » son cerveau pour totalement adhérer. Cependant, comme souvent peu de tension dans les combats, le divertissement visuel est privilégié. Même si on n’a pas le temps de s’ennuyer, on sent que la mise en scène est ultra séquencée. On saute de scène en scène laissant parfois un manque de transition, laissant penser que les frères Russo se sont partagé le travail et ont réuni le tout sur la table de montage.

Les ennemis deviennent amis, les amis deviennent ennemis. Ça se « fight », ça se mélange avec des convictions partagées mais pas foncièrement croyable. On s’attache aux personnages que nous connaissons, sans véritablement vouloir donner raison plus à l’un qu’à l’autre. Ainsi, on sent qu’il n’y a pas de véritable gagnant, histoire de ne pas trop froisser le spectateur. On sent juste une mise au point entre eux, histoire de se préparer à foncer sur le prochain super-méchant, dans un épisode futur. Surtout quand on sait que les frères Russo sont déjà inscrits pour réaliser Avengers III.

Un troisième opus des aventures du héros le plus patriote des USA divertissant grâce à son scénario intéressant et plutôt bien écrit et son action diaboliquement efficace. Comme Batman Vs Superman Vs X-Men, il n’y a pas de perdant, pas de gagnant, trop adulés par les spectateurs les scénaristes ne veulent pas décevoir en ayant un parti pris sur la problématique du super-héros dans notre société. On regrettera le manque d’enjeu de l’intrigue, qui soulève des questions autour de l’existence des super-héros sans véritablement les menacer: #dollars.

X-Men: Apocalypse (2016) – 7/10



X-Men : Apocalypse

Réalisé par Bryan Singer

Avec James McAvoy, Jennifer Lawrence, Michael Fassbender
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2016
7/10

Bryan Singer converti en Stan Lee de l’audiovisuel pour la saga X-Men. Sur deux trilogies (sans parler des spin-off et de son implication en tant que scénariste et producteur), Singer réalise déjà 4 films autour de la célébrissime saga de comics X-Men. Maniant avec dextérité les multiples personnages, Singer arrive encore à nous divertir! Pourtant, la lassitude autour des super-héros se fait ressentir et il n’est pas évident d’innover dans le genre. Deadpool, spin-off de la saga, y est arrivé avec magnificence ce printemps, X-Men Apocalypse ne fera que continuer à approfondir son univers et ses personnages aux multiples pouvoirs.

Afficher l'image d'origineAu départ, le scepticisme s’installe, avec un générique ultra moche et une redite qu’on n’a pas foncièrement envie de subir. Heureusement, l’intrigue après une demi-heure de film prend du sens et les effets numériques semblent bien plus soignés, à moins que notre cerveau combiné à notre œil irrité s’accommode des couleurs vives de nos super-héros! En effet, au-delà des nombreux clins d’œil aux anciens épisodes, les scènes d’action à foison nous agacent parfois, laissant un film certes rythmé mais trop long. Quand on a vu une salve d’explosion, on est plus très impatient de voir la clôture du feu d’artifice, on est finalement vite rassasié d’effets numériques en tous genre.

L’insertion dans le récit d’un dieu égyptien va difficilement convaincre les incrédules et condamne le scénario au rang des histoires de super-héros hyper banales, démontrant toujours la même rengaine du bon face au mal. Apocalypse n’est qu’un méchant parmi les autres. Cependant, si le film se retrouve finalement assez brillant, c’est grâce à la construction de ses personnages et essentiellement des deux protagonistes anthologiques de la saga X-Men, Professeur Xavier et Magneto, qui arrivent même à nous faire oublier Wolverine. On apprécie de voir la construction des personnages, rendant ces mutants plus humains en dévoilant toute la genèse de leur intégration dans l’école de Xavier ou leur engagement dans le sombre côté obscur.

La scène de Vif argent est de nouveau la scène la plus réussie et la plus drôle. L’effet ralenti permet de nous poser dans une scène d’action détonante, rythmé par Eurythmics avec son célébrissime Sweet Dreams (Are Made Of This). On apprécie de voir la cinématique et la dynamique des objets flotter dans un espace ardant, humainement invisible à vitesse réelle. Le fauve, Mystique, Cyclope, Tornade et autres comparses sont finalement tous attachants, certainement parce qu’on a l’impression de les avoir vus grandir. Jean Grey est finalement celle qui a le plus du mal à nous convaincre, surtout quand on découvre sa faculté à tout détruire rapidement, un atout majeur pour détruire plus rapidement Apocalypse. Famke Janssen a été trop importante dans ce personnage, ne laissant finalement peu de place à sa nouvelle interprète plus jeune: Sophie Turner. Enfin, Psylocke semble être le personnage un peu oublié. Elle arrive un peu soudainement, elle ne laisse pas indifférent face à sa tenue sexy et sa jolie plastique, mais elle ne sera aucunement approfondie, laissant croire qu’elle n’est là que pour apporter une pointe de féminité dans ce monde de brutes.

La multiplicité des personnages rend la saga riche. Même si le redondant manichéisme du « bon » contre le « mal » perdura dans le monde des super-héros, on apprécie la volonté de Bryan Singer à approfondir ses personnages, à l’image du concepteur des X-Men, Stan Lee. On parle bien ici d’une saga, laissant place à une grande famille digne de la lignée d’une dynastie… dans le monde de chez Marvel.