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Miss Peregrine et les enfants particuliers (2016) – 5/10



Miss Peregrine et les enfants particuliers

Réalisé par Tim Burton

Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson
Pays:   Belgique,   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Drame, Fantastique, Aventure
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2016
5/10
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Adaptation du roman de Ransom Riggs, Tim Burton s’offre un nouveau délire fantastique avec Miss Peregrine et réalise un film tout aussi intriguant que lassant. En effet, sous ses airs de film magique au visuel joliment coloré, l’intrigue s’essouffle trop rapidement. On s’émerveille devant la beauté des scènes avec des personnages étranges et la réussite des effets spéciaux qui nous donne transporte dans un monde imaginaire haut en couleur, mais le scénario s’embourbe dans des détails oubliant de nous compter de façon limpide une jolie histoire, laissant souvent le spectateur dans l’expectative en le punissant par un final creux et sans véritable morale.

Eva Green accompagne gentiment ces X-Men en herbe à l’école des sorciers, on est amusé de découvrir leurs pouvoirs mais on ne comprend pas vraiment l’intérêt ou leurs motivations, coincé dans leur boucle temporelle. Faussement complexe, on sent un gros potentiel autour de l’œuvre et pourtant au final on ressent une impression de vide. Samuel Jackson et ses yeux blancs viendront décrédibiliser l’univers en plus d’avoir un personnage mêlé à une multitude d’incohérences. On a envie d’apprécier Miss Peregrine, mais on final on a l’impression d’avoir vu une œuvre incomplète, qui manque de régularité dans son rythme, nous balançant quelques bribes insoupçonnées de scénario sur la dernière demi-heure, histoire de mieux surprendre le spectateur autour des motivations des monstres.

Pas mauvais mais pourtant trop moyen. Tim Burton réalise un beau film à l’atmosphère inquiétante et juste mais Miss Peregrine avec son esthétique colorée et enjôleuse, nous déçoit par un rythme irrégulier et un scénario bancal. A redécouvrir dans un futur lointain…

BGG: Le bon gros géant (Le) (2016) – 4/10



Le BGG : Le Bon Gros Géant

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Rebecca Hall
Pays:   Canada,   États-Unis,   Royaume-Uni
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
4/10

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51sIKtuuROL._SX342_.jpgAdapté du livre éponyme de Roald Dah (Charlie et la chocolaterie, James et la pèche géante…), qui plus est, réalisé par Steven Spielberg, il y avait de quoi faire saliver plus d’un cinéphile! Malheureusement, c’est une véritable déception qui nous envahit tellement l’œuvre est pauvre, enfantine et sans âme. Étonnant de la part de Spielberg, mais le constat est pourtant bien là! Oubliant la magie, le cinéaste aux 70 bougies aurait-il perdu son âme d’enfant?

Avec son rythme inégal, il est difficile d’adhérer à l’œuvre tant elle nous inspire pas. Bien que les décors soient très beaux, les géants et beaucoup d’insertions numériques sont trop synthétiques. L’animation des colosses ainsi que les textures sont sans vie et pas toujours gracieuses, surtout pour le BBG, le personnage principal. Sa gentillesse transperce l’écran mais l’émerveillement et l’émotion ne nous transcendent pas. Spielberg est un formidable conteur pour enfants mais livre ici une copie très appliquée et très lisse d’une œuvre finalement oubliable.

Le dénouement ubuesque du film est terne. Les prises de décisions alambiquées, comme si la reine d’Angleterre irait porter secours à des géants sans en comprendre les conséquences. La scène des pets chez la reine est embarrassante, on aurait eu envie de rire, mais venant de Spielberg on est rapidement consterné par la faiblesse des propos.

Deuxième plus gros budget de la filmographie du cinéaste, les 140 M$ le pousseront immanquablement à l’échec commercial. Sous ses allures de Pôle express de son pote Zemeckis, le BGG est loin de nous émerveiller, même si on appréciera quelques scènes sublimant la magie du monde des géants. D’ailleurs, si on adhère peu au graphisme du héros, ses robustes et brutes compatriotes sont presque plus passionnant à suivre par le fait qu’il anime un peu plus l’intrigue que ce doux et vieux BGG. On sera tolérant face à un cinéaste qu’on aime et tous les efforts qu’il entreprend pour faire vivre le cinéma, même si la petitesse de son l’héroïne face aux imposants géants ne semble plus nous émerveiller, rappelant que certains chefs-d’œuvre sur cette thématique sont déjà passé par là.

Steven Spielberg est un formidable conteur pour enfants, cependant son BGG est une œuvre mineure et dénuée d’émotion. Les insertions numériques sont parfois douteuses et le dénouement final est relativement creux, à l’image de la petitesse de son héroïne. On appréciera l’essai moins le résultat.

Peter et Elliott le dragon (2016) – 6/10



Peter et Elliott le dragon

Réalisé par David Lowery

Avec Bryce Dallas Howard, Oakes Fegley, Wes Bentley
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 42 min
Année de production : 2016
6/10

Oyez, Oyez, Disney recycle tous ses films d’animation en film! Manque d’originalité ou course à l’argent facile. Et bien les deux, mon général! Hollywood s’habitue au recyclage des classiques Disney et c’est déplorable de voir ce manque de créativité qui ronronne ces dernières années sur des grosses productions.

En reprenant les personnages du film de 1977, David Lowery nous plonge dans une jolie fable à l’esthétique enchanteresse, bien trop sirupeuse. C’est beau mais trop niais. L’innocence n’a pas que du bon, parfois elle nous ennuie lorsque la complaisante histoire ne surprend jamais le spectateur. Avec cette impitoyable menace de l’homme sur l’animal, on reste consterné par le schéma scénaristique ultra conventionnel de l’intrigue. On sait immanquablement ce qui va se passer, comme si le film était la transposition de bien d’autres films. Mowgli qui rencontre Falkor, c’est un peu du déjà vu. Le scénario n’est qu’une accumulation de tous les stéréotypes de films pour enfants de ses vingt dernières années et en devient franchement daté même si les images disent le contraire avec des prises de vue de la Nouvelle-Zélande spectaculaires et un dragon remarquable.

On aurait aimé en connaitre plus sur le dragon. Il est mignon mais pourquoi possède-t-il des pouvoirs d’invisibilité? Qu’est-ce qui le pousse à se rapprocher du petit homme? Quelles sont ses ambitions si ce n’est fuir l’homme, qu’il ne semble jamais avoir réellement rencontré par le passé. Bryce Dallas Howard a beau nous éblouir avec ses beaux yeux, cela ne suffit pas à rendre son personnage mémorable. Robert Redford fait le minimum syndical et joue le grand-père de service sans véritable conviction. Tout va trop vite et devient inconséquent, les relations entre les protagonistes sont artificielles, le bad guy est sous-développé et sans réelles motivations et finalement n’a rien de bien méchant. Cependant, il est difficile de tout détester tellement le film nous plonge dans une certaine nostalgie et se rapproche du conte pour enfants. On se laisse bercer par les images et par cet attendrissant monstre. Et même si le film n’apporte aucun vent de fraîcheur, le dragon reste attachant… on aurait apprécié que le gosse le soit aussi.

Peter et Elliott le dragon est trop mièvre et coule de bons sentiments avec une morale plus que convenue. On a beau apprécier les images, le contenu scénaristique est trop faible pour pleinement l’apprécier.

Comme des bêtes (2016) – 4.25/10



Comme des bêtes

Réalisé par Chris Renaud, Yarrow Cheney

Avec Louis C.K., Eric Stonestreet, Kevin Hart
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 31 min
Année de production : 2016
4.25/10

Afficher l'image d'origineUniversal cherche à copier Disney avec son récent Zootoopie mais on est loin de la qualité scénaristique de ce dernier. Le problème majeur du film c’est qu’il n’a rien d’original. Faire parler des animaux pour comprendre ce qu’ils font lorsque l’homme n’a pas un regard dessus est un idée défraichie. Le concept des animaux domestiques profitant de la maison n’est pas exploité au-delà de ce qu’en présente la bande-annonce et on tombe dans une aventure urbaine maintes fois revisitée. Néanmoins, les personnages sont plus ou moins attachants et le méchant joli petit lapin est suffisamment excité pour ne pas nous endormir.

L’anthropomorphisme est un ressort comique éculé dans le monde de l’animation. Et quand la plume des scénaristes oublie de nous faire rire, on reste assez consterné par une énième version de Volt ou de Rox et Rouky si on remonte aux origines de l’animation. Le graphisme s’inscrit purement dans la tradition actuelle des films du studio, en version plus animalière. On sent derrière ce résultat, une production qui ne prend pas de risque et qui prône la facilité, histoire d’avoir son film d’animation de l’année, lorgnant fortement sur le film à succès du concurrent. Un peu de couleur, un film court, quelques gags médiocres avec des personnages rigolos et Universal sauve son film de l’échec commercial sans sourciller, laissant le spectateur nouvellement déçu par cette multiplication de films d’animation sans saveur.

Comme des bêtes ne fait pas preuve d’inventivité avec un scénario qui réutilise les bonnes vieilles recettes du genre. Seul le rythme effréné des animations permet de nous tenir a minima en haleine dans un divertissement qui ne marquera malheureusement pas le genre. Vu et revu.

Nerve (2016) – 7.75/10



Nerve

Réalisé par Ariel Schulman, Henry Joost

Avec Emma Roberts, Dave Franco, Emily Meade
Pays:   États-Unis
Genres : Crime, Thriller, Aventure
Durée : 1 h 36 min
Année de production : 2016
7.75/10

Afficher l'image d'origineNerve sous son apparence de thriller pour adolescents cache bien son jeu, pour révéler une réflexion sur l’extrême danger des jeux connectés. Depuis quelques années, les défis se multiplient sur internet mais parfois on a du mal à comprendre les motivations de certains à braver le risque pour y acquérir un succès qui ne sera de toute façon qu’éphémère! Nerve décrit habilement toute cette machinerie face aux réseaux sociaux qui sont devenus le quotidien de beaucoup. Cette façon malsaine de certains individus à s’exposer sur la toile pour se sentir importants, pendant que de l’autre côté, il y a ceux qui se nourrissent avec un plaisir malsain des malheurs de la première catégorie.

Une alchimie entre l’utilisateur et le spectateur qui ne fera qu’amplifier cette désillusion du succès, celle qu’endura notre héroïne. Là où le film est intelligent c’est dans la progression des défis qui n’interpellera jamais notre jolie tête blonde, Vee. En tant que spectateur, on se doute que tout va aller trop rapidement et qu’elle ne pourra plus contrôler sa destinée, happée par l’inertie de cette autoroute connectée face à une certaine faiblesse d’esprit. L’ambiance néo-contemporaine est satisfaisante, les inserts numériques accrochent le spectateur et le rythme est prometteur et relativement plaisant. Nerve se présente d’ailleurs un peu comme The Game, actualisé aux mœurs et technologies de notre époque, là où les gens se ruent sur des Pokémons virtuels dans les coulisses de notre planète.

Au casting, la nièce de Julia Roberts n’est pas si mal avec son joli minois, même si elle manque un peu de charisme et de teneur dans un premier rôle. Interprétant Vee, une fille simpliste et niaise, elle ne sera malheureusement pas toujours crédible face à son ascension dans le jeu un peu rapide et une assurance un peu trop superficielle. Accompagné du frère de James Franco, le beau gosse attendrissant et à l’écoute de sa partenaire, va développer un duo finalement attachant. Enfin, la bande originale de Rob Simonsen s’appuie efficacement sur les images des deux réalisateurs Schulman et Joost et rend l’œuvre finalement cohérente. Un petit film au petit budget de 20$, sans prétention mais à la morale bien établie. Alors êtes-vous joueur et voyeur ?

Nerve est un film intelligent sur les déroutes des défis connectés, nous interpellant sur les dangers des réseaux sociaux. Nerve, non dénué de défaut, développe un divertissement à la morale bien construite. Quelles seront les prochaines inquiétudes à avoir face à la réalité virtuelle?

Ninja Turtle 2 (2016) – 5.5/10



Ninja Turtles 2

Réalisé par Dave Green

Avec Megan Fox, Stephen Amell, Will Arnett
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 52 min
Année de production : 2016
5.5/10

L‘idée d’avoir des héros des bas-fonds de la ville personnifiés par des tortues ninjas, mangeuses de pizza, est absurde. Les réadapter au cinéma n’est pas ce qui est de plus brillant mais la fidélité à la BD et au dessin animé est à souligner. Le divertissement fonctionne plus ou moins et la nostalgie autour de personnages annexes qu’on avait oublié nous replonge en enfance, surtout quand on a grandi avec le dessin animé et le mythique jeu sur Nes.

L’humour est parfois très bête et infantilisant et même si le film est loin d’être mémorable dans son genre, il a le mérite de mettre en avant le terrible Krang, l’ennemi que l’on pensait inadaptable à l’écran.

L’influence de Michael Bay, même s’il se contente du fauteuil de producteur, se voit à l’image. La domination des effets numériques est toujours déstabilisante, surtout sur cette vision insupportable des tortues piquées à la testostérone. La répétitivité (devenant ici un gimmick) de certaines scènes « Made in Bay » se fait de nouveau ressentir. Entre combats au sommet de gratte-ciel, trous temporels déployés en direction de l’univers sidéral ou les imposantes course-poursuites sur autoroutes, les productions Bay s’enferment dans du blockbuster formaté. Dans la famille des scènes invraisemblables, on retiendra la scène de chute libre et la jolie course-poursuite d’un tank dévalant des rapides.

L’avantage de cette suite est d’avoir une multitude de personnages déjà installés. Krang aurait mérité cependant d’être un peu plus présent afin d’être approfondie, surtout sur sa genèse. Les quatre tortues montées sur ressorts sont sympathiques et ciblent parfaitement leur public mais leur look n’aide pas foncièrement à les apprécier, au contraire des amusants Bebop et Rocksteady, qui viendront rattraper le coup avec leur terrible et maladroite puissance. En effet, le phacochère et le rhino, deux abrutis d’ennemis, amusent continuellement la galerie sans jamais nous ennuyer et permettront de combler quelques vides. Finalement, les personnages haut en couleur sont « presque » dépaysants, bien plus que la sensuelle et affriolante Megan Fox.

Ninja Turtle 2 assume son aspect cartoonesque en restant fidèle à ses origines. On apprécie le spectacle avec les ennemis culte de la série, cependant on déchante rapidement face au faible scénario et l’infantilisante intrigue.

Sausage Party (2016) – 7.5/10



Sausage Party

Réalisé par Conrad Vernon, Greg Tiernan

Avec Seth Rogen, Kristen Wiig, Jonah Hill
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7.5/10

Afficher l'image d'origineIrrévérencieux le film d’animation Sausage Party est enfin disponible en France alors qu’il ne devait pas voir le jour au cinéma à cause de ses propos vicieux et osés. Les parents d’un jeune public non averti auraient pu être consterné face aux hilarantes animations d’une saucisse qui ne rêve que d’une chose: rentrer dans son amie le pain viennois. Tout est sous-entendu, les références sexuelles sont multiples et les répliques assez drôles. On retrouve l’énergie et l’émulation de l’équipe de Seth Rogen, qui avait déjà pas mal visé en dessous de la ceinture le film The end. Pour pleinement apprécier le film, faudra bien réviser le langage pornographique pour y découvrir une multitude de références.

Les personnages ne sont pas tous intéressants mais leurs morphologies sont bien pensées au profit du scénario. Le petit clin d’œil du malabar mâchouillé en la personne de Stephen Hawking est bigrement plaisant dont la mythique scène du fusil à pompe faisant référence au T-1000.

Graphiquement c’est très lisse, on sent que le budget est bien loin des super-productions Pixar. Ici, ce sont les propos qui sont mis en avant, bien plus que le côté technique. C’est du grand Dixar (contraction de Dick & Pixar). Cependant quelques scènes sont agréablement bien pensées. Lorsque le monde coloré des fruits et légumes se retrouve au milieu d’une apocalyptique scène de guerre, on est surpris de voir une ambiance s’installer et on regrette même de pas la voir un peu plus s’éterniser. On appréciera aussi la scène cruelle des découpes de légumes, segmentant nos chers petits personnages. Mais c’est l’ultime scène qui reste la plus mémorable dans une orgie de produits de notre quotidien, aussi drôle que scabreuse.

Si tout n’est pas pleinement réussi, le film a le mérite d’être original, ciblant uniquement un public adulte qui saura apprécier les divergents propos des personnages. Techniquement ce n’est pas parfait mais l’équipe de Seth Rogen semble s’amuser dans un délire propre à eux, réalisant ici une œuvre animée acide et notable.

Doctor Strange (2016) – 6/10



Doctor Strange

Réalisé par Scott Derrickson

Avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
6/10

Nouveau personnage de chez Marvel porté à l’écran, Doctor Strange lorgne fortement dans le cinéma fantastique, plus que du super-héros. Force est de constater que le schéma narratif de la naissance d’un super-héros est bien huilé chez Marvel. On y découvre l’insatiable homme qui va se transformer rapidement en super-héros, et même plus ici en un magicien-sorcier. A croire que Strange prédestiné son nom de scène!

Si la première partie, dans son bon rôle de docteur égocentrique est de bonne facture, la seconde partie, retranché sous sa cape de super-magicien, est parfois balourde et maladroite. Dès son entrainement auprès des sages mystiques népalais, le spectateur reste sceptique, on n’y croit plus. Ses capacités à connaitre les secrets d’un monde caché fait de dimensions alternatives sont trop précipitées, alors que pendant ce temps-là d’autres « moines shaolin » tente de s’entrainer depuis des années pour acquérir ce que Strange réussira en quelques heures. Il faut faire preuve de philosophie au risque de rester sur la touche. Les ouvertures de portes temporelles semblent tellement éloignées de notre monde que notre spiritualité est fortement mise à contribution.

Afficher l'image d'origineTout est question de temps. On aurait crié au génie si le film était sorti une décennie plus tôt. Cependant Marvel s’efforce de toujours satisfaire le plus large public possible. Ainsi Doctor Strange n’est pas qu’un film fantastique, il mêle de la science-fiction et beaucoup d’humour. Ainsi, les petits pics comiques permettent de laisser en éveil le spectateur avec le sourire. Mais la cape vivante qui sort de nulle part et qui ne sert qu’à faire des blagues ne crédibilise pas vraiment le personnage. C’est sympa, au risque parfois d’être ridicule. Heureusement le personnage joué par Benedict Cumberbatch conserve son sérieux et son statut de Doc, même si l’apparence de Strange reste bien plus charismatique que son propre interprète. Le reste du casting est de qualité même si pas toujours à sa place dans ce film. Tilda Swinton réussit de nouveau à totalement se métamorphoser dans un rôle qui lui va finalement pas trop mal. Le méchant Kaecilius interprété par Mads Mikkelsen est toujours plaisant à voir au cinéma, même si ce n’est pas ce genre qui lui correspond vraiment. Il fait le « taf » aidé par de sacrés effets numériques. En effets, les CGI sont véritablement renversants, dont la technique plus que convaincante nous laissant à la limite de l’attraction visuelle. Les renversements de décors inspirés d’Inception foisonnent à l’écran, nous hypnotisant parfois la rétine avec quelques soulèvements d’estomac (rires).

Le plus difficile est de se convaincre de ces multi-univers aux couleurs criardes dans lequel notre magicien va et vient à sa guise. De plus, il manque l’enjeu qui met en péril le personnage, comme la majorité des Supers de chez Marvel, même si le compositeur Michael Giacchino appuiera musicalement certaines séquences. La scène du bullet-time inversée est cependant la bonne surprise du film, le clou du spectacle. Techniquement, ILM renforce son statut de « supernova » de l’effet spécial depuis 40 ans. Une compagnie qui a su évoluer avec les impératives évolutions techniques, espérons que Marvel fera de même avec ses multiples phases héroïques.

Principal personnage spirituel de chez Marvel, Doctor Strange est un personnage mystique qui peine à nous convaincre. Il a le mérite d’apporter une touche de fraicheur dans un monde visuel très créatif, malheureusement noyé dans une accumulation d’adaptation cinématographique de super-héros.

Independence Day : Résurgence (2016) – 4/10



Independence Day : Résurgence

Réalisé par Roland Emmerich

Avec Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Bill Pullman
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Science Fiction
Durée : 2 h 00 min
Année de production : 2016
4/10

Il y a des suites que l’on n’attend vraiment pas car elles se caractérisent par leur inutilité profonde et par un aspect mercantile de plus en plus courant à Hollywood.

20 ans séparent cette suite au premier film. Cela ne nous rajeunit pas. A l’époque, même si beaucoup critiqué, ID4, premier du nom, était véritablement du gros blockbuster annonçant des gros effets spéciaux avec des scènes explosives dont la mémorable désintégration de la maison blanche. Le making-of en était même captivant et faisait de ce gros « gloubiboulga » d’explosion made Roland Emmerich une référence en la matière, qu’on aime ou qu’on déteste le film.

Mais de nombreux blockbusters ont envahi notre écran depuis, qu’ils soient de Roland Emmerich ou de ses potes tels Michael Bay ou James, Cameron. Les scènes de destruction massive n’impressionnent plus tant une multitude de films sont passés sur ce terrain. Aujourd’hui, on attend, en plus d’éclairer notre pupille à coup d’explosion, d’être captivé par un semblant de scénario. Ici, tout est incohérence, et pourtant le premier film n’était pas de toute finesse. Les personnages sont agaçants, survivent à des situations rocambolesques et arrivent à se retrouver aux quatre coins de la planète dans une situation post-apocalyptique cacophonique. Tiens papa, qu’est-ce que tu fais là?

Afficher l'image d'origineDès le départ, la solidarité de l’homme nous amuse. Remaniant l’arme extraterrestre, le monde est enfin uni, dans une réalité d’aujourd’hui qui est tout autre. On retrouve l’ex-président Bill Pullman en moyenne forme mais qui lâchera sa béquille pour aller botter le cul des extraterrestres. Will Smith n’est plus de la partie et bizarrement on s’en moque. L’acteur qui jouera son fils ne marquera pas les esprits, pas plus que le héros de cette nouvelle aventure, Liam Hemsworth. Charlotte Gainsbourg est la bonne blague du casting pour ne pas dire l’extraterrestre du film. On se demande ce qu’elle vient faire là, enfin finalement pas plus que de la voir chez un Lars Van Trier. Au final, aucun acteur ne se dévoilera à travers ce film à gros budget, écrasé par une horde d’effet spéciaux.

Cependant tout n’est pas mauvais non plus. En plus de jouer du divertissement, Roland Emmerich arrive à rire de son propre film, en parodiant les improbables scènes du premier film. La scène du chien, longtemps moquée, reviendra ici en force laissant un Jeff Goldblum médusé face au sauvetage d’un vulgaire toutou. La maison blanche, reconstruite depuis, échappera de justesse à l’écrasement d’une cohorte de bateau et d’une gigantesque vague. C’est le drapeau Américain qui arrêtera le tout. Etonnant! L’attaque finale de la reine-alien, nous rappelant parfois la créature de Ridley Scott, nous sort quand même de notre torpeur. La créature a de la gueule et l’essaim de vaisseaux extraterrestres qui envahit notre écran justifie a minima l’excessif budget du film de 200 M$.  Les multiples envolées dans un nuage de lasers, d’avions de chasse et de missiles arrivent au final à nous divertir même si le constat de médiocrité est irrémédiablement déjà présent dans nos esprits agacés. Surtout si vous détestez le premier, ne cherchez pas à être convaincu par cette suite.

ID4:2 annihile le relatif bon souvenir d’un blockbuster d’époque qui aurait pu vieillir tranquillement sans lui donner une suite dénuée de tout intérêt. Faire du neuf avec du vieux, Hollywood s’encroute dans la course aux billets verts en démultipliant les franchises, laissant le catastrophe l’emporter sur le film-catastrophe, réduisant la science dans la science-fiction. Le cinéma ne se fait plus avec de la pellicule… mais avec des billets.

Alice de l’autre côté du miroir (2016) – 7/10



Alice de l'autre côté du miroir

Réalisé par James Bobin

Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Anne Hathaway
Pays:   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 53 min
Année de production : 2016
7/10

Afficher l'image d'origineAlice de l’autre côté du miroir est une jolie curiosité esthétique et divertissante approchant le monde du premier opus réalisé par Tim Burton. Inspiré du livre de Lewis Caroll écrit 1872, qui fait lui-même suite au livre d’Alice au pays des merveilles publié 7 ans plus tôt, c’est James Bobin qui se colle à la réalisation, sous le regard de son producteur Burton.

Si le premier film avait une approche finalement très fidèle du livre mais aussi de l’œuvre que nous connaissions tous, celle de Disney, cette suite a le mérite d’apporter un regard nouveau sur le conte d’Alice. Il permet, tout en conservant un monde fantasmagorique, d’approcher les personnages plus en profondeur. Ainsi, Iracebeth, la Reine Rouge n’est pas méchante parce qu’elle est née méchante. On y découvre les rivalités qu’elle entretient avec sa sœur, Mirana, la Reine Blanche, et sa métamorphose physique et caractérielle. Du côté de Tarrant Hightopp, c’est pareil, on approfondit sa personnalité et son devenir à devenir Le Chapelier Fou.

La manipulation de la « Chronosphère » détenue par « Le temps » interprété par Sacha Baron Cohen dévoilera une mise en scène au scénario habile. Ainsi Alice remontera le temps et rendra l’œuvre complète et intéressante. Le plus appréciable dans cette suite est de retrouver la totalité des acteurs du premier film. Ainsi Alice renfile ses ballerines blanches pour aller retrouver une multitude de personnages colorés dont le divaguant Johnny Depp et la folie d’Helena Bonham Carter. Cependant, il ne faut pas être récalcitrant aux images contrastées du film, usant parfois d’artifices trop pigmentés. Dès lors où Alice navigue à travers le temps, on se retrouve dans un monde peu palpable, dans les limbes du numérique laissant ancrer le film dans l’imaginaire de son auteur, loin de la réalité du spectateur. Un doux rêve qui nous permet de retrouver Alice et d’en connaitre aisément son environnement, sous la tonalité évidente de Danny Elfman.

Cette suite se déclare être une jolie aventure avec des personnages hauts en couleur. Ainsi Alice et ses comparses dévoileront un peu plus de leur personnalité que l’œuvre première connue de tous. La sophistication des images peut en laisser quelques-uns de l’autre côté de l’écran, mais on appréciera sa morale sur le temps, celui qui court et qui nous interpelle quand on se retourne vers lui.