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Ma famille t’adore déjà (2016) – 3.5/10



Ma famille t'adore déjà

Réalisé par Jérôme Commandeur

Avec Arthur Dupont, Déborah François, Thierry Lhermitte
Pays:   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 24 min
Année de production : 2016
3.5/10

L’émergence de Jérôme Commandeur après 20 ans de petits One Man Show et de petits rôles au cinéma donnait envie de voir sa première réalisation comique au cinéma. Sa prestation cette année aux Oscar et au César fût très bonne, ça présageait du bon niveau humour pour un film qu’il allait mettre en scène, et pourtant… ce n’est pas bien drôle, voire ennuyeux. Comédie standard sans rebondissements et sans aucune réplique drôlesque!

ma famille t'adore déjà

Le choix des acteurs laissent à désirer. Arthur Dupont cabotine et n’est pas toujours très crédible dans ses intentions. Déborah François trop discrète, Thierry Lhermitte et Marie-Anne Chazel ne changent pas de registre et s’enlisent dans des rôles pathétiques. Jérôme Commandeur, et son look crado même quand il joue le fils BCBG, s’attribue un rôle bien pauvre, tout autant que Sabine Azéma qui en devient horriblement chiante. Alicia Endemann sera là uniquement pour faire plaisir aux yeux et apportera de la fraicheur sur quelques scènes. Seule Valérie Karsenti s’en sort pas mal même si elle joue de sa voix aiguë elle reste malgré tout un des personnages les plus drôles. On appréciera au moins son envolée dans la piscine. Comme souvent, on connaît indéniablement comment va se terminer le film. Forcement on en ressort déçu face à un humour aux dialogues forcés et caricaturaux. Sans sourire, sans moment marquant, ce film du dimanche soir va rapidement sombrer dans l’oubli.

Formatée, prévisible et ultra-lisse, « Ma famille t’adore déjà » est une comédie française chiante et sans intérêt. On s’attendait à esquisser bien plus de sourires pour la première réalisation de Jérôme Commandeur. Dommage!

Brice 3 (2016) – 6.5/10



Brice 3

Réalisé par James Huth

Avec Jean Dujardin, Clovis Cornillac, Bruno Salomone
Pays:   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 35 min
Année de production : 2016
6.5/10

Crétin, moqueur mais drôle, Brice de Nice revient dans un second opus (Brice 3 car il a cassé le 2, fallait oser!) qui fait bien plus référence aux sketchs originaux que le premier film balourd et peu enjôleur, même si certains le définissent de culte.

Rares sont les suites plus réussies, mais j’ai trouvé les répliques bien meilleures que le premier film nous replongeant dans les mythiques frasques de MC Saturn et Brice durant leurs vacances dans les années 90: Pas de violence, c’est les vacances! On appréciera aussi le petit clin d’œil à la « Bande du Carré Blanc » dixit les « Nous Ç  Nous » venant sauver Brice du naufrage pour l’accompagner vers Hawaï durant une petite comédie musicale!

L’humour est débile, il faut aimer les jeux-de-mots-laids. Faut être parfois attentif pour capter toutes les références et même si le niveau intellectuel est au niveau de Brice, on rit favorablement aux multiples « cassages ». Le retour de Marius, que j’avais peu apprécié dans le premier film, est un peu mieux intégré à l’intrigue. Et le « fight » final contre « Braïce »d’Hawai est bien fun, à l’image de son partenaire Brice de Nice! la ville de Nice n’est plus au centre de l’intrigue, Brice s’exporte dévoilant ainsi de jolis paysages, sous le signe du « Yellow ». Finalement cette suite est la bienvenue, elle me me donnerait presque envie de redonner une chance au premier film, au risque d’être encore plus déçu…

Brice est devenu un personnage humoristique incontournable. Le fait qu’il soit interprété par le « bankable » Jean Dujardin rend le film encore plus récréatif et lucratif. Mais le plus appréciable est de voir qu’un acteur de cette stature n’oublie pas d’où il vient, c’est-à-dire du one man show, et qu’il arrive à faire encore des films où il en oublie son sérieux. Allez Brice, j’t’ai pas cassé!

Microbe et Gasoil (2015) – 4/10



Microbe et Gasoil

Réalisé par Michel Gondry

Avec Audrey Tautou, Sacha Bourdo, Fabio Zenoni
Pays:   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 43 min
Année de production : 2015
4/10

Si Michel Gondry est un artiste à part entier et livre des réalisations magiques à la hauteur de son talent, il s’avère que parfois il se projette dans des projets illusoires et totalement anodins. Déjà son précédent film The we and the I était peu inspiré, de nouveau il réitère le road movie lancinant et ennuyeux, sans la magie qui le caractérise. Pourtant il a su prouver par le passé entre publicité et cinéma, qu’il était un réalisateur prolifique qui arrive à imposer « sa patte » merveilleusement. Mais ici, il n’y a rien de bien « Gondry »!

Même si le film conserve quelques moments de drôlerie, le film reste assez inégal. Les dialogues sonnent faux et le montage semble bricolé dont l’insertion de fondu noir impensable, comme si Michel Gondry avait perdu toute son inspiration et qu’il ne savait pas comment passer d’une scène à une autre. Même Audrey Tautou est peu lumineuse, dans un rôle qui ne la caractérise pas. Totalement anodin, seul le nom du réalisateur poussera quelques spectateurs à voir le film, mais n’attendez rien de Microbe et Gasoil, le film se cantonnera à un rang bien éloigné des chefs-d’œuvre de Michel Gondry!

Michel Gondry s’amuse, le spectateur s’ennuie. Même si l’idée « Gondriaque » de mêler buddy movie et road movie à bord du maison roulante était lumineuse, le film est totalement illusoire et sans grand intérêt. La magie du réalisateur est inexpressive, éteinte et sonne faux. Quelle déception!

Radin! (2016) – 7/10



Radin !

Réalisé par Fred Cavayé

Avec Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt
Pays:   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7/10

Afficher l'image d'origineBonne petite comédie française portée par un Dany Boon drôle et attachant alors qu’il incarne un personnage isolé, terni par son avarice. L’avare n’a ni Dieu, ni femme, ni ami, l’or lui tient lieu de tout.

Fred Cavayé s’éloigne provisoirement du thriller pour se plonger dans une comédie aux stéréotypes outranciers et sans finesse mais qui en devient la force du film. Cette vision moderne de L’Avare est tout à fait correcte et Boon incarne magistralement cette « pince » qui ne peut plus vivre sans compter. Le scénario certes balourd propose une thématique comique qui pousse le gag, nous rappelant le fameux sketch de l’addition de Muriel Robin. Et même si le cas pathologique du personnage est poussé à son paroxysme rendant le personnage peu crédible, le récit de ce pauvre homme est suffisamment accrocheur pour qu’on puisse apprécier ses facéties durant 90 minutes. Il n’aurait pas fallu que ça dure plus longtemps!

Laurence Armé et Noémie Schmidt accompagne efficacement Dany Boon. Qu’elle soit aimante ou parente, elles sont attachantes et révèlent totalement le personnage d’Harpagon dit François. Le choix de Boon semble évident, tant l’humour du film lui ressemble (pourtant il n’a pas écrit le scénario), tout comme le capitale sympathie qu’il développe autour des comédies françaises. Le tournant émotionnel de la fin du film est un peu pathétique mais on restera sourire au visage en pensant aux quelques passages symphoniques dont l’excellent passage des Quatre Saisons de Vivaldi en accéléré.

Une comédie populaire pour bon public, très sympathique et divertissante qui nous fait passer un bon moment sans prise de tête. On ne regardera plus le portefeuille de la même façon, surtout quand on connaît le prix d’une place de cinéma! Et ce n’est pas François Gautier qui vous invitera!

Comme des bêtes (2016) – 4.25/10



Comme des bêtes

Réalisé par Chris Renaud, Yarrow Cheney

Avec Louis C.K., Eric Stonestreet, Kevin Hart
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 31 min
Année de production : 2016
4.25/10

Afficher l'image d'origineUniversal cherche à copier Disney avec son récent Zootoopie mais on est loin de la qualité scénaristique de ce dernier. Le problème majeur du film c’est qu’il n’a rien d’original. Faire parler des animaux pour comprendre ce qu’ils font lorsque l’homme n’a pas un regard dessus est un idée défraichie. Le concept des animaux domestiques profitant de la maison n’est pas exploité au-delà de ce qu’en présente la bande-annonce et on tombe dans une aventure urbaine maintes fois revisitée. Néanmoins, les personnages sont plus ou moins attachants et le méchant joli petit lapin est suffisamment excité pour ne pas nous endormir.

L’anthropomorphisme est un ressort comique éculé dans le monde de l’animation. Et quand la plume des scénaristes oublie de nous faire rire, on reste assez consterné par une énième version de Volt ou de Rox et Rouky si on remonte aux origines de l’animation. Le graphisme s’inscrit purement dans la tradition actuelle des films du studio, en version plus animalière. On sent derrière ce résultat, une production qui ne prend pas de risque et qui prône la facilité, histoire d’avoir son film d’animation de l’année, lorgnant fortement sur le film à succès du concurrent. Un peu de couleur, un film court, quelques gags médiocres avec des personnages rigolos et Universal sauve son film de l’échec commercial sans sourciller, laissant le spectateur nouvellement déçu par cette multiplication de films d’animation sans saveur.

Comme des bêtes ne fait pas preuve d’inventivité avec un scénario qui réutilise les bonnes vieilles recettes du genre. Seul le rythme effréné des animations permet de nous tenir a minima en haleine dans un divertissement qui ne marquera malheureusement pas le genre. Vu et revu.

Ninja Turtle 2 (2016) – 5.5/10



Ninja Turtles 2

Réalisé par Dave Green

Avec Megan Fox, Stephen Amell, Will Arnett
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 52 min
Année de production : 2016
5.5/10

L‘idée d’avoir des héros des bas-fonds de la ville personnifiés par des tortues ninjas, mangeuses de pizza, est absurde. Les réadapter au cinéma n’est pas ce qui est de plus brillant mais la fidélité à la BD et au dessin animé est à souligner. Le divertissement fonctionne plus ou moins et la nostalgie autour de personnages annexes qu’on avait oublié nous replonge en enfance, surtout quand on a grandi avec le dessin animé et le mythique jeu sur Nes.

L’humour est parfois très bête et infantilisant et même si le film est loin d’être mémorable dans son genre, il a le mérite de mettre en avant le terrible Krang, l’ennemi que l’on pensait inadaptable à l’écran.

L’influence de Michael Bay, même s’il se contente du fauteuil de producteur, se voit à l’image. La domination des effets numériques est toujours déstabilisante, surtout sur cette vision insupportable des tortues piquées à la testostérone. La répétitivité (devenant ici un gimmick) de certaines scènes « Made in Bay » se fait de nouveau ressentir. Entre combats au sommet de gratte-ciel, trous temporels déployés en direction de l’univers sidéral ou les imposantes course-poursuites sur autoroutes, les productions Bay s’enferment dans du blockbuster formaté. Dans la famille des scènes invraisemblables, on retiendra la scène de chute libre et la jolie course-poursuite d’un tank dévalant des rapides.

L’avantage de cette suite est d’avoir une multitude de personnages déjà installés. Krang aurait mérité cependant d’être un peu plus présent afin d’être approfondie, surtout sur sa genèse. Les quatre tortues montées sur ressorts sont sympathiques et ciblent parfaitement leur public mais leur look n’aide pas foncièrement à les apprécier, au contraire des amusants Bebop et Rocksteady, qui viendront rattraper le coup avec leur terrible et maladroite puissance. En effet, le phacochère et le rhino, deux abrutis d’ennemis, amusent continuellement la galerie sans jamais nous ennuyer et permettront de combler quelques vides. Finalement, les personnages haut en couleur sont « presque » dépaysants, bien plus que la sensuelle et affriolante Megan Fox.

Ninja Turtle 2 assume son aspect cartoonesque en restant fidèle à ses origines. On apprécie le spectacle avec les ennemis culte de la série, cependant on déchante rapidement face au faible scénario et l’infantilisante intrigue.

S.O.S Fantômes (2016) – 4.75/10



S.O.S. Fantômes

Réalisé par Paul Feig

Avec Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2016
4.75/10

Si ce remake était prédestiné à être un échec cuisant, il s’avère que la nostalgie de la saga fonctionne encore un soupçon. Cependant, soyons clair, il n’y a aucun intérêt de réaliser un tel film, surtout pour nous raconter la même rengaine! Mais le divertissement est a minima présent, je m’attendais à bien pire et ce remake aura peut-être le mérite de pousser la nouvelle génération à découvrir la genèse un peu vieillotte de la saga.

Commençons par ce qui est le plus populaire dans S.O.S. Fantôme: la musique. La célébrissime composition de Ray Parker Jr est de retour, quel bonheur! Mais, oh! sacrilège elle a été remixé, tout comme la totalité des personnages du film. En effet, on prend les mêmes, on change leur genre et on recommence. Ainsi l’équipe masculine devient féminine et si l’axe de vision d’un monde moderne est la volonté de ce remake, la profondeur du récit est assez pauvre, il n’y a plus d’âme dans ce blockbuster « new generation » aseptisé. Le côté fantasmagorique significatif aux films originaux ne fonctionne plus. Autant voir des vortex et des apparitions fantomatiques dans l’ancienne version avec une architecture atypique permettaient de nous projeter pleinement dans l’aventure, autant ici l’idée de se retrouver dans un musée à chasser des poltergeists est bien mauvaise et surtout sans aucune ambition. On aurait aimé que les scénaristes prennent plus de risques afin de nous offrir une intrigue plus fouillée et un réalisateur qui travaille plus l’ambiance de sa mise en scène. On vient voir Ghostbusters pour chasser du fantôme avec le sourire… et pas sourire des fantômes!

Melissa McCarthy prend trop de place dans ses films. Elle vulgarise ses personnages et devient assez pénible à suivre s’enfermant dans des rôles assez similaires. L’accoutrement de Kate McKinnon en (Don)intello est d’aucune utilité et l’intégration forcée de Leslie Jones est totalement bancale, il fallait mettre un peu de couleur dans ce quatuor, me dira-t-on, histoire de rester fidèle au passé. Seule, Kristen Wiig, plus discrète, se fond dans un personnage plaisant par sa sobriété. Chris Hemsworth reprendra le rôle de la secrétaire idiote à l’origine interprété à l’origine par Annie Potts et devient finalement le personnage le plus drôle. Crétin mais amusant, on apprécie chacune de ses répliques et sa façon de rire de lui-même! Enfin quelques guests viendront cachetonner comme Andy Garcia, ou au mieux célébrer l’hommage d’un film devenu culte avec l’apparition des 4 anciens Ghostbusters (et oui Harold Ramis apparaît sous la forme d’un buste en bronze) et de Sigourney Weaver. Enfin, on n’oubliera pas les nombreux clins d’œil présents entre l’envolée du Bibendom ou de celle de Bouffe-tout.

M’enfin! La bonne surprise du film, car il y en a une, est la transfiguration du fantôme mythique que l’on trouve sur le logo du film. Lui qui s’est imposé sur les affiches du film depuis plus de 30 ans et qui n’avait jamais fait son apparition dans le film, se voit ici enfin prendre vie. Une joie de le voir grandir et se mouvoir avec une texture toute douce alors que son allure est semble si méchante! Mouhahaha! Son design était prédestiné à être mis en avant, voilà une chose dorénavant faite. Certainement, la seule bonne idée du film!

S.O.S. Fantômes (2016) surfe sur l’héritage d’une vieille saga mythique, mais son dépoussiérage lui enlèvera toute son âme. Le casting, ses guests et son pauvre scénario manquent d’ambition pour qu’on puisse s’en rappeler encore dans 30 ans. Cette version « New Génération » n’a aucun intérêt si ce n’est de voir l’émergence de Rowan’s Ghost, l’iconique fantôme qui s’est enfin décollé de son affiche.

Bad moms (2016) – 2.5/10



Bad Moms

Réalisé par Jon Lucas, Scott Moore

Avec Mila Kunis, Kristen Bell, Kathryn Hahn
Pays:   États-Unis
Genres : Comédie
Durée : 1 h 41 min
Année de production : 2016
2.5/10

Bad Moms est l’archétype de la mauvaise comédie US pas drôle bravant les mauvais clichés. Après les « bad » teacher, sisters, family et compagnie, cette comédie s’attarde sur les mésaventures d’une mère de famille qui va se rebeller contre son statut de bonne maman pour devenir une femme moderne, un soupçon déjantée.

L’atmosphère reposant sur la crise d’adulescente d’une mère en soif de liberté renvoie à l’image des derniers films de cette dernière décennie, face à une situation standard qui va déraper. Sauf qu’ici c’est trop innocent, la retenue du scénario nous engourdit totalement. L’hilarité des personnages semble forcé. Wow, elle se jette de la farine dessus avec ses copines, une « gue-din c’te MILF »! Non franchement c’est très pauvre, pitoyable et jamais drôle.

Mila Kunis, toute gentillette soit-elle, n’arrive pas à sortir ce film de sa triste banalité. Kathryn Hahn est un beau boulet dans le trio, et je parle pas du physique. Christina Applegate toujours piquante et fraîche est ici très fade. Sa source de jouvence au botox commence à s’installer. Interprétant la pimbêche de service, son personnage est affligeant. Et cet happy end tout pourri, qui lie les sœurs ennemies, ce n’est pas crédible et d’une niaiserie à faire pâlir Sissi l’impératrice!

Une comédie qui plonge malheureusement dans la sobriété d’un scénario sans surprise et sans sourire. C’est du déjà vu, aucune ambition, aucune folie, on a aucun plaisir de suivre cette bande de MILF dépourvu de piquant et d’humour.

Eyjafjallajökull (2013) – 4/10



Eyjafjallajökull

Réalisé par Alexandre Coffre

Avec Valérie Bonneton, Denis Ménochet, Bérangère McNeese
Pays:   Belgique,   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 32 min
Année de production : 2013
4/10

Surfant sur un fait d’actualité, Dany Boon se retrouve dans une comédie médiocre et finalement pas très drôle. S’éloignant ponctuellement de la réalisation/scénarisation de ses propres films, il se retrouve acteur d’une comédie qui manque de panache et d’une écriture fidèle à son humour.

Avec son titre imprononçable, les scénaristes n’utiliseront le volcan Islandais que pour justifier le nouveau mode de transport d’un couple de divorcé, pour se rendre au mariage de leur fille, en Grèce. Les multiples rebondissements vont alors se multiplier face aux querelles passées des deux individus. Jamais le film ne se focalisera sur le nuage volcanique qui a investi l’Europe en 2010, ces perturbations ne sont qu’un prétexte pour amorcer l’intrigue et enfermer les deux saltimbanques dans un road movie bancale, parfois pitoyable.

Valérie Bonneton est assez mauvaise, son jeu comique semble trop forcé. A part jouer la peste de service, il n’en ressort pas grand-chose d’intéressant. Dany Boon innove en rien dans la comédie, il n’est pas du tout créatif dans son interprétation et ses mimiques semblent être la copie de ses précédents films. Bien entendu comme toute bonne comédie potache française, la finalité de l’histoire est prévisible et le happy end est bien barbant se terminant dans du conformisme à pleurer. Il nous reste cependant un peu de dépaysement à la clé. Le réalisateur Alexandre Coffre nous fait voyager d’Allemagne jusqu’à la Grèce en passant par la Croatie avec de jolis paysages variés. Le format assez court de cette comédie permet de ne pas trop nous ennuyer. Ce qui est pénible finalement c’est de voir une énième comédie française (ou U.S d’ailleurs) qui utilise un peu trop les mêmes ficelles scénaristiques.

Boon s’enferme dans un registre qui ne nous amuse plus. Bonneton s’efforce à nous faire rire sans véritablement y arriver. Quelques quiproquos nous amènent à étirer nos zygomatiques mais il ne faut pas s’attendre à être hilare. Seul le choix du titre Eyjafjallajökull était une prise de risques, mais pas besoin de s’efforcer à le retenir au vu de la pauvreté de cette comédie prévisible.

Sausage Party (2016) – 7.5/10



Sausage Party

Réalisé par Conrad Vernon, Greg Tiernan

Avec Seth Rogen, Kristen Wiig, Jonah Hill
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7.5/10

Afficher l'image d'origineIrrévérencieux le film d’animation Sausage Party est enfin disponible en France alors qu’il ne devait pas voir le jour au cinéma à cause de ses propos vicieux et osés. Les parents d’un jeune public non averti auraient pu être consterné face aux hilarantes animations d’une saucisse qui ne rêve que d’une chose: rentrer dans son amie le pain viennois. Tout est sous-entendu, les références sexuelles sont multiples et les répliques assez drôles. On retrouve l’énergie et l’émulation de l’équipe de Seth Rogen, qui avait déjà pas mal visé en dessous de la ceinture le film The end. Pour pleinement apprécier le film, faudra bien réviser le langage pornographique pour y découvrir une multitude de références.

Les personnages ne sont pas tous intéressants mais leurs morphologies sont bien pensées au profit du scénario. Le petit clin d’œil du malabar mâchouillé en la personne de Stephen Hawking est bigrement plaisant dont la mythique scène du fusil à pompe faisant référence au T-1000.

Graphiquement c’est très lisse, on sent que le budget est bien loin des super-productions Pixar. Ici, ce sont les propos qui sont mis en avant, bien plus que le côté technique. C’est du grand Dixar (contraction de Dick & Pixar). Cependant quelques scènes sont agréablement bien pensées. Lorsque le monde coloré des fruits et légumes se retrouve au milieu d’une apocalyptique scène de guerre, on est surpris de voir une ambiance s’installer et on regrette même de pas la voir un peu plus s’éterniser. On appréciera aussi la scène cruelle des découpes de légumes, segmentant nos chers petits personnages. Mais c’est l’ultime scène qui reste la plus mémorable dans une orgie de produits de notre quotidien, aussi drôle que scabreuse.

Si tout n’est pas pleinement réussi, le film a le mérite d’être original, ciblant uniquement un public adulte qui saura apprécier les divergents propos des personnages. Techniquement ce n’est pas parfait mais l’équipe de Seth Rogen semble s’amuser dans un délire propre à eux, réalisant ici une œuvre animée acide et notable.