Archives

Alliés (2016) – 7.75/10



Alliés

Réalisé par Robert Zemeckis

Avec Brad Pitt, Marion Cotillard, Jared Harris
Pays:   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Action, Guerre, Drame, Romance, Thriller
Durée : 2 h 01 min
Année de production : 2016
7.75/10

Alliés, thriller romantique sur fond de Seconde Guerre mondiale, réalisé par Robert Zemeckis, est une œuvre aussi sincère qu’émouvante. L’alliance de Brad Pitt avec notre Marion Cotillard nationale va dévoiler un couple attachant alors qu’ils n’étaient là que pour comploter contre les Allemands!

Jouer avec les sentiments s’avère dangereux surtout quand on s’accorde à son complice. Les liens s’entremêlent, le couple fictif va alors s’engager sentimentalement au cinéma. Mais la comparaison bâtarde avec M. & Mrs Smith, qui a vu naitre le couple Pitt/Jolie, va faire de ce film un échec commercial, accessoirement durant la rupture ambiguë de ces derniers. Approché par une promotion minimaliste, ni les têtes d’affiche, ni le réalisateur arriveront à contrer cet injuste échec.

Bien entendu le film n’est pas exempt de défauts. Loin de là. Son romantisme exacerbé, les « haters » de Marion Cotillard qui ne cherche qu’à entrevoir un mauvais jeu d’acteur dans chacune de ses interventions ou Brad Pitt dans un rôle « soft » un peu fade, enfin loin d’être le plus marquant de ses personnages. Marquons aussi les nombreuses scènes pompées sur d’autres œuvres, comme la scène emblématique de la fusillade la réception nazie nous rappelant Inglorious Basterds ou la scène d’amour revisitée du film Le Patient Anglais à bord d’une voiture coincée dans une tempête de sable. Mais l’intérêt que suscite ce couple et l’approche dramatique de cette guerre fait que nous sommes continuellement attachés à eux, surtout si vous avez envie d’animer votre côté fleur bleue!

Afin d’accentuer le réalisme du film, Zemeckis met en scène son film de façon chronologique. Ainsi le développement de ses personnages flaire bon la sincérité face à un couple qui apprend à se connaitre au fur et à mesure de l’intrigue. L’alliance et l’amour que se portent les deux acteurs principaux fonctionnent. Robert Zemeckis est réputé pour être un génie sur le plan technique mais il est tout aussi bon pour développer la psychologie des personnages. Deux qualités essentielles pour un récit de cette envergure. Composée par Alan Silvestri, la bande originale accentuera la beauté du récit. Ainsi, même si le film n’a rien d’original, on arrive à s’attacher aux personnages, à qui la guerre a apporté autant d’amour que de suspicion!

Un film dramatique simpliste, falsificateur et pourtant prenant. Brad Pitt & Marion Cotillard s’accorderont parfaitement dans un film d’espionnage effroyable.

Miss Peregrine et les enfants particuliers (2016) – 5/10



Miss Peregrine et les enfants particuliers

Réalisé par Tim Burton

Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson
Pays:   Belgique,   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Drame, Fantastique, Aventure
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2016
5/10
Résultat de recherche d'images pour "Miss Peregrine"

Adaptation du roman de Ransom Riggs, Tim Burton s’offre un nouveau délire fantastique avec Miss Peregrine et réalise un film tout aussi intriguant que lassant. En effet, sous ses airs de film magique au visuel joliment coloré, l’intrigue s’essouffle trop rapidement. On s’émerveille devant la beauté des scènes avec des personnages étranges et la réussite des effets spéciaux qui nous donne transporte dans un monde imaginaire haut en couleur, mais le scénario s’embourbe dans des détails oubliant de nous compter de façon limpide une jolie histoire, laissant souvent le spectateur dans l’expectative en le punissant par un final creux et sans véritable morale.

Eva Green accompagne gentiment ces X-Men en herbe à l’école des sorciers, on est amusé de découvrir leurs pouvoirs mais on ne comprend pas vraiment l’intérêt ou leurs motivations, coincé dans leur boucle temporelle. Faussement complexe, on sent un gros potentiel autour de l’œuvre et pourtant au final on ressent une impression de vide. Samuel Jackson et ses yeux blancs viendront décrédibiliser l’univers en plus d’avoir un personnage mêlé à une multitude d’incohérences. On a envie d’apprécier Miss Peregrine, mais on final on a l’impression d’avoir vu une œuvre incomplète, qui manque de régularité dans son rythme, nous balançant quelques bribes insoupçonnées de scénario sur la dernière demi-heure, histoire de mieux surprendre le spectateur autour des motivations des monstres.

Pas mauvais mais pourtant trop moyen. Tim Burton réalise un beau film à l’atmosphère inquiétante et juste mais Miss Peregrine avec son esthétique colorée et enjôleuse, nous déçoit par un rythme irrégulier et un scénario bancal. A redécouvrir dans un futur lointain…

Tu ne tueras point (2016) – 7.5/10



Tu ne tueras point

Réalisé par Mel Gibson

Avec Andrew Garfield, Sam Worthington, Vince Vaughn
Pays:   Australie,   États-Unis
Genres : Drame, Histoire, Guerre
Durée : 2 h 11 min
Année de production : 2016
7.5/10

Après quelques frasques à Hollywood, Mel Gibson revient à la réalisation avec Tu ne tueras point, le film de la rédemption pour le cinéaste!

Ce biopic héroïque commence de façon très mielleuse, parfois désuète avec une histoire d’amour qui semble bien fade et idéaliste. Une introduction qui laisse entrevoir les obsessions christiques de Mel Gibson mais pas nécessairement la noirceur du terrain dans lequel il va se confronter.

Desmond Doss joliment joué par Andrew Garfield, ira de son pouvoir de persuasion pour sauver son prochain, pleinement convaincu par ses valeurs et principes, incomprises par certain. Tout comme ce héros en herbe, le spectateur va rapidement se retrouver dans l’enfer du Pacifique. Soudain et violent, l’idéaliste pacifiste va vite se confronter à l’ultra-violence de la guerre. Ca envoie du lourd, c’est saignant à point, nous rappelant le débarquement du chef-d’œuvre de Steven Spielberg.

Si le réalisateur nous invite à adopter le point de vue d’un homme qui décide, envers et contre tous, de rester fidèle à ses principes, il n’oubliera pas de montrer les morbides combats d’une guerre sans merci, sans foncièrement prendre parti pour un des deux camps. Mel Gibson ne se censurera pas en dévoilant des images marquantes tout aussi esthétiques que glaçantes. La photographie rend grâce aux images. Nous sommes pleinement ancrées dans les tranchées à tenter de vouloir se protéger des balles qui fusent!

Andrew Garfield ira de son œil larmoyant titiller l’émotion du spectateur. L’héroïsme de l’homme fait bascule avec la noirceur de la guerre. Les scènes au bord du ravin sont captivantes. Les cordées « de la survie » sont spectaculaires étant la seule issue possible pour les soldats. Le contraste est brutal, comment des hommes peuvent se faire exploser la gueule pendant que d’autres essayent de sauver son prochain? Tout est une question de conviction, profondément marqué par la foi du réalisateur. Un film tout aussi contrasté qu’émouvant, il n’en fallait pas moins pour oublier la taciturne introduction.

Un film coup de poing entre conviction pacifiste et sombre violence d’une lacérante guerre. Une déflagration d’images poignantes, terrifiantes et fascinantes adoucies par la foi d’un homme qui tente de conserver ses valeurs christiques. Amen!

Snowden (2016) – 5.5/10



Snowden

Réalisé par Oliver Stone

Avec Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo
Pays:   Allemagne,   États-Unis
Genres : Drame, Thriller
Durée : 2 h 14 min
Année de production : 2016
5.5/10

Snowden, instructif même si un peu trop bavard, résume habilement l’histoire du jeune Edward Snowden, ancien employé de la CIA et de NSA, qui a dévoilé au monde entier en 2013, les détails de plusieurs programmes de surveillance U.S et britannique. Oscillant entre biopic et thriller dramatique, ce long-métrage aura le mérite de dénoncer les dangers du numérique envers notre liberté.

Cependant, si Oliver Stone est un réalisateur qui aime se frotter à des sujets épineux envers la politique de son pays, ici pas de grande surprise autour d’un thriller qui se rapproche plus du documentaire. Plus corrosif par le passé, le cinéaste controversé se contente de condenser dix années de la vie du programmateur Snowden. Trop propres, trop lisses, les personnages sont inconsistants pour être mémorables, seules les bonnes intentions de Joseph Gordon Levitt à vouloir imiter Snowden sont appréciables, même si un peu faciles. Nicolas Cage cabotine pour venir cachetonner dans un rôle oubliable.

Si Snowden a su faire des sacrifices sur sa vie confortable, sa relation avec sa compagne Lindsay Mills nous importe peu alors qu’elle a été aussi certainement troublée. L’attachement des personnages n’est pas assez poussé, tout comme cette impression qu’on ressent pour l’œuvre d’Oliver Stone, sans avoir l’impression d’avoir appris grand-chose. Comme si nous savions déjà que nous étions surveillés. Le seul point remarquable de cette affaire est de découvrir la motivation d’un unique homme, qui avait tout pour réussir, et qui a sacrifié sa vie pour préserver la liberté numérique, même si au final c’est bien lui-même qui n’a plus de liberté.

Un biopic 2.0 intéressant mais bavard avec un sujet un peu trop lisse surtout pour le très controversé Oliver Stone. Un manque d’émotion et d’information laisse présager que Snowden se cantonnera au rang des oeuvres mineurs du réalisateur. Bien moins percutant que ce que présageait le slogan du film!

Premier contact (2016) – 8.5/10



Premier Contact

Réalisé par Denis Villeneuve

Avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Science Fiction
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2016
8.5/10

L‘audace de Denis Villeneuve en réalisant son premier film de science-fiction est de nous raconter certes une rencontre entre humains et extraterrestres mais d’y mêler une fable philosophique qui nous ébranle. Le réalisateur canadien arrive très souvent à tourmenter son spectateur avec un cinéma qui laisse libre à la réflexion. Avec Premier contact, il le fait habilement autour du rapport au langage et la manière dont il façonne notre mode de pensée et notre façon de percevoir le monde qui nous entoure. Ici, toute la structure de notre petit monde est déroutée. Les sonorités changent, la cryptographie n’a plus rien de conventionnelle, les scientifiques cherchent à traduire et nous, spectateur, sommes captifs devant ces recherches à vouloir comprendre la motivation première des Heptapodes. Comme s’ils étaient aussi sincères que véritables.

Afficher l'image d'origineLoin du pastiche de Roland Emmerich aka ID:4, Premier Contact prend son en envol et sa pleine puissance grâce à un scénario habilement construit. Adapté du roman écrit par Ted Chiang, intitulé L’Histoire de ta vie publié en 1998, l’intrigue nous plonge dans une atmosphère étrange, parfois complentative: le vaisseau en forme d’astéroïde à géométrie d’œuf, les couloirs sombres et aseptisés, une gravité déroutée et des êtres venus d’ailleurs totalement captivants tant ils sont « autres ». Il est appréciable de voir tout l’acheminement mis en œuvre pour tenter de comprendre une autre civilisation, sans qu’elles se rapprochent des classiques algarades avec les petits hommes verts. La photographie mettra en exergue l’habitacle des rencontres. Construit réellement en studio, on apprécie les décors, l’ambiance et surtout le faite de ne pas découvrir pleinement le mystère qui se cache derrière le « miroir ».

Si on n’a pas de précision sur ce qui adviendra dans 3000 ans, laissant aussi une longue réflexion sur la venue des Heptapodes, on se heurte à quelques incohérences minimes. En effet, alors que la scientifique Louise Banks met plusieurs  semaines à décrypter leur langage, devenant elle-même la clé de l’intrigue, elle communiquera ensuite dans notre langue alors que rien n’a été établie sur la traduction inverse des êtres venus d’ailleurs. De plus, dès lors où l’homme comprend à demi-mot les intentions des Heptapodes, les décisions sont un peu trop hâtives, dégageant un peu la sincérité de l’homme à vouloir se lier aux créatures. Toutes les clefs de lectures ne sont pas évidente, impliquant qu’on laisse voguer notre imagination et inspiration. L’oiseau en cage se révèle être un potentiel inexploité durant toute l’histoire mais nous laissera libre à imaginer qu’il est là en signe de paix ou tout simplement pour tester l’environnement dans lequel sont plongés les scientifiques. Amy Adams qui avait projeté de faire une pause dans sa  carrière, acceptera un rôle poignant. Elle contribue à rendre l’œuvre encore plus magique.  Denis Villeneuve laisse place à une bonne part d’interprétation et offre un spectacle extrêmement intéressant qui confirme que le réalisateur est un cinéaste complet et salutaire, la bonne recrue de ces dernières années.

Premier contact est une œuvre forte qui ne cherche pas à donner toutes les clés. Une vulgarisation scientifique intelligente sur l’échange qui nous pousse à modifier notre mode de penser et la perception d’un monde étendu. Denis Villeneuve confirme ici son talent de mettre en images n’importe quelle thématique avec force et brio.

Deepwater (2016) – 6.5/10



Deepwater

Réalisé par Peter Berg

Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Drame, Action
Durée : 1 h 47 min
Année de production : 2016
6.5/10

S’inspirant de la plus grande catastrophe pétrolière des États-Unis, Deepwater est un véritable témoignage de la bêtise humaine et des décisions irresponsables motivées par le profit. Malheureusement, le film ne se focalisera jamais sur les conséquences écologiques désastreuses pour notre pauvre planète bleue avec le déversement de plus de 500 millions de litres de pétrole dans l’océan durant plusieurs mois, oubliant ainsi de rendre l’œuvre encore plus percutante.

L’approche du film est centrée sur les origines de cette fulgurante catastrophe, histoire d’animer Peter Berg à réaliser un film bourrin, plus que moralisateur. Même si l’intrigue est un peu longue à se mettre en place, on regrettera un scénario qui cherchera à évincer un peu trop vite les conflits d’intérêts sur la sécurité et les objectifs de production entre BP et les équipes techniques de la plateforme Transocéan. On aurait alors eu droit à un récit plus complet, certainement plus alarmant, sur les causes d’une telle catastrophe. De même pour la suite des événements, dont le semestre d’essais de colmatage de la brèche qui ne sera qu’évoqué dans l’épilogue. Le film avait à offrir beaucoup plus que l’événement du 20 Avril. Travailler à des hautes profondeurs pour tenter d’arrêter le flux de pétrole, que le système de sécurité aurait dû condamner lors de l’incident, avait tout pour satisfaire notre curiosité autour de cet évènement. Ainsi, le film ne serait pas qu’un simple hommage, il aurait pu être, en plus, instructif et didactique (cf. wiki)!

Enfin, on ne va pas réorienter l’intrigue. Le film s’inspire de faits réels, il n’en reste pas moins un film d’action de la fabrique Hollywoodienne dans lequel l’héroïsme et l’humain font parfois surface. En outre, le problème majeur de Deepwater réside dans son rythme. On introduit longuement la plate-forme pétrolière pour ensuite s’embourber dans une salve d’explosions aussi impressionnantes que redondantes. Cependant, cette superproduction est sauvée du naufrage grâce à un bon casting avec de jolies têtes d’affiches tels que John Malkovich, Kurt Russel et Mark Wahlberg. On apprécie aussi d’être pleinement ancré dans l’action face à des hommes qui bravent le risquent au quotidien. L’hommage aux victimes sera rendu grâce à un générique qui nous replace dans une réalité qui fait froid dans le dos avec des images d’archives touchantes sous la tonalité de Gary Clark Jr. et sa composition Take me down.

Tragique accident mis en images par Peter Berg. Le spectacle est bien présent, l’hommage est (presque) touchant mais l’analyse autour des conséquences pour notre planète est trop vite oubliée. Il y avait beaucoup à dire mais le réalisateur préfère livrer un gros blockbuster que de s’attirer les foudres en jouant sur le politiquement incorrecte. Dommage, car  cette prise de risque aurait permis à l’œuvre d’être plus percutante et incisive pour ne pas se cantonner au simple rang de film catastrophe.

Sully (2016) – 8/10



Sully

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2016
8/10

Afficher l'image d'origineRetraçant l’amerrissage du Vol 1549 du 15 Janvier 2009, Clint Eastwood réalise un film simple et véritable. Sublimé par Tom « Capitaine Philips » Hanks qui reprend le rôle du pilote Chesley Sullenberger, le personnage de Sully est joué en toute humilité et sensibilité. Tom Hanks est un homme attachant et son personnage l’est tout autant, avec toute la sincérité et le courage qui le caractérise.

Le film exploite la bataille de l’humain face à une bureaucratie féroce qui cherche à imputer au pilote la perte matérielle d’un avion, alors que celui-ci réussit à sauver 155 vies dans un amerrissage héroïque. Un peu comme Flight sorti en 2013, Sully reprend les mêmes ressorts ubuesques sauf que l’histoire est ici vraie. Le réalisateur Clint Eastwood réussit efficacement à mettre en avant toute l’inertie administrative qui oublie parfois la force héroïque du pilote à poser son avion dans des conditions alarmantes. Le film aurait pu se résumer à un simple amerrissage, mais l’intelligence du scénario est de dévoiler les différents points de vue de cet acte héroïque. Ainsi qu’on soit à bord ou à l’extérieur de l’avion, on y ressent chacune des émotions tout en comprenant les enjeux de chacun.

Clint Eastwood réalise ici un film hommage efficace en toute simplicité mettant en avant toute la désolation d’une bureaucratie américaine indélicate et pas toujours reconnaissante. Un plaisant biopic d’un « anonyme » pilote expérimenté qui a réalisé le miracle de l’Hudson en sauvant 155 vies en 2009.

Desierto (2016) – 4.5/10



Desierto

Réalisé par Jonás Cuarón

Avec Gael García Bernal, Jeffrey Dean Morgan, Diego Cataño
Pays:   France,   Mexique
Genres : Thriller, Drame
Durée : 1 h 34 min
Année de production : 2016
4.5/10

Desierto est un thriller décevant et redondant et quand on sait qu’il est réalisé par Jonás Cuarón qui avait épaulé son père sur le chef-d’œuvre Gravity, on se dit que le talent n’a pas (encore) sauté de génération. Bien entendu, on attend avec impatience ses prochaines réalisations pour le voir évoluer, laissant entrevoir ici un certain potentiel de metteur en scène.

Le problème de Desierto c’est tout simplement son scénario. Ce desert-movie se focalise qu’à une unique cavalcade au cœur des étendues hostiles des côtes mexicaines. Et si sur la première partie, on est relativement attentif à fuir les balles, on se rend vite compte que notre objectif sera inchangé sur la totalité du film et qu’il ne sera qu’une longue fuite emphatique, laissant sur son passage quelques corps inanimés dans le désert suffocant et hostile.

Jeffrey Dean Morgan, visuellement intéressant avec tout le charisme qui le caractérise, ne conservera que peu d’intérêt face à un scénario qui n’approfondit aucunement ses motivations. Son chien prend presque plus d’intérêt surtout quand il s’amuse avec une fusée éclairante dans la gueule. Quant à Gael García Bernal, à part jouer le Mexicain de service, il n’apporte aucune émotion, et qu’il se fasse descendre ou pas, finalement on s’en moque. Le petit final, sans grand rebondissement, conclue le film de façon assez standard. Une œuvre a ranger dans les essais oubliables, essentiellement à cause d’un manque d’intensité, d’un scénario désertique et trop fade tout comme la photographie qui aurait mérité d’être bien plus piquante, à l’instar de l’affiche du film.

L’environnement et la thématique avait tout pour rendre le film intéressant, mais la redondance du scénario oubliera de se focaliser sur le triste reflet d’un monde xénophobe poussant l’homme à chasser ses « proies » plus que de penser à l’entraide humaine. Une course poursuite désertique sempiternelle!

Steve Jobs (2016) – 5.5/10



Steve Jobs

Réalisé par Danny Boyle

Avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen
Pays:   États-Unis
Genres : Histoire, Drame
Durée : 2 h 02 min
Année de production : 2015
5.5/10

Afficher l'image d'origineContrairement au film de 2013, ce biopic décrypte plus la psychologie de Steve Jobs. C’est plus l’homme que l’inventeur qui est mis en exergue dans la mise en scène bouillonnante de ses meetings qui généraient de multitudes griefs entre chaque individu qui a contribué à faire de ce qui est Apple. Steve Jobs est un homme difficile, torturé, on y découvre sa paternité rejetée, sa volonté d’être un homme solitaire, complexe à domestiquer d’un point de vue professionnelle. Un caractère sombre qui lui a autant fait perdre quelques combats mais qui ne l’empêchera pas de revenir sur la scène pour reconquérir son entreprise. Jobs est déroutant, fascinant par son travail, repoussant par son caractère. Il n’empêchera pas de laisser une forte impression dans le monde technologie d’aujourd’hui. Le fruit qui laissera encore longtemps murir ses produits de haute technologie dans les mains d’une population connectée devenue totalement dépendante.

Le problème de ce biopic c’est qu’il est tellement riche et bavard, que sur la première heure on a du mal à comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire. Les enjeux sont difficilement palpables car le film ne présente pas les origines de Jobs et tous les intervenants qui gravitent autour d’Apple. Ainsi ce biopic est pleinement en complémentarité avec le film de 2013, comme si nous abordions l’homme sur des moments de vie et une appétence différente. Les palabres sont douloureuses, surtout quand on cherche à comprendre la naissance d’un inventeur qui n’est pas le cœur du sujet abordé. On découvre sa forte relation avec son attachée de presse, interprétée en toute sobriété par la douce Kate Winslet. Tout comme, sa paternité qu’il n’assume pas et son regard froid sur sa vie de famille, face à sa fille totalement éteinte par l’imposante célébrité grandissante de ce dernier. Michael Fassbender mime son personnage. Le physique aidant il va se fondre dans son personnage de façon efficace, même si le charisme de l’acteur nous empêche de totalement percevoir Jobs dans son interprétation, nous détachant parfois du biopic dans lequel il se réfère.

Le film Steve Jobs retranscrit efficacement toute l’obsession et la rage de réussir qui habitent le visionneur d’Apple. Un peu trop bavard et totalement complémentaire au biopic de 2013, le film décrit plus la psychologie de l’homme que l’inventeur, affaiblissant la genèse de la juteuse pomme.

Jobs (2013) – 7/10



Jobs

Réalisé par Joshua Michael Stern

Avec Ashton Kutcher, Dermot Mulroney, Amanda Crew
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2013
7/10

Afficher l'image d'origineBiopic qui se penche sur un des hommes les plus influent de la fin du dernier siècle, celui qui mènera Apple à devenir une des plus grandes entreprises du monde. Alors faut-il voir ce film comme une simple histoire d’un savant complexe qui tétanise autant qu’il ne fascine ou d’une véritable biographie d’un génie qui a pensé le téléphone qu’on possède tous dans notre poche ou de l’ordinateur mythique symbolisé par une pomme?

Le film Jobs montre l’ascension d’un homme solitaire et illuminé, ambitieux et impertinent. L’intrigue dévoile l’évolution de ce « manager », en marge d’un système universitaire, et qui arrive à se nuire lui-même par la volonté de tout contrôler. Confronté à ses désillusions, sa relation avec le PDG d’Apple, ex-patron de chez Pepsi, qu’il a pourtant imposé, devient le nerf de la guerre. On comprend aisément ses déceptions face à sa relégation de son propre univers. S’ensuit, sa période creuse chez Next, jusqu’en 1997. Mais sa réinsertion dans la firme est le réjouissement d’une longue attente, se transformant en une vengeance bien amoncelée d’un homme qui gagnera le cœur de ses clients, bien plus que celui de ses associés.

Ashton Kutcher se fond avec une certaine efficacité dans le rôle du jeune et frêle Steve Jobs. Ses déplacements, son regard et ses accoutrements nous rappelle l’homme à lunettes, même s’il n’était pas dans cette période encore grisonnant et aussi populaire qu’il ne l’était à sa mort – bien déjà connu dans les années 80 comme le grand rival de Bill Gates. On regrettera cependant de ne pas entrevoir sa toute-puissance, son génie et son ascension (peut-être sans embuche) en tant que co-fondateur d’une autre petite entreprise: Pixar! De même que sa psychologie est malheureusement ici pas assez approfondie, le vrai visage de l’homme semble être adouci, même si la version de 2016 se chargera de creuser un peu plus le personnage en devenant complémentaire à ce film. Le réalisateur réalise un biopic hommage et instructif autour de l’émancipation de l’entreprise la plus profitable au monde. Jobs l’a eu sa vengeance sur Microsoft! Qui l’eût cru?

Jobs a su croquer la pomme du bon côté, même si elle conserve un gout amer face à un homme décadent et obstiné. Un film qui rentre dans la ligne directrice des biopics des grands fondateurs du XXème siècle et du célébrissime rêve américain.