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BGG: Le bon gros géant (Le) (2016) – 4/10



Le BGG : Le Bon Gros Géant

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Rebecca Hall
Pays:   Canada,   États-Unis,   Royaume-Uni
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
4/10

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51sIKtuuROL._SX342_.jpgAdapté du livre éponyme de Roald Dah (Charlie et la chocolaterie, James et la pèche géante…), qui plus est, réalisé par Steven Spielberg, il y avait de quoi faire saliver plus d’un cinéphile! Malheureusement, c’est une véritable déception qui nous envahit tellement l’œuvre est pauvre, enfantine et sans âme. Étonnant de la part de Spielberg, mais le constat est pourtant bien là! Oubliant la magie, le cinéaste aux 70 bougies aurait-il perdu son âme d’enfant?

Avec son rythme inégal, il est difficile d’adhérer à l’œuvre tant elle nous inspire pas. Bien que les décors soient très beaux, les géants et beaucoup d’insertions numériques sont trop synthétiques. L’animation des colosses ainsi que les textures sont sans vie et pas toujours gracieuses, surtout pour le BBG, le personnage principal. Sa gentillesse transperce l’écran mais l’émerveillement et l’émotion ne nous transcendent pas. Spielberg est un formidable conteur pour enfants mais livre ici une copie très appliquée et très lisse d’une œuvre finalement oubliable.

Le dénouement ubuesque du film est terne. Les prises de décisions alambiquées, comme si la reine d’Angleterre irait porter secours à des géants sans en comprendre les conséquences. La scène des pets chez la reine est embarrassante, on aurait eu envie de rire, mais venant de Spielberg on est rapidement consterné par la faiblesse des propos.

Deuxième plus gros budget de la filmographie du cinéaste, les 140 M$ le pousseront immanquablement à l’échec commercial. Sous ses allures de Pôle express de son pote Zemeckis, le BGG est loin de nous émerveiller, même si on appréciera quelques scènes sublimant la magie du monde des géants. D’ailleurs, si on adhère peu au graphisme du héros, ses robustes et brutes compatriotes sont presque plus passionnant à suivre par le fait qu’il anime un peu plus l’intrigue que ce doux et vieux BGG. On sera tolérant face à un cinéaste qu’on aime et tous les efforts qu’il entreprend pour faire vivre le cinéma, même si la petitesse de son l’héroïne face aux imposants géants ne semble plus nous émerveiller, rappelant que certains chefs-d’œuvre sur cette thématique sont déjà passé par là.

Steven Spielberg est un formidable conteur pour enfants, cependant son BGG est une œuvre mineure et dénuée d’émotion. Les insertions numériques sont parfois douteuses et le dénouement final est relativement creux, à l’image de la petitesse de son héroïne. On appréciera l’essai moins le résultat.

Peter et Elliott le dragon (2016) – 6/10



Peter et Elliott le dragon

Réalisé par David Lowery

Avec Bryce Dallas Howard, Oakes Fegley, Wes Bentley
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 42 min
Année de production : 2016
6/10

Oyez, Oyez, Disney recycle tous ses films d’animation en film! Manque d’originalité ou course à l’argent facile. Et bien les deux, mon général! Hollywood s’habitue au recyclage des classiques Disney et c’est déplorable de voir ce manque de créativité qui ronronne ces dernières années sur des grosses productions.

En reprenant les personnages du film de 1977, David Lowery nous plonge dans une jolie fable à l’esthétique enchanteresse, bien trop sirupeuse. C’est beau mais trop niais. L’innocence n’a pas que du bon, parfois elle nous ennuie lorsque la complaisante histoire ne surprend jamais le spectateur. Avec cette impitoyable menace de l’homme sur l’animal, on reste consterné par le schéma scénaristique ultra conventionnel de l’intrigue. On sait immanquablement ce qui va se passer, comme si le film était la transposition de bien d’autres films. Mowgli qui rencontre Falkor, c’est un peu du déjà vu. Le scénario n’est qu’une accumulation de tous les stéréotypes de films pour enfants de ses vingt dernières années et en devient franchement daté même si les images disent le contraire avec des prises de vue de la Nouvelle-Zélande spectaculaires et un dragon remarquable.

On aurait aimé en connaitre plus sur le dragon. Il est mignon mais pourquoi possède-t-il des pouvoirs d’invisibilité? Qu’est-ce qui le pousse à se rapprocher du petit homme? Quelles sont ses ambitions si ce n’est fuir l’homme, qu’il ne semble jamais avoir réellement rencontré par le passé. Bryce Dallas Howard a beau nous éblouir avec ses beaux yeux, cela ne suffit pas à rendre son personnage mémorable. Robert Redford fait le minimum syndical et joue le grand-père de service sans véritable conviction. Tout va trop vite et devient inconséquent, les relations entre les protagonistes sont artificielles, le bad guy est sous-développé et sans réelles motivations et finalement n’a rien de bien méchant. Cependant, il est difficile de tout détester tellement le film nous plonge dans une certaine nostalgie et se rapproche du conte pour enfants. On se laisse bercer par les images et par cet attendrissant monstre. Et même si le film n’apporte aucun vent de fraîcheur, le dragon reste attachant… on aurait apprécié que le gosse le soit aussi.

Peter et Elliott le dragon est trop mièvre et coule de bons sentiments avec une morale plus que convenue. On a beau apprécier les images, le contenu scénaristique est trop faible pour pleinement l’apprécier.

Comme des bêtes (2016) – 4.25/10



Comme des bêtes

Réalisé par Chris Renaud, Yarrow Cheney

Avec Louis C.K., Eric Stonestreet, Kevin Hart
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 31 min
Année de production : 2016
4.25/10

Afficher l'image d'origineUniversal cherche à copier Disney avec son récent Zootoopie mais on est loin de la qualité scénaristique de ce dernier. Le problème majeur du film c’est qu’il n’a rien d’original. Faire parler des animaux pour comprendre ce qu’ils font lorsque l’homme n’a pas un regard dessus est un idée défraichie. Le concept des animaux domestiques profitant de la maison n’est pas exploité au-delà de ce qu’en présente la bande-annonce et on tombe dans une aventure urbaine maintes fois revisitée. Néanmoins, les personnages sont plus ou moins attachants et le méchant joli petit lapin est suffisamment excité pour ne pas nous endormir.

L’anthropomorphisme est un ressort comique éculé dans le monde de l’animation. Et quand la plume des scénaristes oublie de nous faire rire, on reste assez consterné par une énième version de Volt ou de Rox et Rouky si on remonte aux origines de l’animation. Le graphisme s’inscrit purement dans la tradition actuelle des films du studio, en version plus animalière. On sent derrière ce résultat, une production qui ne prend pas de risque et qui prône la facilité, histoire d’avoir son film d’animation de l’année, lorgnant fortement sur le film à succès du concurrent. Un peu de couleur, un film court, quelques gags médiocres avec des personnages rigolos et Universal sauve son film de l’échec commercial sans sourciller, laissant le spectateur nouvellement déçu par cette multiplication de films d’animation sans saveur.

Comme des bêtes ne fait pas preuve d’inventivité avec un scénario qui réutilise les bonnes vieilles recettes du genre. Seul le rythme effréné des animations permet de nous tenir a minima en haleine dans un divertissement qui ne marquera malheureusement pas le genre. Vu et revu.

Monde de Dory (Le) (2016) – 6.75/10



Le Monde de Dory

Réalisé par Andrew Stanton, Angus MacLane

Avec Ellen DeGeneres, Albert Brooks, Hayden Rolence
Pays:   États-Unis
Genres : Animation, Familial
Durée : 1 h 35 min
Année de production : 2016
6.75/10

Afficher l'image d'origineLe monde de Dory n’est pas la suite Pixar qu’on attendait le plus. La mise en chantier d’un second opus est souvent rebutante face à la difficile probabilité d’être au niveau du premier, mais au final le cahier des charges est respecté. Comme le premier film, alors qu’on suivait Nemo, dans ce second métrage, auprès de Dory, on vit une jolie aventure au fond de l’océan abordant une multitude de personnages colorés et animés. On passe un bon moment en compagnie de personnages connus même s’il est bon d’affirmer qu’on préfère les scénarios originaux de la compagnie.

Cependant, les scénaristes vivent dans un monde qu’ils ont créé et manient astucieusement les liens avec le premier film en revenant sur la rencontre accidentelle entre Dory et Marin. Sur certains aspects, la quête narrative semble la même que pour retrouver Nemo quelques années auparavant, une sensation de déjà-vu, l’émotion en moins. Fort heureusement, le bestiaire de nouveaux poissons ou mammifères qu’on découvre ici est fort réjouissant. De la pieuvre Hank, à la baleine Destinée en passant par le béluga Bailey, le rythme ne décroît pas et même si l’absurdité de certains personnages énerve on se laisse au final prendre au jeu dans un environnement très enfantin entre Terre et mer. Initialement, le monde de Dory s’appuie beaucoup sur la nostalgie pour conquérir le cœur des fans mais le film se veut finalement très complémentaire au premier opus. De plus, Dory est un personnage drôle par le fait qu’elle n’a pas de mémoire provoquant des situations cocasses. Les scénaristes abuseront de cet effet « Alzheimer » et ça fonctionne!

La nouveauté d’être sous l’eau n’est plus, mais le monde de Dory est une nouvelle aventure Pixar colorée et drôle. Oubliez le scénario original, Pixar recycle ses fonds de réserve sans pour autant exclure la qualité de ses métrages qui en ont fait la renommée de l’entreprise, rendant cette suite peu salutaire mais complémentaire au monde de Némo.

Alice de l’autre côté du miroir (2016) – 7/10



Alice de l'autre côté du miroir

Réalisé par James Bobin

Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Anne Hathaway
Pays:   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 53 min
Année de production : 2016
7/10

Afficher l'image d'origineAlice de l’autre côté du miroir est une jolie curiosité esthétique et divertissante approchant le monde du premier opus réalisé par Tim Burton. Inspiré du livre de Lewis Caroll écrit 1872, qui fait lui-même suite au livre d’Alice au pays des merveilles publié 7 ans plus tôt, c’est James Bobin qui se colle à la réalisation, sous le regard de son producteur Burton.

Si le premier film avait une approche finalement très fidèle du livre mais aussi de l’œuvre que nous connaissions tous, celle de Disney, cette suite a le mérite d’apporter un regard nouveau sur le conte d’Alice. Il permet, tout en conservant un monde fantasmagorique, d’approcher les personnages plus en profondeur. Ainsi, Iracebeth, la Reine Rouge n’est pas méchante parce qu’elle est née méchante. On y découvre les rivalités qu’elle entretient avec sa sœur, Mirana, la Reine Blanche, et sa métamorphose physique et caractérielle. Du côté de Tarrant Hightopp, c’est pareil, on approfondit sa personnalité et son devenir à devenir Le Chapelier Fou.

La manipulation de la « Chronosphère » détenue par « Le temps » interprété par Sacha Baron Cohen dévoilera une mise en scène au scénario habile. Ainsi Alice remontera le temps et rendra l’œuvre complète et intéressante. Le plus appréciable dans cette suite est de retrouver la totalité des acteurs du premier film. Ainsi Alice renfile ses ballerines blanches pour aller retrouver une multitude de personnages colorés dont le divaguant Johnny Depp et la folie d’Helena Bonham Carter. Cependant, il ne faut pas être récalcitrant aux images contrastées du film, usant parfois d’artifices trop pigmentés. Dès lors où Alice navigue à travers le temps, on se retrouve dans un monde peu palpable, dans les limbes du numérique laissant ancrer le film dans l’imaginaire de son auteur, loin de la réalité du spectateur. Un doux rêve qui nous permet de retrouver Alice et d’en connaitre aisément son environnement, sous la tonalité évidente de Danny Elfman.

Cette suite se déclare être une jolie aventure avec des personnages hauts en couleur. Ainsi Alice et ses comparses dévoileront un peu plus de leur personnalité que l’œuvre première connue de tous. La sophistication des images peut en laisser quelques-uns de l’autre côté de l’écran, mais on appréciera sa morale sur le temps, celui qui court et qui nous interpelle quand on se retourne vers lui.

Age de glace: les lois de l’univers (L’) (2016) – 5/10



L’âge de glace:
les lois de l’univers

Réalisé par Mike Thurmeier, Galen T. Chu

Avec Ray Romano, John Leguizamo, Denis Leary
Pays:   États-Unis
Genres : Comédie, Animation, Aventure, Familial, Science Fiction
Durée : 1 h 40 min
Année de production : 2016
5/10

http://img15.hostingpics.net/pics/834952scra2t.pngscratIl aura fallu attendre près de 5 épisodes pour voir la saga s’essouffler. Si jusqu’au précédent film la saga était de qualité, ce dernier opus n’apporte rien de croustillant. A force de multiplier les personnages, on en oublie les personnages principaux.

Manny, Sid et Diego font une pâle figuration avec finalement peu d’impact sur l’intrigue. Les familles s’agrandissent et on est consterné de voir les enfants, les compagnons et même la mémé de Sid prendre le dessus. Les  deux hilarants opossums Crash & Eddie sont eux aussi effacés par de nouveaux personnages dont on n’a pas vraiment envie de connaitre avec l’improbable Shangri Llama et le lapin Teddy de 338 ans. On appréciera cependant le retour de Buck, ses facéties et ses facultés à se mouvoir dans tous les sens.

Les aventures de Scrat deviennent totalement invraisemblables et ce n’est même plus drôle. A bord de sa soucoupe volante, ce petit écureuil aux dents aiguisées va défier les lois de l’univers, éloignant l’intrigue d’une certaine réalité, avec l’immanquable happy-end de la météorite qui évitera la Terre de justesse. Dommage, car obéir à la réalité aurait orienté la clôture de la saga. Une fin certainement trop audacieuse pour les producteurs qui bichonne leur poule aux œufs d’or?

Vous l’aurez compris, ici, aucune créature terrifique du paléolithique ne va s’animer si ce n’est un gros rocher qui va s’écraser sur Terre. Les animaux certes parlent mais maintenant réfléchissent et arrivent même avec leurs petites pattes et leurs riches idées à dévier le météore. On a beau être dans un film d’animation, ça devient du grand n’importe quoi, bien loin de l’univers des premiers épisodes, là où on s’attachait aux personnages et là où on restait hilare face aux multiples dérapages de Scrat. Cependant, reste un monde toujours léger et coloré, dans un design propre à la saga.

Un nouvel épisode (celui de trop) coloré qui manque autant d’intérêt que d’inspiration. L’improbable quête du gland était une valeur sûre et drôle de la saga mais depuis 14 ans on a envie aussi de passer à autre chose. L’opportunité d’éteindre la race aurait été la bonne idée audacieuse que les producteurs n’engageront malheureusement pas. Bande de dégonflés!

Angry birds (2016) – 7/10



Angry Birds, le film

Réalisé par Clay Kaytis, Fergal Reilly

Avec Peter Dinklage
Pays:   Finlande,   États-Unis
Genres : Action, Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 39 min
Année de production : 2016
7/10

L‘entreprise finlandaise Rovio doit se frotter les mains quand on regarde l’émergence de son jeu Angry birds pour smartphone, avec une multitude d’applications dérivées, de jeu de société, série télé et même des parcs d’attractions. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour pousser le film à sortir sur grand écran.

Afficher l'image d'origineAu vu de la simplicité du jeu, les gentils z’osieaux contre les méchants cochons, il n’était pas évident de tenir sur la longueur au niveau du scénario. Angry Birds, le film est une très bonne adaptation du jeu vidéo éponyme. Très fluide et agréablement dynamique, le scénario bien que basique est bien retranscrit par le biais de personnages hauts en couleur. Le doublage français est suffisamment pondéré pour ne pas inventorier les comédiens qui se cachent derrière, tels qu’Omar Sy et Alexandra Lamy, se détachant ainsi de l’affligeant marketing.

Les joueurs, nombreux au vu du milliard de téléchargement du jeu, apprécieront les capacités de chaque personnage notamment lors de la destruction de l’île aux cochons. Techniquement réellement impressionnant, jamais l’ennui ne s’installe. Même si cet anime est très enfantin, dont l’intrigue facilement transposable à d’autres univers avec le gentil héros que personne n’écoute et qui finalement aura raison, on ne boude pas notre plaisir à rire. Qu’il soit Red, Chuck ou Bomb, le design des oiseaux est en parfaite adéquation avec le jeu – en même temps difficile de faire autrement. L’ajout de l’aigle vaillant est la bienvenue et permettra l’insertion d’un nouveau personnage dans la lutte contre les drôles de cochons. Groing!

Drôles, explosifs et colorés, il est temps de lâcher votre smatphone, pour voir s’animer les héros d’Angry Birds sur grand écran. Simpliste mais efficace dans l’humour, prenez votre envol avec ce gentil divertissement estival!

Snoopy et les Peanuts (2015) – 5/10



Snoopy et les Peanuts - Le film

Réalisé par Steve Martino

Avec Noah Schnapp, Bill Melendez, Venus Schultheis
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 28 min
Année de production : 2015
5/10

http://i.amz.mshcdn.com/ZKRkA7h1kVQvXndx2mFnnmrb88U=/fit-in/1200x9600/http%3A%2F%2Fmashable.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2015%2F06%2Fsnoopy.gifEntre 1950 et 2000, Charles M. Schulz a animé Snoopy au travers de ses planches à dessin. 17897 strips, quelques pièces de théâtre, comédies musicales, et dessins animés plus tard, le cinéma n’avait pas encore eu le privilège d’accueillir le mignon petit chien et son maitre Charlie Brown. Pour son 65ème anniversaire, Snoopy ne prendra pas sa retraite. C’est sous la direction de Steve Martino que Snoopy s’animera en animation 3D, loin des méthodes ordinaires de son auteur mort en 2000. Mais tout n’est pas mauvais, le réalisateur cherchera continuellement à rendre hommage au travail de Charles M. Schulz en tentant de rendre l’animation la plus fidèle possible. Comment imaginer faire autrement d’ailleurs pour un si mythique personnage!

Le film est très orienté pour les petits, voir très petits et il n’y a aucune seconde lecture pour les adultes, découlant ainsi un certain ennui face à une intrigue bien trop classique. Celle de l’intégration d’une nouvelle camarade de classe de Charlie Brown, personnage maladroit et mal aimé. La ligne directrice est un peu facile et on sait immanquablement que le timide Charlie va tenter de se faire remarquer positivement par la jeune petite rousse. En parallèle peu de complicité avec son pote Snoopy qui divague à combattre son ennemi juré à dos de niche volante. Snoopy était bien plus attachant sur le papier et son affranchissement sur grand écran passera rapidement dans l’oubli, même en étant le mythique Snoopy!

Trop mignon, trop enfantin, les (tout) petits adoreront, les adultes trouveront le temps long. Un scénario léger avec un manque de rythme mais il faut reconnaitre que le film est en harmonie avec travail de son auteur, même en passant le cap de la modélisation 3D.

Super Mario Bros (1993) – 5.5/10



Super Mario Bros.

Réalisé par Annabel Jankel, Rocky Morton

Avec Bob Hoskins, John Leguizamo, Dennis Hopper
Pays:   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Familial, Fantastique, Aventure, Comédie
Durée : 1 h 44 min
Année de production : 1993
5.5/10

Afficher l'image d'originePremière adaptation de jeux vidéo au cinéma, Hollywood décide de s’emparer du plombier japonais pour en faire une adaptation live. Aussi étrange que cela puisse paraitre, l’adaptation était quasi impossible. Pourquoi? Parce que l’univers de Mario a été inventé pour être ludique dans un univers de gameplay. Si les goombas et les koopas sont arrondies et de petite taille, c’est pour que l’on puisse sauter dessus intuitivement. Et si Mario et Luigi sont plombiers, c’est pour qu’ils puissent entrer assurément dans les tuyaux. Un univers coloré cohérent pour un gamer, complexe pour être adapté au cinéma.

S’il est facile de jeter la pierre tortue aux réalisateurs, Annabel Jankel et Rocky Morton, méconnu à l’époque, toujours méconnu aujourd’hui, les partis pris dans un univers totalement inventé ne sont pas tous absurdes. Le film est bourré de clin d’œil au jeu entre les tuyaux, yoshi, les super sauts, la bo-bomb, le nintendo scope et j’en passe… Nous sommes dans un univers en contradiction avec ce qu’a inventé Shigeru Miyamoto mais des éléments nous parlent et animeront les plus geeks d’entre nous. Si aujourd’hui le parallèle avec le jeu est encore plus éloigné, il ne faut pas oublier que la production a voulu retranscrire l’ambiance sombre si particulière du tout premier Mario. L’intrigue quant à elle mêlera deux univers avec un petit voyage dimensionnel à la clé, histoire de rendre crédible l’univers vidéoludique qui se cache derrière. On ne peut pas en vouloir aux scénaristes d’avoir essayé d’inventer un monde inadaptable à l’écran!

Les personnages ont pris une direction parfois bien éloignée du jeu. Toad deviendra un simple musicien de rue et Peach ne sera pas de la partie laissant place à Daisy, qui n’arrivera que 3 ans plus tard dans la saga des jeux pour devenir la compagne du délaissé Luigi. La grosse Bertha, à l’origine un poisson rouge, deviendra une mama-aguicheuse, les goombas seront des reptiles à petites trognes et Koopa sera un lézard-humain interprété par le brillant Denis Hooper. Une galerie de personnages un peu farfelue, chaotique et désordonnée, qui détermine finalement cette bizarrerie qu’est l’adaptation de Super Mario. Heureusement, Mario sera joliment interprété par Bob Hoskins (Danny De Vito était pressenti à l’origine) et John Leguizamo l’accompagnera en Luigi, même s’il en a oublié sa moustache, pourtant significative aux frères Mario. La complicité des deux personnages fonctionne relativement bien et on apprécie leur humour. A eux deux, ils sauvent partiellement le film.

Avec un budget honorable (45M$), l’introduction pixelisées des dinosaures n’est pas bien jolie à voir (à savoir que le film de Spielberg sortait la même année). Mais la tonalité, chère au générique du jeu, viendra vite nous plonger dans une sorte de nostalgie.  Celle qui me pousse à l’être encore aujourd’hui, dans le souvenir d’être dans la salle de cinéma le premier jour de la sortie du film, en ce mois de juin 1993.

Jamais le film ne sera considéré… Tu m’étonnes quand on sait que deux guignols se retrouvent malgré eux dans une dimension parallèle où vivent les descendants des dinosaures pour sauver une princesse protégée par son papa la mycose, ça ne donne pas foncièrement envie de voir le film, ni de jouer au jeu. Le ridicule ne tue pas! Et pourtant, c’est tellement « nanardesque » que je regrette de ne pas voir un DVD sortir de cette drôle de dimension. Certainement nul d’un point de vue scénaristique, le film en devient presque magique en étant une superproduction aux allures de série B incontournable, accompagnée en plus d’une florissante musique bien datée de Alan Silvestri.

La scène finale laissée ouverte n’a pas donné lieu à une suite. Peut-être est-ce préférable? Cela permet de préserver ce petit bijou infantile en l’état, même si on sait qu’un jour Hollywood reviendra chercher les plombiers pour qu’ils reviennent au cinéma sur le devant de la scène!

Basique, fun et raté, Super Mario Bros est un gros délire de son époque qu’il faut apprécier avec son degré le plus élevé. L’idée d’adapter Super Mario au cinéma va à l’encontre de ce qui fait l’essence du jeu. Mais Mario & Luigi conservent un certain charme à franchir le grand écran alors qu’ils étaient les personnages vidéoludiques les plus marquants du petit écran. Mamamia!

Kung Fu Panda 3 (2016) – 7/10



Kung Fu Panda 3

Réalisé par Jennifer Yuh, Alessandro Carloni

Avec Jack Black, Bryan Cranston, Dustin Hoffman
Pays:   Chine,   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 35 min
Année de production : 2016
7/10

Kung Fu Panda 3 est le moins bon épisode de la saga, il n’en reste pas moins un film d’animation divertissant, faisant une des trilogies animées les plus réussies. Certes, il faut adhérer au personnage crétin de Po, aux innombrables compagnons qui l’accompagnent et du méchant charismatique qui vient ébranler toute la quiétude de ce petit monde. Une structure maintenant bien rodée, qui mêle autant le rire que l’action.

Comparé aux deux autres, cet opus manque un peu de ce qui le caractérise, c’est-à-dire de la bonne baston. Généralement on en prend plein les yeux et là c’est un peu frustrant de ne pas être dynamisé par les rebonds des personnages et frappé par leurs puissants pouvoirs. Si le film n’oublie pas d’en proposer, c’est à petites doses, en introduction et en conclusion. Peut-être parce que l’approfondissement des personnages avec l’arrivée de Li Shan, le père de Po, est un moyen indirect de faire évoluer la saga.

Afficher l'image d'origineLa réalisation de Jennifer Yuh et d’Alessandro Carloni est magnifique. La co-réalisation entre DreamWorks Animation et Oriental DreamWorks à Shangaï, permet d’apporter une double culture et le résultat s’en fait ressentir. Nous sommes toujours autant émerveillés par les couleurs que par les mouvements de caméra avec l’intégration des multiples plans scindés, hommage aux jeux vidéo US et à la Japanimation. Lors des flash-back, les illustrations par le dessin « à l’ancienne » sont de toute beauté, nous rappelant que la 2D bien crayonnée peut être magnifique, même si l’infographie semble bien se cacher derrière. Hans Zimmer revient à la composition de la bande originale et respecte l’environnement déjà créé par le passé. Si jusque-là, la réussite de la saga fonctionne, qu’en sera-t-il au bout de 6 épisodes? La routine s’installe, il ne faut pas tomber dans le piège du film facile au risque de faire basculer Po dans une mauvaise saga.

Si KFP 3 sent un poil (de panda) le réchauffé, il a le mérite de poursuivre en toute quiétude une franchise déjà bien rodée, aux références et codes bien établis. Fortement recommandée à ceux qui ont apprécié les deux premiers volets, cette suite reste une valeur sûre du film d’animation. On aurait cependant souhaité que la saga se conclut sur cette trilogie, au risque de devenir répétitif sur les prochains épisodes.