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Miss Peregrine et les enfants particuliers (2016) – 5/10



Miss Peregrine et les enfants particuliers

Réalisé par Tim Burton

Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson
Pays:   Belgique,   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Drame, Fantastique, Aventure
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2016
5/10
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Adaptation du roman de Ransom Riggs, Tim Burton s’offre un nouveau délire fantastique avec Miss Peregrine et réalise un film tout aussi intriguant que lassant. En effet, sous ses airs de film magique au visuel joliment coloré, l’intrigue s’essouffle trop rapidement. On s’émerveille devant la beauté des scènes avec des personnages étranges et la réussite des effets spéciaux qui nous donne transporte dans un monde imaginaire haut en couleur, mais le scénario s’embourbe dans des détails oubliant de nous compter de façon limpide une jolie histoire, laissant souvent le spectateur dans l’expectative en le punissant par un final creux et sans véritable morale.

Eva Green accompagne gentiment ces X-Men en herbe à l’école des sorciers, on est amusé de découvrir leurs pouvoirs mais on ne comprend pas vraiment l’intérêt ou leurs motivations, coincé dans leur boucle temporelle. Faussement complexe, on sent un gros potentiel autour de l’œuvre et pourtant au final on ressent une impression de vide. Samuel Jackson et ses yeux blancs viendront décrédibiliser l’univers en plus d’avoir un personnage mêlé à une multitude d’incohérences. On a envie d’apprécier Miss Peregrine, mais on final on a l’impression d’avoir vu une œuvre incomplète, qui manque de régularité dans son rythme, nous balançant quelques bribes insoupçonnées de scénario sur la dernière demi-heure, histoire de mieux surprendre le spectateur autour des motivations des monstres.

Pas mauvais mais pourtant trop moyen. Tim Burton réalise un beau film à l’atmosphère inquiétante et juste mais Miss Peregrine avec son esthétique colorée et enjôleuse, nous déçoit par un rythme irrégulier et un scénario bancal. A redécouvrir dans un futur lointain…

BGG: Le bon gros géant (Le) (2016) – 4/10



Le BGG : Le Bon Gros Géant

Réalisé par Steven Spielberg

Avec Ruby Barnhill, Mark Rylance, Rebecca Hall
Pays:   Canada,   États-Unis,   Royaume-Uni
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
4/10

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51sIKtuuROL._SX342_.jpgAdapté du livre éponyme de Roald Dah (Charlie et la chocolaterie, James et la pèche géante…), qui plus est, réalisé par Steven Spielberg, il y avait de quoi faire saliver plus d’un cinéphile! Malheureusement, c’est une véritable déception qui nous envahit tellement l’œuvre est pauvre, enfantine et sans âme. Étonnant de la part de Spielberg, mais le constat est pourtant bien là! Oubliant la magie, le cinéaste aux 70 bougies aurait-il perdu son âme d’enfant?

Avec son rythme inégal, il est difficile d’adhérer à l’œuvre tant elle nous inspire pas. Bien que les décors soient très beaux, les géants et beaucoup d’insertions numériques sont trop synthétiques. L’animation des colosses ainsi que les textures sont sans vie et pas toujours gracieuses, surtout pour le BBG, le personnage principal. Sa gentillesse transperce l’écran mais l’émerveillement et l’émotion ne nous transcendent pas. Spielberg est un formidable conteur pour enfants mais livre ici une copie très appliquée et très lisse d’une œuvre finalement oubliable.

Le dénouement ubuesque du film est terne. Les prises de décisions alambiquées, comme si la reine d’Angleterre irait porter secours à des géants sans en comprendre les conséquences. La scène des pets chez la reine est embarrassante, on aurait eu envie de rire, mais venant de Spielberg on est rapidement consterné par la faiblesse des propos.

Deuxième plus gros budget de la filmographie du cinéaste, les 140 M$ le pousseront immanquablement à l’échec commercial. Sous ses allures de Pôle express de son pote Zemeckis, le BGG est loin de nous émerveiller, même si on appréciera quelques scènes sublimant la magie du monde des géants. D’ailleurs, si on adhère peu au graphisme du héros, ses robustes et brutes compatriotes sont presque plus passionnant à suivre par le fait qu’il anime un peu plus l’intrigue que ce doux et vieux BGG. On sera tolérant face à un cinéaste qu’on aime et tous les efforts qu’il entreprend pour faire vivre le cinéma, même si la petitesse de son l’héroïne face aux imposants géants ne semble plus nous émerveiller, rappelant que certains chefs-d’œuvre sur cette thématique sont déjà passé par là.

Steven Spielberg est un formidable conteur pour enfants, cependant son BGG est une œuvre mineure et dénuée d’émotion. Les insertions numériques sont parfois douteuses et le dénouement final est relativement creux, à l’image de la petitesse de son héroïne. On appréciera l’essai moins le résultat.

Peter et Elliott le dragon (2016) – 6/10



Peter et Elliott le dragon

Réalisé par David Lowery

Avec Bryce Dallas Howard, Oakes Fegley, Wes Bentley
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 42 min
Année de production : 2016
6/10

Oyez, Oyez, Disney recycle tous ses films d’animation en film! Manque d’originalité ou course à l’argent facile. Et bien les deux, mon général! Hollywood s’habitue au recyclage des classiques Disney et c’est déplorable de voir ce manque de créativité qui ronronne ces dernières années sur des grosses productions.

En reprenant les personnages du film de 1977, David Lowery nous plonge dans une jolie fable à l’esthétique enchanteresse, bien trop sirupeuse. C’est beau mais trop niais. L’innocence n’a pas que du bon, parfois elle nous ennuie lorsque la complaisante histoire ne surprend jamais le spectateur. Avec cette impitoyable menace de l’homme sur l’animal, on reste consterné par le schéma scénaristique ultra conventionnel de l’intrigue. On sait immanquablement ce qui va se passer, comme si le film était la transposition de bien d’autres films. Mowgli qui rencontre Falkor, c’est un peu du déjà vu. Le scénario n’est qu’une accumulation de tous les stéréotypes de films pour enfants de ses vingt dernières années et en devient franchement daté même si les images disent le contraire avec des prises de vue de la Nouvelle-Zélande spectaculaires et un dragon remarquable.

On aurait aimé en connaitre plus sur le dragon. Il est mignon mais pourquoi possède-t-il des pouvoirs d’invisibilité? Qu’est-ce qui le pousse à se rapprocher du petit homme? Quelles sont ses ambitions si ce n’est fuir l’homme, qu’il ne semble jamais avoir réellement rencontré par le passé. Bryce Dallas Howard a beau nous éblouir avec ses beaux yeux, cela ne suffit pas à rendre son personnage mémorable. Robert Redford fait le minimum syndical et joue le grand-père de service sans véritable conviction. Tout va trop vite et devient inconséquent, les relations entre les protagonistes sont artificielles, le bad guy est sous-développé et sans réelles motivations et finalement n’a rien de bien méchant. Cependant, il est difficile de tout détester tellement le film nous plonge dans une certaine nostalgie et se rapproche du conte pour enfants. On se laisse bercer par les images et par cet attendrissant monstre. Et même si le film n’apporte aucun vent de fraîcheur, le dragon reste attachant… on aurait apprécié que le gosse le soit aussi.

Peter et Elliott le dragon est trop mièvre et coule de bons sentiments avec une morale plus que convenue. On a beau apprécier les images, le contenu scénaristique est trop faible pour pleinement l’apprécier.

Suicide Squad (2016) – 4.5/10



Suicide Squad

Réalisé par David Ayer

Avec Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Crime, Fantastique
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2016
4.5/10

DC Comics continue à décevoir en cette année 2016. Après le décevant Batman V Superman, Suicide Squad anéantit une nouvelle ère de super-héros en devenir, alors que le concurrent Marvel est bel et bien installé. Pourtant voir grandir la firme DC Comics avec ses super-héros charismatiques est une attente pour beaucoup. Avoir grandi avec le sombre Batman, la pulpeuse Wonderwoman ou le cocasse Flash, nous pousse à en savoir plus sur la Ligue des Justiciers. Mais la nouvelle génération nous désappointe totalement. Suicide Squad s’impose maladroitement en préparant le terrain de la Ligue des Justiciers avec un panel de méchant de la firme DC peu intéressant. Quelques moments de bravoure se profilent, mais s’effacent aussitôt pour laisser place à de nombreux palabres ennuyeux. Quand les antihéros discutent, la menace n’est plus, comme s’ils avaient l’art et la manière de mettre en stand-by les ennemis.

Afficher l'image d'origineChaque personnage est survolé. On s’y attarde quelques minutes et puis plus rien. Seul Deadshoot et Harley Quinn ont un peu plus de teneur dans l’intrigue. Le reste c’est creux. Captain Boomerang n’est caractérisé que par ses simples lancés de boomerang et Killer Croc se contente d’être là sans chercher à faire évoluer le récit. Il est un élément surprenant physiquement, on cherche à connaitre ses origines mais au final il est totalement effacé et oublié de l’intrigue. Katana quant à elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle n’aura même pas le droit à son introduction dans les Suicide Squad, comme si elle avait été oubliée ou rajoutée au montage à la dernière minute. Enfin, le Joker est un personnage mineur du film alors qu’il était au cœur de la promotion du film. Peu développé, trop moderne, il n’apporte pas grand-chose à l’histoire si ce n’est dans la construction du personnage d’Harley Quinn. Il n’interagit avec personne, il fait qu’une pâle figuration avec un Jared Leto qui oublie d’être naturel en voulant rendre son personnage « trop » déséquilibré. Au final, seule la jolie Harley qui dévoile facilement le bas de ses fesses (à défaut d’une paire de seins), tire son épingle du jeu en conservant un côté désordonné appréciable au personnage. On apprécie les formes, on aime son humour même si on aurait préféré largement voir ce personnage prendre de l’ampleur, quitte à avoir un film dédié pour elle. Tout comme Deadshoot et El Diablo, deux personnages puissants et mystérieux, qui contribueront à rendre le récit un peu moins chiant. Enfin, Enchantress est consternante. Sa dispersion avec l’âme de son « frère » rend la menace asthénique et insignifiante. Chez les supers, c’est le concret qu’on aime voir se déployer et pas des volatils méchants sans véritables déterminations.

En termes de construction du scénario, on a l’impression de voir un patchwork des répliques mal imbriquées, le tout dans un montage haché et trop rapide, ou en tout cas qui ne se focalise pas assez sur un intérêt général. Suicide Squad sauve le monde pour un peu de confort dans une prison ou le droit de visite de la famille, ces sociopathes élevés à l’école de la rue manquent de caractères face à un scénario répétitif et lancinant. Si ce n’est de jouer lourdement sur le physique de son héroïne, le réalisateur David Ayer aurait pu éviter ce sentiment de lassitude en variant les combats, sans nous proposer toujours les mêmes monstres moches avec des plans insipides et des chorégraphies datées. La photographie est elle aussi assez fade, heureusement que le short d’Harley Quinn apporte un peu de couleur! Tout comme la bande originale de qualité qui varie les tonalités et différents artistes.

Nouvelle immersion chez DC Comics ratée avec un blockbuster sans impact, des personnages creux et insipides dont un Joker totalement effacé. Seul le mini-short d’Harley Quinn réussit à faire respirer les billets verts de cette super-production sans âme.

S.O.S Fantômes (2016) – 4.75/10



S.O.S. Fantômes

Réalisé par Paul Feig

Avec Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2016
4.75/10

Si ce remake était prédestiné à être un échec cuisant, il s’avère que la nostalgie de la saga fonctionne encore un soupçon. Cependant, soyons clair, il n’y a aucun intérêt de réaliser un tel film, surtout pour nous raconter la même rengaine! Mais le divertissement est a minima présent, je m’attendais à bien pire et ce remake aura peut-être le mérite de pousser la nouvelle génération à découvrir la genèse un peu vieillotte de la saga.

Commençons par ce qui est le plus populaire dans S.O.S. Fantôme: la musique. La célébrissime composition de Ray Parker Jr est de retour, quel bonheur! Mais, oh! sacrilège elle a été remixé, tout comme la totalité des personnages du film. En effet, on prend les mêmes, on change leur genre et on recommence. Ainsi l’équipe masculine devient féminine et si l’axe de vision d’un monde moderne est la volonté de ce remake, la profondeur du récit est assez pauvre, il n’y a plus d’âme dans ce blockbuster « new generation » aseptisé. Le côté fantasmagorique significatif aux films originaux ne fonctionne plus. Autant voir des vortex et des apparitions fantomatiques dans l’ancienne version avec une architecture atypique permettaient de nous projeter pleinement dans l’aventure, autant ici l’idée de se retrouver dans un musée à chasser des poltergeists est bien mauvaise et surtout sans aucune ambition. On aurait aimé que les scénaristes prennent plus de risques afin de nous offrir une intrigue plus fouillée et un réalisateur qui travaille plus l’ambiance de sa mise en scène. On vient voir Ghostbusters pour chasser du fantôme avec le sourire… et pas sourire des fantômes!

Melissa McCarthy prend trop de place dans ses films. Elle vulgarise ses personnages et devient assez pénible à suivre s’enfermant dans des rôles assez similaires. L’accoutrement de Kate McKinnon en (Don)intello est d’aucune utilité et l’intégration forcée de Leslie Jones est totalement bancale, il fallait mettre un peu de couleur dans ce quatuor, me dira-t-on, histoire de rester fidèle au passé. Seule, Kristen Wiig, plus discrète, se fond dans un personnage plaisant par sa sobriété. Chris Hemsworth reprendra le rôle de la secrétaire idiote à l’origine interprété à l’origine par Annie Potts et devient finalement le personnage le plus drôle. Crétin mais amusant, on apprécie chacune de ses répliques et sa façon de rire de lui-même! Enfin quelques guests viendront cachetonner comme Andy Garcia, ou au mieux célébrer l’hommage d’un film devenu culte avec l’apparition des 4 anciens Ghostbusters (et oui Harold Ramis apparaît sous la forme d’un buste en bronze) et de Sigourney Weaver. Enfin, on n’oubliera pas les nombreux clins d’œil présents entre l’envolée du Bibendom ou de celle de Bouffe-tout.

M’enfin! La bonne surprise du film, car il y en a une, est la transfiguration du fantôme mythique que l’on trouve sur le logo du film. Lui qui s’est imposé sur les affiches du film depuis plus de 30 ans et qui n’avait jamais fait son apparition dans le film, se voit ici enfin prendre vie. Une joie de le voir grandir et se mouvoir avec une texture toute douce alors que son allure est semble si méchante! Mouhahaha! Son design était prédestiné à être mis en avant, voilà une chose dorénavant faite. Certainement, la seule bonne idée du film!

S.O.S. Fantômes (2016) surfe sur l’héritage d’une vieille saga mythique, mais son dépoussiérage lui enlèvera toute son âme. Le casting, ses guests et son pauvre scénario manquent d’ambition pour qu’on puisse s’en rappeler encore dans 30 ans. Cette version « New Génération » n’a aucun intérêt si ce n’est de voir l’émergence de Rowan’s Ghost, l’iconique fantôme qui s’est enfin décollé de son affiche.

Sausage Party (2016) – 7.5/10



Sausage Party

Réalisé par Conrad Vernon, Greg Tiernan

Avec Seth Rogen, Kristen Wiig, Jonah Hill
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7.5/10

Afficher l'image d'origineIrrévérencieux le film d’animation Sausage Party est enfin disponible en France alors qu’il ne devait pas voir le jour au cinéma à cause de ses propos vicieux et osés. Les parents d’un jeune public non averti auraient pu être consterné face aux hilarantes animations d’une saucisse qui ne rêve que d’une chose: rentrer dans son amie le pain viennois. Tout est sous-entendu, les références sexuelles sont multiples et les répliques assez drôles. On retrouve l’énergie et l’émulation de l’équipe de Seth Rogen, qui avait déjà pas mal visé en dessous de la ceinture le film The end. Pour pleinement apprécier le film, faudra bien réviser le langage pornographique pour y découvrir une multitude de références.

Les personnages ne sont pas tous intéressants mais leurs morphologies sont bien pensées au profit du scénario. Le petit clin d’œil du malabar mâchouillé en la personne de Stephen Hawking est bigrement plaisant dont la mythique scène du fusil à pompe faisant référence au T-1000.

Graphiquement c’est très lisse, on sent que le budget est bien loin des super-productions Pixar. Ici, ce sont les propos qui sont mis en avant, bien plus que le côté technique. C’est du grand Dixar (contraction de Dick & Pixar). Cependant quelques scènes sont agréablement bien pensées. Lorsque le monde coloré des fruits et légumes se retrouve au milieu d’une apocalyptique scène de guerre, on est surpris de voir une ambiance s’installer et on regrette même de pas la voir un peu plus s’éterniser. On appréciera aussi la scène cruelle des découpes de légumes, segmentant nos chers petits personnages. Mais c’est l’ultime scène qui reste la plus mémorable dans une orgie de produits de notre quotidien, aussi drôle que scabreuse.

Si tout n’est pas pleinement réussi, le film a le mérite d’être original, ciblant uniquement un public adulte qui saura apprécier les divergents propos des personnages. Techniquement ce n’est pas parfait mais l’équipe de Seth Rogen semble s’amuser dans un délire propre à eux, réalisant ici une œuvre animée acide et notable.

Doctor Strange (2016) – 6/10



Doctor Strange

Réalisé par Scott Derrickson

Avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
6/10

Nouveau personnage de chez Marvel porté à l’écran, Doctor Strange lorgne fortement dans le cinéma fantastique, plus que du super-héros. Force est de constater que le schéma narratif de la naissance d’un super-héros est bien huilé chez Marvel. On y découvre l’insatiable homme qui va se transformer rapidement en super-héros, et même plus ici en un magicien-sorcier. A croire que Strange prédestiné son nom de scène!

Si la première partie, dans son bon rôle de docteur égocentrique est de bonne facture, la seconde partie, retranché sous sa cape de super-magicien, est parfois balourde et maladroite. Dès son entrainement auprès des sages mystiques népalais, le spectateur reste sceptique, on n’y croit plus. Ses capacités à connaitre les secrets d’un monde caché fait de dimensions alternatives sont trop précipitées, alors que pendant ce temps-là d’autres « moines shaolin » tente de s’entrainer depuis des années pour acquérir ce que Strange réussira en quelques heures. Il faut faire preuve de philosophie au risque de rester sur la touche. Les ouvertures de portes temporelles semblent tellement éloignées de notre monde que notre spiritualité est fortement mise à contribution.

Afficher l'image d'origineTout est question de temps. On aurait crié au génie si le film était sorti une décennie plus tôt. Cependant Marvel s’efforce de toujours satisfaire le plus large public possible. Ainsi Doctor Strange n’est pas qu’un film fantastique, il mêle de la science-fiction et beaucoup d’humour. Ainsi, les petits pics comiques permettent de laisser en éveil le spectateur avec le sourire. Mais la cape vivante qui sort de nulle part et qui ne sert qu’à faire des blagues ne crédibilise pas vraiment le personnage. C’est sympa, au risque parfois d’être ridicule. Heureusement le personnage joué par Benedict Cumberbatch conserve son sérieux et son statut de Doc, même si l’apparence de Strange reste bien plus charismatique que son propre interprète. Le reste du casting est de qualité même si pas toujours à sa place dans ce film. Tilda Swinton réussit de nouveau à totalement se métamorphoser dans un rôle qui lui va finalement pas trop mal. Le méchant Kaecilius interprété par Mads Mikkelsen est toujours plaisant à voir au cinéma, même si ce n’est pas ce genre qui lui correspond vraiment. Il fait le « taf » aidé par de sacrés effets numériques. En effets, les CGI sont véritablement renversants, dont la technique plus que convaincante nous laissant à la limite de l’attraction visuelle. Les renversements de décors inspirés d’Inception foisonnent à l’écran, nous hypnotisant parfois la rétine avec quelques soulèvements d’estomac (rires).

Le plus difficile est de se convaincre de ces multi-univers aux couleurs criardes dans lequel notre magicien va et vient à sa guise. De plus, il manque l’enjeu qui met en péril le personnage, comme la majorité des Supers de chez Marvel, même si le compositeur Michael Giacchino appuiera musicalement certaines séquences. La scène du bullet-time inversée est cependant la bonne surprise du film, le clou du spectacle. Techniquement, ILM renforce son statut de « supernova » de l’effet spécial depuis 40 ans. Une compagnie qui a su évoluer avec les impératives évolutions techniques, espérons que Marvel fera de même avec ses multiples phases héroïques.

Principal personnage spirituel de chez Marvel, Doctor Strange est un personnage mystique qui peine à nous convaincre. Il a le mérite d’apporter une touche de fraicheur dans un monde visuel très créatif, malheureusement noyé dans une accumulation d’adaptation cinématographique de super-héros.

Alice de l’autre côté du miroir (2016) – 7/10



Alice de l'autre côté du miroir

Réalisé par James Bobin

Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Anne Hathaway
Pays:   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 53 min
Année de production : 2016
7/10

Afficher l'image d'origineAlice de l’autre côté du miroir est une jolie curiosité esthétique et divertissante approchant le monde du premier opus réalisé par Tim Burton. Inspiré du livre de Lewis Caroll écrit 1872, qui fait lui-même suite au livre d’Alice au pays des merveilles publié 7 ans plus tôt, c’est James Bobin qui se colle à la réalisation, sous le regard de son producteur Burton.

Si le premier film avait une approche finalement très fidèle du livre mais aussi de l’œuvre que nous connaissions tous, celle de Disney, cette suite a le mérite d’apporter un regard nouveau sur le conte d’Alice. Il permet, tout en conservant un monde fantasmagorique, d’approcher les personnages plus en profondeur. Ainsi, Iracebeth, la Reine Rouge n’est pas méchante parce qu’elle est née méchante. On y découvre les rivalités qu’elle entretient avec sa sœur, Mirana, la Reine Blanche, et sa métamorphose physique et caractérielle. Du côté de Tarrant Hightopp, c’est pareil, on approfondit sa personnalité et son devenir à devenir Le Chapelier Fou.

La manipulation de la « Chronosphère » détenue par « Le temps » interprété par Sacha Baron Cohen dévoilera une mise en scène au scénario habile. Ainsi Alice remontera le temps et rendra l’œuvre complète et intéressante. Le plus appréciable dans cette suite est de retrouver la totalité des acteurs du premier film. Ainsi Alice renfile ses ballerines blanches pour aller retrouver une multitude de personnages colorés dont le divaguant Johnny Depp et la folie d’Helena Bonham Carter. Cependant, il ne faut pas être récalcitrant aux images contrastées du film, usant parfois d’artifices trop pigmentés. Dès lors où Alice navigue à travers le temps, on se retrouve dans un monde peu palpable, dans les limbes du numérique laissant ancrer le film dans l’imaginaire de son auteur, loin de la réalité du spectateur. Un doux rêve qui nous permet de retrouver Alice et d’en connaitre aisément son environnement, sous la tonalité évidente de Danny Elfman.

Cette suite se déclare être une jolie aventure avec des personnages hauts en couleur. Ainsi Alice et ses comparses dévoileront un peu plus de leur personnalité que l’œuvre première connue de tous. La sophistication des images peut en laisser quelques-uns de l’autre côté de l’écran, mais on appréciera sa morale sur le temps, celui qui court et qui nous interpelle quand on se retourne vers lui.

X-Men: Apocalypse (2016) – 7/10



X-Men : Apocalypse

Réalisé par Bryan Singer

Avec James McAvoy, Jennifer Lawrence, Michael Fassbender
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2016
7/10

Bryan Singer converti en Stan Lee de l’audiovisuel pour la saga X-Men. Sur deux trilogies (sans parler des spin-off et de son implication en tant que scénariste et producteur), Singer réalise déjà 4 films autour de la célébrissime saga de comics X-Men. Maniant avec dextérité les multiples personnages, Singer arrive encore à nous divertir! Pourtant, la lassitude autour des super-héros se fait ressentir et il n’est pas évident d’innover dans le genre. Deadpool, spin-off de la saga, y est arrivé avec magnificence ce printemps, X-Men Apocalypse ne fera que continuer à approfondir son univers et ses personnages aux multiples pouvoirs.

Afficher l'image d'origineAu départ, le scepticisme s’installe, avec un générique ultra moche et une redite qu’on n’a pas foncièrement envie de subir. Heureusement, l’intrigue après une demi-heure de film prend du sens et les effets numériques semblent bien plus soignés, à moins que notre cerveau combiné à notre œil irrité s’accommode des couleurs vives de nos super-héros! En effet, au-delà des nombreux clins d’œil aux anciens épisodes, les scènes d’action à foison nous agacent parfois, laissant un film certes rythmé mais trop long. Quand on a vu une salve d’explosion, on est plus très impatient de voir la clôture du feu d’artifice, on est finalement vite rassasié d’effets numériques en tous genre.

L’insertion dans le récit d’un dieu égyptien va difficilement convaincre les incrédules et condamne le scénario au rang des histoires de super-héros hyper banales, démontrant toujours la même rengaine du bon face au mal. Apocalypse n’est qu’un méchant parmi les autres. Cependant, si le film se retrouve finalement assez brillant, c’est grâce à la construction de ses personnages et essentiellement des deux protagonistes anthologiques de la saga X-Men, Professeur Xavier et Magneto, qui arrivent même à nous faire oublier Wolverine. On apprécie de voir la construction des personnages, rendant ces mutants plus humains en dévoilant toute la genèse de leur intégration dans l’école de Xavier ou leur engagement dans le sombre côté obscur.

La scène de Vif argent est de nouveau la scène la plus réussie et la plus drôle. L’effet ralenti permet de nous poser dans une scène d’action détonante, rythmé par Eurythmics avec son célébrissime Sweet Dreams (Are Made Of This). On apprécie de voir la cinématique et la dynamique des objets flotter dans un espace ardant, humainement invisible à vitesse réelle. Le fauve, Mystique, Cyclope, Tornade et autres comparses sont finalement tous attachants, certainement parce qu’on a l’impression de les avoir vus grandir. Jean Grey est finalement celle qui a le plus du mal à nous convaincre, surtout quand on découvre sa faculté à tout détruire rapidement, un atout majeur pour détruire plus rapidement Apocalypse. Famke Janssen a été trop importante dans ce personnage, ne laissant finalement peu de place à sa nouvelle interprète plus jeune: Sophie Turner. Enfin, Psylocke semble être le personnage un peu oublié. Elle arrive un peu soudainement, elle ne laisse pas indifférent face à sa tenue sexy et sa jolie plastique, mais elle ne sera aucunement approfondie, laissant croire qu’elle n’est là que pour apporter une pointe de féminité dans ce monde de brutes.

La multiplicité des personnages rend la saga riche. Même si le redondant manichéisme du « bon » contre le « mal » perdura dans le monde des super-héros, on apprécie la volonté de Bryan Singer à approfondir ses personnages, à l’image du concepteur des X-Men, Stan Lee. On parle bien ici d’une saga, laissant place à une grande famille digne de la lignée d’une dynastie… dans le monde de chez Marvel.

Crimson Peak (2015) – 7.5/10



Crimson Peak

Réalisé par Guillermo del Toro

Avec Mia Wasikowska, Jessica Chastain, Tom Hiddleston
Pays:   Canada,   États-Unis
Genres : Mystère, Thriller, Fantastique, Horreur, Drame
Durée : 1 h 59 min
Année de production : 2015
7.5/10

Le simple nom de Guillermo Del Toro suffit pour déplacer les cinéphiles, devenu une valeur sûre du cinéma de genre.

Avec une photographie contrastée, des décors travaillés et un rendu somptueux dépeignant de superbes tableaux, Crimson Peak est une œuvre soignée à l’ambiance envoutante. Le ton est à la croisée d’un film d’épouvante loupé, d’une comédie romantique gothique et d’un conte fantastique joliment scénarisé. Si les fantômes sont complètement accessoires à l’intrigue et que le film a du mal à s’installer, dès lors où nous sommes à Crimson Peak, on est autant captivé par l’histoire que par l’ambiance.

Afficher l'image d'origineLa fascination du réalisateur pour les démons du passé nous laisse dans le doute, sans savoir si les apparitions fantomatiques du poltergeist, joliment  animées, font partie du cœur de l’intrigue ou resteront au stade d’indices finement dissimulés. Le film est composé de quelques manques scénaristiques. On se questionne sur l’intérêt de la terre rouge laissant penser que le sang surgit de la terre, les ficelles un peu facile autour de la découverte du phonographe ou de savoir comment la mère à su qu’un mystère se cachait à Crimson Peak. Rien de bien fatale au film, mais il aurait nécessité d’être un peu plus profond pour être parfait.

Jamais angoissant, on regrettera de ne pas être plus terrorisé, sans pourtant chercher à sursauter. Pourtant, Jessica Chastain a de quoi nous terroriser dans sa sensationnelle performance de sœur possessive dont le caractère et l’impatience ne laissent malheureusement peu de place au mystère qui gravite autour de cette maison familiale. Tom Hiddleston campera un personnage finalement trop sobre, sans caractère, affaibli par sa sœur autoritaire et surtout bouffé par la performance de cette dernière. Coiffé par sa sombre, il n’arrivera pas à se détacher de son rôle de Loki alors qu’il avait ici un rôle aussi mystérieux qu’intéressant. Enfin, Mia Wasikowska est un peu fade mais la diversité des caractères permet de relativement bien intégré chacun d’eux dans l’intrigue, rendant le film très cohérent.

Guillermo Del Toro signe un thriller gothique à l’esthétique soignée dont l’atmosphère est l’atout majeur du film. On appréciera les quelques révélations autour d’une intrigue assez lugubre, même si on aurait aimé être plus inquiété dans une approche un peu plus profonde.