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Tu ne tueras point (2016) – 7.5/10



Tu ne tueras point

Réalisé par Mel Gibson

Avec Andrew Garfield, Sam Worthington, Vince Vaughn
Pays:   Australie,   États-Unis
Genres : Drame, Histoire, Guerre
Durée : 2 h 11 min
Année de production : 2016
7.5/10

Après quelques frasques à Hollywood, Mel Gibson revient à la réalisation avec Tu ne tueras point, le film de la rédemption pour le cinéaste!

Ce biopic héroïque commence de façon très mielleuse, parfois désuète avec une histoire d’amour qui semble bien fade et idéaliste. Une introduction qui laisse entrevoir les obsessions christiques de Mel Gibson mais pas nécessairement la noirceur du terrain dans lequel il va se confronter.

Desmond Doss joliment joué par Andrew Garfield, ira de son pouvoir de persuasion pour sauver son prochain, pleinement convaincu par ses valeurs et principes, incomprises par certain. Tout comme ce héros en herbe, le spectateur va rapidement se retrouver dans l’enfer du Pacifique. Soudain et violent, l’idéaliste pacifiste va vite se confronter à l’ultra-violence de la guerre. Ca envoie du lourd, c’est saignant à point, nous rappelant le débarquement du chef-d’œuvre de Steven Spielberg.

Si le réalisateur nous invite à adopter le point de vue d’un homme qui décide, envers et contre tous, de rester fidèle à ses principes, il n’oubliera pas de montrer les morbides combats d’une guerre sans merci, sans foncièrement prendre parti pour un des deux camps. Mel Gibson ne se censurera pas en dévoilant des images marquantes tout aussi esthétiques que glaçantes. La photographie rend grâce aux images. Nous sommes pleinement ancrées dans les tranchées à tenter de vouloir se protéger des balles qui fusent!

Andrew Garfield ira de son œil larmoyant titiller l’émotion du spectateur. L’héroïsme de l’homme fait bascule avec la noirceur de la guerre. Les scènes au bord du ravin sont captivantes. Les cordées « de la survie » sont spectaculaires étant la seule issue possible pour les soldats. Le contraste est brutal, comment des hommes peuvent se faire exploser la gueule pendant que d’autres essayent de sauver son prochain? Tout est une question de conviction, profondément marqué par la foi du réalisateur. Un film tout aussi contrasté qu’émouvant, il n’en fallait pas moins pour oublier la taciturne introduction.

Un film coup de poing entre conviction pacifiste et sombre violence d’une lacérante guerre. Une déflagration d’images poignantes, terrifiantes et fascinantes adoucies par la foi d’un homme qui tente de conserver ses valeurs christiques. Amen!

Sully (2016) – 8/10



Sully

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2016
8/10

Afficher l'image d'origineRetraçant l’amerrissage du Vol 1549 du 15 Janvier 2009, Clint Eastwood réalise un film simple et véritable. Sublimé par Tom « Capitaine Philips » Hanks qui reprend le rôle du pilote Chesley Sullenberger, le personnage de Sully est joué en toute humilité et sensibilité. Tom Hanks est un homme attachant et son personnage l’est tout autant, avec toute la sincérité et le courage qui le caractérise.

Le film exploite la bataille de l’humain face à une bureaucratie féroce qui cherche à imputer au pilote la perte matérielle d’un avion, alors que celui-ci réussit à sauver 155 vies dans un amerrissage héroïque. Un peu comme Flight sorti en 2013, Sully reprend les mêmes ressorts ubuesques sauf que l’histoire est ici vraie. Le réalisateur Clint Eastwood réussit efficacement à mettre en avant toute l’inertie administrative qui oublie parfois la force héroïque du pilote à poser son avion dans des conditions alarmantes. Le film aurait pu se résumer à un simple amerrissage, mais l’intelligence du scénario est de dévoiler les différents points de vue de cet acte héroïque. Ainsi qu’on soit à bord ou à l’extérieur de l’avion, on y ressent chacune des émotions tout en comprenant les enjeux de chacun.

Clint Eastwood réalise ici un film hommage efficace en toute simplicité mettant en avant toute la désolation d’une bureaucratie américaine indélicate et pas toujours reconnaissante. Un plaisant biopic d’un « anonyme » pilote expérimenté qui a réalisé le miracle de l’Hudson en sauvant 155 vies en 2009.

Steve Jobs (2016) – 5.5/10



Steve Jobs

Réalisé par Danny Boyle

Avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen
Pays:   États-Unis
Genres : Histoire, Drame
Durée : 2 h 02 min
Année de production : 2015
5.5/10

Afficher l'image d'origineContrairement au film de 2013, ce biopic décrypte plus la psychologie de Steve Jobs. C’est plus l’homme que l’inventeur qui est mis en exergue dans la mise en scène bouillonnante de ses meetings qui généraient de multitudes griefs entre chaque individu qui a contribué à faire de ce qui est Apple. Steve Jobs est un homme difficile, torturé, on y découvre sa paternité rejetée, sa volonté d’être un homme solitaire, complexe à domestiquer d’un point de vue professionnelle. Un caractère sombre qui lui a autant fait perdre quelques combats mais qui ne l’empêchera pas de revenir sur la scène pour reconquérir son entreprise. Jobs est déroutant, fascinant par son travail, repoussant par son caractère. Il n’empêchera pas de laisser une forte impression dans le monde technologie d’aujourd’hui. Le fruit qui laissera encore longtemps murir ses produits de haute technologie dans les mains d’une population connectée devenue totalement dépendante.

Le problème de ce biopic c’est qu’il est tellement riche et bavard, que sur la première heure on a du mal à comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire. Les enjeux sont difficilement palpables car le film ne présente pas les origines de Jobs et tous les intervenants qui gravitent autour d’Apple. Ainsi ce biopic est pleinement en complémentarité avec le film de 2013, comme si nous abordions l’homme sur des moments de vie et une appétence différente. Les palabres sont douloureuses, surtout quand on cherche à comprendre la naissance d’un inventeur qui n’est pas le cœur du sujet abordé. On découvre sa forte relation avec son attachée de presse, interprétée en toute sobriété par la douce Kate Winslet. Tout comme, sa paternité qu’il n’assume pas et son regard froid sur sa vie de famille, face à sa fille totalement éteinte par l’imposante célébrité grandissante de ce dernier. Michael Fassbender mime son personnage. Le physique aidant il va se fondre dans son personnage de façon efficace, même si le charisme de l’acteur nous empêche de totalement percevoir Jobs dans son interprétation, nous détachant parfois du biopic dans lequel il se réfère.

Le film Steve Jobs retranscrit efficacement toute l’obsession et la rage de réussir qui habitent le visionneur d’Apple. Un peu trop bavard et totalement complémentaire au biopic de 2013, le film décrit plus la psychologie de l’homme que l’inventeur, affaiblissant la genèse de la juteuse pomme.

Jobs (2013) – 7/10



Jobs

Réalisé par Joshua Michael Stern

Avec Ashton Kutcher, Dermot Mulroney, Amanda Crew
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2013
7/10

Afficher l'image d'origineBiopic qui se penche sur un des hommes les plus influent de la fin du dernier siècle, celui qui mènera Apple à devenir une des plus grandes entreprises du monde. Alors faut-il voir ce film comme une simple histoire d’un savant complexe qui tétanise autant qu’il ne fascine ou d’une véritable biographie d’un génie qui a pensé le téléphone qu’on possède tous dans notre poche ou de l’ordinateur mythique symbolisé par une pomme?

Le film Jobs montre l’ascension d’un homme solitaire et illuminé, ambitieux et impertinent. L’intrigue dévoile l’évolution de ce « manager », en marge d’un système universitaire, et qui arrive à se nuire lui-même par la volonté de tout contrôler. Confronté à ses désillusions, sa relation avec le PDG d’Apple, ex-patron de chez Pepsi, qu’il a pourtant imposé, devient le nerf de la guerre. On comprend aisément ses déceptions face à sa relégation de son propre univers. S’ensuit, sa période creuse chez Next, jusqu’en 1997. Mais sa réinsertion dans la firme est le réjouissement d’une longue attente, se transformant en une vengeance bien amoncelée d’un homme qui gagnera le cœur de ses clients, bien plus que celui de ses associés.

Ashton Kutcher se fond avec une certaine efficacité dans le rôle du jeune et frêle Steve Jobs. Ses déplacements, son regard et ses accoutrements nous rappelle l’homme à lunettes, même s’il n’était pas dans cette période encore grisonnant et aussi populaire qu’il ne l’était à sa mort – bien déjà connu dans les années 80 comme le grand rival de Bill Gates. On regrettera cependant de ne pas entrevoir sa toute-puissance, son génie et son ascension (peut-être sans embuche) en tant que co-fondateur d’une autre petite entreprise: Pixar! De même que sa psychologie est malheureusement ici pas assez approfondie, le vrai visage de l’homme semble être adouci, même si la version de 2016 se chargera de creuser un peu plus le personnage en devenant complémentaire à ce film. Le réalisateur réalise un biopic hommage et instructif autour de l’émancipation de l’entreprise la plus profitable au monde. Jobs l’a eu sa vengeance sur Microsoft! Qui l’eût cru?

Jobs a su croquer la pomme du bon côté, même si elle conserve un gout amer face à un homme décadent et obstiné. Un film qui rentre dans la ligne directrice des biopics des grands fondateurs du XXème siècle et du célébrissime rêve américain.

Land of Mine (2016) – 8.25/10



ecranjunior

Land of Mine

Réalisé par Martin Zandvliet

Avec Roland Møller, Mikkel Boe Følsgaard, Laura Bro
Pays:   Allemagne,   Danemark
Genres : Drame, Guerre, Histoire
Durée : 1 h 50 min
Année de production : 2015
8.25/10

Afficher l'image d'origineBooM! Aimeriez-vous vous faire surprendre? Méconnu des livres d’histoire, lors de la Seconde Guerre mondiale, les hommes tombés au combat vont alors laisser derrière eux des champs de mines sur les territoires ennemis. Dès lors où sonne la fin de la guerre, les jeunes Allemands, prisonniers d’après-guerre, réquisitionnés par les Alliés vont devoir désamorcer près de deux millions de mines qui somnolent sous terre en attentent d’être déminées ou d’exploser. Un sombre chapitre de l’Histoire du Danemark dont la haine viscérale de l’envahisseur va être confronter au regard philanthropique de l’homme.

C’est d’abord sans compassion aucune que le Sergent Carl Rasmussen envoie quatorze garçons sur les plages danoises où un seul faux-pas peut être fatal. On le sait et on l’attend, l’explosion peut être soudaine. Dès les premiers entrainements, le réalisateur joue avec nos nerfs. Chaque soldat va désamorcer une mine sous notre regard impuissant. Sous tension, nous écoutons les grains de sable s’enrailler dans le filetage du bouchon hexagonal qui va permettre d’atteindre la tête de persécution. Tout en gardant son sang-froid, en maniant autant la délicatesse que la rapidité, nous attendons le moment où le détonateur est isolé, pour se pencher sur une prochaine mine! Et là où la mise en scène est judicieuse c’est que lorsqu’une mine explose, même si on s’y attend, on sursaute!

La relation entre le sergent et les jeunes adolescents va rapidement prendre de l’ampleur pour devenir le centre du film. La tonalité est extrêmement juste. Entre l’acharnement et l’attendrissement, il faudra du temps pour que les intentions basculent. La haine contre l’ennemi qui a tué pendant des années est compréhensible. Derrière ces regards se cachent des jeunes garçons parfois innocents, envoyés par leur nation, pour combattre l’ennemi. Au-delà du défi technique, on se pose consentement la question sur cette façon archaïque de déminer les charges. On aurait pu penser faire rouler des bidons sur la plage, faire traverser des véhicules poussant à l’avant une charge pour déclencher les bombes. Mais, c’est à plat ventre que ce déminage se transformera finalement en véritable vengeance.

La mise en scène est sobre confortée par une splendide photographie rendant les magnifiques paysages de sable blanc éclatants, avec de jolis plans aériens, sans oublier toute la terreur enfouie en dessous. Si les déflagrations surprenantes ont des conséquences sanguinolentes, elles sont nécessaires pour comprendre cette guerre, qui fut fatale pour beaucoup d’hommes. Outre un sans-faute sur la photographie, le scénario révèle des personnages inspirés. Si la totalité des jeunes sont remarquables dans leur rôle, on est encore plus impressionné par l’interprétation du sergent Rasmussen joué avec étincelant Roland Møller. Froid, menaçant mais humain, il est révèle un film qui offre un message de paix et d’empathie envers les ennemis d’hier et soulève la question de la transformation de la haine en empathie dans un monde qui n’est que chaos et destruction. De quoi nous laisser songeur quand on sait que l’œuvre a été reporté en Belgique pour cause d’attentat.

Ode à l’humanité, Land of Mine surprend par ses détonations mais aussi par ses émotions. L’ennemi est avant tout un homme et quand il est jeune et insouciant, difficile de ne pas s’attacher. Le film réussit le pari d’exorciser cette sombre page de l’après-guerre, avec un sentiment d’apaisement face à la leçon de vie que le réalisateur nous enseigne. Une œuvre explosive et cruelle, aussi pédagogique qu’intense.

Nixon (1995) – 6/10



Nixon

Réalisé par Oliver Stone

Avec Anthony Hopkins, Joan Allen, J. T. Walsh
Pays:   États-Unis
Genres : Histoire, Drame
Durée : 3 h 32 min
Année de production : 1995
6/10

Après l’excellent JFK autour de la vie John Fitzgerald Kennedy et avant W., l’improbable président développant la vie de George W. Bush, Oliver Stone s’est attardé en 1995 sur le biopic de Richard Nixon, figure politique des États-Unis détestable et mal appréciée du grand public. Si le film se veut dense autour du président de la première puissance mondiale, il en reste pas moins long livrant un regard froid et désabusé d’une partie de l’histoire des États-Unis.

Afficher l'image d'origineA travers les grands événements de la politique US de l’époque (révisez un peu votre histoire pour pleinement l’apprécier), on suit toute l’évolution du président Richard Nixon. De ses doutes dans les années 50 après avoir été le vice-président d’Eisenhower à son échec aux élections contre Kennedy, la vie tourmentée de Nixon, qu’elle soit publique ou privée, est complexe. La politique extérieure de l’époque, en pleine guerre froide, n’était pas non plus très aisée. Entre les conflits avec l’union soviétique, l’attaque de la baie des cochons à Cuba, et d’intenses négociations dans l’implication des E-U dans la guerre du Viêt Nam avec un massif bombardement au Cambodge estimé à un nombre plus important que les bombardements des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, le président Nixon n’avait pas une popularité exacerbée, bien qu’il pût s’offrir un second mandat à la présidence. Cependant, bien que le film soit fortement documenté et dense, il a quelques manques autour de la conquête spatiale qui aurait apporté une touche moins sombre au mandant de Nixon avec le « plus important appel téléphonique jamais passé depuis la Maison-Blanche » entre spationautes et président (ndlr: même si ce dernier n’a pas maintenu après coup le financement élevé de la NASA). Loin de se concentrer uniquement sur l’affaire du Watergate, on est assez frustré de ne pas en voir assez d’interacteurs sur cette sombre affaire avec l’absence de l’implication de l’informateur Gorge profonde. Il est dommage d’avoir pris beaucoup de temps sur la naissance politique de Nixon, sans forcer le trait sur sa mort. C’est quand même l’affaire qui conduira Nixon à démissionner le 9 août 1974 afin d’éviter sa probable destitution en perdant la plupart de ses appuis politiques.  Les écoutes téléphoniques existent mais sont mal introduites, faute de connaitre pleinement tous les enjeux politiques de l’époque. La relation amicale qu’il entretient avec le FBI et J.Edgar Hoover, les différends avec sa femme et certains personnages complexes nous dépassent parfois.

Incarné par un impeccable Anthony Hopkins, Nixon affecté par sa personnalité reste un politicien mystérieux et incompris. Hopkins ne se livrera pas dans une caricature du personnage, il est véritable en reprenant la gestuelle et les manies du président avec une placidité incroyable. Le réalisateur, Oliver Stone parle d’un pays qu’il admire avec toute sa complexité politique pour en retranscrire toutes les vérités de l’histoire, en tout cas celle qu’il s’est approprié en tant que Républicain. L’important travail de documentation réalisé en amont crédibilise l’ensemble, mêlant images d’archives et scènes de dialogues tourmentées. Il aurait peut-être fallu raccourcir le tout pour le rendre à la fois plus dynamique, moins dense et surtout moins long sur un président qui a de toute façon un effet synergique moindre qu’un JFK, d’où le manque parfois d’intérêt de la naissance politique du président.

Entre réalisateur et historien politique, Oliver Stone poursuit sa radiographie de l’histoire des États-Unis en livrant un biopic dense et documenté sur le scandale du Watergate qui a touché un pays branlant et un président aussi antipathique qu’apitoyant, nous laissant parfois passif face à la longueur du récit.

Imitation game (2015) – 7.75/10



Imitation Game

Réalisé par Morten Tyldum

Avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode
Pays:   Royaume-Uni
Genres : Histoire, Drame, Thriller, Guerre
Durée : 1 h 54 min
Année de production : 2014
7.75/10

Afficher l'image d'origineInscrit sur la Black List en 2011 comme étant le scénario inadapté qui donne le plus envie d’être produit, c’est en 2013 que l’équipe du film s’affaire au personnage de Turing et sa mythique machine Enigma. Exactement l’année où la reine Elizabeth réhabilitait, à titre posthume, l’implication de cet homme pour son rôle essentiel et indispensable durant la guerre. Les chemins, entre cinéma et réalité, se croisent afin de développer un film autour d’une histoire vraie qui n’allait certainement pas passer inaperçue.

Même si les scénaristes prendront quelques libertés par rapport à la réalité, le scénario apporte pas mal d’informations sur ce volet de notre histoire, jusque là peu connue et qui a le mérite d’être conté ici solennellement. Si Hitler a fait couler beaucoup d’encre, de sa dictature à sa mort présumée souvent remise en question, l’histoire de Turing n’a jusque là pas fait autant d’émule. Et pourtant c’est autour de ce véritable héros de guerre que le réalisateur Morten Tyldum y consacrera près de deux heures de films. Avec un rythme lent, la composition orchestrale d’Alexandre Desplat et la photographie chaude autour d’un sujet glacial se combinent favorablement.

Un biopic réussi mais qui se s’écartera jamais du classicisme de ce genre de film. Entre tristesse, compassion et mérite, le courageux Turing, va réussir, avec toute la passion qui l’anime à défier les Allemands et leur fameuse machine de communication. Brillamment interprété par Benedict Cumberbatch, l’acteur livrera toutes les émotions d’un homme avec ses faiblesses et ses doutes. Liée à sa partenaire de travail jouée par Keira Knightley, le couple inassorti n’apporte pas grand chose à l’intrigue si ce n’est de conserver la réalité du sujet. Keira Knightley, creuse comme à sa grande habitude n’apporte aucune force à son personnage. Même Mark Strong qui se payera une coupe de cheveux aura plus de puissance qu’elle, en proposant un protagoniste ambigu sans savoir si il est de confiance.

Deux sujets tabous gravitent autour d’un unique homme et deviendront l’essence même d’un scénario habile et fort. Le premier sera le décryptage de la machine allemande Enigma, même si ça manque un peu de technique,  on appréciera d’y découvrir les origines de l‘intelligence artificielle qui stabiliseront la Seconde Guerre mondiale. Un travail retranscrit sobrement même si tout n’est pas à l’origine de cet homme. Le second sujet sera plus incisif, même s’il ne concerne que la vie de Tuning. En effet, à l’époque les tendances homosexuelles étaient interdites.  Sa castration chimique sur sa fin de vie (selon certaines rumeurs la raison d’un présumé suicide) est aussi dramatique que l’étouffement d’un travail remarquable, aujourd’hui reconnu d’utilité publique. Une non-reconnaissance absurde autour d’une sexualité dévoyée totalement illusoire de nos jours!

Un biopic d’utilité publique dans lequel on en ressort obligatoirement grandi. Imitation Game décrypte un volet de notre histoire par une démonstration habile des mathématiques pour devenir l’outil le plus profitable pour vaincre Hitler!

Nota: On remerciera au passage le créateur Turing, à l’origine de nos ordinateurs, sans qui vous ne pourriez pas me lire.

Pompeï (2014) – 3/10



Pompéi
Réalisé par Paul W.S. Anderson

Avec Kit Harington, Carrie-Anne Moss, Emily Browning
Pays :  Canada,   Allemagne,   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Drame, Histoire, Romance
Durée : 1 h 45 min
Année de production : 2014
3/10

Vendu comme un film catastrophe surtout par son affiche tapageuse, j’ai attendu l’événement autour de Pompéi tout le film. Mais au final c’est bien une catastrophe mais pas dans son genre. On est face à un péplum dont franchement je me souviens pas grand chose. Les combats avec des épées « en bois » sont médiocres, tout comme finalement le héros qui a oublié son charisme au vestiaire. Y a qu’Adewale qui s’en sort pas trop mal.

La partie péplum, tout comme la partie de destruction est regardable mais ça ne justifie en aucun cas un film. La partie catastrophe arrive après 75 minutes, nous livrant certes des images impressionnantes mais tellement déjà vu et tellement CGI-esque que ca donne pas bien envie de s’investir dans cette survie. Faudra m’expliquer aussi la méga vague qui s’abat sur la ville suite à la plongé des météorites dans l’eau, niveau crédibilité on y est pas du tout, même si derrière on peut penser au tremblement de terre en parallèle mais rien n’est montré. La fin à dos de cheval est caricaturale et cette love story qui s’installe pour finir sur une note sombre et poussiéreuse ne nous donne finalement pas l’espoir d’aimer plus le film.

Un film qui innove en rien, ni sur l’image, ni sur le scénario et les quelques acteurs bankables (Sutherland, Moss…) ne font que de la figuration histoire de faire croire à un grand film. On attendait mieux sur les dernières heures de Pompei.

Jimmy’s Hall (2014) – 4/10



palme

Jimmy's Hall

Réalisé par Ken Loach

Avec Barry Ward, Simone Kirby, Jim Norton
Pays :  France,   Royaume-Uni,   Irlande
Genres : Drame, Histoire
Durée : 1 h 49 min
Année de production : 2014
4/10

Adapté de la pièce « Jimmy Gralton’s Dancehall » écrite par Donal O’Kelly, Ken Loach réalise un film vrai mais pas bien intéressant. Il revient sur l’histoire mouvementée de Jimmy Gralton, un activiste communiste irlandais qui tentera d’ouvrir un dancing dans le comté de Leitrim.

Entre les villageois et l’église va se créer un gouffre face à cette » débande » qui se créée autour du dancing. Une révolte vraie mais malheureusement loin des préoccupations actuelles, le monde a changé et même si c’est l’histoire c’est quand même simpliste comme réflexion. Va s’en suivre des confrontations qui vont mettre en péril la construction du dancing et la « réhabilitation » de Jimmy dans son pays.

La réalisation est assez basique et le rire que le réalisateur a pu nous transmettre avec son précédent film est totalement oublié pour nous confronter à la réalité du pays. Placé en fin de marathon cannois, certes la qualité de Loach à créer des images est bien là mais le film n’intéresse pas. Les performances sont assez basiques et même si Barry Ward est mis sur un piédestal, il en reste pas bien mémorable.

Décevant, insipide et pas bien emballant, l’histoire irlandaise ne marquera pas les esprits à travers cette volonté d’apporter de l’exotisme dans ce monde conformiste et conservateur.

Dans l’ombre de Mary : La Promesse de Walt Disney (2014) – 7.5/10



Dans l'ombre de Mary La promesse de Walt Disney
Réalisé par John Lee Hancock

Avec Emma Thompson, Tom Hanks, Paul Giamatti
Pays :  Australie,   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Comédie, Drame, Histoire
Durée : 2 h 05 min
Année de production : 2013
7.5/10

Walt Disney est un grand personnage. Sa vie et tout ce qu’il a entrepris autour du cinéma fait parti aujourd’hui de notre patrimoine culturel. Il a su apporter des techniques de travail différentes avec un relationnel autour de la famille qu’aujourd’hui on reconnait encore dans son entreprise. J’ai eu la chance de visiter le Walt Disney Family Museum à San Francisco et je peux vous dire que quand on franchit la dernière salle blanche avec les œuvres de Walt et le magazine montrant Mickey qui pleure son créateur – son père – on ne peut qu’être touché et émerveillé par l’homme.

Tout comme le récent biopic d’ Hitchcock, le film ne développe pas la vie de Walt dans son intégralité mais s’oriente sur un moment de vie autour de la réalisation d’un film. Ici c’est sa lubie à vouloir depuis des décennies adapter le roman Mary Poppins de Pamela Lyndon Travers. Et on a beau avoir le monde a ses pieds, l’affaire est coriace pour le père Walt et ses équipes. On y découvre l’auteur du roman, cette femme au passé douloureux, rigide, autoritaire et sans concession va apprendre de Walt, comme lui en apprendra sur elle. On apprécie autant le caractère de « Walt » que les exigences de « Madame Travers » (cf. générique) souvent en total opposition.

Quoi de mieux que d’aller à DisneyWorld avec Walt Disney lui-même. Même cette idée lui parait futile et méprisable. Les souhaits qu’elle réclame seront difficilement accepté par Walt, pourtant il met tout son service pour aller dans son sens, petits gâteaux compris, mais on se rend quand même vite compte qu’une simple signature peut vite faire perdre toutes les exigences qu’elle avait émises.

Au départ, j’étais pas mal agacé par les va-et-vient entre le passé Australien et la vie actuelle de l’auteur. Je ne savais pas où le film voulez en venir, j’aimais juste l’idée d’être dans les studios face à ce début de production. Mais ce n’est qu’un véritable tremplin qu’on nous prépare, afin de mieux plonger dans l’émotion de cette vieille fille endurcie. Et puis on a l’impression d’en connaitre un peu plus de la magie autour du film Mary Poppins, même si ça ne change rien au film en lui-même.

Tout le casting est très bon. Pas de fausse note dans la mélodie. Tom Hanks toujours étincelant prend à merveille son rôle de Walt Disney. Certes les traits sont forcis, mais on a souvent l’impression de le voir en personne. Emma Thompson, enfilera sa tenue stricte et de bonnes familles avec magnificence. Colin Farrell qu’on a généralement moins l’occasion de voir dans ce type de rôle est pas mal non plus, étonnant à la première image mais ça passe bien. Et les seconds rôles, que ce soit le chauffeur ou les scénaristes nous plonge agréablement dans les années 60. L’émotion est présente, mais c’est la relation que Madame Travers a eu avec son chauffeur qui m’a le plus touché.

Certainement trop dense pour être raconté, la vie de Walt n’aura pas (encore) son biopic intégral. Dommage car vu l’homme ça peut qu’être intéressant de voir d’où il est parti (il en parle brièvement) et surtout où il est arrivé avec toutes ses créations qui ont marqué l’histoire. Quoi qu’il en soit ce moment de vie autour de Mary Poppins est bien retranscrit jusqu’à en apprécier les travers de Madame Travers.