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Premier contact (2016) – 8.5/10



Premier Contact

Réalisé par Denis Villeneuve

Avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Science Fiction
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2016
8.5/10

L‘audace de Denis Villeneuve en réalisant son premier film de science-fiction est de nous raconter certes une rencontre entre humains et extraterrestres mais d’y mêler une fable philosophique qui nous ébranle. Le réalisateur canadien arrive très souvent à tourmenter son spectateur avec un cinéma qui laisse libre à la réflexion. Avec Premier contact, il le fait habilement autour du rapport au langage et la manière dont il façonne notre mode de pensée et notre façon de percevoir le monde qui nous entoure. Ici, toute la structure de notre petit monde est déroutée. Les sonorités changent, la cryptographie n’a plus rien de conventionnelle, les scientifiques cherchent à traduire et nous, spectateur, sommes captifs devant ces recherches à vouloir comprendre la motivation première des Heptapodes. Comme s’ils étaient aussi sincères que véritables.

Afficher l'image d'origineLoin du pastiche de Roland Emmerich aka ID:4, Premier Contact prend son en envol et sa pleine puissance grâce à un scénario habilement construit. Adapté du roman écrit par Ted Chiang, intitulé L’Histoire de ta vie publié en 1998, l’intrigue nous plonge dans une atmosphère étrange, parfois complentative: le vaisseau en forme d’astéroïde à géométrie d’œuf, les couloirs sombres et aseptisés, une gravité déroutée et des êtres venus d’ailleurs totalement captivants tant ils sont « autres ». Il est appréciable de voir tout l’acheminement mis en œuvre pour tenter de comprendre une autre civilisation, sans qu’elles se rapprochent des classiques algarades avec les petits hommes verts. La photographie mettra en exergue l’habitacle des rencontres. Construit réellement en studio, on apprécie les décors, l’ambiance et surtout le faite de ne pas découvrir pleinement le mystère qui se cache derrière le « miroir ».

Si on n’a pas de précision sur ce qui adviendra dans 3000 ans, laissant aussi une longue réflexion sur la venue des Heptapodes, on se heurte à quelques incohérences minimes. En effet, alors que la scientifique Louise Banks met plusieurs  semaines à décrypter leur langage, devenant elle-même la clé de l’intrigue, elle communiquera ensuite dans notre langue alors que rien n’a été établie sur la traduction inverse des êtres venus d’ailleurs. De plus, dès lors où l’homme comprend à demi-mot les intentions des Heptapodes, les décisions sont un peu trop hâtives, dégageant un peu la sincérité de l’homme à vouloir se lier aux créatures. Toutes les clefs de lectures ne sont pas évidente, impliquant qu’on laisse voguer notre imagination et inspiration. L’oiseau en cage se révèle être un potentiel inexploité durant toute l’histoire mais nous laissera libre à imaginer qu’il est là en signe de paix ou tout simplement pour tester l’environnement dans lequel sont plongés les scientifiques. Amy Adams qui avait projeté de faire une pause dans sa  carrière, acceptera un rôle poignant. Elle contribue à rendre l’œuvre encore plus magique.  Denis Villeneuve laisse place à une bonne part d’interprétation et offre un spectacle extrêmement intéressant qui confirme que le réalisateur est un cinéaste complet et salutaire, la bonne recrue de ces dernières années.

Premier contact est une œuvre forte qui ne cherche pas à donner toutes les clés. Une vulgarisation scientifique intelligente sur l’échange qui nous pousse à modifier notre mode de penser et la perception d’un monde étendu. Denis Villeneuve confirme ici son talent de mettre en images n’importe quelle thématique avec force et brio.

Ninja Turtle 2 (2016) – 5.5/10



Ninja Turtles 2

Réalisé par Dave Green

Avec Megan Fox, Stephen Amell, Will Arnett
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 52 min
Année de production : 2016
5.5/10

L‘idée d’avoir des héros des bas-fonds de la ville personnifiés par des tortues ninjas, mangeuses de pizza, est absurde. Les réadapter au cinéma n’est pas ce qui est de plus brillant mais la fidélité à la BD et au dessin animé est à souligner. Le divertissement fonctionne plus ou moins et la nostalgie autour de personnages annexes qu’on avait oublié nous replonge en enfance, surtout quand on a grandi avec le dessin animé et le mythique jeu sur Nes.

L’humour est parfois très bête et infantilisant et même si le film est loin d’être mémorable dans son genre, il a le mérite de mettre en avant le terrible Krang, l’ennemi que l’on pensait inadaptable à l’écran.

L’influence de Michael Bay, même s’il se contente du fauteuil de producteur, se voit à l’image. La domination des effets numériques est toujours déstabilisante, surtout sur cette vision insupportable des tortues piquées à la testostérone. La répétitivité (devenant ici un gimmick) de certaines scènes « Made in Bay » se fait de nouveau ressentir. Entre combats au sommet de gratte-ciel, trous temporels déployés en direction de l’univers sidéral ou les imposantes course-poursuites sur autoroutes, les productions Bay s’enferment dans du blockbuster formaté. Dans la famille des scènes invraisemblables, on retiendra la scène de chute libre et la jolie course-poursuite d’un tank dévalant des rapides.

L’avantage de cette suite est d’avoir une multitude de personnages déjà installés. Krang aurait mérité cependant d’être un peu plus présent afin d’être approfondie, surtout sur sa genèse. Les quatre tortues montées sur ressorts sont sympathiques et ciblent parfaitement leur public mais leur look n’aide pas foncièrement à les apprécier, au contraire des amusants Bebop et Rocksteady, qui viendront rattraper le coup avec leur terrible et maladroite puissance. En effet, le phacochère et le rhino, deux abrutis d’ennemis, amusent continuellement la galerie sans jamais nous ennuyer et permettront de combler quelques vides. Finalement, les personnages haut en couleur sont « presque » dépaysants, bien plus que la sensuelle et affriolante Megan Fox.

Ninja Turtle 2 assume son aspect cartoonesque en restant fidèle à ses origines. On apprécie le spectacle avec les ennemis culte de la série, cependant on déchante rapidement face au faible scénario et l’infantilisante intrigue.

Doctor Strange (2016) – 6/10



Doctor Strange

Réalisé par Scott Derrickson

Avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
6/10

Nouveau personnage de chez Marvel porté à l’écran, Doctor Strange lorgne fortement dans le cinéma fantastique, plus que du super-héros. Force est de constater que le schéma narratif de la naissance d’un super-héros est bien huilé chez Marvel. On y découvre l’insatiable homme qui va se transformer rapidement en super-héros, et même plus ici en un magicien-sorcier. A croire que Strange prédestiné son nom de scène!

Si la première partie, dans son bon rôle de docteur égocentrique est de bonne facture, la seconde partie, retranché sous sa cape de super-magicien, est parfois balourde et maladroite. Dès son entrainement auprès des sages mystiques népalais, le spectateur reste sceptique, on n’y croit plus. Ses capacités à connaitre les secrets d’un monde caché fait de dimensions alternatives sont trop précipitées, alors que pendant ce temps-là d’autres « moines shaolin » tente de s’entrainer depuis des années pour acquérir ce que Strange réussira en quelques heures. Il faut faire preuve de philosophie au risque de rester sur la touche. Les ouvertures de portes temporelles semblent tellement éloignées de notre monde que notre spiritualité est fortement mise à contribution.

Afficher l'image d'origineTout est question de temps. On aurait crié au génie si le film était sorti une décennie plus tôt. Cependant Marvel s’efforce de toujours satisfaire le plus large public possible. Ainsi Doctor Strange n’est pas qu’un film fantastique, il mêle de la science-fiction et beaucoup d’humour. Ainsi, les petits pics comiques permettent de laisser en éveil le spectateur avec le sourire. Mais la cape vivante qui sort de nulle part et qui ne sert qu’à faire des blagues ne crédibilise pas vraiment le personnage. C’est sympa, au risque parfois d’être ridicule. Heureusement le personnage joué par Benedict Cumberbatch conserve son sérieux et son statut de Doc, même si l’apparence de Strange reste bien plus charismatique que son propre interprète. Le reste du casting est de qualité même si pas toujours à sa place dans ce film. Tilda Swinton réussit de nouveau à totalement se métamorphoser dans un rôle qui lui va finalement pas trop mal. Le méchant Kaecilius interprété par Mads Mikkelsen est toujours plaisant à voir au cinéma, même si ce n’est pas ce genre qui lui correspond vraiment. Il fait le « taf » aidé par de sacrés effets numériques. En effets, les CGI sont véritablement renversants, dont la technique plus que convaincante nous laissant à la limite de l’attraction visuelle. Les renversements de décors inspirés d’Inception foisonnent à l’écran, nous hypnotisant parfois la rétine avec quelques soulèvements d’estomac (rires).

Le plus difficile est de se convaincre de ces multi-univers aux couleurs criardes dans lequel notre magicien va et vient à sa guise. De plus, il manque l’enjeu qui met en péril le personnage, comme la majorité des Supers de chez Marvel, même si le compositeur Michael Giacchino appuiera musicalement certaines séquences. La scène du bullet-time inversée est cependant la bonne surprise du film, le clou du spectacle. Techniquement, ILM renforce son statut de « supernova » de l’effet spécial depuis 40 ans. Une compagnie qui a su évoluer avec les impératives évolutions techniques, espérons que Marvel fera de même avec ses multiples phases héroïques.

Principal personnage spirituel de chez Marvel, Doctor Strange est un personnage mystique qui peine à nous convaincre. Il a le mérite d’apporter une touche de fraicheur dans un monde visuel très créatif, malheureusement noyé dans une accumulation d’adaptation cinématographique de super-héros.

Hot Bot (2016) – 3/10



Hot Bot

Réalisé par Michael Polish

Avec Cynthia Kirchner, Doug Haley, Zack Pearlman
Pays:   États-Unis
Genres : Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 26 min
Année de production : 2016
3/10

Si l’affiche a de quoi ameuter tous les puceaux geeks en mal de sexe, cette comédie n’offre en rien ce qu’elle prédestinait à montrer. Il s’agit là en réalité que d’un faux prétexte pour nous charmer avec une jolie blonde docile prête à réaliser le moindre de vos fantasmes! Que néni! Autant aller taper à la porte de chez Russ Meyer pour se rincer les yeux, ici c’est une comédie tout public avec bien trop de retenue. Et le terme comédie n’est que là pour définir la catégorie du film car malheureusement rien n’est bien drôle au niveau des répliques ou même des situations mal scénarisées.

Mauvais remake de la série Code Lisa, nos deux geeks qui vont s’attacher à leur poupée feront rapidement déchanter le spectateur face aux banalités d’un scénario peu piquant et surtout peu drôle. Une production Netflix peu probante avec une actrice bonne à jouer les « duck face ». Aussi vite sortie, aussi vite oublié.

Hot Bot ne respecte pas le cahier des charges de la comédie sexy et drôle tant attendue. Ce n’est pas drôle, lisse et sans saveur. Cynthia Kirchner, blonde de service n’ira pas plus loin que son rôle de robot au contentement exagéré. Soit belle, et tais-toi!

Coherence (2013) – 7.5/10



Coherence
Réalisé par James Ward Byrkit

Avec Hugo Armstrong, Emily Baldoni, Nicholas Brendon
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Science Fiction
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2013
7.5/10

Afficher l'image d'origineIl est encore possible de réaliser un bon film de genre, complexe et stimulant, avec peu de moyens. La portée d’un bon film est essentiellement tenue par une bonne idée, sans pour autant dépenser des millions. Coherence en est la juste démonstration à l’instar des films du genre comme The Man from Earth ou +1 qui aborde la même thématique. On est juste consterné de voir que le film est resté dans l’ombre et que seuls quelques cinéphiles avertis prendront plaisir à découvrir ces « grands » films aux petites allures.

Le spectateur est aux prises d’un thriller psychologique sur fond de science-fiction superbement bien ficelé. Même si une des affiches du film annonce le tournant de l’intrigue, et que l’on comprend vite de quoi il en retourne, notre préoccupation se concentre plus sur les conséquences d’une situation insolite et paranormale. Une croustillante ambiance réaliste qui rend encore plus intrigant le mystère auquel sont confrontés les personnages alors que tout est fiction et totalement invraisemblable. Welcome dans le cœur de la Science-Fiction.

Cependant là où le bât blesse c’est dans la mise en scène avec l’agencement d’une multitude de personnages qui semblent plus jouer de l’improvisation que d’un réel jeu d’acteur. En effet, même si l’intrigue est rondement menée, beaucoup de dialogues se superposent et polluent notre attention. Malmené par une mise en scène qui prône la facilité en étant caméra à l’épaule avec de nombreuses mises au point désordonnées, le chaos semble de plus en plus évident, nous assommant parfois alors que tout était si limpide jusque-là. Quelques idées auraient pu être un peu mieux réfléchies dont les fameuses photos numérotées mais on appréciera l’ambiance authentique et intrigante établie avec trois bouts de ficelle, un juteux mystère et une raquette de ping-pong.

Si la tendance aux bavardages superposés en découragera certains, Cohérence réussit le tour de force d’installer doutes et réflexions autour d’une situation paranormale simple et maligne. Un huis clos de science-fiction intéressant et intrigant, surtout pour un premier film.

Independence Day : Résurgence (2016) – 4/10



Independence Day : Résurgence

Réalisé par Roland Emmerich

Avec Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Bill Pullman
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Science Fiction
Durée : 2 h 00 min
Année de production : 2016
4/10

Il y a des suites que l’on n’attend vraiment pas car elles se caractérisent par leur inutilité profonde et par un aspect mercantile de plus en plus courant à Hollywood.

20 ans séparent cette suite au premier film. Cela ne nous rajeunit pas. A l’époque, même si beaucoup critiqué, ID4, premier du nom, était véritablement du gros blockbuster annonçant des gros effets spéciaux avec des scènes explosives dont la mémorable désintégration de la maison blanche. Le making-of en était même captivant et faisait de ce gros « gloubiboulga » d’explosion made Roland Emmerich une référence en la matière, qu’on aime ou qu’on déteste le film.

Mais de nombreux blockbusters ont envahi notre écran depuis, qu’ils soient de Roland Emmerich ou de ses potes tels Michael Bay ou James, Cameron. Les scènes de destruction massive n’impressionnent plus tant une multitude de films sont passés sur ce terrain. Aujourd’hui, on attend, en plus d’éclairer notre pupille à coup d’explosion, d’être captivé par un semblant de scénario. Ici, tout est incohérence, et pourtant le premier film n’était pas de toute finesse. Les personnages sont agaçants, survivent à des situations rocambolesques et arrivent à se retrouver aux quatre coins de la planète dans une situation post-apocalyptique cacophonique. Tiens papa, qu’est-ce que tu fais là?

Afficher l'image d'origineDès le départ, la solidarité de l’homme nous amuse. Remaniant l’arme extraterrestre, le monde est enfin uni, dans une réalité d’aujourd’hui qui est tout autre. On retrouve l’ex-président Bill Pullman en moyenne forme mais qui lâchera sa béquille pour aller botter le cul des extraterrestres. Will Smith n’est plus de la partie et bizarrement on s’en moque. L’acteur qui jouera son fils ne marquera pas les esprits, pas plus que le héros de cette nouvelle aventure, Liam Hemsworth. Charlotte Gainsbourg est la bonne blague du casting pour ne pas dire l’extraterrestre du film. On se demande ce qu’elle vient faire là, enfin finalement pas plus que de la voir chez un Lars Van Trier. Au final, aucun acteur ne se dévoilera à travers ce film à gros budget, écrasé par une horde d’effet spéciaux.

Cependant tout n’est pas mauvais non plus. En plus de jouer du divertissement, Roland Emmerich arrive à rire de son propre film, en parodiant les improbables scènes du premier film. La scène du chien, longtemps moquée, reviendra ici en force laissant un Jeff Goldblum médusé face au sauvetage d’un vulgaire toutou. La maison blanche, reconstruite depuis, échappera de justesse à l’écrasement d’une cohorte de bateau et d’une gigantesque vague. C’est le drapeau Américain qui arrêtera le tout. Etonnant! L’attaque finale de la reine-alien, nous rappelant parfois la créature de Ridley Scott, nous sort quand même de notre torpeur. La créature a de la gueule et l’essaim de vaisseaux extraterrestres qui envahit notre écran justifie a minima l’excessif budget du film de 200 M$.  Les multiples envolées dans un nuage de lasers, d’avions de chasse et de missiles arrivent au final à nous divertir même si le constat de médiocrité est irrémédiablement déjà présent dans nos esprits agacés. Surtout si vous détestez le premier, ne cherchez pas à être convaincu par cette suite.

ID4:2 annihile le relatif bon souvenir d’un blockbuster d’époque qui aurait pu vieillir tranquillement sans lui donner une suite dénuée de tout intérêt. Faire du neuf avec du vieux, Hollywood s’encroute dans la course aux billets verts en démultipliant les franchises, laissant le catastrophe l’emporter sur le film-catastrophe, réduisant la science dans la science-fiction. Le cinéma ne se fait plus avec de la pellicule… mais avec des billets.

Age de glace: les lois de l’univers (L’) (2016) – 5/10



L’âge de glace:
les lois de l’univers

Réalisé par Mike Thurmeier, Galen T. Chu

Avec Ray Romano, John Leguizamo, Denis Leary
Pays:   États-Unis
Genres : Comédie, Animation, Aventure, Familial, Science Fiction
Durée : 1 h 40 min
Année de production : 2016
5/10

http://img15.hostingpics.net/pics/834952scra2t.pngscratIl aura fallu attendre près de 5 épisodes pour voir la saga s’essouffler. Si jusqu’au précédent film la saga était de qualité, ce dernier opus n’apporte rien de croustillant. A force de multiplier les personnages, on en oublie les personnages principaux.

Manny, Sid et Diego font une pâle figuration avec finalement peu d’impact sur l’intrigue. Les familles s’agrandissent et on est consterné de voir les enfants, les compagnons et même la mémé de Sid prendre le dessus. Les  deux hilarants opossums Crash & Eddie sont eux aussi effacés par de nouveaux personnages dont on n’a pas vraiment envie de connaitre avec l’improbable Shangri Llama et le lapin Teddy de 338 ans. On appréciera cependant le retour de Buck, ses facéties et ses facultés à se mouvoir dans tous les sens.

Les aventures de Scrat deviennent totalement invraisemblables et ce n’est même plus drôle. A bord de sa soucoupe volante, ce petit écureuil aux dents aiguisées va défier les lois de l’univers, éloignant l’intrigue d’une certaine réalité, avec l’immanquable happy-end de la météorite qui évitera la Terre de justesse. Dommage, car obéir à la réalité aurait orienté la clôture de la saga. Une fin certainement trop audacieuse pour les producteurs qui bichonne leur poule aux œufs d’or?

Vous l’aurez compris, ici, aucune créature terrifique du paléolithique ne va s’animer si ce n’est un gros rocher qui va s’écraser sur Terre. Les animaux certes parlent mais maintenant réfléchissent et arrivent même avec leurs petites pattes et leurs riches idées à dévier le météore. On a beau être dans un film d’animation, ça devient du grand n’importe quoi, bien loin de l’univers des premiers épisodes, là où on s’attachait aux personnages et là où on restait hilare face aux multiples dérapages de Scrat. Cependant, reste un monde toujours léger et coloré, dans un design propre à la saga.

Un nouvel épisode (celui de trop) coloré qui manque autant d’intérêt que d’inspiration. L’improbable quête du gland était une valeur sûre et drôle de la saga mais depuis 14 ans on a envie aussi de passer à autre chose. L’opportunité d’éteindre la race aurait été la bonne idée audacieuse que les producteurs n’engageront malheureusement pas. Bande de dégonflés!

Captain America: Civil War (2016) – 7.5/10



Captain America:
Civil War

Réalisé par Anthony Russo, Joe Russo

Avec Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Science Fiction, Thriller
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2016
7.5/10

Quid des Avengers Chez Marvel. Dorénavant n’oubliez pas l’arbre généalogique des super-héros pour percevoir toutes les affiliations entre les personnages. Premier entrant dans la phase 3 de l’univers Marvel, Captain America renforce son environnement avec des personnages haut en couleur. D’ailleurs, on ne distingue plus si on est chez les Avengers, chez Iron Man ou un autre super-héros tellement les parallèles aux autres films sont nombreux. En effet, ici nous retrouvons les indispensables de l’univers Avengers avec Iron Man, la veuve noire, War Machine, Le faucon et bien entendu Captain America, mais une salve d’autres personnages annexes viennent rejoindre l’aventure. Ainsi connus du grand écran, Spiderman et Ant-Man vont faire leur immersion dans le groupe. Enfin des petits nouveaux tels que Black Panter ou Crossbones vont venir renforcer la troupe, histoire d’apporter toujours un peu plus de nouveautés dans cette grande famille.

L’immersion de Spiderman fait pas mal grincer des dents. Depuis que Tobey Maguire a rendu son costume au vestiaire, délaissant ainsi l’œuvre de son réalisateur fétiche Sam Raimi, on a plus gout à le revoir. En tout cas dans un film isolé. Ici, on se retrouve avec un super-héros en herbe, avec un nouvel acteur et une tante May jeune et sexy à l’opposé de la gentille tata complaisante que l’on connaît. Ant-Man, quant à lui est véritablement la plus belle surprise. Il ne se prend pas au sérieux, arrive à nous faire sourire et dévoile les meilleurs plans en terme de mise en scène. On a déjà hâte de le revoir dans son propre film. Ensuite, pour les autres c’est un peu du réchauffé. La veuve « Johansson » noire fait le strict minium, sa surprenante venue dans les Avengers ne nous enflamme plus. Le faucon et War Machine, c’est du pareil au même, leurs pouvoirs sont trop similaires. Au moins, nous avons aussi de l’action en regardant le ciel, histoire de compléter pleinement le tableau. Reste le plaisir de se voir s’animer Captain America et Iron Man, même si on sait immanquablement que dans la scène sur le tarmac de l’aéroport préservera quelques réserves que la scène finale dévoilera. Et de ce côté-là, y a rien à redire, c’est esthétiquement réussi.

http://img4.hostingpics.net/pics/873244ironamerica.pngA l’instar du récent X-men ou de Batman Vs Superman, la volonté de vouloir ancrer les super-héros dans la vie réelle est bien là. Ainsi, l’intrigue semble un peu plus intelligente que par le passé, ancrée dans une salve de scènes de combat, pas plus utiles les unes que les autres. Le scénario cherche à immiscer ces « supers » dans des lois au sein d’un gouvernement, rendant leurs existences plus « humaines ». Les combats digne des plus beau diorama de chez Sideshow ont le mérite de nous faire voyager dans le monde du numérique à l’encontre d’une physique quantique que nous connaissons. Il faut savoir parfois « poser » son cerveau pour totalement adhérer. Cependant, comme souvent peu de tension dans les combats, le divertissement visuel est privilégié. Même si on n’a pas le temps de s’ennuyer, on sent que la mise en scène est ultra séquencée. On saute de scène en scène laissant parfois un manque de transition, laissant penser que les frères Russo se sont partagé le travail et ont réuni le tout sur la table de montage.

Les ennemis deviennent amis, les amis deviennent ennemis. Ça se « fight », ça se mélange avec des convictions partagées mais pas foncièrement croyable. On s’attache aux personnages que nous connaissons, sans véritablement vouloir donner raison plus à l’un qu’à l’autre. Ainsi, on sent qu’il n’y a pas de véritable gagnant, histoire de ne pas trop froisser le spectateur. On sent juste une mise au point entre eux, histoire de se préparer à foncer sur le prochain super-méchant, dans un épisode futur. Surtout quand on sait que les frères Russo sont déjà inscrits pour réaliser Avengers III.

Un troisième opus des aventures du héros le plus patriote des USA divertissant grâce à son scénario intéressant et plutôt bien écrit et son action diaboliquement efficace. Comme Batman Vs Superman Vs X-Men, il n’y a pas de perdant, pas de gagnant, trop adulés par les spectateurs les scénaristes ne veulent pas décevoir en ayant un parti pris sur la problématique du super-héros dans notre société. On regrettera le manque d’enjeu de l’intrigue, qui soulève des questions autour de l’existence des super-héros sans véritablement les menacer: #dollars.

X-Men: Apocalypse (2016) – 7/10



X-Men : Apocalypse

Réalisé par Bryan Singer

Avec James McAvoy, Jennifer Lawrence, Michael Fassbender
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2016
7/10

Bryan Singer converti en Stan Lee de l’audiovisuel pour la saga X-Men. Sur deux trilogies (sans parler des spin-off et de son implication en tant que scénariste et producteur), Singer réalise déjà 4 films autour de la célébrissime saga de comics X-Men. Maniant avec dextérité les multiples personnages, Singer arrive encore à nous divertir! Pourtant, la lassitude autour des super-héros se fait ressentir et il n’est pas évident d’innover dans le genre. Deadpool, spin-off de la saga, y est arrivé avec magnificence ce printemps, X-Men Apocalypse ne fera que continuer à approfondir son univers et ses personnages aux multiples pouvoirs.

Afficher l'image d'origineAu départ, le scepticisme s’installe, avec un générique ultra moche et une redite qu’on n’a pas foncièrement envie de subir. Heureusement, l’intrigue après une demi-heure de film prend du sens et les effets numériques semblent bien plus soignés, à moins que notre cerveau combiné à notre œil irrité s’accommode des couleurs vives de nos super-héros! En effet, au-delà des nombreux clins d’œil aux anciens épisodes, les scènes d’action à foison nous agacent parfois, laissant un film certes rythmé mais trop long. Quand on a vu une salve d’explosion, on est plus très impatient de voir la clôture du feu d’artifice, on est finalement vite rassasié d’effets numériques en tous genre.

L’insertion dans le récit d’un dieu égyptien va difficilement convaincre les incrédules et condamne le scénario au rang des histoires de super-héros hyper banales, démontrant toujours la même rengaine du bon face au mal. Apocalypse n’est qu’un méchant parmi les autres. Cependant, si le film se retrouve finalement assez brillant, c’est grâce à la construction de ses personnages et essentiellement des deux protagonistes anthologiques de la saga X-Men, Professeur Xavier et Magneto, qui arrivent même à nous faire oublier Wolverine. On apprécie de voir la construction des personnages, rendant ces mutants plus humains en dévoilant toute la genèse de leur intégration dans l’école de Xavier ou leur engagement dans le sombre côté obscur.

La scène de Vif argent est de nouveau la scène la plus réussie et la plus drôle. L’effet ralenti permet de nous poser dans une scène d’action détonante, rythmé par Eurythmics avec son célébrissime Sweet Dreams (Are Made Of This). On apprécie de voir la cinématique et la dynamique des objets flotter dans un espace ardant, humainement invisible à vitesse réelle. Le fauve, Mystique, Cyclope, Tornade et autres comparses sont finalement tous attachants, certainement parce qu’on a l’impression de les avoir vus grandir. Jean Grey est finalement celle qui a le plus du mal à nous convaincre, surtout quand on découvre sa faculté à tout détruire rapidement, un atout majeur pour détruire plus rapidement Apocalypse. Famke Janssen a été trop importante dans ce personnage, ne laissant finalement peu de place à sa nouvelle interprète plus jeune: Sophie Turner. Enfin, Psylocke semble être le personnage un peu oublié. Elle arrive un peu soudainement, elle ne laisse pas indifférent face à sa tenue sexy et sa jolie plastique, mais elle ne sera aucunement approfondie, laissant croire qu’elle n’est là que pour apporter une pointe de féminité dans ce monde de brutes.

La multiplicité des personnages rend la saga riche. Même si le redondant manichéisme du « bon » contre le « mal » perdura dans le monde des super-héros, on apprécie la volonté de Bryan Singer à approfondir ses personnages, à l’image du concepteur des X-Men, Stan Lee. On parle bien ici d’une saga, laissant place à une grande famille digne de la lignée d’une dynastie… dans le monde de chez Marvel.

Time lapse (2014) – 5.75/10



Time Lapse

Réalisé par Bradley King

Avec Danielle Panabaker, Matt O'Leary, George Finn
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Science Fiction
Durée : 1 h 44 min
Année de production : 2014
5.75/10

Afficher l'image d'origineLe présent est le futur d’hier. Si on s’accorde sur cette phrase, on comprend que le film se démarque des autres films avec des machines à remonter le temps, en cherchant à prévenir le passé. Notre regard ne se tourne ainsi plus véritablement sur le futur mais aussi sur le passé. Reprenant le concept de la photographie temporelle, qui fera le succès d’un épisode de la saison 2 de la quatrième dimension, ce film à petit budget s’en sort pas si mal.

Dès lors où l’on comprend la mécanique du film, on trouve l’intrigue agréable au détriment de personnages assez transparents. Dès lors où l’on conceptualise les tenants et aboutissants, on se rend compte que beaucoup d’incohérences auraient pu éviter par le fait que les personnages se dictent leur passé/futur, en tentant de nous confondre dans un faux présent. De plus, les peintures d’un des personnages semblent plus être un fardeau pour le scénario qu’un véritable indice. Cependant, même si la fin s’accélère dans les théories, le scénario cherche à rester limpide afin d’étirer notre curiosité à son maximum. Et, finalement on se laisse prendre au jeu.

L’intérêt du film repose sur une certaine montée en tension dans les différents rapports entre les personnages. Le petit jeu qu’entretient la jeune fille autour du temps est un peu léger pour totalement nous convaincre même si au final, avec toutes les incohérences paradoxales qui existent dans les voyages filmiques à travers le temps, on sent que le scénario a suscité un minimum de réflexion. Tout comme la mise en scène qui cherche à faire valoir une jolie photographie accompagnée de quelques notes musicales agréables, qui seront appréciées sur la bondissante dernière scène au ralenti.

Un film à petit budget pas désagréable sur le voyage dans le temps à travers la photographie temporelle. Ici, il faudra se tourner vers le futur pour manipuler le passé, une autre manière de sonder la théorie de la relativité.