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Alliés (2016) – 7.75/10



Alliés

Réalisé par Robert Zemeckis

Avec Brad Pitt, Marion Cotillard, Jared Harris
Pays:   Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Action, Guerre, Drame, Romance, Thriller
Durée : 2 h 01 min
Année de production : 2016
7.75/10

Alliés, thriller romantique sur fond de Seconde Guerre mondiale, réalisé par Robert Zemeckis, est une œuvre aussi sincère qu’émouvante. L’alliance de Brad Pitt avec notre Marion Cotillard nationale va dévoiler un couple attachant alors qu’ils n’étaient là que pour comploter contre les Allemands!

Jouer avec les sentiments s’avère dangereux surtout quand on s’accorde à son complice. Les liens s’entremêlent, le couple fictif va alors s’engager sentimentalement au cinéma. Mais la comparaison bâtarde avec M. & Mrs Smith, qui a vu naitre le couple Pitt/Jolie, va faire de ce film un échec commercial, accessoirement durant la rupture ambiguë de ces derniers. Approché par une promotion minimaliste, ni les têtes d’affiche, ni le réalisateur arriveront à contrer cet injuste échec.

Bien entendu le film n’est pas exempt de défauts. Loin de là. Son romantisme exacerbé, les « haters » de Marion Cotillard qui ne cherche qu’à entrevoir un mauvais jeu d’acteur dans chacune de ses interventions ou Brad Pitt dans un rôle « soft » un peu fade, enfin loin d’être le plus marquant de ses personnages. Marquons aussi les nombreuses scènes pompées sur d’autres œuvres, comme la scène emblématique de la fusillade la réception nazie nous rappelant Inglorious Basterds ou la scène d’amour revisitée du film Le Patient Anglais à bord d’une voiture coincée dans une tempête de sable. Mais l’intérêt que suscite ce couple et l’approche dramatique de cette guerre fait que nous sommes continuellement attachés à eux, surtout si vous avez envie d’animer votre côté fleur bleue!

Afin d’accentuer le réalisme du film, Zemeckis met en scène son film de façon chronologique. Ainsi le développement de ses personnages flaire bon la sincérité face à un couple qui apprend à se connaitre au fur et à mesure de l’intrigue. L’alliance et l’amour que se portent les deux acteurs principaux fonctionnent. Robert Zemeckis est réputé pour être un génie sur le plan technique mais il est tout aussi bon pour développer la psychologie des personnages. Deux qualités essentielles pour un récit de cette envergure. Composée par Alan Silvestri, la bande originale accentuera la beauté du récit. Ainsi, même si le film n’a rien d’original, on arrive à s’attacher aux personnages, à qui la guerre a apporté autant d’amour que de suspicion!

Un film dramatique simpliste, falsificateur et pourtant prenant. Brad Pitt & Marion Cotillard s’accorderont parfaitement dans un film d’espionnage effroyable.

Snowden (2016) – 5.5/10



Snowden

Réalisé par Oliver Stone

Avec Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo
Pays:   Allemagne,   États-Unis
Genres : Drame, Thriller
Durée : 2 h 14 min
Année de production : 2016
5.5/10

Snowden, instructif même si un peu trop bavard, résume habilement l’histoire du jeune Edward Snowden, ancien employé de la CIA et de NSA, qui a dévoilé au monde entier en 2013, les détails de plusieurs programmes de surveillance U.S et britannique. Oscillant entre biopic et thriller dramatique, ce long-métrage aura le mérite de dénoncer les dangers du numérique envers notre liberté.

Cependant, si Oliver Stone est un réalisateur qui aime se frotter à des sujets épineux envers la politique de son pays, ici pas de grande surprise autour d’un thriller qui se rapproche plus du documentaire. Plus corrosif par le passé, le cinéaste controversé se contente de condenser dix années de la vie du programmateur Snowden. Trop propres, trop lisses, les personnages sont inconsistants pour être mémorables, seules les bonnes intentions de Joseph Gordon Levitt à vouloir imiter Snowden sont appréciables, même si un peu faciles. Nicolas Cage cabotine pour venir cachetonner dans un rôle oubliable.

Si Snowden a su faire des sacrifices sur sa vie confortable, sa relation avec sa compagne Lindsay Mills nous importe peu alors qu’elle a été aussi certainement troublée. L’attachement des personnages n’est pas assez poussé, tout comme cette impression qu’on ressent pour l’œuvre d’Oliver Stone, sans avoir l’impression d’avoir appris grand-chose. Comme si nous savions déjà que nous étions surveillés. Le seul point remarquable de cette affaire est de découvrir la motivation d’un unique homme, qui avait tout pour réussir, et qui a sacrifié sa vie pour préserver la liberté numérique, même si au final c’est bien lui-même qui n’a plus de liberté.

Un biopic 2.0 intéressant mais bavard avec un sujet un peu trop lisse surtout pour le très controversé Oliver Stone. Un manque d’émotion et d’information laisse présager que Snowden se cantonnera au rang des oeuvres mineurs du réalisateur. Bien moins percutant que ce que présageait le slogan du film!

Deepwater (2016) – 6.5/10



Deepwater

Réalisé par Peter Berg

Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Drame, Action
Durée : 1 h 47 min
Année de production : 2016
6.5/10

S’inspirant de la plus grande catastrophe pétrolière des États-Unis, Deepwater est un véritable témoignage de la bêtise humaine et des décisions irresponsables motivées par le profit. Malheureusement, le film ne se focalisera jamais sur les conséquences écologiques désastreuses pour notre pauvre planète bleue avec le déversement de plus de 500 millions de litres de pétrole dans l’océan durant plusieurs mois, oubliant ainsi de rendre l’œuvre encore plus percutante.

L’approche du film est centrée sur les origines de cette fulgurante catastrophe, histoire d’animer Peter Berg à réaliser un film bourrin, plus que moralisateur. Même si l’intrigue est un peu longue à se mettre en place, on regrettera un scénario qui cherchera à évincer un peu trop vite les conflits d’intérêts sur la sécurité et les objectifs de production entre BP et les équipes techniques de la plateforme Transocéan. On aurait alors eu droit à un récit plus complet, certainement plus alarmant, sur les causes d’une telle catastrophe. De même pour la suite des événements, dont le semestre d’essais de colmatage de la brèche qui ne sera qu’évoqué dans l’épilogue. Le film avait à offrir beaucoup plus que l’événement du 20 Avril. Travailler à des hautes profondeurs pour tenter d’arrêter le flux de pétrole, que le système de sécurité aurait dû condamner lors de l’incident, avait tout pour satisfaire notre curiosité autour de cet évènement. Ainsi, le film ne serait pas qu’un simple hommage, il aurait pu être, en plus, instructif et didactique (cf. wiki)!

Enfin, on ne va pas réorienter l’intrigue. Le film s’inspire de faits réels, il n’en reste pas moins un film d’action de la fabrique Hollywoodienne dans lequel l’héroïsme et l’humain font parfois surface. En outre, le problème majeur de Deepwater réside dans son rythme. On introduit longuement la plate-forme pétrolière pour ensuite s’embourber dans une salve d’explosions aussi impressionnantes que redondantes. Cependant, cette superproduction est sauvée du naufrage grâce à un bon casting avec de jolies têtes d’affiches tels que John Malkovich, Kurt Russel et Mark Wahlberg. On apprécie aussi d’être pleinement ancré dans l’action face à des hommes qui bravent le risquent au quotidien. L’hommage aux victimes sera rendu grâce à un générique qui nous replace dans une réalité qui fait froid dans le dos avec des images d’archives touchantes sous la tonalité de Gary Clark Jr. et sa composition Take me down.

Tragique accident mis en images par Peter Berg. Le spectacle est bien présent, l’hommage est (presque) touchant mais l’analyse autour des conséquences pour notre planète est trop vite oubliée. Il y avait beaucoup à dire mais le réalisateur préfère livrer un gros blockbuster que de s’attirer les foudres en jouant sur le politiquement incorrecte. Dommage, car  cette prise de risque aurait permis à l’œuvre d’être plus percutante et incisive pour ne pas se cantonner au simple rang de film catastrophe.

Nerve (2016) – 7.75/10



Nerve

Réalisé par Ariel Schulman, Henry Joost

Avec Emma Roberts, Dave Franco, Emily Meade
Pays:   États-Unis
Genres : Crime, Thriller, Aventure
Durée : 1 h 36 min
Année de production : 2016
7.75/10

Afficher l'image d'origineNerve sous son apparence de thriller pour adolescents cache bien son jeu, pour révéler une réflexion sur l’extrême danger des jeux connectés. Depuis quelques années, les défis se multiplient sur internet mais parfois on a du mal à comprendre les motivations de certains à braver le risque pour y acquérir un succès qui ne sera de toute façon qu’éphémère! Nerve décrit habilement toute cette machinerie face aux réseaux sociaux qui sont devenus le quotidien de beaucoup. Cette façon malsaine de certains individus à s’exposer sur la toile pour se sentir importants, pendant que de l’autre côté, il y a ceux qui se nourrissent avec un plaisir malsain des malheurs de la première catégorie.

Une alchimie entre l’utilisateur et le spectateur qui ne fera qu’amplifier cette désillusion du succès, celle qu’endura notre héroïne. Là où le film est intelligent c’est dans la progression des défis qui n’interpellera jamais notre jolie tête blonde, Vee. En tant que spectateur, on se doute que tout va aller trop rapidement et qu’elle ne pourra plus contrôler sa destinée, happée par l’inertie de cette autoroute connectée face à une certaine faiblesse d’esprit. L’ambiance néo-contemporaine est satisfaisante, les inserts numériques accrochent le spectateur et le rythme est prometteur et relativement plaisant. Nerve se présente d’ailleurs un peu comme The Game, actualisé aux mœurs et technologies de notre époque, là où les gens se ruent sur des Pokémons virtuels dans les coulisses de notre planète.

Au casting, la nièce de Julia Roberts n’est pas si mal avec son joli minois, même si elle manque un peu de charisme et de teneur dans un premier rôle. Interprétant Vee, une fille simpliste et niaise, elle ne sera malheureusement pas toujours crédible face à son ascension dans le jeu un peu rapide et une assurance un peu trop superficielle. Accompagné du frère de James Franco, le beau gosse attendrissant et à l’écoute de sa partenaire, va développer un duo finalement attachant. Enfin, la bande originale de Rob Simonsen s’appuie efficacement sur les images des deux réalisateurs Schulman et Joost et rend l’œuvre finalement cohérente. Un petit film au petit budget de 20$, sans prétention mais à la morale bien établie. Alors êtes-vous joueur et voyeur ?

Nerve est un film intelligent sur les déroutes des défis connectés, nous interpellant sur les dangers des réseaux sociaux. Nerve, non dénué de défaut, développe un divertissement à la morale bien construite. Quelles seront les prochaines inquiétudes à avoir face à la réalité virtuelle?

Desierto (2016) – 4.5/10



Desierto

Réalisé par Jonás Cuarón

Avec Gael García Bernal, Jeffrey Dean Morgan, Diego Cataño
Pays:   France,   Mexique
Genres : Thriller, Drame
Durée : 1 h 34 min
Année de production : 2016
4.5/10

Desierto est un thriller décevant et redondant et quand on sait qu’il est réalisé par Jonás Cuarón qui avait épaulé son père sur le chef-d’œuvre Gravity, on se dit que le talent n’a pas (encore) sauté de génération. Bien entendu, on attend avec impatience ses prochaines réalisations pour le voir évoluer, laissant entrevoir ici un certain potentiel de metteur en scène.

Le problème de Desierto c’est tout simplement son scénario. Ce desert-movie se focalise qu’à une unique cavalcade au cœur des étendues hostiles des côtes mexicaines. Et si sur la première partie, on est relativement attentif à fuir les balles, on se rend vite compte que notre objectif sera inchangé sur la totalité du film et qu’il ne sera qu’une longue fuite emphatique, laissant sur son passage quelques corps inanimés dans le désert suffocant et hostile.

Jeffrey Dean Morgan, visuellement intéressant avec tout le charisme qui le caractérise, ne conservera que peu d’intérêt face à un scénario qui n’approfondit aucunement ses motivations. Son chien prend presque plus d’intérêt surtout quand il s’amuse avec une fusée éclairante dans la gueule. Quant à Gael García Bernal, à part jouer le Mexicain de service, il n’apporte aucune émotion, et qu’il se fasse descendre ou pas, finalement on s’en moque. Le petit final, sans grand rebondissement, conclue le film de façon assez standard. Une œuvre a ranger dans les essais oubliables, essentiellement à cause d’un manque d’intensité, d’un scénario désertique et trop fade tout comme la photographie qui aurait mérité d’être bien plus piquante, à l’instar de l’affiche du film.

L’environnement et la thématique avait tout pour rendre le film intéressant, mais la redondance du scénario oubliera de se focaliser sur le triste reflet d’un monde xénophobe poussant l’homme à chasser ses « proies » plus que de penser à l’entraide humaine. Une course poursuite désertique sempiternelle!

V/H/S: Viral (2014)



V/H/S: Viral

Réalisé par Nacho Vigalondo, Marcel Sarmiento, Gregg Bishop, Justin Benson, Aaron Moorhead

Avec Justin Welborn, Emmy Argo, Gustavo Salmerón
Pays:   États-Unis
Genres : Horreur, Thriller, Film à sketches
Durée : 1 h 21 min
Année de production : 2014
5/10

Afficher l'image d'origineV/H/S multiplie les essais autour de divers courts-métrages ayant en commun le genre: thriller horrifique. Même si à chaque fois on est déçu des multiples segments, la volonté du spectateur de découvrir  une surprenante réalisation est l’unique motivation qui nous pousse à voir ce genre de film à sketches, sans être un point de non-retour face aux multiples déclinaisons du format.

Vicious Circles de Marcel Sarmiento, dont le souvenir rémanent de son « Dog Fight » dans l’abécédaire The ABC’s of Dead est toujours bon à conseiller, réalise ici l’unique segment qui se déroulera en fil rouge sur toute la longueur de la « VHS ». Fini les scénettes à la découverte de cassettes vidéo cachées, le concept est maintenant connu, on se focalise sur les essais de chaque réalisateur sans les justifier dans une histoire qui ne sert de toute façon à rien. Vicious Circles est consternant car même si on reste captif à la recherche d’une fin qu’on pense intéressante, au bout du compte on est trompé par une conclusion bancale et sans véritable saveur. La réalisation est brouillon et manque véritablement de saveur. La conclusion est bien moins puissante que la course mystérieuse et effrénée qu’endurera notre héros.

Dante The Great est un savoureux segment. Un des meilleurs courts présentés dans la saga VHS. Le concept du magicien affublé d’une cape magique est très original. Les effets sont bien mis en place et franchement on est frustré de ne pas en découvrir plus. Le format de mise en scène se façonne à l’histoire entre caméra au poing et images télévisuelles. Seule la photographie manque un peu de clarté, mais ça reste du court-métrage bien pensé en conservant toute sa fabrication amateur.

Parallel Monsters de Nacho Vigalondo qui nous avait bluffé par son mémorable Timecrimes et le segment « Apocalypse » de l’ABC de la mort, mélange subtilement science-fiction et horreur. En effet, on est absorbé par l’histoire de ce « géo-trouve-tout » qui va ouvrir un portail temporel et y découvrir son double qui semble avoir fait la même découverte. De ce fait, les individus vont intégrer le monde de l’autre qui semble être bien identique en tout point, sauf un. Un détail totalement WTF qui nous déconcerte totalement mais qui  reste aussi récréatif que surprenant dans un univers dit « normal ». Mais où est la normalité?

Bonestorm ou l’art du faire du gore sans grande ambition. Bien sûr que nos skateurs, tout autant que l’équipe technique, se sont amusés à décapiter du bonhomme. Les prothèses et les bidons de sang sont la matière première du court et même si sur les premières minutes on est amusés par cette virevoltante envolée au skate-park, on arrive à se lasser des redondantes têtes coupées. C’est souvent cradingue et la réalisation est un peu trop rythmée. Le found-footage-de-gueule est un peu la facilité du sport extrême et quand c’est mal utilisé et bien ça nous fout la gerbe! Comme si on avait plus l’âge d’être dans un délire bien gore et survolté car le réalisateur oublie l’essentiel: une bonne intrigue.

Gorgeous Vortex a été retiré du montage. La seule manière est de le retrouver sur la toile et finalement ce n’est pas un mal de l’avoir retiré tant le court-métrage aurait rendu ce panel de films lourds et ennuyeux. En s’effaçant, il a le mérite de laisser ce divertissement dans la moyenne, à défaut de le rendre âpre et fâcheux.

V/H/S, troisième du nom, n’est ni plus, ni moins, dans la moyenne. Deux courts-métrages à jeter et deux autres intéressants faisant preuve d’originalité. Finalement, en multipliant les épisodes, on va pouvoir estimer reconstituer une VHS de qualité en mixant les meilleurs projets.

Don’t breathe: : La maison des ténèbres (2016) – 7/10



Don't Breathe : La maison des ténèbres

Réalisé par Fede Alvarez

Avec Jane Levy, Dylan Minnette, Daniel Zovatto
Pays:   États-Unis
Genres : Crime, Horreur, Thriller
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7/10

Raisonnablement ce thriller n’est pas ce qui est de plus palpitant dans le genre. Mais le cahier des charges est globalement bien investi et on frissonnerait « presque » face à cette intrusion d’un nouveau genre face à un homme aveugle qui tente de protéger sa maison et surtout ses secrets.

Le scénario n’est pas qu’une intrusion standard, déjà parce que notre héros est un ancien de l’US Army mais surtout parce qu’il est aveugle. Dès lors où l’on s’enfonce dans les abimes de la maison, nous sommes surpris de voir ce qui s’y cache. En effet, le film joue sur ses multiples rebondissements. Le réalisateur par sa simplicité de mise en scène arrive à faire valoir toute la froideur de son ubuesque traque. Porteur d’une certaine radicalité tout en restant réaliste, on ne sait plus quel personnage est un héros qu’on cherche à aimer/sauver.

Le film porte bien son titre. Dès lors où les intrus rentrent dans la maison et se trouvent face-à-face au soldat, nous retenons notre souffle, tel un prédateur qui s’approcherait de notre visage pour savoir qui si la vie s’anime devant lui. Quelques plans nous plongent dans une obscurité qui nous irrite, mais on comprend ainsi mieux notre héros, qui est lui, enfermé dans sa propre obscurité. Le scénario ne divague pas autour des facultés de l’homme aveugle. Tout reste globalement plausible et ce n’est pas parce qu’il a fait l’armée ou qu’il est aveugle, qu’il est capable de sentir ses proies à travers la maison. N’est pas Daredevil qui veut et heureusement! Son seul avantage est de connaitre les recoins de son habitation par cœur, rendant les quelques courses sinueuses plus palpitantes. Stephen Lang, acteur de seconde zone, connu pour être le méchant d’Avatar, n’avait pas retrouvé depuis un rôle à sa hauteur. Son charisme étant, son personnage reste une jolie réussite dans ce thriller qui malmène trois adolescents. Tel est pris qui croyait prendre!

Aveugle, la terreur nocturne qui se dégage de la maison nous captive. Sans esbroufe, ce thriller rondement mené dévoile quelques rebondissements assez surprenants et bien agréables, face à un casting sobre et convaincant.

Elle (2016) – 6.5/10



Elle

Réalisé par Paul Verhoeven

Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny
Pays:   France
Genres : Drame, Thriller
Durée : 2 h 10 min
Année de production : 2016
6.5/10

Afficher l'image d'origineVerhoeven est international, après avoir côtoyé le blockbuster américain, la dramaturgie dans son pays natal aux Pays-Bas, il s’essaye au thriller dans notre contré Française. Adapté du roman « Oh »de Philippe Djian, Paul Verhoeven réalise un dramatique thriller au récit foutraque qui ne nous laisse cependant pas indifférents. L’ambiance Cronenberg semble se propager dans le récit de cette pauvre femme, dénuée d’émotion.

Le spectateur est assommé par les diverses thématiques du film, tout comme l’est le personnage interprété par Isabelle Huppert. Entre sa propre histoire et le déni de viol parfois improbable, elle est entourée de personnages tous ambiguës et atypiques. « Elle » côtoie un monde farfelue face à des violences intérieures. D’un père psychopathe, d’un fils niait qui ne remarque pas que son fils noir n’est pas le sien, d’un voisin malsain, d’un amant peu sensible, la place de l’homme est aussi déraisonnée que perverse. Isabelle Huppert avec sa filmographie ambivalente va camper une terrifiante victime qui refuse de l’être. On est parfois consterné par la situation dont les choix déconcertants de l’héroïne, et même si tous les personnages sont agaçants le malaise s’installe petit à petit rendant l’œuvre dérangeante. Verhoeven sabre ses personnages mais brille par l’ambiance mise en place dans un film qui ne laisse pas indifférent.

Verhoeven revient dans une satire glaciale aux personnages décousues, glauques et outranciers. Son œuvre est funambulesque et dérangeante tout autant que « Elle », tordue, froide et immorale.

Yeux sans visage (Les) (1960) – 7/10



Les yeux sans visage

Réalisé par Georges Franju

Avec Pierre Brasseur, Alida Valli, Édith Scob
Pays:   France,   Italie
Genres : Drame, Horreur, Thriller, Mystère, Crime
Durée : 1 h 28 min
Année de production : 1960
7/10

Thriller français classique et précurseur dans le genre, l’intrigue dévoile le côté obscur de ce cher professeur Génessier prêt à tout pour rendre le visage à sa fille défigurée. Adapté du roman de Jean Redon, Les yeux sans visage est une œuvre froide qui mêle noirceur et innocence.

Culpabilité, amour, poésie et acharnement bestial, une multitude de thématique qui se cache sous ce masque immaculé. Aucune émotion ne transperce le moulage apposé sur le visage de Christiane, mais les yeux continuent à nous parler face à la tristesse et au mutisme de cette jeune fille qui veut retrouver son visage.

Afficher l'image d'originePierre Brasseur, stature imposante, tient remarquablement son rôle, épaulé par son atypique assistante Alida Valli, face à la douce Edith Scob. La réalisation de Georges Franju ne sombrera jamais dans le gore. D’un noir et blanc impeccable, l’image et l’éclairage rendent honneur à l’œuvre.

Cependant, aujourd’hui dans un monde poussé dans une certaine anxiété horrifiante, un cinéma toujours plus incisif, Les yeux sans visage n’incise pas assez l’angoissante descente aux enfers de la jeune fille. La métamorphose est un peu trop rapide et surtout pas assez acerbe, nous laissant quelque peu passif face au désarroi de Christiane. La fin reste cependant à la hauteur de nos espérances et le masque arrive à entacher notre mémoire. On comprend maintenant comment celui-ci fût une influence pour John Carpenter et son personnage de Michael Myers ou Pedro Almodovar avec le troublant La piel que habito. On appréciera l’expérimentation chirurgicale mais en terme de cinéma autant se focaliser sur la pragmatique Opération diabolique.

Un film français précurseur et troublant qui manque cependant de tension et d’aigreur dans la déliquescence d’une jeunesse troublée par l’imprévu de la vie.

Coherence (2013) – 7.5/10



Coherence
Réalisé par James Ward Byrkit

Avec Hugo Armstrong, Emily Baldoni, Nicholas Brendon
Pays:   États-Unis
Genres : Thriller, Science Fiction
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2013
7.5/10

Afficher l'image d'origineIl est encore possible de réaliser un bon film de genre, complexe et stimulant, avec peu de moyens. La portée d’un bon film est essentiellement tenue par une bonne idée, sans pour autant dépenser des millions. Coherence en est la juste démonstration à l’instar des films du genre comme The Man from Earth ou +1 qui aborde la même thématique. On est juste consterné de voir que le film est resté dans l’ombre et que seuls quelques cinéphiles avertis prendront plaisir à découvrir ces « grands » films aux petites allures.

Le spectateur est aux prises d’un thriller psychologique sur fond de science-fiction superbement bien ficelé. Même si une des affiches du film annonce le tournant de l’intrigue, et que l’on comprend vite de quoi il en retourne, notre préoccupation se concentre plus sur les conséquences d’une situation insolite et paranormale. Une croustillante ambiance réaliste qui rend encore plus intrigant le mystère auquel sont confrontés les personnages alors que tout est fiction et totalement invraisemblable. Welcome dans le cœur de la Science-Fiction.

Cependant là où le bât blesse c’est dans la mise en scène avec l’agencement d’une multitude de personnages qui semblent plus jouer de l’improvisation que d’un réel jeu d’acteur. En effet, même si l’intrigue est rondement menée, beaucoup de dialogues se superposent et polluent notre attention. Malmené par une mise en scène qui prône la facilité en étant caméra à l’épaule avec de nombreuses mises au point désordonnées, le chaos semble de plus en plus évident, nous assommant parfois alors que tout était si limpide jusque-là. Quelques idées auraient pu être un peu mieux réfléchies dont les fameuses photos numérotées mais on appréciera l’ambiance authentique et intrigante établie avec trois bouts de ficelle, un juteux mystère et une raquette de ping-pong.

Si la tendance aux bavardages superposés en découragera certains, Cohérence réussit le tour de force d’installer doutes et réflexions autour d’une situation paranormale simple et maligne. Un huis clos de science-fiction intéressant et intrigant, surtout pour un premier film.