2010, l’année du premier contact (1984)

2010 : L'Année du premier contact

Réalisé par Peter Hyams

Avec Roy Scheider, John Lithgow, Helen Mirren
Pays:   États-Unis
Genres : Science Fiction, Thriller
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 1984
6.5/10

2010 n’est pas qu’une suite au film de Kubrick. Il est aussi l’adaptation du deuxième volet de la quadrilogie du romancier Arthur C. Clarke qui se place entre 2001: l’odyssée de l’espace » (1968) et « 2061 : odyssée trois » (1988) avant d’être finalisé avec « 3001 : l’odyssée finale » (1997).

La barre était placée bien haute. Il fallait avoir de l’audace pour se frotter au film de Stanley Kubrick qui avec le temps avait réussi à conquérir le public et atteindre le rang de culte. 16 ans après, Peter Hyams tentera d’apporter son identité propre à l’œuvre sans en dénaturer le genre. L’intrigue est paradoxalement plus datée en plongeant les personnages en pleine guerre froide. Construit comme un film grand public, cette suite sera plus abordable et surtout moins élitiste. Heureusement,  vu qu’il prenait déjà le risque de se faire lapidé dès la sortie de son film en marchant sur les traces de Stanley Kubrick.

Le scénario tentera de répondre à certaines interrogations posées par 2001, sans toutefois en rompre le mystère qui l’accompagne depuis 1968. La volonté de répondre aux questions de manière relativement légère que soulèvent 2010 et les raisons du dysfonctionnement de HAL-9000 n’était pas absurde mais le coté métaphysique et intemporel imposé par Kubrick rend les réponses hermétiques. En tant que spectateur, nous ne sommes pas prêts à avoir des réponses même si la curiosité est bien présente. Les explications de 2010 resteront finalement sombres et n’apporteront que peu de lumière qui pourront paraître inutiles aux yeux des puristes mais à l’avantage de ne basculer dans le surexplicatif. L’intrusion du rappel kubrickien avec l’ectoplasmique Bowman permet de lier totalement les deux films, nous laissant dubitatif et pensif.

La première demi-heure avec ses longs monologues reste pas mal ennuyeuse. Elle met en place la nouvelle mission et ses enjeux. La seconde partie héritera d’une inertie un peu lourde à faire décoller l’histoire et à vouloir aborder certaines questions en suspens pour finir par s’immiscer totalement dans l’espace en route pour le Discovery. Je dois avouer que le silence qui gravite dans le cosmos n’aide pas à rester éveillé, la lutte est constante, tout autant que la volonté d’en connaitre plus sur la précédente mission. Les 30 dernières minuties révèlent heureusement le film. La mise en scène mette en tension le spectateur. Nos attentes changent, le film prend tout son intérêt. La réactivation de HAL nous plonge dans une nouvelle crise de paranoïa. On se souvient du ton monocorde de la machine qui avait conduit au désastre de 2001, on craint de vivre la même chose. Excepté que nous savons qu’il est d’origine extraterrestre, le monolithe qui conservera son mystère, certainement parce qu’il n’a jamais eu rien à renseigner, prendra de l’envergure sur cette conclusion spatiale, sans véritablement donner de véritable sens si ce n’est d’apporter une morale pleine de sérénité. Le dernier plan nous confortera dans la beauté de ce voyage et du mystère qui gravite autour du monolithe profondément sombre.

Être ou ne pas « naitre », là est la question autour de cette suite bien moins mystérieuse et audacieuse que 2001 mais qui a le mérite d’ouvrir le monde de la science-fiction à un public plus large. Un film qui n’a pas le droit au mépris juste parce qu’il fait suite au travail de Kubrick, bien au contraire!

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