Aventures du baron de Münchausen (Les) (1989)

Les aventures du baron de Münchausen

Réalisé par Terry Gilliam

Avec John Neville, Eric Idle, Sarah Polley
Pays:  Royaume-Uni,   Italie
Genres : Action, Aventure, Comédie, Fantastique
Durée : 2 h 05 min
Année de production : 1988
7/10

A la sortie du film, dans ma jeunesse qui s’éloigne petit à petit et à la grande époque du vidéoclub on avait le droit a des magnifiques et grands posters qu’on pouvait entreposer à la maison. Mais voilà qu’après 20 ans, j’ai ce souvenir qui me revient et me rend compte que je n’avais jamais découvert ce film, et c’est pas faute d’avoir vu le baron pendant des mois sur le mur de ma chambre.

Entre magie et incompréhension, Terry Gilliam, le réalisateur poissard intergalactique, nous signe un petit OVNI bien sympathique. Mais bordel faut rentrer dans son monde sinon c’est mort.
Car comme l’a démontré son précédent film à l’époque, Brazil, ses métrages sortent complètement des sentiers battus et abordent des sujets souvent farfelus. Il faut savoir où on met les pieds quand on découvre ses œuvres, la patte Gilliam est bien présente et il faut oublier sa philosophie rationaliste et métaphysique pour apprécier entièrement un film comme le baron de Münchausen, même si ça reste un peu « foutraque » dans l’ensemble.

L’imagination du Baron inspirera obligatoirement son dernier film L’Imaginarium du docteur Parnassus tellement on est dans un film similaire sur l’imagination (en même temps quasi tous ses films tourne autour d’un thème qui évade). Les effets même si d’une époque différente sont sensiblement de la même trempe. Dès 1911, Georges Méliès s’est emparé du personnage dans la première adaptation qui ne faisait que 11 minutes. Depuis c’est plusieurs adaptions qui ont eu lieu, tout d’abord en 1943 réalisé par Josef Von Baky puis en 1978 de Jean Image sous forme de long-métrage d’animation. Gilliam signe un film qui part dans tous les sens mais qui finalement quand on comprend le personnage de Münchausen, on fait abstraction de notre coté Cartésien. Par ailleurs, il faut savoir que Monsieur poissard a eu pas mal de souci sur le tournage (et oui c’est Gilliam!). La production lui impose des coupes afin de réduire le budget qui provoqua le départ du Roi de la Lune : Sean Connery (rencontré sur Bandits Bandits). Il fût remplacé au pied levé par Robin Williams, qui demanda à ce que son nom ne figure pas au générique (d’où ma recherche sur le pourquoi du comment) par peur de voir sa carrière ternie par l’odeur du futur fiasco retentissant.

 John Neville est quand à lui sensationnel. C’est même dommage de le voir si peu au cinéma. L’homme manucuré (pour les connaisseurs) entre totalement dans le personnage qui de surcroit est un personnage réel de la fin du 18ème siècle. Son jeu est juste, sa tenue est assez exceptionnelle, sans parler de son maquillage qui passe quasi inaperçu si on ne connait pas l’acteur.

Finalement après une petite prose, je n’ai pas parlé véritablement du scénario, de l’histoire, de ce qui se passe dans le film. Normal, car c’est un film inexplicable, il faut le découvrir, le voir pour le croire. Grâce à l’imagination, on arrive à réaliser l’incroyable, et toucher du doigt l’irréel. Ce film est un peu le Big Fish de Gilliam. Alors si vous trouvez ridicule qu’un bateau arrive sur la Lune suspendu à un ballon constitué des culottes de ces dames, si la vue d’un roi chevauchant son cheval blanc et lançant des asperges géantes telles des lances vous rebute, ou si le voyage à dos de boulet de canon vous donne la nausée, passez votre chemin, et ne vous retournez pas.

Un voyage hors norme, pas simple d’accès certes mais aussi insolite que jolie. So Gilliamen!

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