Benedetta (2021)

Benedetta

Réalisé par Paul Verhoeven

Avec Virginie Efira, Charlotte Rampling, Daphne Patakia
Pays:  France,   Italie,   Pays-Bas
Genres : Drame, Romance, Histoire
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2021
7.75/10

Sulfureux, osé, sans être vulgaire, Paul Verhoeven n’ira plus à l’église après ça! Se basant sur des faits éloignés de l’énigmatique Benedetta Carlini, le réalisateur met en images littéralement sa vision de la religion, tout en buvant à son sein ses outrances, ses ambiguïtés, parfois proches d’une certaine bouffonnerie (essentiellement avec les apparitions de Jésus). Cependant, le film signe un scénario intelligent qui ne dévoilera jamais sa vérité, que seul le spectateur ira puiser dans ses propres convictions (on va exclure le débat de la religion, de Jésus et de ses groupies) à travers la performance splendide et convaincante de Virginie Efira. En effet, l’évolution de l’ancienne présentatrice de chez M6 est exceptionnelle. Virgine Efira confirme ici qu’elle entre dans la cour des grands, ici totalement possédée par son rôle. La nudité est magistralement filmée. Et pas évident de se mettre à nu devant les caméras… mais autant le faire devant celles du grand Verhoeven. Charlotte Rampling est extraordinaire de finesse et Lambert Wilson compose à nouveau l’une de ces délicieuses ordures absolues que l’on adore forcément.

Une première image pour Benedetta de Paul Verhoeven | CineChronicle La foi est un aveuglement, la religion est avant tout un moyen de détenir le pouvoir et d’interdire le sexe, indissociable à de la trahison et aux blasphèmes et Verhoeven s’en accaparera toutes les ficelles pour jongler sur de multiples thématiques qui feront certainement grincer quelques dents. Le réalisateur signe ainsi une nouvelle charge subversive saisissant toutes les contradictions et les hérésies d’une église propre, à croire aux miracles, avant de brûler ses saintes. La déconstruction et la satire de la religion passent par le ridicule, l’outrancier, le fantastique, la perversité mais aussi par le corps qui devient vecteur de passion et de jouissance!

Sous couvert d’une curieuse conception de l’amour de Dieu et les sacrifices qui en découle, le film n’est jamais ennuyeux et qui monte assez lentement en puissance. Mais finalement, ce qui jettera peut-être le plus de trouble ici (bien que sa filmographie l’ait déjà évoquée), c’est que Verhoeven reste le cinéaste le plus clairement féministe qui soit, sans pour autant se mentir : Cinématographiquement parlant, avons-nous affaire à la plus grande mytho de l’époque ou s’agit-il bien de réels miracles de l’église?

Un thriller atypique mais étrangement captivant.

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