Bienvenue à Marwen (2019)

Bienvenue à Marwen

Réalisé par Robert Zemeckis

Avec Steve Carell, Leslie Mann, Merritt Wever
Pays:  États-Unis
Genres : Drame, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2018
8/10

Résultat de recherche d'images pour "bienvenue à marwen"Tirée d’une histoire vraie, Robert Zemeckis adapte l’histoire de Mark Hogancamp qui a déjà eu l’honneur d’un documentaire en 2010. Poétique et sensible, le scénario développe toute la psychologique du personnage meurtri par l’attaque d’un soir qu’il a subi à la sortie d’un bar. Avec une vraie amorce d’originalité, on s’attache rapidement au personnage. Steve Carell interprète la nouvelle vie déchue de Mark Hogancamp, en conservant toute sa « simple » dimension humaine sans en devenir pathétique. Accompagné de sa perche et de son 4×4, on est attendri par cet homme, devenu parfois enfant, conteur de rêves, et malade mentale. Une ambiguïté qui nous pousse à comprendre les peurs de notre héros.

Entre réalité et monde imaginaire, Mark va améliorer la coordination de ses mains et gérer toute la souffrance qu’il a enduré parce qu’il a osé avouer son fétichisme pour les chaussures compensées. Cette auto-thérapie confère à Mark une force physique et mentale ainsi que de l’endurance pour son long voyage éprouvant vers la réalité. L’imaginaire enfantin lui servira d’échappatoire face à la perception difficile du réel. Le spectateur ainsi arrive à comprendre le mal qui ronge cet homme et tout le cheminement pour retrouver une nouvelle vie.

La photographie est sublime, à la hauteur des clichés du vrai personnage. Robert Zemeckis avec son indéniable talent va faire vivre avec magnificence les poupées de Mark. La personnification est une totale réussite, les mouvements et les textures sont admirables, à en rendre jaloux Wes Anderson (rires)! Le monde imaginaire de Mark, entre troupes féminines et Nazis, permet de comprendre aussi les angoisses de notre protagoniste, dans un monde idéaliste, là où le féminisme l’emporte sur la vigoureuse masculinité qui l’a détruit. Zemeckis nous offre une belle histoire avec une jolie morale. Le jugement des autres est sans valeur, si ce qui nous anime fonctionne. Cependant, pour que le film fonctionne parfaitement pour en devenir mémorable, n’aurait-il pas fallu appuyer un plus sur l’émotion pour être pleinement bouleversée?

Un exutoire à la mécanique incarnée supplanté par une très jolie mise en scène, Bienvenue à Marwen raconte une auto-thérapie surprenante avec un Steve Carell aussi juste qu’authentique.

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