Chiens de paille (Les) (1971)

Les Chiens De Paille

Réalisé par Sam Peckinpah

Avec Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughan
Pays:  Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Crime, Drame, Mystère, Thriller
Durée : 1 h 58 min
Année de production : 1971
8.25/10

Première intrusion dans le cinéma de Peckinipah et c’est une sacrée claque. Pris dans un tourbillon psychologique, les chiens de paille (traduction littérale française faussé car désignant une expression anglaise) retiendra l’attention du spectateur jusqu’au bout en passant par des phases plus ou moins difficiles à supporter. Mais c’est la psychologie du personnage d’Hoffman qui est traité et ce qui est sur c’est qu’avec ce film personne n’en sort indemne.

Opposant l’Américain intellectualisé et civilisé à la faune très limité et sauvage d’un village, Peckinpah va dévoiler l’instinct de survie de l’homme quel qu’en quoi soit la gravité de la situation. On y découvre la relation houleuse entre Dustin Hoffman et sa femme et un coté désordonné dans cette idylle. Amy a un comportement très ambiguë (comme la petite allumeuse du village) vis-à-vis des autres hommes et on sent bien que cette provocation va émouvoir certains bestiaux (du genre de I spit on your grave même si la violence n’est pas la même) du village.

La très éprouvante scène du viol reprend de nouveau cette ambiguïté partant de la torture et de la révolte en passant par la répugnance pour finir par le consentement. Enfin même si on arrive difficilement à vivre la situation, elle n’en demandera pas son reste avec l’arrivée d’un autre larron (pan dans ton cul!). A peine le milieu du film atteint, on se dit que plus rien ne peut arriver. Mais non, Peckinpah continuera, sans pour autant passer par des scènes aussi chocs, à garder une tension palpable. Les réminiscences viennent hanter Amy et la violence des images vont se perpétuer au sein du cocon familial avec un David métamorphosé qui va tenter de repousser ses assaillants qui veulent pénétrer dans sa maison.

L’approche qui fait défaut est que le film soit scindé en deux drames forts réunissant les mêmes protagonistes mais avec aucun lien entre eux. En effet, j’ai été frustré de savoir ce que Dustin Hoffman ne saura jamais avec le double viol de sa femme. Et de le voir se battre ainsi et dévoiler son instinct animal pour sauver son territoire alors que la gravité de la situation est bien pire, ça m’a bien mis les « boulons ». Mais c’est peut être ça qui fonctionne aussi, et son départ à la fin, en laissant sa femme dans l’attente de son éventuel retour est fatale et renforce ce sentiment de haine à l’égard des autochtones mais tout autant envers David.

Dustin Hoffman est impressionnant de justesse. A la fois gentillet et intello, il va faire rugir le tigre qui est en lui. Peut être pas pour les bonnes raisons, mais quoi qu’il en soit on est captivé par sa hargne protectionniste. Sa femme est pas mal non plus surtout pour un rôle assez compliqué sur le papier et surtout qui la met dans une position inconfortable selon la vision du réalisateur.

Après avoir réalisé 6 westerns, Peckinpah change de registre tout en gardant cette patte « western » et réalise ici un thriller marquant et tortueux.

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