Cinquième colonne (La) (1942)

La Cinquième colonne

Réalisé par Alfred Hitchcock

Avec Priscilla Lane, Robert Cummings, Otto Kruger
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Mystère, Thriller
Durée : 1 h 49 min
Année de production : 1942
7/10

Début des années 40, Hitchcock devient un réalisateur indépendant en se produisant pour la première fois. La guerre éclate, l’Amérique sera touchée à Pearl Harbor mais cela n’empêchera pas le réalisateur d’aller dans le fond de sa pensée en réalisant un film autour du sabotage. Avant-gardiste, on parlera même du terme « terrorisme » qui naitra avec les médias modernes dont Hitchcock aura l’assurance de convaincre le public de la réalité des « cinquièmes colonnes » en tant de guerre.

Fort de ses 1000 décors et 4500 positions de caméra, dixit le maitre, il manipulera sa mise en scène pour la rendre plus novatrice. Certainement inspiré ou imité, il utilisera la perspective forcée pour rendre son film plus grand. Avec son budget restreint il utilisera ce procédé pour donner l’impression de profondeur sur certains plans. Lors de la scène du train du cirque, il utilisera des petits wagons avec des petites personnes en arrière plan pour prolonger sa perspective et ainsi économiser de la place et des moyens. Alors que pendant ce temps en Normandie, le plus gros paquebot du monde se renversait, le réalisateur sauta sur l’occasion pour racheter les images via Universal pour l’intégrer au film, ce qui valu quelques critiques face à un accident qui n’a pas lieu d’être un attentat.

Dès le départ on est captivé par l’incendie qui se déclenche. On suit agréablement l’enquête, même si parfois ça nous semble évident. Dès lors que le charismatique héros découvre la cinquième colonne, on se perd dans des détails et une petite fête ennuyeuse provoquant un ventre mou en milieu de film. Dès lorsque l’intrigue reprend avec l’attaque suivante, le rythme devient de nouveau intense et le suspens exemplaire. Le film restera essentiellement dans les mémoires grâce à sa grande scène finale qui s’installe dans la statue de la liberté. A l’instar de Mort aux trousses qui nous fera dévaler les roches du Mont Rushmore quelques années plus tard, ici il s’attaque à l’icône la plus emblématique de New York — à armes égales avec l’Empire State Building déjà chevauché par King Kong, 10 ans plus tôt. Entre incrustation, reproduction à taille réelle du bras de la statue et bricolage d’effet de l’époque, on est émerveillé de voir les deux personnages se traquer à si haute altitude. Seul regret de Hitchcock: ne pas avoir inversé les rôles pour rendre la scène encore plus soutenue car en effet la scène finale dans cette configuration semble facilement gagnée.

Entre complot, attentat et traque, Hitchcock réalise un film rigoureux qui se finalisera par une scène marquante sur le monument le plus important des États-Unis, ici symbole de liberté pour sa première production.

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