Climax (2018)

Climax

Réalisé par Gaspar Noé

Avec Sofia Boutella, Kiddy Smile, Romain Guillermic
Pays:  Belgique,   France,   États-Unis
Genres : Drame, Horreur, Musique, Thriller
Durée : 1 h 35 min
Année de production : 2018
4.25/10

Si le film n’était pas de Gaspar Noé, qui aurait eu l’audace de voir ce clip hypnotique et anxiogène de 95 minutes? La réputation du réalisateur, cinéaste sulfureux et provocateur est aussi un point déterminant pour conserver un public averti.

Gaspar Noé réutilise toutes les ficelles chères à sa filmographie. Un générique en préambule. Des titres tectoniques et dévastés qui viennent nous écarquiller la pupille. Un découpage trompeur avec une multitude de plan dont une personne qui se dandine dans la neige sans grande explication.

Puis vient le premier véritable plan du film, lancinant et inutile avec un poste de télévision filmé avec des interviews, sans savoir où on met les pieds. Puis les personnages se dévoilent en dansant sur un tube de Cerrone. Particulières et animées, les danses sont malheureusement redondantes, même si le réalisateur semble vouloir laisser entrevoir des symboles. Les plans séquences sont vertigineux mais tellement inutiles. Mais on reste encore captivé en attendant un effet de surprise. On sent que les acteurs doivent improviser, les dialogues sont creux, le scénario totalement absent avec une mise en scène complaisante. Quand commence-t-on cette putain de soirée?

Arrive la sangria remaniée au LSD! Et là tout part en couille. Mais le segment devient ici le plus intéressant avant de sombrer dans une rythmique transe anxiogène. En effet, dès lors où les doutes la « soupe » est partagée, on rentre un peu plus dans le délire. Le gosse se retrouve à brailler dans le local EDF, l’héroïne se voit emprisonnée dans son propre collant, tout le monde danse, tout le monde chiale, du sang commence à couler sur le parquet luisant de la salle de fête. C’est dingue mais encore accessible. Mais l’effet anxiogène et très brouillon va se décupler et l’intrigue part en brioche sur le dernier segment. Si l’œuvre est censée perturber le spectateur, la consternation prend place face à une absence totale de rebondissements, en dehors de l’interminable et prévisible prolongement du bad trip. Il est temps que cela se finisse, la fête est beaucoup trop folle, le spectateur se dégage totalement de ce bad trip, s’ennuie et arrive à se moquer des personnages en totale roue libre. La déception refait surface même si au final le film arrive à provoquer une petite gène viscérale additionnée à une certaine consternation. C’est bien du Gaspar Noé!

Entre transe pulsative et sidération hypnotique, Gaspar Noé refait des siennes dans un film qui manque franchement d’intérêt. Un bad trip qui manque franchement de charme et de saveur.

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