Cloud Atlas (2013)

Le temps présent et le temps passé…
Les deux peut-être présent dans le temps futur…
Et le temps futur contenu dans le temps passé…
Si tous les temps est éternellement présent.

Cloud Atlas

Réalisé par Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer

Avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Broadbent
Pays :  Allemagne,   Hong Kong,   Singapour,   États-Unis
Genres : Drame, Science Fiction
Durée : 2 h 45 min
Année de production : 2012
7.75/10

Adapté du livre la cartographie des nuages de David Mitchell, les frères Wachowski se lancent dans le pari douloureux d’adapter cet ouvrage avec le réalisateur Tom Tykwer en tant que film indépendant (le plus cher à ce jour).

Pourtant le film se résume à 6 histoires sans grandes prétentions pour certaines. S’attarder en 1849, sur une relation d’amitié entre un esclave et un guide durant la traversée du Pacifique, ou sur la composition d’une partition de musique, y a pas de quoi jouir de plaisir. Suivre une journaliste des années 70 ou voir un vieux se faire enfermer dans une maison de retraite, là non plus y a pas de quoi tenir en haleine le spectateur durant 2h45. Et pourtant les trois réalisateurs vont nous captiver par un montage dithyrambique, en entremêlant chaque histoire de façon judicieuse et en les rendant toutes intéressantes. Des segments sont plus captivants que d’autres par le faite qu’ils sont futuristes (Tokyo en 2144 ou La Croisée d’Sloosha en 2321) et donc méconnu du spectateur mais toute la génèse semble tout de façon utile à l’intrigue.

Le spectateur dès la première minute passe d’un monde à l’autre sans savoir où il va. Et cette interrogation qui nous pousse à boire chaque parole de chaque personnage, va s’éterniser durant tout le film, jusqu’à vouloir le voir continuer indéfiniment. On n’a pas envie de voir le générique de fin, on est captivé par les différents mondes, on recherche à chaque fois les liens des personnages de chaque époque, on se pose la question de savoir s’il en existe bien. Même si le livre n’en fera pas, le film nous pousse à le croire par des éléments communs dans chaque histoire. Les acteurs tout d’abord, que l’ont retrouve dans chaque segment et qui nous font croire à une filiation à travers les époques, et pourtant les noms ne se recoupe pas. La tâche de naissance qui semble être un élément important et qui ne livrera aucune explication (c’est l’élément en suspend qui me frustrera le plus). Tout plein de chose qu’on note petit à petit dans notre tête et qui finalement nous démontre que la vie des uns est liée aux autres et pourtant rien n’interagie entre eux. C’est à la fois extraordinaire à vivre, mais aussi frustrant de ne pas voir un chainon commun (comme la tâche comète mystère) passé d’un segment à l’autre. Et même si beaucoup chercherons l’aspect mythologique de l’histoire, il n’en résulte pas moins que de vivre six histoires différentes indépendantes mais étroitement liées.

Mais le remarquable des Wachowski est de toujours vouloir innover dans leurs réalisations, et qui les poussera au Panthéon des réalisateurs qui savent ne pas se reposer sur leurs acquis. Grâce à la réalisation et au montage qu’ils nous livrent dans Cloud Atlas, on réalise qu’avec juste quelques petites histoires, on peut amener le spectateur vers une très grande. Difficile d’appréhender le message, de trouver la signification de toutes les images ou l’utilité d’un personnage, et la revision du film est plus que nécessaire, pas pour comprendre le film, mais juste pour le vivre d’une autre façon.

Les acteurs quand à eux sont tous géniaux. Tom Hanks en premier (mon chouchou) se retrouve dans de multiples personnages tous aussi brillants les uns que les autres. Et même dans son rôle mineur en tant qu’écrivain au look de manageur de boxe il défonce tout. Mais sa plus belle interprétation sera celle de la conclusion en grand sage du Cloud Atlas. Halle Berry, exprime elle aussi ses envies d’être excellente même si ses personnages sont moins marquants. Hugo Weaving, méchant jusqu’au bout des dents, et par son physique particulier fait toujours peur, mais reste un acteur qui défonce l’écran, même en infirmière blonde à forte poitrine. Jim Sturgess et Ben Whishaw malheureusement se dénote pas assez de l’un de l’autre, en plus d’avoir un physique similaire. Jim Broadbent est très bon en petit vieux sympathique, il fait bonne figure sur tout les segments et reste un élément rafraichissant. Enfin Hugh Grant, même si présent sur les six histoires reste sur des personnages qui manquent de profondeur.

Alors finalement, si aucun lien physique ne rassemble les personnages, les Wachowski aurait pu se pencher sur d’autres acteurs pour jouer les différents rôles des différents segments ? Oui mais je trouve que leur approche est encore plus réussie quand on sait qu’elle amène tout un questionnement chez le spectateur. Et puis on ne va pas bouder l’idée de voir des acteurs se métamorphoser en jeune/vieux, en homme/femme, en caucasien/bridé ou en gentil/méchant.

La musique envoutante à souhait aide le spectateur à se confondre avec les images. De plus elle prend tout son sens quand toutes les intrigues se dévoilent, pour nous laisser sur des conclusions détonantes même si pas toujours surprenantes de chaque segment.

Une expérience encore unique de la part de Tykwer et des frères et sœurs Wachowski qui nous livre un tableau, que dis-je, une fresque avec de multiples facettes. Un film qui va être à la fois adulé et détesté, mais qui ne laissera certainement pas de marbre.

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