Convoi de la peur (Le) (1977)

Le Convoi de la peur

Réalisé par William Friedkin

Avec Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal
Pays:  États-Unis
Genres : Action, Aventure, Thriller
Durée : 2 h 00 min
Année de production : 1977
8.75/10

Y a fort longtemps j’avais lu le livre le salaire de la peur qui m’avait véritablement marqué et que j’avais adoré. Pendant des années j’ai voulu voir l’adaptation de Henri-Georges Clouzot (1953) mais j’ai pas eu l’occasion de tomber dessus à mon plus grand regret quand j’y pensais. Et puis voilà qu’hier je me passe Le convoi de la peur, sans savoir que celui-ci était le remake du Salaire de la peur. Et même si l’introduction et la fin change par rapport au bouquin, l’intrigue reste globalement la même et tout aussi intéressante. L’introduction est au premier abord assez dispensable, mais sert à installer le film, mais c’est à partir du moment où on se retrouve sur le continent sud-américain qu’on prend notre pied au niveau de l’histoire mais aussi au niveau du visuel. Et même si le film a un grain d’image assez sale, un cadre déstabilisant en 1:33 (bizarre tourné en 1:66 pourtant), ce tout amène une certaine réalité aux images (enfin vive le bluray quand même!) quasi documentaire.

Mêlant des décors avec des terrains hostiles (montagne, forêt, marécage, pétrolier, lunaire…) nous rappelant une certaine réalité, les dangers de la nature, le terrorisme, et le travail dangereux, William Friedkin nous livre un long-métrage haletant et explosif. Roy Scheider tient son rôle avec magnificence jusqu’à en subir des troubles psychologiques, soutenu par l’excellent commissaire Maigret (oui, oui!) aka Bruno Cremer. A bord de deux camions, les quatre acteurs vont nous faire vivre des moments rudes et insoutenables dans cet enfer où commence un parcours titanesque avec des rebondissements bien amenés. Et quand les camions passent le pont de singes en avalant les planches de bois sous leurs roues, le spectateur est au sommet de l’intensité du film et de la tension qu’endurent les personnages. Un passage mis en scène admirablement et tout aussi marquant que l’affiche du film. A ce jour, j’ai même du mal à savoir comment la scène a été tournée, si ce n’est dans un véritable décor avec le risque de faire basculer les camions (un making-of existe?).

La fin est malheureusement modifiée par rapport au livre. Elle reste tout aussi intense mais bien moins jouissive et cruelle que le bouquin. Je ne sais pas quelle fin offre le film de Clouzot mais j’ai déjà hâte de le découvrir comme j’ai pu le vivre avec passion à travers le livre de Georges Arnaud ou le film de William Friedkin. Pour une fois on a une traduction de titre bien plus crédible que le titre hasardeux US.

Un film plein de réalité, bien ficelé, tortueux, extrême et dynamique, réalisé de main de maître avec des acteurs persuasifs.

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