Darkman (1990)

Darkman

Réalisé par Sam Raimi

Avec Liam Neeson, Frances McDormand, Colin Friels
Pays :  États-Unis
Genres : Action, Crime, Science Fiction
Durée : 96 minutes
Année de production : 1990
8/10

Sam Raimi avant de se lancer dans les traces de Spiderman avait une décennie avant déjà traité le sujet de super-héros. Darkman n’est pas adapté d’un comics, il est une œuvre originale et réussie, il nous livre une histoire fantastique bien divertissante même si bourré d’incohérences. Mais même si on est percuté par les coquilles scénaristiques qui entourent le personnage, le drame qui le touche et toute l’aventure qu’il va en découler nous plonge dans un monde dark bien rythmé.

En effet, le premier point assez mal écrit est ce supplice et cette violence mise en place pour un simple bout de papier, ça semble bien gros. Une défiguration qui déverse la colère du héros en vengeance noire et sinistre. Sa survie qui en découle mais surtout son retour dans la recherche sur des machines en fonctionnement est elle aussi assez improbable alors que son dépôt et lui ont été soufflé fortement par l’explosion. Ensuite, on se laisse envahir par le coté fantastique et la magie de la transformation de son visage pour se faire passer pour d’autres personnages, en oubliant que les corps sont pour autant inchangés. Ça passe si la morphologie était relativement identique mais quand Liam Neeson, grand, mince et élancé prend le visage d’un petit, trapu et chauve, on se dit qu’il y a une page du scénario qui a dû passer à la trappe. Mais hormis cette succession d’incohérences, on ne boude pas notre plaisir à voir le héros se métamorphose pour tromper l’ennemi en mode Volte Face. Certaines scènes en deviennent marrantes avec un humour assez noir dont celle des doubles dans le tourniquet, de la chute, ou les esquives de voitures.

La scène de l’hélicoptère, qui a du inspirer Néo dans Matrix, est assez spectaculaire. Et même si on sent les incrustations sur fond vert, les maquettes et les effets pyrotechniques des années 90, on appréciera les voltiges du héros tel l’homme araignée. Les effets de maquillage sont là aussi un sacrée travail de pré-production et renforce la crédibilité du personnage joué remarquablement par un brillant Liam Neeson, encore tout jeune. Larry Drake qui joue le méchant Robert G. Durant a une bonne gueule, à la fois sympathique, con, méchant et drôle. Son strabisme lui donne un coté encore plus « louche ». On appréciera la petite apparition de Bruce Campbell, le pote à Raimi, tout comme son frérot Ted.

La réalisation de Sam Raimi est très précise, ses mouvements de caméra dans les courses poursuites sont bien pensés sans faire trop d’esbroufes. Et même quand celle-ci est plus prononcé comme la scène du pétage de plomb de Liam (qui nous laisse penser à un plan similaire avec Ash de Evil dead), elle se justifie amplement face à la réaction du personnage. La composition de Danny Elfman aide à rendre l’œuvre plus cohérente et bien ancré dans son genre.

Un film rempli d’incohérences et d’effets un peu vieillot, mais tellement bien rythmé et réalisé avec une thématique fantastiquement jouissive qui nous fait passer outre ces défauts.

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