Everest (2015)

Everest

Réalisé par Baltasar Kormákur

Avec Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Josh Brolin
Pays:   Islande,   États-Unis,   Royaume-Uni
Genres : Thriller, Aventure, Drame
Durée : 2 h 01 min
Année de production : 2015
5/10

Afficher l'image d'origineAdapté du récit Tragédie à L’Everest de Jon Krakauer, cette acclimatation sur grand écran peut décevoir. En effet, Everest se veut réaliste, pas la peine de croire qu’il se loge dans la catégorie des Cliffhanger au risque d’être déçu. Pas d’excès d’un surhomme en tee-shirt qui va sauver la montagne et ses morts! Une promotion trompeuse qui aurait dû s’orienter sur un drame plus que sur un blockbuster d’aventure.

Même si déjà raconté dans le téléfilm Mort sur le toit du monde, le film revient sur le malheureux périple survenu en mai 1996. Célèbre pour être un cimetière à ciel ouvert, le mont Everest laisse reposer de nombreux corps glacés. « Green Boots » et les autres résidents permanents des cimes balisent les sentiers de la montagne et leur sort permet d’établir un rappel permanent du caractère arbitraire de la survie en haute montagne. Le film passe trop rapidement sur ce fait, on cherche à atteindre le sommet en oubliant de préparer le terrain de la redescente. Le drame n’émeut pas, pourtant les terribles échecs de centaines d’alpinistes ont de quoi chambouler. C’est là où le film échouera totalement avec peu d’attachement des personnages dans une survie complexe face à une nature impitoyable. Si la death zone (> 7900m) où l’homme par manque d’oxygène délire est bien décrite, le manque de souffle du spectateur est avorté par une mise en scène basique oubliant parfois le spectacle et le « survival » qu’aurait dû être le film. Dénué de tension, de froideur ou simplement de ressenties émotionnels, le film manque parfois d’intérêt, celui qui est censé pousser l’alpiniste à franchir cet affront de la nature.

A force de multiplier les acteurs « bankables » au casting, nous sommes déçus de voir qu’ils ne font que de la figuration, histoire de cachetonner. Leur rôle est pauvre, rien ne justifiant la mise en avant des têtes d’affiches, totalement effacées par l’imposant Mont Everest. Les personnages de Jake Gyllenhaal, Sam Worthington, Robin Wright, Keira Knightley n’apportent rien de constructif au scénario. C’est presque absurde de les créditer sur l’affiche du film! Seul Jason Clarke et Josh Brolin sortent leur épingle du jeu et restent les véritables ascensionnistes de cette réalisation.

Tourné entre l’Himalaya et les Alpes, le film offre de sublimes images. Seule la section d’Hilary Step à 8760 mètres d’altitude a été tourné en studio à Londres. Une étape numérique un peu trop visible face à la stupéfiante plongée au-dessus de la frontière Népalaise et Chinoise. La faible bande originale de Dario Marianelli aura peu de mal à prendre de l’envergure face aux images impressionnantes du Graal.

Du réalisme au détriment du divertissement. Everest avait tout d’un grand, mais la mise en scène trop classique et dénuée d’émotion redescend l’œuvre au stade de petit film peu marquant, loin de la majestueuse expédition qui pousse les alpinistes à risquer leur vie!

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