Fast & Furious 8 (2017)

Fast & Furious 8

Réalisé par F. Gary Gray

Avec Vin Diesel, Jason Statham, Dwayne Johnson
Pays:  États-Unis
Genres : Action, Crime, Thriller
Durée : 2 h 40 min
Année de production : 2017
6.5/10

Alors que la franchise montait en puissance en allant toujours plus vite, toujours plus fort, il fallait bien s’attendre au crash-test avec un épisode un peu en dessous des autres, revenant aux origines faiblardes de la saga.

Image associéeImmunisé devant les cascades astronomiques, le spectateur ne croit plus à ce concept qui s’épuise avec le temps. Cependant, « l’entertainement » est brillamment bien pensé pour que le public ne soit jamais ennuyé devant du blockbuster bourrin au rythme frénétique. La lassitude n’a pas le temps de s’installer alors que nos yeux écarquillés saignent face à de multiples dérapages (in)contrôlés.

Le scénario, car oui il en existe toujours un, coincé entre deux post-it sur le bureau de 72 scénaristes, ne sera ici pas le plus glorieux de la saga. La trahison de Vin Diesel sent mauvais dès le début. On n’y croit pas du tout tellement son message de « famille » a été ancré dans la saga et qu’on sait immanquablement qu’il retournera sa veste pour revenir parmi les siens. Et force est de constater qu’on est devenu plus actif à attendre des scènes « bourrines » que de vraiment vouloir comprendre les perceptions des différents protagonistes.

Universal sait investir autant dans les belles bagnoles que dans le casting de qualité pour cette saga. La distribution prend comme à chaque épisode un peu de galon. Charlize Theron rejoint l’équipe mais ici en grande rivale pour notre plus grand plaisir. Surtout quand elle interprète une hippie charmeuse et manipulatrice, un rôle à contre pied comme elle a souvent su l’aborder dans sa carrière. Jason Statham s’est acclimaté à la saga et revient de nouveau pour castagner du bandit entre deux sauts périlleux à bord de bolides de plus en plus puissants. Le reste du casting quant à lui reste inchangé, si ce n’est le regretté Paul Walker qui, contre toute attente, ne manque pas à la saga grâce à une éviction assez intelligente et une équipe toujours plus conséquente. Le pionnier Vin Diesel interprète son personnage Toretto en roue libre certainement par facilité d’un rôle qu’il connaît trop bien, même quand la violence intercepte le destin de son ex-femme. Dwayne Johnson, arrivé en milieu de parcours, se fera malheureusement ici un peu moins remarquer. Le reste du noyau de l’équipe est confortablement à sa place mêlant habilement humour, technologie et « bolidage ».

Depuis le cinquième opus, chaque épisode conserve une scène détonante et mémorable qui caractérise chaque film. Ici, on pousse à l’extrême les improbabilités en mettant face aux bagnoles un gargantuesque sous-marin nucléaire pour les dégommer. Toujours dans l’excès, rien dans la finesse, on peine à croire à ce réalisme expulsé pour offrir du pur divertissement. Mêlé à des technologies hors normes, le film bascule parfois même dans de la science-fiction. Enfin, même si tout est improbable, on se dit qu’avec un peu de dextérité et un fort savoir-faire technologique, on pousse nos limites à admettre l’incommensurable! Mais lorsqu’on joue avec les limites humaines on n’a plus envie d’y croire. On ne saute pas d’un véhicule en marche à 200 km/h Dominic! A deux reprises, sur la première et dernière scène, Toretto saute de sa voiture à des vitesses improbables sans s’égratigner! Sans faire d’études médicales, a 200 km/h, son genou aurait dû retrouver délicatement ses dents en passant par son œsophage en une fraction de seconde! Se cacher derrière une voiture pour éviter une boule de feu d’un missile atomique ne te protègera pas pour autant, Dom! Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles, on a joué le jeu jusque-là mais la coupe est pleine. Et même si vous avez envie d’aller dans l’espace avec vos voitures, rendez au moins les scènes a minima crédibles.

Malheureusement Fast 8 ne propose pas de grandes nouveautés si ce n’est la scène des véhicules commandés à distance, visuellement impressionnante, additionnant le nombre de casse de voiture, alourdissant la facture, ainsi que la course-poursuite sur la banquise. Mais finalement que reste-t-il de cet opus? A-t-on véritablement fait avancer l’intrigue, si ce n’est aller vers la force des choses, voir la famille s’agrandir avec l’arrivée de la descendance. Au moins on est sûr qu’en 2045, ils reprendront le relai!

Plus de quinze ans plus tard, Fast and Furious tient fermement à l’asphalte du grand écran et compte écraser encore quelques bagnoles au box-office jusqu’en 2023. Mais n’était-il pas temps de tourner la page avec le départ de Paul « Brian » Walker lors du précédent opus?

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