Fenêtre sur cour (1954)

Fenêtre sur cour

Réalisé par Alfred Hitchcock

Avec James Stewart, Grace Kelly, Wendell Corey
Pays:  États-Unis
Genres : Mystère, Thriller
Durée : 1 h 50 min
Année de production : 1954
7.5/10

Un des films les plus réputés de chez Hitchcock mais bizarrement pas mon préféré. Le film est de qualité c’est indéniable mais tenir près de deux heures enfermés dans l’appartement auprès du talentueux James Stewart amène à pas mal de longueur. Pourtant la caméra du réalisateur coincé dans ce huis-clos semble s’intéresser autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’appartement et oublie cet impression d’enfermement. Le film en devient hors du commun en termes de réalisation. Mais la relation par procuration qu’il a avec son voisin, Lars Thorwald reste bien plus intéressante que celle qu’il partage avec son ex-copine et ami qui viennent lui rendre souvent visite.

Le moment où Grace Kelly fouille la chambre du meurtrier et que celui-ci apparaît dans le couloir reste le moment le plus intriguant mais aussi le plus palpitant en terme de sensation. La tension monte crescendo et on appréciera la confrontation (même si un peu rapide) des deux voisins sur une image sombre et angoissante et qui finira avec humour sur un Stewart doublement immobilisé.

Il est évident que l’extrapolation faite par Stewart sur la culpabilité de son voisin est trop poussive et nous amène fortement à prouver qu’il a tort. Mais finalement Hitchcock nous pousse au visse et nous démontre encore une fois, que même nous la génération des « films à twist », on est capable de se fait avoir et que des fois il serait bon de croire les théories simpliste du héros sans chercher d’autres théories. A la fois je me suis fait avoir, et à la fois j’aurai voulu avoir raison sur l’innocence de Thorwald, un ressenti assez contradictoire.

Les prises de vues restent le point culminant du film. Le travail d’Hitchcock est énorme surtout quand on sait que le plan d’ouverture sur des immeubles new-yorkais est le seul tourné à l’extérieur d’un studio. Tout le reste a été tourné uniquement dans les studios de la Paramount à Los Angeles avec la construction de 31 appartements dont 12 aménagés et plus de 1000 projecteurs (le bluray rend hommage à ce gros travail). A ce jour ça reste le plus grand décor jamais construit en intérieur dans les studios de la Paramount. Aujourd’hui je me pose la question de savoir s’il n’y avait pas d’autres moyens que de tourner dans un décor fictif?

Fidèle à son humour noir, Alfred Hitchcock suggéra en guise de slogan pour la sortie du film : « Si vous n’éprouvez pas ce sentiment de douce frayeur en voyant ce film, pincez-vous – vous êtes très probablement mort ». Un sentiment qui résume bien le film si on insiste bien sur le terme de « douce frayeur ».

Un film qui tient son public (et d’autant plus les voyeurs) même si les errances énamourées du couple peuvent finir par lasser.

Ps: Le remake Paranoïak était pas mal dans son genre, même si loin de l’atmosphère de l’original. Je parle même pas de l’acteur.

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