Fracture (La) (2021)

La fracture

Réalisé par Catherine Corsini

Avec Marina Fois, Valeria Bruni‑Tedeschi, Pio Marmaï
Pays:  France
Genres : Drame
Durée : 1 h 38 min
Année de production : 2021
6.5/10

Une nuit aux urgences, juste le temps pour démontrer l’état de délabrement du système hospitalier français. Un film aux limites du documentaire qui fait froid dans le dos, et encore nous sommes fin 2019, dans l’inconnu du Covid-19 et ça fait peur! Mais alors, Catherine Corsini via La Fracture raconte-t-elle des choses que l’on ne savait pas ? Non, mais c’est le parti pris de la réalisatrice d’inviter la comédie dans le chaos qui devient intéressant, entre rires et consternations!

L’hôpital est ici mis à mal d’une différente façon que celle entreprise par Hippocrate, en s’appropriant un sujet d’actualité avec les événements intervenus en France avec les Gilets jaunes. Une simple intervention aux urgences prend des proportions hallucinantes parce que les moyens, le temps et le personnel manquent. Stress, détresse sociale, personne en fin de vie, pauvreté, défiance du système, ici on touche à l’humain avec une inhumanité qui en devient intolérable. Pourtant l’engagement sans faille du personnel trop clairsemé est à souligner mais le gouvernement inconscient (ou aveugle) semble oublier l’essentiel.

La Fracture» de Catherine Corsini à Cannes: «Le rire est cathartique» - Invité cultureLa fracture dresse le portrait d’une France divisée, à travers des personnages de classes sociales différentes. Marina Foïs et Valeria Bruni-Tedeschi campent deux lesbiennes bobos parisiennes quant à Pio Marmaï un simple routier Gilet Jaune. Et l’effervescence des caractères, dans cette nuit chaotique, provoque des situations assez drôles. Les tensions à l’intérieur de l’hôpital se multiplient, mais aussi à l’extérieur, face à une horde de manifestants bouillonnants. Et le constat et la morale sont finalement très justes: si les patients avaient été pris en charge à temps, la situation n’empirerait pas. Mais c’est cette boule de neige qui prend forme, et qui détruit tout, qui accentue l’effroi de ce huis clos exigu. Heureusement, Pio Marmaï tente de désamorcer la situation pendant que l’extravagante Valeria Bruni-Tedeschi gueule à tout bout de champ, totalement en roue libre, nous poussant à croire qu’elle est véritablement désagréable, peu importe la situation. Mais c’est grâce à ce duo complémentaire et marrant que le film prend son envol même si Marina Foïs est un peu en retrait.

Alors si l’idée de voir un film social mêlant les Gilets jaunes ne nous enchante pas tellement (parce qu’ils sont déjà très présents dans les médias), le résultat de La fracture est loin d’être détestable, en étant bien percutant qu’un vulgaire reportage BFM.

Un film coup de poing que nous exaspère et qu’on souhaiterait montrer à notre président Macron de toute urgence. La fracture se trouve finalement une œuvre d’utilité publique, si la prise de conscience n’est pas encore totale.

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