Gone Girl (2014)

Gone Girl

Réalisé par David Fincher

Avec Ben Affleck, Rosamund Pike, Tyler Perry
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Mystère, Thriller
Durée : 2 h 25 min
Année de production : 2014
8/10

Voilà ma dernière critique de l’année avec le dernier film du prodige américain David Ficher qui nous gratifie d’une petite pépite comme à son habitude mêlé à un scénario habile de Gillian Flynn d’après son propre roman éponyme.

Gone Girl sous son étiquette de thriller est un film qui dépasse certaine limite de la moralité. Cet objet filmique est loin d’être linéaire. Il commence certes chronologiquement mais va vite nous dévoiler les débuts du couple à travers quelques flashbacks, histoire de bien s’imprégner des personnages mais surtout nous laisser le temps de s’y attacher.

Du haut de ses 2h30, le film sera découpé en quatre parties qui remobilisent à chaque fois le spectateur. L’introduction sera là pour installer le couple. Sous une neige de sucre, derrière la boulangerie il l’embrassa en étalant le sucre sur ses lèvres, voilà le début d’une l’histoire d’amour féerique qui va mal tourner. Nick et Amy vont devenir les seuls responsables de la défaillance de leur propre couple et c’est magistralement raconté. Pourtant beaucoup de couples auraient pu passer outre mais on sait que l’amour et la haine sont proches.

Rapidement la seconde partie nous plonge dans le sinistre enlèvement d’Amy. Qui est le coupable, Nick est-il l’auteur du meurtre de sa femme? Jusqu’à là finalement rien de bien original, de plus la bande-annonce nous avait pas mal mâché l’intrigue. Mais ce n’est pas une finalité, Fincher après nous avoir bien installé dans notre fauteuil va vite se faire plaisir pour nous torturer et nous surprendre.

Sans jouer du « twist » vu que le film se dévoile petit à petit, on se concentre avec attention sur les motivations de chacun et sur la révélation. Généralement c’est sur ce genre de scène que se finalise un film mais Fincher donnera du sens à son œuvre en la rendant captivante et finalement on se rend compte qu’on est loin d’en avoir fini avec cette guerre conjugale. Les attentes du spectateur sont à l’apogée en milieu de film, le ton masochiste et machiavélique nous donne du fil à retordre, on ne sait plus comment va se finir l’intrigue.

Enfin viendra la dernière partie, la conclusion limite immorale. Cette fin dérangeante mais qui m’a aussi laissé sur ma faim! J’ai prié pour ne pas voir arriver le générique aussi vite. Loupé ! J’en suis ressorti frustré car les choix de Nick ne sont pas les miens, on a juste envie de crier la vérité mais le scénario nous enferme dans une spirale vicieuse et infernale et nous laisse finalement peu de choix. Amy est une belle manipulatrice et Nick veut préserver son image mais a quel prix? Jusqu’à quel niveau de souffrance? Nick sera poussé à bout autant que le spectateur, on a juste envie de meurtre, mais nous sommes les poings liés. D’ailleurs quand il lui claque gentiment sa petite tête blonde contre le mur on se sent soulagé.

Finalement Amy arrivera à écrire sa propre histoire après s’être enfermée dans un rôle dans ses bande-dessinées qui s’inspire de sa réalité. Et si le personnage fonctionne c’est aussi grâce à la prestation terrifiante, inquiétante et diabolique de Rosamund Pike. Un nom qui nous parle peu mais qui j’espère reviendra vite au cinéma. Elle transcende le film, elle est juste sensationnelle et accompagne avec brio le très bon Ben Affleck. Neil Patrick Harris aurait pu être plus sadique, car l’intension est là mais comment ne pas se faire « tirer » les ficelles par Amy tant elle est manipulatrice.

Mensonges, manipulations, trahisons, David Fincher nous dépeint intelligemment la descente aux enfers d’un couple à la dérive. Mais c’est la morale inquiétante et la volonté d’être dans une certaine réalité qui fait froid dans le dos.

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