Gravity (2013)

Gravity

Réalisé par Alfonso Cuarón

Avec Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris
Pays:  Royaume-Uni,   États-Unis
Genres : Drame, Science Fiction, Thriller
Durée : 1 h 31 min
Année de production : 2013
10/10

L’événement de cette fin d’année aura fait couler beaucoup d’encre. Gravity de Alfonso Cuarón est un film éblouissant, que ce soit par sa virtuosité à orienter sa caméra, son scénario tenant sur quelques lignes qui s’impose comme l’une des histoires les plus réussies dans le genre, ou tout simplement à faire voyager le spectateur dans le gigantisme de l’univers face à l’homme infiniment petit.

Ce voyage interstellaire est une sacrée claque. Dès les premières minutes, on est subjugué par les images de notre planète bleue. Tout est là pour nous conditionner dans un autre univers, les mouvements des personnages au ralenti, la mise en orbite du point de vue, le son qui semble imiter le vide. La 3D est utilisée de la façon la plus intelligente qui soit, elle amplifie considérablement tous nos sens, jamais un film n’aura bénéficié d’une telle profondeur. Et du fait que tout semble posé et réfléchi, on apprécie grandement chaque plan, chaque séquence, chaque plan-séquence.

La prouesse technique ne sera peut être pas palpable pour tout le monde. Il est vrai qu’à l’heure où le cinéma U.S utilise de nombreux processus pour nous en mettre plein la vue, le cinéma de Cuarón aurait pu passer inaperçu mais c’est tellement magnifique et abouti d’un bout à l’autre qu’il est difficile de reprocher quoi que ce soit du point de son savoir-faire. Même si tout est que modélisation en trois dimensions, on tente de chercher la faille. On veut tenter de se dire que l’incrustation des visages n’est pas à la bonne échelle ou ne va pas bien dans son costume. Mais ça serait voir ce qui n’existe pas, car tout est parfait. La précision de chaque élément, la position des corps et des débris, leurs fluidités, viscosités et vitesses sont remarquables jusqu’à croire que parfois on est derrière un casque face à des reflets de lumières ou de traces de doigts à l’écran.

Mais le matraquage médiatique est là aussi pour mettre en avant toute une mise en scène totalement déroutante, nous laissant flotter auprès des deux acteurs que ce soit face à eux ou à travers eux. Nous sommes consentement le souffle coupé, on ressent le néant qui gravite autour de nous, les lois de la physique qui régissent l’univers et qui manipulent nos sens. On s’agrippe souvent à notre fauteuil dès qu’un de nos héros tente lui aussi de vouloir « toucher terre » sur un satellite. La peur panique d’être perdu dans l’espace est remarquablement jouée par Sandra « Botox » Bullock et semble contaminer son public. Épaulé par son partenaire George Clooney, pince sans rire, qui semble abordé ce drame de façon plus détaché va nous donner un tout autre sens à la vision de l’homme face à l’angoisse d’être perdu dans l’espace. Les deux personnalisés complémentaires, entre peur et sourire, nous captive par chacun de leurs dialogues et leurs mouvements qui aura un impact sur chacun d’eux que ce soit mental ou physique.

Le film n’aborde pas que l’effet de la pesanteur sur l’homme, il a une seconde lecture intéressante sur la psychologie du personnage de Ryan Stone. La mort de sa fille soulèvera certain doute pour sa survie. Les images appuieront la symbolique logique et absolument pas forcée autour de l’acceptation de la mort, la renaissance et la survie, nous offrant des images sublime d’une astronaute flottant tel un fœtus dans une chambre cellulaire. La dernière séquence sera l’aboutissement d’un grand voyage et même si sur le coup j’aurai voulu un destin plus sombre (le dernier impact que j’attendais pour m’achever), il en aurait perdu toute sa force symbolique face à toute la réflexion de Ryan durant cette quête autour de soi. Sans aucunement aborder le coté écologique, le sujet du film me laisse inquiet autour du syndrome de Kessler qui nous laisse encore le droit de laisser des débris d’anciennes missions spatiales en gravitation autour de la Terre avec les risques que cela engendrent.

Enfin la musique signée Steven Price sera là pour amplifier ce grand vide qui nous entoure et aura un impact aussi fort et complémentaire que les images.

Solitude, réalisme, virtuosité, silence, et immensité voici quelques synonymes du film Gravity. Un grande œuvre signée Alfonso.

Revision 2014 (+0.5): Toujours la grande classe avec cette brillante réalisation. En bluray c’est toujours immersif (même sans 3D) et en plus avec les fauteuils qui bougent j’y étais. La tension est toujours là et la qualité est bluffante. Après avoir vu les bonus, on se dit qu’on est dans un autre monde, on se demande comment ils sont arrivés à faire de telles images avec des imbrications de plans tout aussi spectaculaires qu’étonnantes. Durant la production, on se questionne sur l’aboutissement du projet et le rendu est à la hauteur de toute la production mise en œuvre. Tout est anticipé, les détails pensés c’est juste fou (comme les 120 000 étoiles retranscrivent à l’identique et multiplié 25x). Le projet était impensable il y a même 10 ans, bravo à l’homme qui dirige cette grande aventure avec conviction. Selon l’équipe de production, avec un unique processeur, il aurait fallu commencer la production avant 5000 avant J-C, ça montre un peu le nombre d’heure de calcul sans parler les heures de recherches, de modélisation, de tournage etc… Une claque spatiale renversante!

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