Green Inferno (The) (2015)

The Green Inferno

Réalisé par Eli Roth

Avec Lorenza Izzo, Ariel Levy, Sky Ferreira
Pays:¬†  P√©rou,   √Čtats-Unis,   Chili
Genres : Horreur, Thriller
Durée : 1 h 40 min
Année de production : 2013
7/10

Afficher l'image d'origineSp√©cialis√© dans le film d’horreur, Eli Roth revient derri√®re la cam√©ra apr√®s 8 ans d’absence, m√™me si il a toujours √©t√© pr√©sent pour figurer dans les films de ses potes tel Tarantino ou Aja.

Si le film a eu quelques difficult√©s √† sortir au cin√©ma aux USA, en France il sera d√©voil√© qu’en eCin√©ma, un nouveau concept qui prot√®ge le distributeur de l’√©chec commercial en amoindrissant les co√Ľts et les risques. Pour les fans du r√©alisateur c’est un peu frustrant, mais rassurons-nous en le d√©couvrant plus rapidement √† la maison.

Le r√©alisateur pousse ici les limites du genre horrifique en s’inspirant de Cannibal Holocaust. Film d’ailleurs qui sera le premier visionnage des autochtones qui n’avait jamais vu un film de leur vie et qui leur donnera la motivation de faire The Green Inferno! Au moins ils savaient o√Ļ ils mettaient les pieds… Les sc√®nes gores ne sont pas insupportables mais la boucherie est quand m√™me assez pr√©sente, surtout sur une sc√®ne qui prend le malin plaisir de montrer

le démembrement total
d’un des activistes. Les effets d’h√©moglobine fonctionnent, c’est convainquant, on grimace, mais toujours curieux de voir ce qui va se passer apr√®s, on ne l√Ęche pas l’intrigue. M√™me si le film est cibl√© pour un public averti, Eli Roth semble plus jouer la carte de la cr√©dibilit√© sans chercher pour autant √† exclure son public en le d√©goutant comme il l’a pu le faire avec sa saga Hostel.

La premi√®re partie se passe sur le continent afin de pr√©senter les personnages avant de plonger dans l’enfer de la for√™t Amazonienne. Le groupe d’activistes est compos√© d’une multitude de personnage. Beaucoup seront peu exploit√©s du fait que d√®s lors o√Ļ le crash d’avion intervient, on en perd plus de la moiti√©. Il est dommage par contre de perdre rapidement la petite peste, ami du chef de bande, Alejandro. Le duo bien aga√ßant, aurait d√Ľ l’√™tre sur une plus grande partie du film. Mais Eli Roth se chargera de bien installer la personnalit√© am√®re d’Alejandro. Brillamment jou√© par Ariel Levy, ce chef de bande id√©aliste va d√©voiler tout le manich√©isme des m√©dias avec un coup de pub qui va vite prendre, √† son insu, une tournure sanglante. Au-del√† de tout le tapage m√©diatique, sa personnalit√© va montrer un cot√© hautement obscur qui va vite rendre le personnage d√©testable. Totalement barge, l√Ęche et fourbe, la sc√®ne de

la masturbation
, au milieu d’un massacre, est juste r√©pugnante de sens. On est frustr√© de ne pas le voir se faire bouffer par les couilles!

Quant √† l’actrice principale, interpr√©t√© par Lorenza Izzo, elle est plus que probante. M√™me si horrifi√©e, on s’identifie √† cette jeune fille contemplatrice et utopiste. Un pi√®ge qui se referme sur elle sans qu’on se doute √† l’origine de ce qui se cache l√†-bas. Luttant pour plusieurs causes dont l’excision, Justine va d√©couvrir l’enfer dans un milieu paradisiaque. Cependant, le message final est litigieux, voire incompr√©hensible. Soit parce que Justine a une v√©ritable √Ęme conservatrice, soit elle veut sauver un gamin alors que toute sa tribu a bouff√© tous ses potes, soit elle veut laisser le m√©chant Alejandro enferm√© sans que personne ne le retrouve. On reste assez sto√Įque face √† l’√©pilogue, chacun s’en fera son id√©e. On esp√®re comprendre cette derni√®re intention dans la suite d√©j√† pr√©vue: Beyond the Green Inferno. Eli Roth ne va pas faire bonne figure envers les associations ¬ę¬†Green¬†¬Ľ, m√™me si ce n’est pas forc√©ment elles qui sont point√©es du doigt. Ce sont les gens isol√©s, certainement pas fut√©s, se la jouant humanitaires, qui nuisent aux associations en agissant de fa√ßon individuelle. Alors r√©alit√© ou simple fiction? Le d√©bat peut faire grincer des dents, une volont√© certaine du r√©alisateur!

Bien s√Ľr que nous ne voulons pas la d√©forestation massive, mais le message de Roth nous fait r√©fl√©chir autour de la culture de certaines tribus recul√©es. R√©aliste ou pas, avec une culture diff√©rente qui nous √©branle totalement, on aimerait comprendre. Repr√©sailles ou simples coutumes, les possibilit√©s de s‚Äôexprimer sont complexes avec la rencontre de deux mondes. Aucun dialogue ne transperce entre la tribu et les activistes tellement tout les √©loignent. Pourtant on aurait envie de leur d√©chiffrer le message de paix inscrit sur tous les tee-shirts des activistes, constamment exhib√©s durant la bataille, sans que personne n’y fasse attention! De ce fait, le spectacle en sera d’autant plus cruel!

Bien rythm√© avec une r√©alisation tr√®s correcte, cet enfer vert d√©route. L’association du rouge dans cet √©crin de vert n’est pas √† la port√©e de tous, et m√™me si l’√©pilogue est un peu bancal, le travail de Roth reste tr√®s convenable, m√™me pertinent quand ce dernier arrive √† bousculer le spectateur.

3 commentaires sur “Green Inferno (The) (2015)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.