Hippocrate (2014)

semainedelacritique
Hippocrate

Réalisé par Thomas Lilti

Avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin
Pays:  France
Genres : Comédie, Drame
Durée : 1 h 42 min
Année de production : 2014
6.5/10

Non ceci n’est pas le biopic d’Hippocrate le Grand! Sujet sensible, le réalisateur et médecin à la fois va toucher du doigt le mal être du système hospitalier en France. A l’instar de Polisse qui gravité autour de la brigade des mineurs, le film se concentre autour de l’hôpital et des nouvelles recrues lâchées dans un nouveau monde avec beaucoup de connaissances théoriques bien loin finalement de la pratique. On pourra reprocher au film de se rapproché du réel et ainsi avoir un regard documentaire sur ce monde, mais les personnages arrivent à nous captiver pour oublier que Bernard De La Villardière n’est pas dans le couloir d’à coté.

Vincent Lacoste, connu pour avoir fait le guignol dans quelques comédies va montrer un nouveau regard sur sa personne avec un rôle plus humain d’un jeune voulant faire comme papa, révolté parfois par le manque de moyen de l’hôpital au risque de mettre en danger les malades. Rada Kateb, professionnel et attachant (tout comme la mamie qu’il tentera de soulager) soulignera la précarité des médecins étrangers qui sont souvent là comme bouche-trous et qui pourtant font parti intégrante du système. Son rôle est très bien écrit et surtout bien interprété.

Inspiré de la vie du réalisateur qui offrira son deuxième prénom au personnage principal, le film confrontera la vie aseptisée, stricte et institutionnelle des internes en services avec des gardes souvent lourdes et improbables en regard temps « off » souvent festif, familiale et enfantin. Chose qui revient dans tous les hôpitaux, peut être une manière aussi de sortir totalement du contexte souvent dramatique du métier, en y restant mobilisé à l’intérieur. Le coté sale des sous-services que j’ai d’ailleurs pu voir chez les internes est déconcertant et tranche totalement avec le coté public de l’hôpital.

La réalisation est assez basique. On sent que le réalisateur a pu prendre ses marques dans les services d’un hôpital qu’il connait. Il y a quelques points comiques qui nous soulagent de la dimension souvent lourde du film. L’aspect dramatique à la fin est un peu poussif même si la manifestation des internes dans le couloir révèle un bel engagement.

Souffrance, maladie, mort, les jeunes médecins vont devoir passer ce premier cap de leur métier pour devenir les hommes que l’ont connait, sans être les surhommes que l’ont croit connaitre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.