Invisible man (2020)

Invisible Man

Réalisé par Leigh Whannell

Avec Elisabeth Moss, Aldis Hodge, Storm Reid
Pays:  Australie,   États-Unis
Genres : Thriller, Science Fiction, Horreur
Durée : 2 h 05 min
Année de production : 2020
7.75/10

Reprenant le mythe de l’homme invisible, cette réadaptation 2.0 dévoile un thriller efficace et haletant. Depuis la dernière version connue du mythe avec le sensationnel Hollow Man en 2000, l’homme invisible n’avait plus fait de sombre réapparition au cinéma. C’est au travers l’œil de Leigh Wannell, scénariste des meilleures œuvres de James Wan, que nous allons revivre les facultés de l’invisibilité. Sauf qu’ici ce n’est pas ce pouvoir qui va rendre sombre le personnage mais bien une utilisation contraire.

The Invisible Man' review: Suspenseful stalking with hazy plotting ...Elizabeth Moss qui sur les premières minutes a du mal à nous convaincre, réussira rapidement à porter les ravages psychologiques d’une situation conjugale qu’elle ne maitrise plus. Ainsi le développement va s’orienter sur le drame d’une rupture qui se traduira par l’emprise d’un mari violent sur son épouse. Toutes ces années de violences passées seront vouées à être gravées ad vitam eternam en elle. Au mieux, elle ne pourrait que réapprendre à vivre avec l’omniprésence du souvenir de ce traumatisme. Et c’est justement là qu’intervient intelligemment toute la nouvelle symbolique de cette variation autour de l’Homme Invisible avec l’incarnation physique du fantôme  de cette détresse qui l’habite.

Très contemporain, le réalisme de la situation est juste, s’éloignant du film de science-fiction pour se rapprocher du film horrifique et dramatique. Dans un monde high-tech potentiellement probable dans un futur proche, les dérives du harcèlement nous font ressentir toutes les possibilités de la manipulation et de la persécution humaine. Plus le film avance et plus l’actrice s’investit dans un cauchemar que nous partageons à travers ses peurs. Le doute parfois grandit sur l’identité du harceleur même si elle arrive grandement à nous convaincre que son mari se cache derrière ce calvaire. Le point de vue des autres personnages est aussi intéressant parce que nous le partageons occasionnellement à travers l’inexplicable et la confrontation avec ce qui ressemble à de la folie.

La mise en scène de Wannell est propre et oppressante. Parfois imprévisible, on est capable de bondir mais aussi de s’interroger. En dépit d’une relecture pertinente de la symbolique du personnage créé par H. G. Wells, l’invisibilité devient aussitôt la métaphore de la persécution dont le spectre hante les espaces intimes, menace de surgir à tout instant et confronte le protagoniste féminin à sa détresse affective. Au final, une bonne excuse pour faire revivre un mythe à travers une nouvelle thématique, même si les fanatiques du « Dark Universe » risquent d’être déçu de ne pas avoir vu un personnage revivre à travers la thématique originale. Mais un peu de renouvellement ne fait pas de mal, bien au contraire!

Relecture moderne d’un thème connu, Leigh Whannell réveillera votre peur du vide et du silence. Un thriller hautement recommandable.

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