Krampus (2016)

Krampus

Réalisé par Michael Dougherty

Avec Adam Scott, Toni Collette, Allison Tolman
Pays:   États-Unis
Genres : Horreur, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 38 min
Année de production : 2015
7.25/10

Si on rentre dans la période estivale, il n’est parfois pas désagréable de voir un petit conte de Noel horrifique, jouissant d’un hommage aux années 80 et plus précisément au travail de Joe Dante.

Krampus est une créature germanique mythique anthropomorphe à cornes, à mi-chemin entre le bouc et le démon. Il accompagne saint Nicolas pour punir les enfants qui ne croient plus en la magie de Noël. Méconnu chez nous, mais semblable au père fouettard, Krampus a la chance de nous surprendre dans un film qui mêle à la fois comédie et horreur. Car si la première partie nous permet de dire que ce film est destiné tout public, la seconde partie sera un peu plus sombre, excluant les jeunes enfants à découvrir cette petite pépite au budget limité.

Dès l’introduction on adhère à l’hommage rendu aux films des années 80. Le cinéma n’a pas besoin d’amener Noël en enfer, Noël, c’est l’enfer. Dans un jeu malicieux de ralentis,  la mélodie de Noël retentit, relançant annuellement toute la magie des cadeaux et des paysages enneigés. Mais ne nous réjouissons pas trop vite, très rapidement l’effet chaotique de Krampus va assombrir les scintillements féeriques de cette fin d’année laissant place à une tempête et une ambiance menaçante.

Krampus bénéficie d’une superbe esthétique pesante, ne laissant jamais entrevoir le petit budget de 15 M de dollars du film. Les scènes extérieures font ressortir l’isolement appuyé par la tempête de neige. Les décors sont soignés et les monstres sont monstrueusement classieux. Le terrifiant clown, l’ourson, les elfes, la chauve-poupée-souris et les bonshommes biscuits sont tous remarquables. Surtout ces derniers qu’on aime croquer et qui viendront à leur tour vous croquer. Les effets spéciaux, entre animatronics et marionnettes ont de la tenue et le réalisateur ne s’entêtera pas à nous offrir de l’image de synthèse à outrance. Il utilisera à bon escient certains effets afin de toujours rendre son film crédible. On appréciera autant la surprise de voir le gosse se faire enlever par la cheminée, rencontrer même si trop furtivement le Krampus, que de voir des petits biscuits se faufiler couteaux à la main dans la cuisine.

Afin de solidifier la production du film, le casting est assez interessant. Adam Scott reste un acteur en devenir, en ayant enfin la chance d’avoir le rôle principal. David Koechner, toujours excellent, dans son rôle d’attachant débile. En deçà, les rôles féminins avec la mère et la tante qui manquent de personnalité et le personnage de la grand-mère reste assez flou même si l’animation retraçant son enfance est efficace. En effet, son parlé anglo-germanique n’a pas de sens, si ce n’est de replacer le Krampus dans l’univers du pays qui l’a crée.

Le réalisateur, reconnu pour son talent de scénariste, sait divertir son public avec l’antithèse de St Nicolas. Un monstre n’est rien si sa légende n’est pas bien amenée. Avec simplicité, tout est rondement bouclé, on peut cependant reprocher le twist final, nous laissant interrogatifs sur cette famille revenue dans le conte idyllique de Noël après avoir subi au choix: soit un rêve, soit un véritable cauchemar en restant enfermée dans la boule de Noël du Krampus. Le doute nous laisse cois.

Succès relatif aux Etat-Unis, il est dommage que le film n’est qu’une notoriété à travers le DTV en France, le laissant ainsi dans l’anonymat du film populaire. Surtout qu’il en reste pas moins une bonne surprise, hommage aux films fantastiques des années 80’s et s’ancre favorablement dans un genre horrifique plaisant.

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