Krisha (2015)

semainedelacritique
Krisha

Réalisé par Trey Edward Shults

Avec Krisha Fairchild, Robyn Fairchild, Bill Wise
Pays:   États-Unis
Genres : Drame
Durée : 1 h 23 min
Année de production : 2015
4/10

A l’origine Krisha est un court-métrage (2014) et aurait du rester ainsi. Car même si l’amorce du film est intéressante, on a envie au final de jeter près de 20 minutes de scènes qui semble être plus du bouche-trou, qu’une véritable vocation a rendre l’histoire plus complète. Et quand on voit déjà la courte durée du film, on se dit finalement que le raccourcir le ramènerait à son format original et l’exclurait du festival de Cannes (et du contrat avec A24, prestigieuse société de production et de distribution indépendante américaine).

Premier long-métrage du jeune réalisateur, Try Edward Shults, se lancera dans une œuvre qui manquera cruellement d’intensité. Le premier plan montre une femme qu’on apprendra à connaitre petit à petit, face à une future rencontre qui semble la tourmenter. S’en suit un jolie plan séquence pour arriver dans une magnifique maison familiale (ndlr: celle des parents du réalisateur), là où la bonne humeur semble régner. Parents, cousins, oncles, tantes, tout le monde se retrouve pour la mystique fête de Thanksgiving et sa célèbre dinde (pas la tante Krisha!) qu’on aime enfourner.

Après de longues présentations, les amusements et la joie des uns contrastent la noirceur qui semble ronger notre héroïne. Entre parties de cartes et combat au bras de fer, la redondance devient pénible face à un bonheur qui semble être faussé par une mise en scène cacophonique improvisée. Les changements de format nous font penser que les rajouts n’ont pas eu les mêmes moyens de production. On se rassurera en se disant que ce dernier se rétrécie face à un conclusion de plus en plus étriqué et irréversible.

Sous ses traits d’alcooliques, la boisson et les médicaments seront une délivrance pour Krisha. Une cassette VHS amènera quelques flashbacks, on sent que l’actrice veut s’affranchir d’une bonne conscience et même si elle ira au cœur de la famille pour enfin se libérer de son fardeau, nous sommes déçu de la révélation.  Simple mère, elle regrette d’avoir abandonner son fils pour le confier à sa sœur et ira l’exprimer avec ferveur autour de la table. Tout ça pour ça! On est loin de l’irascible Festen de Thomas Vinterberg.

Pourtant la tension palpable et montante, sous couvert d’une musique electro-bizarroïde, accompagné de médicaments et d’alcool, on aurait pensé à une révélation plus glauque et surtout plus malsaine. Tout nous amenait à le croire, surtout quand on voit que le fils ne veut plus parler, ni même regarder sa mère. Cette grande table animée de bonheur en bas de l’escalier aurait pu amener une scène juste géniale et surprenante avec cette grosse dame devenue folle qui aurait fait voler la dinde de la discorde en s’écrasant dessus!

Sous forme très amateur, Krisha apporte de la tension qui malheureusement sera refroidit par une révélation absolument pas à la hauteur des attentes.

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