Isla Minima (La) (2015)

La isla mínima

Réalisé par Alberto Rodríguez

Avec Raúl Arévalo, Javier Gutiérrez, Antonio de la Torre
Pays:   Espagne
Genres : Mystère, Thriller
Durée : 1 h 44 min
Année de production : 2014
4.75/10

Sous couvert d’une esthétique magnifique et flamboyante, révélant une ambiance pesante, l’enquête présentée dans La Isla minima reste très banale et linéaire sans jamais  décoller.

Dans une Espagne post-franquiste au sein d’une contrée reculée, l’ambiance est lourde, tant sur son déroulement que sur sa cinétique. Le problème majeur du scénario est qu’il n’emporte jamais son spectateur, nous laissant avec oisiveté suivre passivement les deux enquêteurs sans connaitre véritablement leur but si ce n’est de trouver un coupable, excluant tout indices ou simplement l’envie de creuser l’intrigue. Du coté du casting, c’est très sobre et finalement impeccable renforçant la position du film dans son époque et dans son silence singulier.

Alberto Rodriguez, le réalisateur, ne dépassera jamais le stade du bon élève appliqué. Fasciné par les « eighties » et « nineties », il manie avec magnificence ses images, malheureusement en oubliant de leur donner de l’intérêt. C’est franchement dommage car en nous impliquant un peu plus, le film aurait gagné en émotion et donc en attachement. Ici, aucun danger n’ébranle le scénario, rien ne semble vouloir faire dérailler l’enquête. La mystérieuse filature semble préserver son mysticisme avec en contrepartie un détachement total de l’observateur.

Pourtant difficile d’oublier la scène crépusculaire sous la pluie, avec sa photographie colorée et contrastée qui rend l’image sublime et majestueuse. La toute dernière scène délivre une conclusion qui s’obscurcit par une part d’ombre étonnamment étendue et ponctuelle, nous laissant déconcerté par l’inattendu. Un sentiment renforcé trop soudainement qui aurait mérité d’être répandu tout le long du film. Malheureusement on passe trop de temps dans des phases d’apathie insoutenable, pour au final nous laisser un gout bien trop amer.

S’il a tous les atouts pour être hautement recommandable avec ses dix Goyas décernés par l’Académie cinématographique « d’España », La Isla Minima malheureusement nous accable par sa lassitude. Le film possède pourtant une ambiance portée par une somptueuse photographie mais au détriment d’un rythme « minima-liste ». Dommage!

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