Lune et le téton (La) (1995)

La lune et le téton

Réalisé par Bigas Luna

Avec Biel Durán, Mathilda May, Gérard Darmon
Pays:   Espagne,   France
Genres : Drame, Comédie
Durée : 1 h 30 min
Année de production : 1994
7.5/10

Capture.PNGLa sensualité chez Bigas Luna passe par les prédominances courbées et graisseuses implantées par des canaux galactophores chez la femme. En gros, les nichons! Axée sur le fantasme du sein maternel cher au metteur en scène, cette œuvre osée est une fable poétique entrainante et drôle. Si son complexe d’Œdipe n’a pas été totalement accompli, il le réalisera à travers son film.

Romantique, parfois érotique, le jeune Tété qui n’a pas volé son nom, jaloux de l’arrivée de son petit frère, va alors partir en quête d’un sein pour assouvir son ultime succion. Candide et rêveur, il devra rivaliser avec un adolescent fou amoureux d’Estrellita, qui tentera lui aussi de la conquérir à travers des chants traditionnels espagnols. Si cette dernière est sous le charme des deux garçons, elle partage sa vie avec un motard atypique, pétomane de métier, joué par Gérard Darmon. Toute cette petite équipe se croise et nous amuse. Et même si les chants espagnols arrivent à rapidement nous agacer, on apprécie la singularité du scénario. Attachantes et burlesques, les métaphores des adultes vont alors être imagées de manière originale par l’enfant. En effet, dès lors où Tété pense que la femme doit être remplie de lait par l’homme pour pouvoir ensuite allaiter, s’ensuivra des quiproquos drôles et absurdes, jusqu’à la rupture du matelas à eau, lui faisant penser que la femme a éclaté.

Attaché à son pays, le réalisateur dévoile un pays chaleureux avec une photographie sobre. De longs plans dévoilent les manifestations culturelles traditionnelles de Catalogne avec les Castells. Ces constructions humaines impressionnantes qui deviendront pour le petit Tété un objectif qui le mèneront au 7ème ciel. Face à un désir inassouvi, Mathilda May en gourde nourricière est pétillante et juste dans son interprétation hispanique, pourtant elle n’est pas réputée à être une grande actrice. Elle a l’audace d’en dévoiler bien plus sur sa personnalité et la complicité qu’elle a avec son mari Darmon transpire à l’écran. Si la nudité semble ne pas lui faire peur, l’approche qu’elle a avec l’enfant peut être dérangeante, là où le sein est présent dans toute sa « perversité » maternelle.

Si le film ne révolutionnera pas le cinéma espagnol, il a le mérite de mixer les genres entre comédie burlesque et fable libidineuse sans jamais être grotesque. Derrière ce scénario attaquable, en ressort une multitude de personnages dégageant une certaine naïveté, qui se retrouveront comme le spectateur, ensorcelés par la jolie Mathilda May.

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