Mia Madre (2015)

palme

Mia Madre

Réalisé par Nanni Moretti

Avec John Turturro, Margherita Buy, Nanni Moretti
Pays:   Allemagne,   France,   Italie
Genres : Drame
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2015
6.5/10

Après avoir été récompensé il y a 4 ans au festival de Cannes pour Habemus Papam, puis président du Jury l’année d’après, le cinéaste Nanni Moretti est de retour sur la côte-d’azur avec son dernier film sous forme d’un autoportrait déguisé.

Si le film est loin d’être mauvais, il est difficile de crier au génie. Moretti garde un cap bien trop classique, sans chercher à sortir des clous, ni s’attacher à surprendre son spectateur. De plus, le rôle qu’il se donnera est inconsistant et sans grande valeur ajoutée. Cependant, l’actrice Margherita Buy joue avec conviction une cinéaste engagée, comme si elle s’autoproclamait réalisatrice du film qui la met en scène. Les discordes avec John Turturro basculent le spectateur au creux d’un tournage. Certains  quiproquos sont drôles comme la scène au volant de la voiture ou celle de la cantine qui a le mérite de nous plonger dans le doute, face à un personnage bien orgueilleux. Mais, sa petite révélation médicale malheureusement tombera comme un cheveu sur la soupe.

Margherita gère un métier souvent attribué aux hommes. En parallèle elle assume de front sa vie de famille en s’exilant au chevet de sa mère pour profiter de ses derniers instants de vie. Mais l’humain va vite prendre le pas sur la fiction. Même si on apprécie les va-et-vient de la dame, il manque un lien fort entre ces deux mondes. Où est l’influence de la mère sur notre héroïne et son job? Si Moretti a été touché par la perte de sa mère, événement douloureux dans une vie, il aurait été bénéfique de donner plus d’attachement entre Margherita et sa mère mais surtout une conséquence dans la mise en scène, que ce soit celle de Magherita que celle de Moretti. Le deuil n’est pas une fatalité, mais il peut provoquer des réactions, chose totalement exclue ici. Même si beaucoup ne l’expriment pas, l’intérêt d’en faire un film réside surtout à mélanger des émotions face à un imprévu. Là, ça manque franchement d’inspiration et de magnétisme entre tous les investigateurs.

Récompensé par le prix du jury indépendant œcuménique (chrétiens engagés dans le monde du 7ème art), le film ne marquera pas autant le cinéma, que ce que Moretti a du l’être avec sa mère. Entre fiction et influente réalité, chaque personnage est intéressant à suivre mais ça manque franchement de lien et d’émotion,  surtout face à l’anecdotique « Madre ».

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