Noé (2014)

Noé

Réalisé par Darren Aronofsky

Avec Russell Crowe, Jennifer Connelly, Emma Watson
Pays:  États-Unis
Genres : Aventure, Drame
Durée : 2 h 19 min
Année de production : 2014
6.5/10

 Un sujet aussi épineux touchant la genèse de la religion ne pouvait pas être mieux porté que par Darren Aronofsky. Sujet sensible, dès qu’un réalisateur tente de livrer une adaptation, ici une interprétation religieuse, il y a un soulèvement de l’église qui se fait ressentir. Gibson en a fait les frais en touchant à Jésus, Aronofsky n’aura pas froid aux yeux en se frottant à Noé au risque de se faire stigmatiser.

Le souci avec ce genre d’œuvre est de faire adhérer le spectateur. Tenter de réunir et non diviser. La religion n’est pas une science, aucun consensus à ce jour, il en sera difficile pour le spectateur d’en ressortir avec une vision unique.  Soit on est cartésien, à l’esprit formaliste et on a du mal à adhérer au faite qu’un homme soit l’élu de dieu et puisse créer son immense barque pour y recevoir tous les animaux de l’humanité et on rejette la totalité des scènes, soit on est totalement ouvert d’esprit ou religieux et on le prend comme telle en y remaniant allégrement chacun des versets du dernier testament.

Vendre un tel film en tant que blockbuster alors qu’on le penserait plus intimiste, voir d’auteur, est un véritable challenge. Mais le coté social et écologique (la Génèse 6:5 parle de la méchanceté de l’homme plus que d’écologie) peut être une alternative à une nouvelle lecture face à notre monde d’aujourd’hui. Cependant j’ai trouvé le film très inégal, parfois redondant dans les dialogues. « Noé » souffre de quelques longueurs et de « blabla » (pas le choix en même temps) et nous force a constater que le film est un peu trop long, point récurant chez Aronofsky, qui a la synthèse difficile. Le personnage de Noé en devient tellement important, que sa femme jouée par Jennifer Connelly ou Mathusalem, riche de ses 969 ans, joué par Anthony Hopkins en deviennent inexistants.

Le rêve fut une façon subtile de voir la main de dieu s’adresser à Noé, descendant d’Adam. L’aspect fantastique avec la pousse rapide des fleurs, les hommes de pierres anges déchus /veilleur de la Terre et la divinité autour de l’être premier viendra entacher toute cette amorce qui aurait pu rester subtile. Une limite que la bible n’oubliera elle non plus de franchir.

L’origine de l’humanité racontée par Noé reste une des scènes les plus emblématiques du film. Magnifique par son procédé d’image par image, étincelante par sa beauté et ahurissante sur sa narration. Les effets sont, de toute façon dans la globalité du film, réussis. La nature mise en exergue donne toute la beauté au récit, à l’origine de notre culture, de la religion et surtout du mythe. Qu’on y croit ou pas, on reste captivé par la richesse de l’histoire, pas celle qui résulte des scénaristes mais celle de la bible, du mythe, de Noé. Les plus fainéants comme moi s’en contenteront pour établir quelques recherches sur l’ouvrage le plus lu au monde, qu’il en soit tout aussi intriguant que difficile à appréhender . Cependant le réalisateur déclara qu’il en était pas moins « le film biblique le moins biblique jamais réalisé », de quoi continuer à manipuler le mythe autour du personnage et laisser libre à toutes les réflexions.

Herméneutique ou hermétique, l’histoire la plus célèbre de la bible ne doit pas être méconnue, il faut juste éviter de s’attacher à un certain réalisme, ouvrir son esprit et vouloir accueillir notre histoire dans son plus simple effet. Ce n’est pas toujours simple, tout dépend de votre histoire avec la bible, et ce n’est ni le film, ni en moi que vous trouverez l’Exégèse.

5 commentaires sur “Noé (2014)

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