Pixels (2015)

No crédit, Game over

Pixels

Réalisé par Chris Columbus

Avec Adam Sandler, Michelle Monaghan, Peter Dinklage
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2015
7/10

Il est enfin là ce film que j’attendais. Début des années 90, je me rappelle du jour où j’allais voir la dame du vidéoclub pour avoir un film avec un personnage réel qui se retrouve dans un jeu vidéo. Avec videokid, je n’étais pas tout à fait convaincu du fait que le joueur reste extérieur au jeu et Tron n’explorait pas le monde de la plate-forme comme je l’imaginais mais plus celui de l’informatique. Quelques décennies plus tard, après quelques parodies sur internet et les mondes de Ralph qui ont abordé le sujet en animation, Pixels met enfin en scène ce héros humain dévalant les pixels pour atteindre le grand Boss final, que j’avais longtemps imaginé. Comme quoi une idée que j’ai eue il y a 20 ans a enfin vu le jour au cinéma pour mon plus grand plaisir personnel.

Mais voilà tout ne se résume pas à une unique scène. Adapté du court-métrage homonyme de Patrick Jean, le film est une pure prouesse à la fois technique mais aussi en matière de scénario qui résume notre monde à un unique pixel suite à une invasion « videoludique », même si les scénaristes n’ont fait qu’adapter l’idée du court en l’étendant sur près de deux heures. Chris Columbus, en touchant un large public, « gamer » ou non, a bien retranscrit l’univers de l’époque. Cette préoccupation d’aller à la borne d’arcade avec des potes pour se plonger dans un jeu vidéo, l’unique méthode de l’époque pour partager cette technologie émergente, que nous avons aujourd’hui tous dans nos salons (même si les puritains ne compareront jamais console et arcade). Même si le film est relativement bien construit, bien qu’encore une fois on soit totalement déconcerté par le faite que la plus part des scènes intéressantes ont été dévoilées dans la bande-annonce, on est assez déçu par le niveau des dialogues. Les trentenaires Geeks, heureux de découvrir un monde qui leur parle, seront abasourdi par l’humour enfantin des personnages, de quoi étendre un peu plus le public me dira-t-on. Il est vrai que j’ai ri au début quand Adam Sandler taquine Michelle Monaghan. Il y a quelques tacles bien marrants jusqu’à leur arrivée à la maison blanche. Mais lorsqu’on voit le niveau d’intelligence du président des États-Unis d’Amérique, ça fait de suite moins rire. Quelle drôle d’idée de le rendre aussi bête, même si beaucoup penseront à Trump!

Adam « Brenner » Sandler multiplie les casquettes entre producteur et acteur. C’est un acteur que j’aime bien, il joue son rôle de comique relativement bien, même s’il est loin d’être dans on meilleur rôle. Son pote, Président Will Cooper, aurait pu avoir un statut un plus raisonnable et moins bête et le duo aurait bien mieux fonctionné. Ensuite, y a le gros lourd Josh « Lamonsoff » Gad, personnage qu’on aurait juste pu évincer car il est autant énervant qu’inutile. Peter « Plant » Dinklage et ses codes de triches, significatif dans les jeux de l’époque, n’est pas une mauvaise idée. Mais son personnage est mal écrit, multipliant les clichés et les apparitions débiles et remarquées. Et quel dommage d’avoir fait croire qu’on avait le créateur de Pac-man, Tōru Iwatani, en la personne d’Akiyama Denis! Autant prendre le vrai créateur plutôt que de le déguiser derrière un acteur nippon, surtout quand on sait qu’ils ont un âge similaire. Ou alors aurait-il fallu sélectionner un autre auteur de jeu vidéo! Shigeru Miyamoto?

Visuellement c’est très beau. La photographie est bien travaillée, même si le travail de Patrick Jean sur le court-métrage avec un budget bien maigre l’était tout autant. Il y a quelques jolis plans videoludiques qui font plaisir mais c’est franchement trop court, surtout sur l’attaque des multiples jeux. Beaucoup d’attente pour ce spectacle aussi régressif que réjouissant qui nous laisse tout juste le temps de reconnaitre tous les personnages de jeux, animé dans ce déchainement de Pixels! On regrettera

cet happy-end autour de Lady Lisa
! Pas qu’elle soit désagréable à regarder, bien au contraire. Mais cette volonté de vouloir satisfaire la totalité des personnages est improductif et on se laisse berner par un scénario qui va à la facilité. N’aurait-il pas fallu la donner en trophée pour être cohérent?

Hommage aux jeux vidéo des années 80’s, Chris Columbus réalise un film visuellement beau mais va rapidement céder à la faciliter avec des personnages puérils et peu approfondis. Un film qui ne fait que reprendre l’idée génial d’un court-métrage français, sans chercher à creuser en profondeur un univers vidéoludique qui a fait notre bonheur durant des heures de jeu. Finalement, le court-métrage en exprime autant et en bien moins de temps (2:34)!

 

Revision 2019: +1

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