Shéhérazade (2018)

semainedelacritique

Shéhérazade

Réalisé par Jean-Bernard Marlin

Avec Dylan Robert, Kenza Fortas, Idir Azougli
Pays:  France
Genres : Drame
Durée : 1 h 59 min
Année de production : 2018
7/10

Résultat de recherche d'images pour "shéhérazade 2018"La problématique insoluble de la délinquance grandissante. C’est avec réalisme et panache que Shéhérazade décrit les bas-fonds d’une France meurtrit, violente et agressive. Proxénétisme, drogue et révolte, l’agressivité machiste des garçons face aux filles qui s’adonnent totalement telles des proies faciles rend l’œuvre violente et cruelle, dans un monde qu’on ne voudrait pas/plus voir exister.

Les acteurs sont extrêmement justes, dans un réalisme qui transpire, à se demander où se trouve la limite entre la fiction et la réalité. Dylan Robert est criant de vérité. Méchant et impulsif, nous sommes continuellement dans la crainte de voir son monde basculer. Lui, n’a peur de rien, et n’a rien à perdre. Détestable, il représente tout ce qui nous dégoute dans l’humain avec sa férocité, son irresponsabilité et sa désinvolture. Premier film de Jean-Bernard Marlin, le réalisateur arrive à brillamment poser ses personnages et se détache pleinement du documentaire surréaliste, avec en plus une photographie pas déplaisante et des effets flous de la « cité » esthétiquement intéressants, tout comme la musique très 80’s du générique.

Une histoire d’amour sur la brèche, avec des rôles qui nous semblent de composition, Shéhérazade nous fait adhérer au film social parce qu’il semble, avant tout, sincère. Derrière cette romance se cache la voie de la résurrection, qui frétille avec l’envie de retomber dans les travers de la délinquance. Le beau a du mal à ressurgir du sordide, le bon sombre dans le mal. Une jeunesse déchirée dans un monde différent, une œuvre dure et sans retenue. Les allers-retours avec le milieu carcéral et les tribunaux, quotidiens de « petites frappes », nous effraies, tout autant que eux, en rigolent. Les enjeux sont souvent lourds, surtout ici en s’approchant de plus en plus du grand banditisme, à la violence interne et viscérale. Kenzas Fortas, l’héroïne du film en connait de toute façon parfaitement la partition: « Chez nous, l’amour c’est la haine, on s’aime avec la haine, et c’est vrai que pour nous, c’est difficile de dire « je t’aime ».

Un film coup de poing sur une délinquance Marseillaise qu’on aimerait supprimer et qui ne cesse pourtant de grandir.

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