Star Wars VII: Le réveil de la force (2015)

Star Wars, épisode VII - Le Réveil de la Force

Réalisé par J.J. Abrams

Avec Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Science Fiction, Fantastique
Durée : 2 h 15 min
Année de production : 2015
6.75/10

L‘artillerie lourde du cinéma est déployée. Et assurez-vous d’en avoir minimum pour 5 ans avec une nouvelle trilogie et spin-off en tous genre programmés par Disney qui vient d’acheter la licence de la saga pour 4 milliards de dollars à George Lucas.

30 ans après la première trilogie, 15 ans après la seconde, le rachat de Disney ne changera rien fondamentalement à la saga devenue très enfantin depuis la dernière trilogie. Aidé par un buzz monumental autour de la saga qui n’a finalement jamais cessé d’exister entre les films, les séries animées et les jeux vidéo, le film pouvait difficilement être un échec commercial. Réalisé par J.J.Abrams, qui devait en plus de réaliser un film, gérer la pression des fans, a rendu un véritable hommage aux origines de la saga, tout en imposant son film et ses personnages. Cependant on se questionne parfois entre l’hommage et le remake! Dark Vador n’est plus, Luke Skywalker est une légende, R2-D2 est à la casse, C-3Po devient figurant mais tout ce beau monde reste ancré dans la saga. Le schéma narratif reste inchangé, les personnages également. En effet, Finn, Rey et Poe sont Luke, Leia et Han. Snoke et Kylo Ren sont Palpatine et Dark Vador. BB-8 sera la nouvelle génération de R2-D2. Et Maz Tanaka est une lointaine descendance de Yoda. Avec une telle panoplie de protagonistes assimilés, on ressent le manque flagrant d’originalité du scénario.

Afficher l'image d'origineMais que donne cette nouvelle génération? Et bien même si on arrive à s’attacher à certaines figures, ce n’est quand même pas glorieux. Commençons par le point le plus faible, Kylo Ren, l’apathique méchant qui remplace quand même l’emblématique Dark Vador! Avec un manque de charisme, et un pouvoir finalement très faible, le côté obscur n’est plus. De plus, faudra m’expliquer l’utilité du port de son casque si ce n’est de ressembler à Papy Vador. Car ici il n’y a aucune utilité vu qu’il n’a aucune blessure à cacher, ni de secret, si ce n’est son identité rapidement dévoilée. D’ailleurs il l’enlèvera, histoire d’y voir un peu mieux son père, mais avec il en retire aussi son faible côté obscur et la peur qu’il est censé propager! Il ne sera que l’ombre de Dark Vador. Odieux mais jamais méchant! Ray, qui a vaguement entendu parler de la Force, arrive à manier le sabre laser comme un grand maître Jedi. On se demande pourquoi Luke a dû supporter les enseignements de Yoda durant une trilogie entière alors qu’elle arrive comme une fleur et arrive à maitriser la force un peu trop rapidement, dès la première utilisation du sabre. Passons maintenant à Finn, malin comme un singe, alors qu’il n’est qu’un sous-fifre Stormtrooper va déjouer le Premier Ordre en arrivant trop facilement à ses fins, réveillera la force trop soudainement et le pire c’est qu’il arrive même à déconnecter le champ de forces de l’arme-planète Starkiller en… enlevant un fusible! Sacré fusible pour protéger une base qui fait la taille d’une planète! Qu’ils changent de fournisseur électrique et qu’ils pensent à mettre un code à 8 chiffres, sans oublier de mélanger caractères spéciaux et majuscules, la prochaine fois. Quant aux anciens, ont-ils encore leur place dans la saga? Clairement oui. Han Solo apporte la maturité à une équipe novice. Le duo Solo/Chewi fonctionne toujours. Mais la plus grande surprise sera lors de l’apparition de la princesse Leila. Une princesse véritablement touchante. Pourtant vieillit, elle est étincelante et le regard qu’elle porte sur son ex-mari Han Solo transpire de vérité. Notre regard nostalgique rend son personnage extrêmement brillant. Son amour antédiluvien marquera encore quelques générations. Quand à Luke qui part méditer sur son île, il se fera (trop) attendre. Une scène finale qui fera plaisir aux fans, laissant un gout d’amertume autour d’un personnage mythique exilé, presque oublié, laissant place au générique de fin avec son légendaire thème musical. Son apparition est franchement frustrante surtout quand on l’a vu roder sur les plateaux de tournage. On espère qu’il amorcera au moins quelques scènes dans l’épisode suivant.

Afficher l'image d'origineQu’en est-il de la réalisation de J.J.Abrams? Le film comporte une richesse graphique incroyable. La photographie est éclatante dès les premières scènes. Le contraste sur la neige est magnifique et les scènes de guerre dans l’espace sont splendides. Même si le réalisateur reprend l’environnement de George Lucas, il saura le sublimer en toute simplicité. Du coté des combats, la chorégraphie est quand même basique et finalement y a pas tant de duel au sabre laser. De plus, il y a des choix douteux qui portent sur le scénario qui auront des conséquences sur la réalisation. Je pense entre autres à la fameuse scène de la passerelle au-dessus du vide dans la station Starkiller. Une passerelle que Kylo Ren va emprunter sans justification si ce n’est de déclencher grossièrement une scène de grande envergure, mais qui va vite être une pâle copie de celle de Luke qui rencontrera son père Dark Vador. Sauf que là c’est le petit-fils Vador qui fera sa crise envers son père. A croire qu’il y a un souci dans la famille Vador ! Même si on est happé par l’intensité de la scène, on sent que tout est trop bien cousu par une production qui cherche à vendre cette scène comme étant un point culminant du film. Mais la scène ne sera pas assez spontanée et sincère. Ça manque d’émotion. Un film académique qui ne prend pas de risque, un beau coup marketing qui ne mérite pas cette arrivée chevaleresque sur nos écrans. Un nouvel épisode qui ne marquera certainement pas autant de génération que la première trilogie.

Avec un scénario conformiste et simpliste, J.J.Abrams dévoile un épisode distractif, coloré, facétieux, dynamique mais loin d’être autant désirable que le tapage médiatique qui tambourine nos écrans depuis quelques mois! Entre l’hommage et simple suite, Star Wars VII n’est plus, ni moins, qu’un épisode qui fera plaisir aux fans et aux cinéphiles de S-F en manque de côté obscur de la force, d’hyperpropulsion et de sabres luminescents.

8 commentaires sur “Star Wars VII: Le réveil de la force (2015)

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