Suicide Squad (2016)

Suicide Squad

Réalisé par David Ayer

Avec Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Crime, Fantastique
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2016
4.5/10

DC Comics continue à décevoir en cette année 2016. Après le décevant Batman V Superman, Suicide Squad anéantit une nouvelle ère de super-héros en devenir, alors que le concurrent Marvel est bel et bien installé. Pourtant voir grandir la firme DC Comics avec ses super-héros charismatiques est une attente pour beaucoup. Avoir grandi avec le sombre Batman, la pulpeuse Wonderwoman ou le cocasse Flash, nous pousse à en savoir plus sur la Ligue des Justiciers. Mais la nouvelle génération nous désappointe totalement. Suicide Squad s’impose maladroitement en préparant le terrain de la Ligue des Justiciers avec un panel de méchant de la firme DC peu intéressant. Quelques moments de bravoure se profilent, mais s’effacent aussitôt pour laisser place à de nombreux palabres ennuyeux. Quand les antihéros discutent, la menace n’est plus, comme s’ils avaient l’art et la manière de mettre en stand-by les ennemis.

Afficher l'image d'origineChaque personnage est survolé. On s’y attarde quelques minutes et puis plus rien. Seul Deadshoot et Harley Quinn ont un peu plus de teneur dans l’intrigue. Le reste c’est creux. Captain Boomerang n’est caractérisé que par ses simples lancés de boomerang et Killer Croc se contente d’être là sans chercher à faire évoluer le récit. Il est un élément surprenant physiquement, on cherche à connaitre ses origines mais au final il est totalement effacé et oublié de l’intrigue. Katana quant à elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle n’aura même pas le droit à son introduction dans les Suicide Squad, comme si elle avait été oubliée ou rajoutée au montage à la dernière minute. Enfin, le Joker est un personnage mineur du film alors qu’il était au cœur de la promotion du film. Peu développé, trop moderne, il n’apporte pas grand-chose à l’histoire si ce n’est dans la construction du personnage d’Harley Quinn. Il n’interagit avec personne, il fait qu’une pâle figuration avec un Jared Leto qui oublie d’être naturel en voulant rendre son personnage « trop » déséquilibré. Au final, seule la jolie Harley qui dévoile facilement le bas de ses fesses (à défaut d’une paire de seins), tire son épingle du jeu en conservant un côté désordonné appréciable au personnage. On apprécie les formes, on aime son humour même si on aurait préféré largement voir ce personnage prendre de l’ampleur, quitte à avoir un film dédié pour elle. Tout comme Deadshoot et El Diablo, deux personnages puissants et mystérieux, qui contribueront à rendre le récit un peu moins chiant. Enfin, Enchantress est consternante. Sa dispersion avec l’âme de son « frère » rend la menace asthénique et insignifiante. Chez les supers, c’est le concret qu’on aime voir se déployer et pas des volatils méchants sans véritables déterminations.

En termes de construction du scénario, on a l’impression de voir un patchwork des répliques mal imbriquées, le tout dans un montage haché et trop rapide, ou en tout cas qui ne se focalise pas assez sur un intérêt général. Suicide Squad sauve le monde pour un peu de confort dans une prison ou le droit de visite de la famille, ces sociopathes élevés à l’école de la rue manquent de caractères face à un scénario répétitif et lancinant. Si ce n’est de jouer lourdement sur le physique de son héroïne, le réalisateur David Ayer aurait pu éviter ce sentiment de lassitude en variant les combats, sans nous proposer toujours les mêmes monstres moches avec des plans insipides et des chorégraphies datées. La photographie est elle aussi assez fade, heureusement que le short d’Harley Quinn apporte un peu de couleur! Tout comme la bande originale de qualité qui varie les tonalités et différents artistes.

Nouvelle immersion chez DC Comics ratée avec un blockbuster sans impact, des personnages creux et insipides dont un Joker totalement effacé. Seul le mini-short d’Harley Quinn réussit à faire respirer les billets verts de cette super-production sans âme.

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