Terminator Genisys (2015)

Terminator Genisys

Réalisé par Alan Taylor

Avec Arnold Schwarzenegger, Emilia Clarke, Jason Clarke
Pays:   États-Unis
Genres : Science Fiction, Action, Thriller, Aventure
Durée : 2 h 06 min
Année de production : 2015
7.5/10

Inonditionnel et fanatique de la saga, la tête de Terminator serait recyclée en saladier que je crois que je continuerai à l’aimer même si je reconnais quelques failles!

Soutenu par James Cameron, Terminator Genisys est la continuité du premier et second opus, faisant abstraction des épisodes 3 et 4 qui sont finalement assez indépendants, même si les clins d’œil ont toujours été de rigueur. Pur hommage au film de Cameron, dès la scène d’introduction on est subjugué de se retrouver dans un environnement qu’on a déjà vu en 1984. Ça fait véritablement plaisir de revoir ce Los Angeles sombre avec la reconstitution numérique d’un Arnold Schwarzenegger parfait, loin du travail furtif présenté sur Terminator Renaissance.

La mise en place de l’intrigue est intelligente et permet d’établir une solide base pour ce nouvel opus au scénario dense. En effet, si Alan Taylor s’amuse avec la temporalité, il n’est jamais compliqué de comprendre tous les allers-retours dans les différentes réalités. Cependant, il est regrettable de vouloir jouer un peu trop avec la machine à remonter le temps, comme si la saga ne se résumait qu’à ça. La science-fiction a souvent joué avec le temps. En effet, la majorité des cas il n’y a qu’une seule ligne temporelle, et tout envoi dans le passé modifie aussitôt le futur. Ici, on estime que chaque envoi dans le passé crée une nouvelle réalité parallèle avec un futur différent. Et si on approfondit un peu plus le concept finalement on se dit que Skynet, Connors ou Jean-François peut envoyer des robots ou des cacahouètes dans le passé, ça ne sauvera pas leur actuel futur. Cela créera un nouveau futur qu’eux-mêmes ne profiteront pas, excepté s’ils voyagent dans ce temps. Mais la science-fiction est à la fois là pour nous faire réfléchir mais aussi pour nous faire voyager sauf qu’il faut éviter de prendre le spectateur pour un imbécile surtout quand on découvre une machine à remonter le temps en construction et que dans la seconde qui suit on sait l’utiliser sans problème. Cette facilité de jouer avec les différentes timelines, nous plongera dans un passé alternatif en 1973 qui ne respect pas les temporalités connues et il est dommage de voir que cette brèche n’a pas été plus développé. De quoi laisser une piste de travail sur le prochain épisode, au risque de provoquer des abus sur le voyage dans le temps! Une escalade qui peut vite faire dégringoler la saga….

Depuis l’origine du Terminator, les réalisateurs se sont amusés avec de multitudes cyborgs en les rendant de plus en plus complexes sans oublier leurs origines commençant par le modèle 101. Alan Taylor continuera dans ce sens avec un nouveau modèle le T-3000. Abordant la structure métaphasique, il va rendre le personnage beaucoup moins concret, trop volatil, beaucoup moins « humain ». A vouloir rendre ses personnages invincibles entre humains, robots, cyborgs, polyamides par mimétismes et maintenant sur une structure volatil téléportée, on est en pleine surenchère inutile. Et quand cette dernière est associée au personnage de John Connor, on ne peut qu’être déçu de vouloir aller toujours trop loin, dénaturant ainsi ce qu’était le véritable Terminator. Car si y a une véritable mauvaise idée dans ce film est bien l’identité du méchant en John Connor. Une hérésie faute à un scénario qui veut en faire trop. De plus, remercions les génies du marketing qui nous ont spoilé l’histoire durant la promo du film, histoire en plus de ne plus être surpris.

Sous couvert d’un rythme ininterrompu, il est indéniable que ce Terminator s’investit à fond dans la redite de sa propre histoire sans pour autant plagier ce qui a déjà été fait. On soulignera quelques jolies scènes de combat. Même si le numérique est omniprésent, la scène sur le Golden Gate défonce bien, tout comme certains combat entre le T-800 et le T-1000 puis avec le T-3000, même s’il y en a aucune de véritablement titanesque. Mais pourquoi avoir choisi un T-1000 asiatique? Pourquoi ne pas avoir recréé Robert Patrick v.1991 comme ce fût le cas avec le Arnold v.1984? Cela aurait évité un acteur anecdotique caché sous les traits du mythique T-1000 et cela aurait permis surtout de garder une certaine cohérence, en plus de gagner en plaisir!

Au niveau du casting, Schwarzy est égal à lui-même. Il a vieilli mais reste cohérent avec son personnage. Seul son sobriquet de « papy » fera rire ceux qui voudront continuer à détester l’œuvre. Il n’empêche que papy, accompagné du numérique et de ses doublures assure encore pour son âge! Il assure bien le Arnold, c’est pour ça qu’on continue à l’aimer. Sarah Connor jouée par la charmante Emilia Clarke (tiens elle a le même nom que l’acteur qui joue son fils) sèmera le doute par sa jeunesse dès lors où on la découvre à l’écran. Mais au final, elle enfilera son rôle admirablement et conviction dans son rôle de femme forte, même si les épaules de Linda Hamilton étaient bien plus larges. Quoi qu’il en soit, j’espère qu’elle continuera à s’investir auprès du Terminator, histoire d’éviter les nombreux changements de tête comme ça a été le cas avec John Connors, surtout qu’elle assure bien et qu’elle reste une valeur sûre de cette nouvelle trilogie. Jason Clarke, qui a la chance en une année de jouer dans mes deux sagas préférées, n’est à mon avis pas la bonne personne pour rentrer dans le costume de John Connor. Quoi Connors est en costard? Autant sur son accoutrement que son physique, le rebelle n’est pas du tout convaincant, en plus d’avoir un personnage mal écrit et surtout mal exploité. Et je parle même pas (enfin si) de ses cicatrices grossières. Enfin, Jai Courtney qui joue Kyle Reese est peu charismatique, faisant du célèbre duo une fâcheuse collusion.

Ce blockbuster au scénario dense n’est pas inintéressant empruntant de nouveaux horizons au fin fond de la quatrième dimension réalité parallèle. Tant que le T-800 persistera et surtout que Papy Schwarzy sera de la partie, la saga sera toujours mon plaisir coupable, même si objectivement le film multiplie les défauts en évinçant surtout le côté bad-ass du Terminator.

 

11 commentaires sur “Terminator Genisys (2015)

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