Trauma (1976)

Trauma

Réalisé par Dan Curtis

Avec Karen Black, Oliver Reed, Burgess Meredith
Pays:  Italie,   États-Unis
Genres : Horror, Thriller
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 1976
4.5/10

Exclu des salles obscures en France, Trauma est un film à l’ambiance horrifique qui peine à convaincre. Si la production du film a subi quelques déboires, le résultat reste bien en dessous de son homologue Psychose. Avec les nombreuses qualités que possède le film, il y a cependant un manque évident de rythme. Au final, on n’est pas mécontent d’en voir la fin.

Dans un cadre ensoleillé et serein, la petite famille badaude en vacances dans une grande demeure. La vieille tante meurt, puis le père, interprété par Oliver Reed, semble perdre pied. La folie l’emporte, il tente de noyer son fils dans la piscine. Si ce n’est cette scène, rien n’inquiète véritablement le spectateur. On sent bien que la maison renferme une âme démoniaque, détruisant intérieurement chaque individu mais cette sensation reste trop superficielle, laissant plus la place aux expressions surjouées des acteurs, essentiellement dans le jeu du père. La non-présence de la doyenne, que l’on ne verra qu’à la fin, est sous-entendue, pas assez ancrée dans l’esprit de la maison. Sa découverte a le mérite d’être sujet à interprétation sauf que le film a eu trop peu de notoriété pour mêler les argumentations des cinéphiles. Quand à la demeure, elle avait tout pour nous émerveillée, évoluant au fur et à mesure du dénouement du film (avant-gardiste sur Christine). Cette singularité est illustrée par une étonnante séquence dans laquelle la maison mue littéralement. Une originalité qui aurait mérité d’être plus amplement exploitée.

L’intrigue reste trop superflu, ennuyeuse et bavarde au détriment d’une histoire qui aurait pu être haletante et captivante. La mort, personnifiée par le chauffeur, manque de sens, de profondeur. Pourquoi l’avoir immortalisé dans ce personnage plutôt que dans un autre? Cependant, le film conserve le charme d’une époque mais s’effritera au fur et à mesure du temps pour finir dans les abimes des films oubliés.

Illusoire, Trauma pâtit de sa sobriété. Pourtant, Trauma fait parti d’un cinéma de genre en se refusant la facilité du jumpscare pour instaurer un climat de l’abîme avec ses zones d’ombre.

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