Under the skin (2014)

Under the Skin

Réalisé par Jonathan Glazer

Avec Scarlett Johansson, Kryštof Hádek, Paul Brannigan
Pays:  Royaume-Uni,   Suisse,   États-Unis
Genres : Thriller, Science Fiction, Drame
Durée : 1 h 47 min
Année de production : 2014
2.5/10

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Incompréhension, hermétisme, interrogation, votre cerveau vient d’être attaqué. Under the skin est le genre de film au scénario totalement WTF, controversé, autant aimé que détesté.

Sceptique face aux multiples critiques dithyrambiques ainsi que d’un tel choix de rôle pour Scarlett Johansson, Under the skin vous fera perdre la raison. Une résultante de choix qui me conforte dans la consternation d’un cinéma « artistique » face à un film idéologique qui trait à la spéculation intellectuelle. Et quand on creuse sur la toile pour trouver quelques explications, on s’aperçoit que le film n’offre pas grand-chose pour pouvoir interpréter certaines scènes. Quelles sont les motivations d’un réalisateur pour faire un tel brouillon?

L’extraterrestre Scarlett, absolument pas mise en valeur (désillusion!), bouffeuse d’homme va se confronter à un rôle lancinent et sans saveur. A bord de sa camionnette, le temps s’écoule, les kilomètres s’additionnent mais l’ennui nous envahit fortement, parfois nous étouffe tel ce liquide noirâtre qui enveloppe ses proies. Pourtant dès lors où les hommes sont hypnotisés par la créature, on a envie de suivre leur pas, voir ce qui se cache derrière cette sombre mascarade. Mais le flou narratif nous emmerde. Il faut accepter d’entrer dans un labyrinthe avec la garantie que rien de concret ne vous attendra à la sortie.

Même voir Scarlett nue ne fera pas de ce film une réussite, on aurait pu le croire (nouvelle désillusion!)! Jamais sexualisé, sa nudité n’est pas érotisée. La fascination plastique se trouvera plus dans l’habitat de la créature qu’en elle même. La mise en scène semble parfois très amateur avec une photographie hideuse, mais lorsque le directeur de la photographie révèle d’un éclair de génie, il nous dévoile des scènes abyssales curieusement intéressantes face à la limpide noirceur de l’antre de la créature, accompagné d’une bande originale de caractère.

Les messages sont distillés avec l’envie de montrer des êtres manipulés par leur pulsion sexuelle ou par leur froide envie du passage à l’acte. Puis il y a cet homme difforme qui ne connaît pas la sexualité, ni même le regard de la femme, qui sera épargné sans que l’on en connaissent véritablement les raisons, si ce n’est encore de plonger dans des interprétations divagantes d’un homme peu pervers car différent. Et ce motard? Qui est-il? On n’en saura pas plus, aucun moyen de comprendre ce personnage qui circule en fond de plan. Le syndrome du film à la fois expérimentale mais tout autant incomplet. Pourtant la fin cruelle dévoilant la monstruosité de l’homme apporte un frisson. Notre corps endolori par le film se réveille. Un sursaut qui nous sort du cauchemar, celui qu’on ne veut pas revivre et pourtant qu’on a presque aimé connaitre pour pouvoir en parler.

Difficile d’aborder cet OFNI avec un choix de rôle pour Scarlett qui nous questionne. Confus, froid et absolument pas sensuel, Under the skin est une œuvre expérimentale étrange et hermétique.

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