Youth (2015)

Youth

Réalisé par Paolo Sorrentino

Avec Michael Caine, Rachel Weisz, Harvey Keitel
Pays:   Royaume-Uni,   Italie,   France,   Suisse
Genres : Drame
Durée : 1 h 58 min
Année de production : 2015
6.5/10

Afficher l'image d'origine

Après The Lobster, le festival de Cannes nous emmène dans un autre hôtel particulier, celui de Youth. Là, où le temps passe, où le vieillissement se fait ressentir, le bilan d’une vie est nécessaire. L’ambiance est lourde et même si le film est une succession de tableaux autour de deux vieux dont la libido n’est plus un problème, le réalisateur Paolo Sorrentino a une certaine complaisance à filmer avec une certaine lenteur l’opposition d’une vieillesse tragique à une jeunesse gracieuse.

Porté par deux légendes du cinéma, Michael Caine qui renonce à orchestrer sa dernière symphonie et Harvey Keitel qui réalise son testament filmique, l’indolence des deux amis pose une réflexion sobre sur le sens de la vie. Accompagnés de Rachel Weisz, Maradona, Paul Dano ou Miss Univers, les personnalités de chacun font de ce film une œuvre particulière.

Acteur méditatif, sportif en rééducation, cure de jouvence, un gout amer nous reste en bouche. Pourtant la sérénité est à son apogée, jamais la Suisse n’a été aussi tranquille et aussi jolie. Si jusque-là tout est positif, il est difficile d’appréhender le film tant il est complexe de savoir où le réalisateur veut aller. Si l’émotion est palpable, l’attachement aux personnages n’est pas toujours au rendez-vous. Les personnages de Rachel Weisz et de Paul Dano se retrouvent rapidement retranchés au second plan. Finalement, c’est une œuvre qui ne se regarde qu’une fois. Cet hôtel apporte (trop) peu de contraintes et les personnages rentrent facilement dans le rang pour finir par s’aligner comme dans un cimetière, telle la scène de la piscine laissant penser à une cure de conservation des corps.

Avec une réalisation paisible avec une jolie plastique et une photographie juste, cette cure psychologique est un huis clos intergénérationnel déroutant et difficilement palpable. Quoi qu’il en soit Youth gagnera la palme de l’affiche la plus curieuse, celle qui nous aidera à pousser la porte de cet hôtel. La musique peu présente mais percutante rend les images encore plus touchantes. Et dès lors où le générique fait son apparition, nos oreilles demandent de rester pour finir d’écouter la symphonie de cette fable onirique. Il serait dommage de ne pas conseiller ce film mais il faut juste savoir où mettre les pieds dans une comédie dramatique d’une autre temporalité.

Youth est un objet filmique étrange qui arrive à bousculer nos émotions. C’est un film particulier avec un scénario parfois désolant. Mais Sorrentino face à son pensum mal rythmé nous laisse le cœur lourd et le regard médusé sur l’existence de l’être et sur le sens de la vie en opposant une vieillesse sombre à une jeunesse souriante.

3 commentaires sur “Youth (2015)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.