Radin !

Réalisé par Fred Cavayé

Avec Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt
Pays:   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7/10

Afficher l'image d'origineBonne petite comédie française portée par un Dany Boon drôle et attachant alors qu’il incarne un personnage isolé, terni par son avarice. L’avare n’a ni Dieu, ni femme, ni ami, l’or lui tient lieu de tout.

Fred Cavayé s’éloigne provisoirement du thriller pour se plonger dans une comédie aux stéréotypes outranciers et sans finesse mais qui en devient la force du film. Cette vision moderne de L’Avare est tout à fait correcte et Boon incarne magistralement cette « pince » qui ne peut plus vivre sans compter. Le scénario certes balourd propose une thématique comique qui pousse le gag, nous rappelant le fameux sketch de l’addition de Muriel Robin. Et même si le cas pathologique du personnage est poussé à son paroxysme rendant le personnage peu crédible, le récit de ce pauvre homme est suffisamment accrocheur pour qu’on puisse apprécier ses facéties durant 90 minutes. Il n’aurait pas fallu que ça dure plus longtemps!

Laurence Armé et Noémie Schmidt accompagne efficacement Dany Boon. Qu’elle soit aimante ou parente, elles sont attachantes et révèlent totalement le personnage d’Harpagon dit François. Le choix de Boon semble évident, tant l’humour du film lui ressemble (pourtant il n’a pas écrit le scénario), tout comme le capitale sympathie qu’il développe autour des comédies françaises. Le tournant émotionnel de la fin du film est un peu pathétique mais on restera sourire au visage en pensant aux quelques passages symphoniques dont l’excellent passage des Quatre Saisons de Vivaldi en accéléré.

Une comédie populaire pour bon public, très sympathique et divertissante qui nous fait passer un bon moment sans prise de tête. On ne regardera plus le portefeuille de la même façon, surtout quand on connaît le prix d’une place de cinéma! Et ce n’est pas François Gautier qui vous invitera!



Sully

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 1 h 46 min
Année de production : 2016
8/10

Afficher l'image d'origineRetraçant l’amerrissage du Vol 1549 du 15 Janvier 2009, Clint Eastwood réalise un film simple et véritable. Sublimé par Tom « Capitaine Philips » Hanks qui reprend le rôle du pilote Chesley Sullenberger, le personnage de Sully est joué en toute humilité et sensibilité. Tom Hanks est un homme attachant et son personnage l’est tout autant, avec toute la sincérité et le courage qui le caractérise.

Le film exploite la bataille de l’humain face à une bureaucratie féroce qui cherche à imputer au pilote la perte matérielle d’un avion, alors que celui-ci réussit à sauver 155 vies dans un amerrissage héroïque. Un peu comme Flight sorti en 2013, Sully reprend les mêmes ressorts ubuesques sauf que l’histoire est ici vraie. Le réalisateur Clint Eastwood réussit efficacement à mettre en avant toute l’inertie administrative qui oublie parfois la force héroïque du pilote à poser son avion dans des conditions alarmantes. Le film aurait pu se résumer à un simple amerrissage, mais l’intelligence du scénario est de dévoiler les différents points de vue de cet acte héroïque. Ainsi qu’on soit à bord ou à l’extérieur de l’avion, on y ressent chacune des émotions tout en comprenant les enjeux de chacun.

Clint Eastwood réalise ici un film hommage efficace en toute simplicité mettant en avant toute la désolation d’une bureaucratie américaine indélicate et pas toujours reconnaissante. Un plaisant biopic d’un « anonyme » pilote expérimenté qui a réalisé le miracle de l’Hudson en sauvant 155 vies en 2009.



Peter et Elliott le dragon

Réalisé par David Lowery

Avec Bryce Dallas Howard, Oakes Fegley, Wes Bentley
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Familial, Fantastique
Durée : 1 h 42 min
Année de production : 2016
6/10

Oyez, Oyez, Disney recycle tous ses films d’animation en film! Manque d’originalité ou course à l’argent facile. Et bien les deux, mon général! Hollywood s’habitue au recyclage des classiques Disney et c’est déplorable de voir ce manque de créativité qui ronronne ces dernières années sur des grosses productions.

En reprenant les personnages du film de 1977, David Lowery nous plonge dans une jolie fable à l’esthétique enchanteresse, bien trop sirupeuse. C’est beau mais trop niais. L’innocence n’a pas que du bon, parfois elle nous ennuie lorsque la complaisante histoire ne surprend jamais le spectateur. Avec cette impitoyable menace de l’homme sur l’animal, on reste consterné par le schéma scénaristique ultra conventionnel de l’intrigue. On sait immanquablement ce qui va se passer, comme si le film était la transposition de bien d’autres films. Mowgli qui rencontre Falkor, c’est un peu du déjà vu. Le scénario n’est qu’une accumulation de tous les stéréotypes de films pour enfants de ses vingt dernières années et en devient franchement daté même si les images disent le contraire avec des prises de vue de la Nouvelle-Zélande spectaculaires et un dragon remarquable.

On aurait aimé en connaitre plus sur le dragon. Il est mignon mais pourquoi possède-t-il des pouvoirs d’invisibilité? Qu’est-ce qui le pousse à se rapprocher du petit homme? Quelles sont ses ambitions si ce n’est fuir l’homme, qu’il ne semble jamais avoir réellement rencontré par le passé. Bryce Dallas Howard a beau nous éblouir avec ses beaux yeux, cela ne suffit pas à rendre son personnage mémorable. Robert Redford fait le minimum syndical et joue le grand-père de service sans véritable conviction. Tout va trop vite et devient inconséquent, les relations entre les protagonistes sont artificielles, le bad guy est sous-développé et sans réelles motivations et finalement n’a rien de bien méchant. Cependant, il est difficile de tout détester tellement le film nous plonge dans une certaine nostalgie et se rapproche du conte pour enfants. On se laisse bercer par les images et par cet attendrissant monstre. Et même si le film n’apporte aucun vent de fraîcheur, le dragon reste attachant… on aurait apprécié que le gosse le soit aussi.

Peter et Elliott le dragon est trop mièvre et coule de bons sentiments avec une morale plus que convenue. On a beau apprécier les images, le contenu scénaristique est trop faible pour pleinement l’apprécier.



Suicide Squad

Réalisé par David Ayer

Avec Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Crime, Fantastique
Durée : 2 h 07 min
Année de production : 2016
4.5/10

DC Comics continue à décevoir en cette année 2016. Après le décevant Batman V Superman, Suicide Squad anéantit une nouvelle ère de super-héros en devenir, alors que le concurrent Marvel est bel et bien installé. Pourtant voir grandir la firme DC Comics avec ses super-héros charismatiques est une attente pour beaucoup. Avoir grandi avec le sombre Batman, la pulpeuse Wonderwoman ou le cocasse Flash, nous pousse à en savoir plus sur la Ligue des Justiciers. Mais la nouvelle génération nous désappointe totalement. Suicide Squad s’impose maladroitement en préparant le terrain de la Ligue des Justiciers avec un panel de méchant de la firme DC peu intéressant. Quelques moments de bravoure se profilent, mais s’effacent aussitôt pour laisser place à de nombreux palabres ennuyeux. Quand les antihéros discutent, la menace n’est plus, comme s’ils avaient l’art et la manière de mettre en stand-by les ennemis.

Afficher l'image d'origineChaque personnage est survolé. On s’y attarde quelques minutes et puis plus rien. Seul Deadshoot et Harley Quinn ont un peu plus de teneur dans l’intrigue. Le reste c’est creux. Captain Boomerang n’est caractérisé que par ses simples lancés de boomerang et Killer Croc se contente d’être là sans chercher à faire évoluer le récit. Il est un élément surprenant physiquement, on cherche à connaitre ses origines mais au final il est totalement effacé et oublié de l’intrigue. Katana quant à elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Elle n’aura même pas le droit à son introduction dans les Suicide Squad, comme si elle avait été oubliée ou rajoutée au montage à la dernière minute. Enfin, le Joker est un personnage mineur du film alors qu’il était au cœur de la promotion du film. Peu développé, trop moderne, il n’apporte pas grand-chose à l’histoire si ce n’est dans la construction du personnage d’Harley Quinn. Il n’interagit avec personne, il fait qu’une pâle figuration avec un Jared Leto qui oublie d’être naturel en voulant rendre son personnage « trop » déséquilibré. Au final, seule la jolie Harley qui dévoile facilement le bas de ses fesses (à défaut d’une paire de seins), tire son épingle du jeu en conservant un côté désordonné appréciable au personnage. On apprécie les formes, on aime son humour même si on aurait préféré largement voir ce personnage prendre de l’ampleur, quitte à avoir un film dédié pour elle. Tout comme Deadshoot et El Diablo, deux personnages puissants et mystérieux, qui contribueront à rendre le récit un peu moins chiant. Enfin, Enchantress est consternante. Sa dispersion avec l’âme de son « frère » rend la menace asthénique et insignifiante. Chez les supers, c’est le concret qu’on aime voir se déployer et pas des volatils méchants sans véritables déterminations.

En termes de construction du scénario, on a l’impression de voir un patchwork des répliques mal imbriquées, le tout dans un montage haché et trop rapide, ou en tout cas qui ne se focalise pas assez sur un intérêt général. Suicide Squad sauve le monde pour un peu de confort dans une prison ou le droit de visite de la famille, ces sociopathes élevés à l’école de la rue manquent de caractères face à un scénario répétitif et lancinant. Si ce n’est de jouer lourdement sur le physique de son héroïne, le réalisateur David Ayer aurait pu éviter ce sentiment de lassitude en variant les combats, sans nous proposer toujours les mêmes monstres moches avec des plans insipides et des chorégraphies datées. La photographie est elle aussi assez fade, heureusement que le short d’Harley Quinn apporte un peu de couleur! Tout comme la bande originale de qualité qui varie les tonalités et différents artistes.

Nouvelle immersion chez DC Comics ratée avec un blockbuster sans impact, des personnages creux et insipides dont un Joker totalement effacé. Seul le mini-short d’Harley Quinn réussit à faire respirer les billets verts de cette super-production sans âme.



Comme des bêtes

Réalisé par Chris Renaud, Yarrow Cheney

Avec Louis C.K., Eric Stonestreet, Kevin Hart
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Familial
Durée : 1 h 31 min
Année de production : 2016
4.25/10

Afficher l'image d'origineUniversal cherche à copier Disney avec son récent Zootoopie mais on est loin de la qualité scénaristique de ce dernier. Le problème majeur du film c’est qu’il n’a rien d’original. Faire parler des animaux pour comprendre ce qu’ils font lorsque l’homme n’a pas un regard dessus est un idée défraichie. Le concept des animaux domestiques profitant de la maison n’est pas exploité au-delà de ce qu’en présente la bande-annonce et on tombe dans une aventure urbaine maintes fois revisitée. Néanmoins, les personnages sont plus ou moins attachants et le méchant joli petit lapin est suffisamment excité pour ne pas nous endormir.

L’anthropomorphisme est un ressort comique éculé dans le monde de l’animation. Et quand la plume des scénaristes oublie de nous faire rire, on reste assez consterné par une énième version de Volt ou de Rox et Rouky si on remonte aux origines de l’animation. Le graphisme s’inscrit purement dans la tradition actuelle des films du studio, en version plus animalière. On sent derrière ce résultat, une production qui ne prend pas de risque et qui prône la facilité, histoire d’avoir son film d’animation de l’année, lorgnant fortement sur le film à succès du concurrent. Un peu de couleur, un film court, quelques gags médiocres avec des personnages rigolos et Universal sauve son film de l’échec commercial sans sourciller, laissant le spectateur nouvellement déçu par cette multiplication de films d’animation sans saveur.

Comme des bêtes ne fait pas preuve d’inventivité avec un scénario qui réutilise les bonnes vieilles recettes du genre. Seul le rythme effréné des animations permet de nous tenir a minima en haleine dans un divertissement qui ne marquera malheureusement pas le genre. Vu et revu.



Nerve

Réalisé par Ariel Schulman, Henry Joost

Avec Emma Roberts, Dave Franco, Emily Meade
Pays:   États-Unis
Genres : Crime, Thriller, Aventure
Durée : 1 h 36 min
Année de production : 2016
7.75/10

Afficher l'image d'origineNerve sous son apparence de thriller pour adolescents cache bien son jeu, pour révéler une réflexion sur l’extrême danger des jeux connectés. Depuis quelques années, les défis se multiplient sur internet mais parfois on a du mal à comprendre les motivations de certains à braver le risque pour y acquérir un succès qui ne sera de toute façon qu’éphémère! Nerve décrit habilement toute cette machinerie face aux réseaux sociaux qui sont devenus le quotidien de beaucoup. Cette façon malsaine de certains individus à s’exposer sur la toile pour se sentir importants, pendant que de l’autre côté, il y a ceux qui se nourrissent avec un plaisir malsain des malheurs de la première catégorie.

Une alchimie entre l’utilisateur et le spectateur qui ne fera qu’amplifier cette désillusion du succès, celle qu’endura notre héroïne. Là où le film est intelligent c’est dans la progression des défis qui n’interpellera jamais notre jolie tête blonde, Vee. En tant que spectateur, on se doute que tout va aller trop rapidement et qu’elle ne pourra plus contrôler sa destinée, happée par l’inertie de cette autoroute connectée face à une certaine faiblesse d’esprit. L’ambiance néo-contemporaine est satisfaisante, les inserts numériques accrochent le spectateur et le rythme est prometteur et relativement plaisant. Nerve se présente d’ailleurs un peu comme The Game, actualisé aux mœurs et technologies de notre époque, là où les gens se ruent sur des Pokémons virtuels dans les coulisses de notre planète.

Au casting, la nièce de Julia Roberts n’est pas si mal avec son joli minois, même si elle manque un peu de charisme et de teneur dans un premier rôle. Interprétant Vee, une fille simpliste et niaise, elle ne sera malheureusement pas toujours crédible face à son ascension dans le jeu un peu rapide et une assurance un peu trop superficielle. Accompagné du frère de James Franco, le beau gosse attendrissant et à l’écoute de sa partenaire, va développer un duo finalement attachant. Enfin, la bande originale de Rob Simonsen s’appuie efficacement sur les images des deux réalisateurs Schulman et Joost et rend l’œuvre finalement cohérente. Un petit film au petit budget de 20$, sans prétention mais à la morale bien établie. Alors êtes-vous joueur et voyeur ?

Nerve est un film intelligent sur les déroutes des défis connectés, nous interpellant sur les dangers des réseaux sociaux. Nerve, non dénué de défaut, développe un divertissement à la morale bien construite. Quelles seront les prochaines inquiétudes à avoir face à la réalité virtuelle?



Le Monde de Dory

Réalisé par Andrew Stanton, Angus MacLane

Avec Ellen DeGeneres, Albert Brooks, Hayden Rolence
Pays:   États-Unis
Genres : Animation, Familial
Durée : 1 h 35 min
Année de production : 2016
6.75/10

Afficher l'image d'origineLe monde de Dory n’est pas la suite Pixar qu’on attendait le plus. La mise en chantier d’un second opus est souvent rebutante face à la difficile probabilité d’être au niveau du premier, mais au final le cahier des charges est respecté. Comme le premier film, alors qu’on suivait Nemo, dans ce second métrage, auprès de Dory, on vit une jolie aventure au fond de l’océan abordant une multitude de personnages colorés et animés. On passe un bon moment en compagnie de personnages connus même s’il est bon d’affirmer qu’on préfère les scénarios originaux de la compagnie.

Cependant, les scénaristes vivent dans un monde qu’ils ont créé et manient astucieusement les liens avec le premier film en revenant sur la rencontre accidentelle entre Dory et Marin. Sur certains aspects, la quête narrative semble la même que pour retrouver Nemo quelques années auparavant, une sensation de déjà-vu, l’émotion en moins. Fort heureusement, le bestiaire de nouveaux poissons ou mammifères qu’on découvre ici est fort réjouissant. De la pieuvre Hank, à la baleine Destinée en passant par le béluga Bailey, le rythme ne décroît pas et même si l’absurdité de certains personnages énerve on se laisse au final prendre au jeu dans un environnement très enfantin entre Terre et mer. Initialement, le monde de Dory s’appuie beaucoup sur la nostalgie pour conquérir le cœur des fans mais le film se veut finalement très complémentaire au premier opus. De plus, Dory est un personnage drôle par le fait qu’elle n’a pas de mémoire provoquant des situations cocasses. Les scénaristes abuseront de cet effet « Alzheimer » et ça fonctionne!

La nouveauté d’être sous l’eau n’est plus, mais le monde de Dory est une nouvelle aventure Pixar colorée et drôle. Oubliez le scénario original, Pixar recycle ses fonds de réserve sans pour autant exclure la qualité de ses métrages qui en ont fait la renommée de l’entreprise, rendant cette suite peu salutaire mais complémentaire au monde de Némo.



Desierto

Réalisé par Jonás Cuarón

Avec Gael García Bernal, Jeffrey Dean Morgan, Diego Cataño
Pays:   France,   Mexique
Genres : Thriller, Drame
Durée : 1 h 34 min
Année de production : 2016
4.5/10

Desierto est un thriller décevant et redondant et quand on sait qu’il est réalisé par Jonás Cuarón qui avait épaulé son père sur le chef-d’œuvre Gravity, on se dit que le talent n’a pas (encore) sauté de génération. Bien entendu, on attend avec impatience ses prochaines réalisations pour le voir évoluer, laissant entrevoir ici un certain potentiel de metteur en scène.

Le problème de Desierto c’est tout simplement son scénario. Ce desert-movie se focalise qu’à une unique cavalcade au cœur des étendues hostiles des côtes mexicaines. Et si sur la première partie, on est relativement attentif à fuir les balles, on se rend vite compte que notre objectif sera inchangé sur la totalité du film et qu’il ne sera qu’une longue fuite emphatique, laissant sur son passage quelques corps inanimés dans le désert suffocant et hostile.

Jeffrey Dean Morgan, visuellement intéressant avec tout le charisme qui le caractérise, ne conservera que peu d’intérêt face à un scénario qui n’approfondit aucunement ses motivations. Son chien prend presque plus d’intérêt surtout quand il s’amuse avec une fusée éclairante dans la gueule. Quant à Gael García Bernal, à part jouer le Mexicain de service, il n’apporte aucune émotion, et qu’il se fasse descendre ou pas, finalement on s’en moque. Le petit final, sans grand rebondissement, conclue le film de façon assez standard. Une œuvre a ranger dans les essais oubliables, essentiellement à cause d’un manque d’intensité, d’un scénario désertique et trop fade tout comme la photographie qui aurait mérité d’être bien plus piquante, à l’instar de l’affiche du film.

L’environnement et la thématique avait tout pour rendre le film intéressant, mais la redondance du scénario oubliera de se focaliser sur le triste reflet d’un monde xénophobe poussant l’homme à chasser ses « proies » plus que de penser à l’entraide humaine. Une course poursuite désertique sempiternelle!



Steve Jobs

Réalisé par Danny Boyle

Avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen
Pays:   États-Unis
Genres : Histoire, Drame
Durée : 2 h 02 min
Année de production : 2015
5.5/10

Afficher l'image d'origineContrairement au film de 2013, ce biopic décrypte plus la psychologie de Steve Jobs. C’est plus l’homme que l’inventeur qui est mis en exergue dans la mise en scène bouillonnante de ses meetings qui généraient de multitudes griefs entre chaque individu qui a contribué à faire de ce qui est Apple. Steve Jobs est un homme difficile, torturé, on y découvre sa paternité rejetée, sa volonté d’être un homme solitaire, complexe à domestiquer d’un point de vue professionnelle. Un caractère sombre qui lui a autant fait perdre quelques combats mais qui ne l’empêchera pas de revenir sur la scène pour reconquérir son entreprise. Jobs est déroutant, fascinant par son travail, repoussant par son caractère. Il n’empêchera pas de laisser une forte impression dans le monde technologie d’aujourd’hui. Le fruit qui laissera encore longtemps murir ses produits de haute technologie dans les mains d’une population connectée devenue totalement dépendante.

Le problème de ce biopic c’est qu’il est tellement riche et bavard, que sur la première heure on a du mal à comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire. Les enjeux sont difficilement palpables car le film ne présente pas les origines de Jobs et tous les intervenants qui gravitent autour d’Apple. Ainsi ce biopic est pleinement en complémentarité avec le film de 2013, comme si nous abordions l’homme sur des moments de vie et une appétence différente. Les palabres sont douloureuses, surtout quand on cherche à comprendre la naissance d’un inventeur qui n’est pas le cœur du sujet abordé. On découvre sa forte relation avec son attachée de presse, interprétée en toute sobriété par la douce Kate Winslet. Tout comme, sa paternité qu’il n’assume pas et son regard froid sur sa vie de famille, face à sa fille totalement éteinte par l’imposante célébrité grandissante de ce dernier. Michael Fassbender mime son personnage. Le physique aidant il va se fondre dans son personnage de façon efficace, même si le charisme de l’acteur nous empêche de totalement percevoir Jobs dans son interprétation, nous détachant parfois du biopic dans lequel il se réfère.

Le film Steve Jobs retranscrit efficacement toute l’obsession et la rage de réussir qui habitent le visionneur d’Apple. Un peu trop bavard et totalement complémentaire au biopic de 2013, le film décrit plus la psychologie de l’homme que l’inventeur, affaiblissant la genèse de la juteuse pomme.



Jobs

Réalisé par Joshua Michael Stern

Avec Ashton Kutcher, Dermot Mulroney, Amanda Crew
Pays:   États-Unis
Genres : Drame, Histoire
Durée : 2 h 27 min
Année de production : 2013
7/10

Afficher l'image d'origineBiopic qui se penche sur un des hommes les plus influent de la fin du dernier siècle, celui qui mènera Apple à devenir une des plus grandes entreprises du monde. Alors faut-il voir ce film comme une simple histoire d’un savant complexe qui tétanise autant qu’il ne fascine ou d’une véritable biographie d’un génie qui a pensé le téléphone qu’on possède tous dans notre poche ou de l’ordinateur mythique symbolisé par une pomme?

Le film Jobs montre l’ascension d’un homme solitaire et illuminé, ambitieux et impertinent. L’intrigue dévoile l’évolution de ce « manager », en marge d’un système universitaire, et qui arrive à se nuire lui-même par la volonté de tout contrôler. Confronté à ses désillusions, sa relation avec le PDG d’Apple, ex-patron de chez Pepsi, qu’il a pourtant imposé, devient le nerf de la guerre. On comprend aisément ses déceptions face à sa relégation de son propre univers. S’ensuit, sa période creuse chez Next, jusqu’en 1997. Mais sa réinsertion dans la firme est le réjouissement d’une longue attente, se transformant en une vengeance bien amoncelée d’un homme qui gagnera le cœur de ses clients, bien plus que celui de ses associés.

Ashton Kutcher se fond avec une certaine efficacité dans le rôle du jeune et frêle Steve Jobs. Ses déplacements, son regard et ses accoutrements nous rappelle l’homme à lunettes, même s’il n’était pas dans cette période encore grisonnant et aussi populaire qu’il ne l’était à sa mort – bien déjà connu dans les années 80 comme le grand rival de Bill Gates. On regrettera cependant de ne pas entrevoir sa toute-puissance, son génie et son ascension (peut-être sans embuche) en tant que co-fondateur d’une autre petite entreprise: Pixar! De même que sa psychologie est malheureusement ici pas assez approfondie, le vrai visage de l’homme semble être adouci, même si la version de 2016 se chargera de creuser un peu plus le personnage en devenant complémentaire à ce film. Le réalisateur réalise un biopic hommage et instructif autour de l’émancipation de l’entreprise la plus profitable au monde. Jobs l’a eu sa vengeance sur Microsoft! Qui l’eût cru?

Jobs a su croquer la pomme du bon côté, même si elle conserve un gout amer face à un homme décadent et obstiné. Un film qui rentre dans la ligne directrice des biopics des grands fondateurs du XXème siècle et du célébrissime rêve américain.